‹ Dictionnaire de physiologieChapitre 63 sur 340 · BIOLOGIE · texte numérisé non relu

BIOLOGIE

iRT. I".— On donne le nom de Biologie à la science de la vie. Ce mot participe au vaKue du motvta auquel il est intimement rattaché.

iTie, ainsi que nous le verrons plus ample* ment (art. Vib), est un de ces mots équivoques, mal déterminés, qui désignent des objets différents, et v^m sont d'autant plus dangereux que ces objets ont entre eux d'incontestables rapports.

l* On appelle vie l'ensemble des phénomènes que présentent les corps vivants ; 2* on indique aussi par ce mot les forces que ces phénomènes supposent; 3" on représente enfin par cette dénonâination le principe unitaire même auquel ces forces viennent se rattacher. On confond le plus souvent les

f)hénomènes avec les forces, celles-ci avec eur principe, les forces mêmes avec leurs instruments organiques et matériels ; on n'a aucune idée nette des mots phénomènes, force, principe.

Un phénomène vital est un acte, une opération qui suppose un théâtre et des instruments, des rorces qui opèrent ces actes, un principe réel, bien qu'inconnu d'abord, et à déterminer dans sa nature intime, auquel ces forces viennent se rattacher.

Il faut donc faire là une analyse indisp« sable, que la plupart des physiologisv même les plus éminents, ont oubliée, ei s: laquelle on parle sans cesse d'objets que I ne connatt pas.

A cette première confusion déjà consii rable vient s'en joindre une nouvelle.

biologie humaine est-elle Tétude de tous

f)hénomènes, de tous les actes qu'accoui*. 'homme, ou bien se bome-t-elle à c< qu'il remplit comme animal sentant et vi' tant, ou bien se réunit-elle à ceux qi\'\\ e cute comme être purement végétatif? Si 1 adopte ce dernier sens, peut-on séparera des actes aussi profondément unis?

Bichat définit la vie, « l'ensemble des \ nomènes qui résistent à la mort. » La vit pour lui un être réel, la mort un aiitn cependant la vie n'e.st.>;iu'un phéncnu puisqu'elle est un ensemble de pnénonin or, qu'est-ce qu'un phénomène qui rc"c'est-à-dire qui açit? D'un autre côtiS : vie se borne a résister à la mori^ il t^st (| tion des phénomènes purement vé^iV d'une partie même de ces phénomène ceux qui entretiennent l'être vivant un formé, mais non de ceux qui président formation.

On a beaucoup critiqua cette dérm\\i

mo

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BkM sBsta aisir les vices fondamentauT, ans les eorriger, sans en reconnaître la portée. Bichala toujours eu une idée étroite et ùas» de la vie et de la mort considérées ùQstootes leurs phases, dans la série des é:res TJTaiils, dans Thomme. A Dieu ne plaise ^. Doos lui contestions son brillant génie, :éd9\ et la netteté séduisante de son eiposi- ;»<!, les grands services qu'il nons a rendus : r^es aiffions et nous aclmirons les qualités oinentes qui lui assurent une gloire impé- Kabie, mais dous n'en constatons pas moins, -r^icSueDcé par son époque qui était une ;cr')de de transition, par une philosophie r,detise, par une éducation anatomique, NtT3oiogi(pe et médicale étroites et incomf<^Ail na pu, pendant les courtes années Cèioa eiistence, poser les bases d'un édifice pbf30l(«ique vrai» large, harmonique et c'ist ioébranlable solidité. Bichat arbore le âipeaa do vitalisme, dont il aperçoit va^es«t la râleur, mais il flotte entre le vitab^K complet et un animisme mal détenniné, e'.iahpar aboutir à l'iatro-physicisme contre i^jel il proteste à chaque instant. Du reste, B^.':^. malgré sa profonde sagesse et son ^itiofl immense, son amour de la vérité, »« *jim pour l'observation et l'expérimenta «aquelles il s'est montré si fidèle, a ^-««Dlre l« même écueil. Sa physiolo- ^*^m mine inépuisable de riches ma- ^wp'on ne met point assez en œuvre, ^'fro'est pas un édifice. Stablien mitigé, f *^iire Tîtalo-animiste par ses principes '^«j (OQTictic^ns intimes, il devient iatropiiâea par I es détails de son ouvrage , '^^ ainsi ï la double direction que lui < spfixDée son maître Boêrhaave.

^ La même disp>osition se remarque dans nos ^iaoees physkoIogiQues ; seulement, les an- ^ooismes s'effacent de plus en plus k me- ^^^ (joe des observations plus précises nous ^v>^ un plus grand nombre de faits plus ^^^soreusement analysés, et qu'une philosof^-? plus exacte, plus large, plus vraie, nous *î;?fcod à mieux les interpréter. Nous refai- *^ pièce à pièce le vied édifice de Haller ;^ Schat dans ce qu'il a de faux, d'étroit, •atiBif; nous changeons peu à peu de ^^V^4Qx sans nous en apercevoir, et nous j^tSûQs franchement vitalistes en prenant ; ^À dans le sens hippocratique, c'est-à- "^ que nous tendons à devenir ce que Hotffj^. Boêrhaave, Haller voulaient et croyaient ;"•?.& vitalisme hippocratique n'est point ^P-jâologie du vieillard de Cos avec ses er- ^'^de détail que Ton devait commettre il 7* plus de deux mille ans; c'est la notion ^î«tt de la Tie épurée, éclairée, enrichie *i* dumombrables découvertes qu'elle fé- ^fe et qui la fécondent à leur tour.

