‹ Dictionnaire de physiologieChapitre 69 sur 340 · Avant'propoi ipédal de la Phyiiùu>gte · texte numérisé non relu

Avant'propoi ipédal de la Phyiiùu>gte

Ici, Stahl veut nous montrer le point de vue particulier auc^uel il s'est placé en écrivant sa Physiologie. I n'a point prétendu nous donner une physiologie générale s'appliguant à tous les êtres vivants, ni même un traité complet De usupartium, mais une physiologie médicale servant d'introduction à la pathologie et à la thérapeutique. Il ne traitera qu'en passant les questions transcendantes, et les considérera surtout dans leurs rapports avec la clinique (102)

n faut, dit-il tout d abord, bien distinguer la médecine science, la médecine art, la méde^ cine pratique. La première doit admettre un certain luxe, une ampleur plus grande dans son domaine ; elle n a pas besoin d'exiger dans ses dogmes une précision, une exactitude, une rigueur absolue; la seconde, au contraire, dont les théories servent de base à la pratique, ne peut accepter que ce qui est vrai, démontrable et démontré, ce qui permet de diriger convenablement un malade.

La physiologie médicale se rapporte à l'art médical et à la pratique; elle se distingue de

que le masque du médecin, ce sont des histrions Buus Tarmure d*un héros, i (Hippocrate.) — Nous sommes souvent dupes des mots : on se croit fort avancé quand on a dit : c La vie est roi^^anisme vtvant en action ; i — c la chimie organique est Télude des principes constitutifs des êtres vivants ou organisés; i — c la nutrition est une chimie vivante: t ce sont là des substitutions verbales ou des métaphores.

(109) Ce traité capital De usu partium, nous la

la physlaue ordinaire, et ne se borne mi^:; point à la physique médicale, qui n en • qu'une partie. Celle-ci s'occupe: 1' d* crAse des molécules vivantes: 2* de leur lii position intime pour former les ûbres mm tes, leurs interstices, etc.; 3* de rassemli ;i de ces éléments pour constituer les ti>Mi 4' de l'union des tissus pour produire d ganes; 5** de l'enchaînement clés orgam s p. devenir des appareils; 6** de Taccoid iu<mental des appareils qui en élève l'eiiHi' à la hauteur d'un organisme unitaire, n instrument unique dans sa multiplicité, n chant ainsi vers un seul but final, pour i complir sous la direction d'un agent ini. ; bien distinct et supérieur par sa nature, Tout cela n'est que de la physique mé in et contient d^admirables mvsteres qui i physiologistes, purement physiciens, n pas même soupçonnés. Ce n'est pouitnii qu'une introduction à la physiologie m cale: Vbi desinit physicus, tncipit mal» Au delà et au-dessus de la physique médum' trouvent la dynamique eiVontologie mni, les, embrassant: r l'étude des forces qui n teut en jeu l'instrument corporel, et du p cipe vivifiant qui dispose de ces forces • : dirige en vertu d'un instinct primordi.ii :; fléchi de proportion; 2" la déteruiiuaiioii lois expérimentales que les forces et 1 <i. vivifiant suivent dans tous leurs a( ti^. • agent suprême, avec les facultés spéa^ù^ lui sont propres, constitue ce qu'IiippH nomme la nature, l'agent viviticateur i fermé dans l'instrument pour animer tu i ses parties. Or, c'est ce dynamisme. c> s i ces, ces lois que l'on néglige compléii:! auiourd'hui (103).

Notre physiologie embrassera tout à h la physique, la dynamique, Tontolo^ne i! cales normales, en insistant sur la se* bien plus que sur la première, qii celle-ci, plus facile, soit encore peu co:. Entre la cr&se, le tissage intime, la textui la structure citernes, le mécanisme in>'n mental, les mouvements, ]es forces nxiiu^ le principe moteur, le but final , il y n d rapports si étroits, que l'étude de ch.i< un \ ces objets répand sur les autres une lu une plus vive.

On ne nous accusera pas, dit Stahl, d* gliger l'instnunentation, la physiologie or nique et la physique médicale, malgré l'ciU i tion que nous portons à la physiologie r/y» mique : nous mériterions plutôt le repr'd opposé, car nous avons ramené à J'or^^^(n>c plusieurs faits qui semblaient appartenir dynamisme.

La physiologie organique et dynanuq

donnerons dans ce Dictionnaire, o& nous esquiss rons aussi une phvsiologie générale; nousal'ord rons également la physiologie transccudaiiiL' philosophique.

(103) N'oublions point quec*est StabI qui pid^ la physique médicale a été presque créée en < n4 depuis un siècle ; elle fait chaque jour de ^rm progrès ; la dynamique, Thistoire expérimciiiaie d forces est bien moins avancée.