^>ttr accomplir notre œuvre et avoir la J:- de nos travaux, que faut-il faire tout ciùcrd? Il fitut analyser l'idée de vie, de l'^^f pour en avoir une notion claire, r^^ûctc, complète. Avant de chercher une ^^9 il importe de savoir ce que nous cher-

^ I^ vie, ainsi que nous l'avons dit, se

présente d'abord «à nous comme une série d'actes intimement enchaînés que les êtres vivants exécutent et qui les distinguent des êtres non vivants. Ces ictes peu nombreux, chez les végétaux, se multiplient et se compliquentè mesure que l'on s'élève, pouracqué« rir chez l'homme leur plus haut degré de développement. La biologie ou physiologie humaine doit donc, dans une première par<> tie, traiter de toutes les fonctions végétatives, sensilivo-animales, intellectuelles et morales de l'homme et de l'huinanité. Quelques auteurs ont nommé cette section de la biologie, Chréiologie ou Ckréologie. De tuu partium^ de funciionibui eorparis kumanû — (Foy.

Barthsz, Nova doetrina de functionibui eor^ porii Aumatit, et Lobdat, ^fraucAe, du plan d'un cours de Physiologie^ p. 100 et suiv.) C*e$t la base de l'édifice.

2* L'étude de ces fonctions conduit à celle des forces qui président à leur exécution, et des lois qui les régissent ; il y a donc une seconde section, celle (}ui traite des forces (plastiques^, sensitivo*animaIes, intellectuelles et morales), et de leurs facultés, c'est la ^-namologie, La cbréïologie positive, reposant sur des faits certains, et leurs déductions légitimes, éclaire ladynamologie, et est éclairée par elle.

3* £nfin,cesforces elles-mêmes supposent un substratum , un soutien caché qui donne rharmonie,runitéàcesforcesetàleurs actes: la partie qui traite de ce principe animateur est hPsyckologie^en prenant ce mot dans le sens large des scolastiques. Quand on s'occupe particulièrement des fonctions supérieures de l'homme, la psychologie se spécialise et reçoit le nom de Noologie. C'est le couronnement de rédifice : sans une grande circons- Section il peut entraîner sa ruine. La biologie, ans un sens restreint, se borne aux fonctions, aux forces de la vie végétative seule, ou de la vie végétative et animale; dans un sens com*

{>réhensif, elle devient synonyme de physioogie.

Notre Dictionnaire traitera, tout à la fois, de la chréologie, de ladynamologie, de la psychologie sensitivo-animale, de la néologie. Nous reproduisons ici notre argument de la physiologie de Stahl et un fragment de notre commentaire, en y ajoutant quelques notes; il donnera un premier aperçu sur notre manière d'envisager la vie

AiGiiimrr de la Phtsiologib de Stihl.

I. Le but principal du médecin dans sa mission spéciale étant la conservation de la vie et de la santé, il doit avoir, de l'une et de l'autre, une idée vraie, exacte, précise.

IL La vie considérée phénoménalemeni , et dans un individu par rapport à lui-même, est cet ensemble de /onctions ou d'actes qu'exécutent les êtres vivants pour leur formation , leur développement et leur conservation, etc.,^ndant un temps déterminé : celui-ci mesure la durée de cette vie. Quand on définit la vie dunamiquemtnt , c'est l'ensemble des forces^ des facultés spéciales des êtres vivants , qui servent à 1 accomolissement des

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DICTIONNAIRB

actes vitaux ; quand on l'étudié ontologiquement, c'est le principe animateur qui donne l'harmonie aux forces et aux actes vitaux.

Chez les végétaux et les animaux, la vie est purement corporelle : elle est organique et végétative pour les premiers, végétative et sensitive pour les seconds.

L'homme seul, sur notre terre, joint à la vie végétative et sensitive une vie supérieure, la vie intellectuelle et morale (vie humaine spécifique), qui, dans ses plus hauts degrés, s'élève jusqu'à la vie spirituelle et religieuse.

La vie végétative est le fondement de la vie sensitive : l'une et l'autre (vie corporelle) sont la base de la vie intellectuelle et morale : le corps et ses fonctions purement vitales sont faits pour l'esprit et ses fonctions intellectuelles, morales, religieuses, qui constituent la vie de l'esprit.

m. L'agent instrumental de ces trois formes ou degrés de la vie, dans ce qu'il a de plus général, .est le mouvement et la force motrice. Son' aaent substantiel ^ c'est l'Ame immortelle. Celle-ci est donc d'abord un principe moteur qui donne l'impulsion aux forces motrices propres au corps et qui les dirige pour un but ; l'Âme est le principe moteur et directeur des mouvements propres à la vie végétative, à la vie sensitive , à la vie intellectuelle, morale, religieuse. Mais pour mouvoir et diriger, il faut un acte supérieur, il faut des sensations, des sentiments, des idées, des volontés : l'Ame doit donc avoir tout cela, se rapportant à ces modes de la vie; elle doit èire partout sensitive, intellectuelle, volivite (ou voulante]. On trouve, en effet, dans l'Ame une sensibilité, une intelieetivité, une volonté innées, et tout cela est triple : sensibilité, intellectivité , volonté vitales ou végétatives; sensibilité, intellectivité, volonté sensuelles ou animales: sensibilité, intellectivité, volonté intellectuelles ou humaines (92).

L'intellectiviié et la volonté intellectuelles constituent l'intelligence et la volonté libre, la véritable volonté : l'intellectivité vitale et sensuelle ne sont guère que spontanéité et instinct ; la volonté vitale et animale sont le vis œstimativa^ de simples appétits. C'est par analogie , par métaphore, qu'on a donne le nom d'intellectivité, de volonté (vitales ou sensudles) à ces facultés purement spontanées, instinctives ou intuitives , et aux actes qui s'y rapportent.

Dans tous ses actes , l'Ame açit tantôt par ses forces propres, tantôt sous l'impulsion de son corps impressionné et mis en mouvement de manières diverses; elle est à la fois active et passive. Dans les diverses fonctions constitutivesdes trois vies, nous retrouvons la part de la sensibilité, de la motilité , de la plasticité.

(92) On verra pios tard comment, pour rester dans le .vrai, on doit tenir compte des analogies indiquées par ces mots, sans les forcer en les transformant eu des identités.

(93) Stahl ne lient pas assez compte de la force furmatricc,il Ta presque oubliée : nous lui rendrons

IV. L'essence et le but de la vis eorjforelle, c'est la formation , puis la conservation du corps ; la vie végétative le conserve dans sa crAse et sa constitution intimes ; la vie sensitive, dans sa texture, dans sa charpente, ses formes extérieures. Aux actes fondamentaux de la vie végétative se rapportent surtout la sensibilité vitale des sens internes et les mouvements toniques; aux actes de la vie sensitive se rattachent les sensations externes et les mouvements locomoteurs.

V. — De la vie vigétalive en général, § 1«^ — Considérations sommaires.

On y distingue trois fonctions conserva trices : la circulation, les sécrétions et les excrétions, la nutrition. On reconnaîtra facilement l'indispensable nécessité de ce travail conservateur incessant; il repose sur ce fait , que toutes les parties du corps vivaiit sont et doivent être, pour leurs fonctions , dans un état constant de corruptibilité (di^ séparabilité) imminente , sans tomber dans la corruption : c'est la vie végétative qui, j)ar ses luttes , maintient un juste éauilibre.

La fonction vitale fondamentale est donc ]a conservation de la cràse (de la mixtion) corporelle (93).

Le corps humain, en vue de son exqiiiso sensibilité, avait surtout besoin de flexibilii^; sa texture et sa crAse devaient, avant tout, être molles, flexibles; l'élément mucido-grri s y domine (94) , principalement dans les \mv' ties délicates; il se rencontre aussi dans Ils parties plus dures, qui acquièrent une consistance plus grande par l'adjonction de principes plus solides.

Cet élément aquoso-mucido-gras est, chimiquement, fort disposé à la fermentation , à la dissolution, è la séparation de ses partie s constitutives: cette tendance est favorisée y^or une humidité considérable et une chaleur modérée; les fonctions et la force vitale coîiservatrices sont les agents qui maintienne i A partout cette consistance, cette texture, cetttcorruptibilité en puissance (au degré nécessaire dans les divers points) , tout en empochant cette dissolubilité de dépasser certain < ^ limites et de devenir une véritable dissolutii.» i i ou corruption.

Les fonctions conservatrices sont des moxjivements qui s'opposent à ce que les parti e les plus déliées, les plus fermentescibles « w • se livrent à leurs tendances, de manière entraîner les autres avec elles : la force vit n I dirige et surveille ces mouvements , afia < \ maintenir en tout lieu la mixtion ou crA^ normale.

Le sang est la partie la plus disposée ^ dissolution corruptive, parce que la mixt i4^ mucido-grasse y est tres-prononcée ; a \ i les actes conservateurs s'y observent au i » ) « haut degré. Le sang conserve sa texturt^

sa place désormais si importante.

(94) L*élément muqueux de Stabl correspoi^ % \ ce<^a CD nomme aujourd'hui la protéine (albunrft i i fibnoe, gélatine); Félément gras répond aox (> v~ ^ cipes graisseux et féculents.

fis

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DE PHTSIOLOaiE.

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sa crise, par la circulation, les sécrétions, les eif retiens, elc.;iJ se débarrasse et débarrasse uosi, pendant son cours, tous les organes des Builièresqui sont ou pourraient être nuisibles ; car la nature (ou force vitale) travaille avec jirévoyance pour le présent et pour l'avenir. La nature s'occupe avec une grande sol 11ritude des parties les plus vivantes dont la texture et la crâse délicates sont exposées à une corruption imminente très-marquée , ^ chez lesquelles la limite peut aisément être fraochie à chaque instant. Les actes vitaux y ^^dIdIus rapides, plus actifs ; la surveillance esl plus vigilante : ceci est manifeste pour le îjng et le système nerveux.

Les tissus exsangues ou plus durs (membraoeui, tendineux, ligamenteux, osseux, ttc, ont moins de vitalité. Les tendances curruptives sont plus obscures et d'un autre S^nrt : on y observe plutôt un travail lent et uicêratif. Les efforts conservateurs généraux H locaux sont moins actifs, plus chroniques : ct-la tient k leur texture, à leur cr&se ou Té- WmeDt séroso-salin l'emporte sur l'élément u>ucriSo-gras.

La crése précède la contexlure et la tient souÀâOD empire. La force vitale dispose gén^nWn^Btbien toutes les molécules vivantes; 9 eUes sont normales, il y a ordinairement P«i de danger. Ce qu'il y a de plus grave , r'ési iapruduction de principes corrompus, conupïifes, se détruisant aisément et enxnlîjût ainsi la destruction des autres.

U utore règne en souveraine dans l'œuvre

<7x préside à Tarrangement des tissus. Il

£ri> rst plus de même pour leur composi*

t 1 intime , leur crâse : là elle partage son

'-fîipïre avec les forces macrocosmiques ou

pliv^ico-cbimiques ,* quand celles-ci lem-

JMirtentsur la force ou les actes vitaux (micro-

ctt^oiiques), la ruine commence et le domaine

de la rie s affaiblit de plus en plus.

La force vitale , qui construit et conserve

■tti^rps^ a une connaissance intuitive (9h)

C'^u-seulement de la crâse des parties, mais

^ooi de leur structure , consicférée dans ce

;'i*-lle a de plus intime. Ce qu'il y a de plus

ijDîrable, ce n'est point la figure extérieure,

- charpente que les yeux aperçoivent; c'est

• iisposîtîou moléculaire (insaisissable pour

init) des fibrilles élémentaires, de leurs

•c>tefttces , cavités , méats , pores , etc. ; le

'"cnbre des molécules est compté avec une

'•"ureuse justesse; leur situation, leurs rap-

'r^ris sont mesurés avec précision, et cela,

'fuis le commencement de la vie jusqu'à la

'-a, en s'accommodant aux variations des

z-<^ des sexes, en vue d'un but compliqué

!i2 est atteint. Ce ne sont point des forces

» 'l>^ico-chimiques aveugles qui disposent tout

^Ij avec cet ordre mathématique si flexible

•* >i rigoureux.

T»>us les systèmes qu'on a imaginés pour *.'"aa«fora»er, même au point de vue organi-

• %t Ceue connaissance intuitive doit être rero- Y Ar«3e ^r la déterra ination des lots expérimentales ^•as re^isseat les fondions végétatives. ,

CMi Lue idée vitale indique Tharroonie des ac-

que, les animaux en de simples machines, s'évanouissent devant la contemplation de ces faits.

Passons maintenant à l'étude spéciale des trois grandes fonctions conservatrices de la vie végétative.

§ 2. — De la circulation et do sang.

La circulation porte le sang dans tous les organes pour y entretenir la chaleur, la sensibilité, la motilité, et concourir aux diverses fonctions ; mais elle est aussi un acte conservateur. Elle maintient le sang dans sa température, sa fluidité, sa constitution (physique, chimique, vitale) normale : 1' en débarrassant l'organisme des matériaux nuisibles, vieillis, usés (excrémentiliels) ; 2* en recevant et élaborant des matériaux nouveaux (récrémentitiels). En entretenant ainsi le sang dans son mode physiologique, elle rend le même service è tous les organes.

Le sang est formé de trois parties: l'^sang proprement dit, corpuscules arrondis, rouges; 2"* lymphe plastique ou nourricière , élément nutritif; 3' sérum constitué par divers produits qui doivent être rejetés. Le sang est un fluide mucoso-gras, contenant de plus une grande quantité d'eau et de sels. '

Le sang tout entier, ou sa partie lympbatico-séreuse, pénètre partout (cœur, jBirteres, veines capillaires, tissu spongieux ou paren*chymateux général).

Ces tissus possèdent la sensibilité vitale; le cœur et les gros vaisseaux ont la motilité animale involontaire; les capillaires et le tissu spongieux, la tonicité. Les gros vaisseaux sont les réservoirs où les capillaires et le tissu spongieux puisent le fluide sanguin ; la force vitale se sert de la tonicité pour le'distribuer aux diverses parties dans une juste mesure.

Le sang, poussé par le cœur et les vaisseaux artériels, est repris parles capillaires veineux qui le ramènent, parles veines, au centre circulatoire ; il parcourt un véritable cercle complet, ainsi que Tont démontré les travaux modernes. Mais il ne faut pas croire, avec les iatromécaniciens, que le mouvement circuculatoire s'accomplisse entièrement par l'impulsion mécanique du cœur et des gros vaisseaux, distendus ou même stimulés par le sang ; la force tonique intervient , et l'âme exerce son influence en vertu de sa sensibilité et de sa volonté vitales : c'estainsi que le sang est répandu dans tous les tissus en proportion variable, selon les besoins de l'orçanisme.

Au moment où une sécrétion doit s'opérer, le sang afilue en plus grande auantite vers l'organe sécréteur, et cet afflux s accroît avec l'activité de la sécrétion. Pendant la menstruation, la gestation, la lactation , le sang se porte en abondance vers l'utérus et les glandes mammaires, et l'intensité de ce mouvement est sans cesse en harmonie, dans son degré comme dans sa durée, avec le but qu'il

tes constitutifs d*une fonction dirigés tous vers, un but qu'il faut atteindre (V. Muller et Boki^acb» Physiologie,)

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f*i ut atteindre sans le dépasser. C*est une idée iditale (96) qui se poursuit et se réalise régulièrement dans ses moindres détails.

Quand Tâme se livre à une méditation profonde, à lin travail intellectuel énergique, le sang se dirige vers le cerveau où la circulation s'active : on peut faire la môme remarque pour tous les organes des sens, quand ils se concentrent longtemps et attentivement sur un ob^et. La circulation générale et locale se modihe sous l'influence des passions et suivant leur caractère : on rougit de honte et de colère, on pâlit de terreur; le pouls de riiomme qui poursuit une pensée profonde, n'est pas celui du poêle entraîné par une inspiration rapide. Dans tout cela, ta sensibilité, l'intellectivité jouent un rôle que l'on a trop oublié : il y a autre chose qu'une impulsion mécanique et grossière.

Pendant que le mouvement circulatoire s'accomplit, et sous son influence, le sang est soumis à des décompositions, des recompositions, des élaborations, des transformations successives qui coopèrent à sa conservation constante. Le chyle perfectionné devient du sang avec ses globules et sa lymphe nourricière; la lymphe et les globules s'usent, se changent et se mêlent au sérum ; les matériaux vieillis ou nuisibles disparaissent pour faire place à des matériaux jeunes et utiles ; les parties épaissies se fluidifient par l'introduction des parties plus liquides; le calorique perdu est renouvelé par des actes calorifiques parmi lesquels la respiration occupe le premier rang ; car ou commet une erreur

§rave quand on soutient, avec nos médecins u XVII* siècle , que la respiration rafraîchit le sang.

§ 5. — Des sécrétions et des excrétions.

Le système vasculaire uni au système lymphatico-chylifère est un vaste appareil sécréteur et excréteur sanguin : le sang est sécrété au moyen du chyle et de la* lymphe, qui

f)roduisent par leur élaboration et leur évoulion la lymphe nourricière plastique et les globules, tandis que le sérum est une véritable excrétion.

Toutes les sécrétions et les excrétions s'opèrent par le même mécanisme. Les organes chargés de ces fonctions choisissent dans le sang les matériaux nécessaires à l'œuvre

Ju'ils accomplissent, et les soumettent à leur iaboration spéciale; les sécrétions récrémentitielles s'emparent des principes utiles; les sécrétions cxcrémentitiel les saisissent les principes inutiles ou nuisibles, qui sont ensuite portés au dehors.

Les actes mécaniques sont secondaires; les actes fondamentaux sont vitaux. II y a une action élective qui démontre des sensibilités spéciales, une sorte de tact, de sagesse; tout se fait avec un ordre, une mesure, des compensations, des accords synergiques, qui supposent un régulateur unitaire pesant et proportionnant tout de manière à atteindre nn but défmitif ( la conservation de la constitution du sang et des fluides) qui est obtenu au milieu d'une infinité de détaus. Quand une

sécrétion se modifie dans ses qualités ou ses quantités, des modifications nouvelles s'établissent dans les autres sécrétions de manicTc à rétablir l'équilibre.

Stahl insiste sur ce fait fondamental ; il donne une théorie générale des sécrétions tt des excrétions, qui est au moins fort ingénieuse, et examine ensuite ce qu'il y a (ie spécial dans la sécrétion de la lymphe, du lait, de la salive, de la bile, du sperme, etc.

§ 4. — Nuirition.

A) Dans la circulation il y a: 1* wn momemtnt progremf du sang ; 2' des sécrétions et des excrétions; et tout cela concourt à un act végétatif conservateur. — B) Dans les s^cré tionsetlesexcrétions, on observe aussi: l°/'ar/

sécréteur et excréteur ;i* un mouvement pro gressif: ce sont encore des fonctions cousît vatrices : les unes et les autres se rappoi ton aux fluides. — C) La nutrition présente au^^l 1** des phénomènes locomoteurs; 2* des act sécréteurs et excréteurs^ qui s'appliquent au solides. Les organes se réparent au nioycj de matériaux nouveaux (récrémentitiels ) ; ii s'épurent en se débarrassant des élérneni usés ou dangereux ( excrémentitiels ) : ci deux ordres d'éléments se meuvent et se nii lent au sein des courants afférents et efféren; du tourbillon nutritif.

La nutrition embrasse dans ses r)ha>* successives : 1" la digestion dans le tube <\\ mentaire; 2Ma sécrétion de la matière nutriUN extraite du tube digestif, et son élaborai i< ultérieure; 3* l'assimilation, c'est-à-dir** choix des principes réparateurs oui convi» i nent à chaque partie, leur sage aislribuiii leur application à chaque organe, de manu r que tout se renouvelle en restant sans ce-semblable à lui-même.

Dans la diaestitm, l'homme a une conna sance nette de ses besoins ; il exécute d'ab« i des actes volontaires : la sensibilité aniinri les mouvements voulus apparaissent en {x mière ligne; plus tard, ou simultanément sensibilité vitale, la motilité involontair enfin la tonicité se mettent enjeu: restonu] se livre à des élections vitales, à des inoii\ ments en harmonie avec son choix; il a d sympathies et des antipathies instinclivi. intuttives, pour les substances qui ne c(»! viennent point à l'organisme; il conserve souvenir ae celles qui ont causé des dotiin. ges, même lorsqu'elles flattent le goût.

C'est surtout dans l'acte assimilateur qn^» force vitale déploie le mieux sa sensilui élective, et qu'elle poursuit avec une adnn ■ ble constance l'exécution du type, de l'ii: (fiîdo;, I6éa), qui conserve partout la crâse, texture, la forme des organes. Le cerveavi, foie, les reins, les^ muscles, les os, etc., i çoivent la quantité'de substance voulue ; matière nerveuse, musculaire, osseuse, saisie par les appareils nerveux, muscuki i k osseux, etc. ; la quantité de matériaux à t lever ou à remplacer est pesée et me^Mji avec une minutieuse rigueur; chaque uioj cule se dépose dans le lieu qu'elle doit o</^ per, et se cimente avec les molécules vois in

tf!

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DS PHYSIOLOGIE

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etr. Ces actes ne sont point mécaniques; mais iL^ $e modifient sans cesse en s'accommodant sut 4ges, aux sexes, etc., et s'adaptent avec prévoyance à une foule de circonstances évenlaelies qui sembieraienl imprévues.

M. — De la vie »en$itwe ou animale.

1 1". — Sensalions.

La vi> végétalive^ la êeneibilité et la moti^

lu vitales , avec tout ce qui en découle , ont

[MUT but , comme nous venons de le voir, de

W^n^rver le corps dans sa constitution et sa

t- \ture intimes par des actes subtils et déliés.

i» rte $ensiiive, la êensibilité animale, la mo^

tditi volontaire ^ ont pour objet de défendre

!-* corps contre des agents plus externes,

;t'us folumineux, plus grossiers, au moyen

i Actes plus évidents, en rapport avec la na-

turt de ces agents. Certainement, les sensa-

tioos avec conscience fournissent des maté-

haut à la pensée, les mouvements volontaires

sont les exécuteurs des ordres de Tintelli-

gence; mats teur fin première^ c'est la con-

semtioo du corps : Tftme, pour penser,

Todoir et agir, s'occupe avec sollicitude do

Imstniment dont l'intégrité est nécessaire

(fjqrVKcoroplissement régulier de oes déli-

uAës IfiAclions. C'est surtout à ce point de

Vît qœ was étudierons la sensation avec

COQ?cieii€e et la locomotion.

U sensttion est -elle active ou passive? ÏA-dk ose action ou bien un acte passif* oDe ànpression faite sur TâmeT Elle presente ce deux modes. Quand nous voulons examicrunoif'et, nous tendons Torgane qui s'en (fosf*t, pour que rien ne lui échappe; nous én&ons Fceil, l'oreille et toutes leurs parties pour recueillir et concentrer les rayons lumi- Otfui , pour saisir le son le plus faible ; l'Ame est comme Taraignée ou I oiseleur qui tendent leur tofle ou leurs filets. Le soldat s'endort an milieu du bruit le plus violent qui se pss^e dans son camp; il veille quand il est mjuiété par les bruits lointains d'une troupe tinemie : si, dompté par la fatigue, il sucoombe au sommeil, son Ame veille encore, <t Tarrache au repos dès que le bruit se approche ou devient plus intense. L'Ame est fis^irt lorsqu'un objet extérieur impressioone les organes ou les tend à son tour; «l^ perçoit cette impression, mais elle peut ' a&iblir ou la rendre plus vive, selon qu elle hii refuse ou lui accorde son attention.

Quand TAme a imprimé à un organe sensoriei ou à ses nerf^ un certain degré subtil de tension, et qu'une impression de dehors vient ^ modifier, l'Ame s'aperçoit de cette modificatii>o, et la perception qu'elle en a constitue U sensation. Celle-ci est instantanée; une sensation prolongée se compose d'une série 4t perceptions de ce genre , ne durant qu'un yui instant. L'Ame, pour percevoir, réagit ssr rinipression d'origine extérieure, et ne ssurait, rigoureusement, être regardée comme pa56ive. Son activité se révèle d'ailleurs par l'étendue, le degré, la concentration, la dtrectioa, etc., volontaires qu'elle donne k la ««"nsatioii, par les actes ultérieurs d'attention, et jugeait, d'élection, etc.

La doctrine de la passivité de l'Ame dans la sensation a introduit une foule d'erreurs qui obscurcissent cette vérité fondamentale : oc Le corps vivant est l'instrument et le laboratoire de l'Ame raisonnable. » Ainsi l'on a dit : 1** que la sensation s'opère automatiquement, mécaniquement, sans le concours actif de l'Ame; 2* que la sensation résulte de l'impression des particules visibles, tangibles, . odorantes, sonores, etc., émanées des corps, qui laissent des empreintes ioeffaçables sur la substance molle du cerveau, d'où résulte le souvenir ; 3* que la sensation , ainsi effectuée d'une manière absolue, inévitable, en vertu de la structure mécanique des parties, n'a aucun but déterminé; 4** que l'Ame ne joue aucun rôle dans la direction des actes sensitifs; qu'elle ne s'en sert point pour remplir ses intentions, pour satisfaire ses besoins ou ses désirs. Tout cela est en oppo* sition avec la raison et l'expérience. Comment concevoir cette masse de traces permanentes dans le cerveau, sous les impressions subtiles et passagères de tant d'odeurs, saveurs, etc. 7 Comment se conservent -elles dans des molécules cérébrales plusieurs fois renouvelées par la nutrition, etc.?

Ce qu'il y a de vrai, c'est que l'Ame, dans les actes de la vie animale conservatrice, dirige activement ses organes sensoriels vers les objets externes, pour les étudier, pour juger ceux qui lui sont agréables et utiles, ou désagréables et nuisibles, afin de se servir des premiers, de repousser les seconds ou de s en éloigner. A la perception sensitive succèdent la comparaison , le jugement , le choix, actes qui ne sont ni mécaniques ni organiques, mais dynamiques (hyperorganiques), et qui résultent de l'action directe, immédiate, spécifique , de l'Ame pensante.

Tout cela s'opère rapidement et suppose dans l'Ame des sentiments antipathiques, sympathiques, instinctifs, innés, en harmonie avec les rapports d'utilité ou de nocuité des corps qui nous environnent : ces sentiments primitifs sont irréfléchis d'abord, institués en nous par l'ordonnateur suprême, pour la conservation de notre corps.

Les jugements de ce genre s'opèrent avec une rapidité merveilleuse : nous discernons des milliers d'odeurs, de saveurs, dans leurs

})lus légères nuances, sans méditation probnde, sans analyse compliquée; nous nous les rappelons sans pouvoir les représenter sous des images figuratives, pour en fixer le souvenir. Cette promptitude , cette puissance de jugement, de détermination volontaire que possède l'Ame relativement aux objets de cette espèce, sans le secours de l'imagination, d'une comparaison grossièrement figurative, d'une longue réflexion, révèle dans llime une puissante disposition pour cette œuvre. Il nous semble voir là une trace, un léger rayon de cette splendeur intellective , de cette appréhension instantanée et lumineuse par laquelle le premier homme, avant la chute, reconnaissait au premier coup d'oeil les propriétés intimes de tout ce qui 1 entourait , et donnait à chaque chose un nom en

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harmonie avec ces propriétés méàies. Cette trace, qui se trouve aans ces jugements senêitifs conservateurs , est encore pîus marquée dans la volonté sensitive correspondante, relative aux objets agréables, désagréables ou indifférents.

S 2. — Mouvement locomoteur.

Ce mouvement est appelé à juste titre mouvement volontaire, parce que la volonté le dirige pour nous approcher ou nous éloigner des objets , une lois que le Jugement ou la faculté estimative nous ont appris que ces objets nous conviennent ou ne nous conviennent point. Ce mouvement est institué pour exécuter les intentions de TAme et les dire^ étions qu'elle désire imprimer aux membres, dans le Dut de connaître les objets extérieurs et d'agir sur eux, afm de s'en servir surtout pour les besoins de son corps. Ce mouvement est surajouté au mouvement tonique, avec lequel il a les plus grandes relations. Le sens du mouvement (sens musculaire) est , comme les autres sens, un point capital qui mérite une sérieuse étude (97).

C'est d'après les sentiments de plaisir et de peine, etc., communiqués à l'Ame par ce sens du mouvement, que celle-ci se décide dans les actes moteurs volontaires, dans leur direction, leur degré, etc. On a eu tort de croire que l'flme ne préside point à tout cela d'après ses sentiments, ses sensations, ses idées, ses lois primordiales, etc. Les raisons que l'on donne pour réfuter cette proposition si vraie sont plus spécieuses que solides. L'Ame, diton, possédant la réflexion et le souvenir, doit les appliquer à toutes les fonctions; or elle ne le fait point pour tous ces actes intimes : donc ce n est pas elle qui les opère. Hais on ne remarque point qu'il est une foule d'actes appartenant à l'Ame raisonnable qui échap-. pent à sa réflexion, à son analyse, à son souvenir. Ainsi, quand nous visons un objet avec une pierre, nous savons que nous voulions jeter fa pierre près ou loin ; et cependant avons-nous une connaissance intime, claire, précise, adéguate, de toutes les combinaisons corporelles instrumentales que nous mettons enjeu? Par habitude nous visons juste, presque sans réflexion, analyse, souvenir.

Il y a dans notre Ame raisonnable beaucoup d'actes oui s'opèrent sans conscience pariaitement distincte, sans raisonnement suivi, sans souvenir; elle agit souvent par des sympathies ou des antipathies instinctives. Nous trouvons dans notre Âme une sagesse , une ration non raisonnante (98) , sensitive, intuitive, qu'il ne faut pas toujours dédaigner, bien qu'elle soit sujette h se tromper. Parfois elle a une aversion extrême pour le mouvement ou certains mouvements, dans des circonstances déterminées, dont la pathologie retire d'utiles enseignements. Celte ratson non raisonnante , dans son action géné-

(97) Le sens musculaire mieux étudié aujourdliui, a été invoqué pour expliquer la notion de eausalité.

(98) Cm B€ rattache aux iostincts, ipii ont leurs

raie ordinaire d'ensemble, procède avec plus de simplicité, de constance, de certitude, que la raison raisonnante. C'est ce que l'on voit particulièrement dans la 'direction de l'économie vitale : de là cette aversion pour certains aliments , pour les médicaments , qui nous donne plus d'une fois des avertissements dont il faut tenir compte. Le raisonnement s'efforce d'en triompher, il arme contre t elle la volonté raisonnée; et cependant la victoire, achetée par une longue lutte, finit souvent par se déclarer en faveur de la raison qui ne raisonne pas. Le sens vital est un<3 I faculté spéciale de l'Aine que le médecin doit i examiner avec une grandfe attention : c'osl \ une source précieuse de connaissances théo- i riques et pratiques.

yU. — Du sommeiL

Le repos est la cessation des actes locomo- i teurs volontaires; le sommeil est la suspen- | sion des actes sensitifs externes et de la peu* | sée. Si l'Ame est tout à la fois active et passîso | dans ces deux fonctions, mais que Tactivilé y j domine, on doit en conclure qu'elle se montie | de même dans le sommeil , et que celui-ci a | lieu quand elle ne veut plus sentir ou penser, ^ quandellene tend plusses organespouraccom- .| plir ces deux fonctions. Celte proposition peut se prouver aussi directementpar f'observalion. I Quand l'Ame est agitée par des sentiments | vifs, par des passions, le sommeil est diflieile , et troublé; la crainte, la tristesse, les désirs | ardents l'éloignent ou l'empêchent entieie- | ment, ainsi que les méditations profondes. Les sujets peu intelligents, insouciants, h \ imagination froide, dorment beaucoup; lt;s personnes dont l'esprit est vif, l'imaginatirin ardente, se livrent aisément au sommeil dan< leurs moments de calme et de paresse, le sommeil est court, léger, inquiet, chez 1'^ bilieux et les mélancoliques; il est prolonz ' . profond , tranquille , chez les sanguins et ) ^ phlegmatiques.

L'enfant, dont les sensations et tes pensé^^ sont superficielles, dorl beaucoup et souvent ; il sent que le temps ne lui manquera pas. l.> vieillard, plus* soucieux, plus méditatif, rep« .>'-

f>eu; il veut profiter des quelques instants (\u. ui restent de ce présent qui n'a presqlie pas d'avenir.

Les rêves sont un demi-sommeil, comfMw/' de lambeaux de sensations, de souvenirs.» d'imaginations, de pensées, mal associés ensemble parce aue le travail synergique di :diverses facultés de l'Ame rie vient plus en maintenir et en assurer l'harmonie.

Ce qui prouve encore l'activité de IMine dans le sommeil, c'est le réveil h une heuvv précise, lorsqu'une volonté forte l'a commandé pendant la veille. L'Ame compte « : mesure le temps avec exactitude, sans q\] l'homme ait conscience de ce travail sourtl i ' de cet effort continu. Cette œuvre cesse d'^cVi i

analogues même dans les facultés les plus élevéo^^ Il V a dans le génie un vérilable mode insiini-ttf prfmiur qui Tentraine vers ses plus hautetcooevp-

tiOM.

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iK'iiîble par Teffet de Thabitude : on se réicjUe aJore chaque jour à une heure fixe, uns un ordre formel et réitéré de la Yoloaté.

On doit reconnaître, néanmoins, qu'il y a au55i dans le sommeil un élément passif dans > njel les causes matérielles viennent montrer

iir influence; mais celles-ci agissent proba- ^:'!Qent sur Tâme et la vie intellectuelle et : rrale plus encore que sur le corps et la vie .' «fiorelie. On peut le constater dans Tivresse ^■uuiolente, dans le sommeil par narcotisme. \:»T^ TAme entreprend une lutte pendant j'^dle on la voit tour à tour reprendre et ;t:dre une action affaiblie ou désordonnée; ^'0 Ktivité se porte vers des idées bizarres, • oJ coordonnées, sur lesquelles elle se con- ^-litre : de là ces hallucinations, ces pensées .t ces actes étranges et confus qui se prolonc^Dt jusqu'au moment où ce sommeil éveillé, iif^Unge de deux états contraires, est compeitment dissipé.

L'assoupissement qui suit un repas copieux e>t une preuve nouvelle de l'activité de l'Ame dans le sommeil : nous sentons alors le besoin ^ concentrer toutes nos forces sur le travail

ii.se$tif q[iii est pénible, et l'Ame cède volon-

t^r^ sans effort, sans résistance, à cette utile

a sakiUire sollicitation.

TlII. -* Génération.

Cest me fonction plastique du même genre

quf la BBtrition ; mais elle a des caractères

spéciftjoes. La force génitale plastioue a été

èttrUoée surtout au sperme au mAle, à ses

t>pn!( Tjiaux , génitaux, soit innés et inhé*

p-r^.sùii incurrents et influents; on leur a

:''âat* ainsi de Tintelligence, de la science, etc.

r ffst plus naturel de rattacher à l'Ame cette

V*e plastique inteUective ^ motive, direc-

t-^ce, qui construit le corps pour l'approprier

3 5^< usages. Quelques physiologistes ont

a- cordé aux agents mterméoiaires imasinés

\>iT eux la force motive impulsive, et à 1 Ame

^3 direction.

*^ a soulevé à propos de la génération

^: fuule de questions qu'on ne peut résou-

iv H:ienlifiquement, c'est-à-dire rigoureuse-

- ot et démonstrativement. Quels sont, dans

''te plastique formateur, le rôle de la mère,

i père . du principe animateur de l'enfant?

'' 'liment ce principe animateur s'introduit-il

i'X la semence? Four tout cela, nous som-

-vs réduits à des conjectures. Sthal combat

•î^erses hypothèses phvsiques, métaphysi-

>e*, l'action exclusive directe de Dieu, etc.;

iécrit ensuite, expérimentalement, les phé-

'^•mèoes de l'évolution fœtale; puis il émet

'^ propositions suivantes :

1* L*nomme est- cotistitué par un corps,

«éçat matériel) et par une Ame immortelle,

^'"jée de sentiment, d'intuition, de raison et

>: nîsonnement, qui dirige immédiatement

•^» ses actes vitaux, animaux, intellectuels

*-/ aioraux, en se servant de ce corps comme

/«in instrument.

t Cette Ame a une connaissance intuitive "^j uiâiînctive , sans conscience , innée , des rt*^ nécessaires pour le construire dans une convenable qui luj est donnée, pour

le développer, le conserver, le nourrir.

3* Reste à savoir à quelle source TAme humaine fœtale puise sa matière corporelle première, ses forces motives, ses idées directives innées. Ici surtout apparaissent les conjectures, les opinions; voici celles que StanI regarde comme les plus probables.

A) La mère fournit la matière première en entier et les premiers matériaux nutritifs; B) elle imprime, de plus, dans une proportion notable, le cachet, l'idée typique ae la configuration; C) le père a aussi sa part sous ce rapport, mais c'est lui qui donne surtout l'impulsion motive, l'étincelle; D) J'Ame du fœtus formée par Dieu en reçoit l'intelligence et tout ce qui s'y rapporte. Quand elle a pénétré dans la matière fournie par la mère et excitée par rimpulsion paternelle, elle profite de ces cachets, de ces idées typiques maternopaternelles pour construire les rudiments fondamentaux de son corps, le!développer, etc. Gela fait, l'évolution ultérieure rentre dans les actes plastiques de la simple nutrition.

Les deux grands appareils fondamentaux SQnt le système nerveux et le système vasçulaire.

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