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DB PHYSIOLOGIE

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M fois eoBstitaées, le médecin ne doit pas '•itUierque la physiologie médicale est, avant t)cL aoe introduction à la patholo^e et à la tiierapeutique^il iaut donc qu'il glisse rapi- Cdoent sur les questions transcendantes, '(<h.!ûsophiques plutôt que médicales, sur ^drs qui soat douteuses ou secondaires, et Vil insiste sur les principes positifs, démontes, toadamentaux, pratiques. Telle est la niable pensée de Stahl, représentée avec £^e et débarrassée des obscurités dont . .'« coreloppée sous sa phraséologie rude < d^ueuse : tel est l'esprit qu'il a porté dans ' 'A >oQ ouvrage.

Noos QoteroQS trois points sur lesquels )^ devons surtout nous arrêter : 1* la dis- ^Ktionde te médecine science, art, pratique; : '.elle de te physiologie organique , de la -èrsioiog^e dynamique , de la physiologie >^cholo9qiie; 3* le caractère de la pbysiop;mi<&CAle.

i t^'.-UtttiictkMi de la acience, de Fart, de la pratique médicale.

Cette dstioction, dont nous avons dit quel-

TJ£5 mois, est fondamentale ; elle se trouve

»tlt diBsippocrate (104). Bordeu, Barthez,

UoLi^, iMdat, F. Bérard, l'Ecole de Hont-

(•ti'ti-riQate entière s'en sont beaucouo occupés.

tUppdoostt(|u'adit è ce sujet H.Lordat : • Dans bue science pratique inductive, il ine staUk foon peut distinguer cinq parues :l'ae qui se compose des faits et des pnipcBiiKfisqui en ont été déduites exacteflMil. (tu la partie substantielle: 2* une 9cvi«^, cM/ec^Mrale, composée de tous les •>^ testés pour rechercner les causes autr^aHil ()ue par Vifiduction (par exemple , pirriflâlogie éloignée, l'hypothèse, l'inspirvlitifl, elc.l;3*''une troisième, canonique tiptnÊmtdif composée des règles déduites

fi^i i Liflédecine, dit le Vieillard de Gos, est

»«Kicea8ioiiome, distincte de toutes les autres,

^ ni^wàm «nie avec elles, de même que Thomme,

t< 'Je s'occupe, est un être distinct de tous les

•«V et Iw pourtant avec le reste de runivers. No-

'^i.'noe a donc une partie qui lui est propre, et

:->f « dogmes se constituent par Tooservation

'^.r des objets spéciaux qui lui appartiennent.

•: «o'a que des faits et les principes rigoureux

^ >'<t déduisent par une induction sévère et im-

^"te; là*desaus repose la science pratique, et

«'^oédical qui n*en est que Tapplicatiou. 11 y a,

^ >fi, QM seconde partie qui s'appuie sur des

'^Q^ois Uts aux autres sciences, dont elle ne

'•<t^^ pas Dénie les hypothèses probables ; mais

'^?r'.Qdfies ainsi obtenus sont des jalons pour le

>'<r(e», des sentinelles avancées et souvent per-

^^1 auendent en regardant Tavenir. Ce n'est

bordes dogmes de ce genre, dont les meil*

'«^ saut de simples anticipations, que le prali-

'^pndeot jouera la vie et la santé de ses mala-

f 1 iVoy. nos Etudes sur quelques opuscules

*l9«n(iqQes.) Ce point de vue que nous dévelop-

^^ aiUeora doit jeter un nouveau jour sur Tes-

yt^ doctrines et des écrits du Père de la

^^toM, qui ioot en général imparfaitement ap-

y\%%) LottAT, De la perpétuité de la médedne^ p.61 . ^%ocnie avait déjâi dit : c 11 y a deux cho-

concurremment de la partie substantielle et de l'expérience; 4* une quatrième, canont^tie conjecturale, renfermant les règles et les principes déduitiS a priori de la partie conjecturale; 5" une cinquième, parae teehniaue, qui consiste dans ï exercice de Varty dans le faire : elle embrasse tout ce qui se rapporte à l'exécution des règles et à la conduite de l'artiste (105). »

« Les parties substantielle et canonique expérimentale (qui s'agrandissent à mesure que la science marche) sont pérednes , inébranlables; les parties conjecturale et canonique conjecturale sont variables et caduques ; la partie techniqi^ individuelle peut être assez indépendante de la science pour que celle-ci ne puisse ni s'en vanter ni en assumer la responsabilité (106). Il importe, ajoute M. Lordat, de s'exercer à une spagyrite men' taie qui nous permette de distinguer ces cinq parties, afin de les apprécier, de les classer, de s'en servir, suivant leur valeur et leur importance.

Telle est la règle qu'a suivie Stahl, en s'attachant aux dogmes substantiels pérennes et à leurs applications pratiques : c'est ce qui constitue le fond de sa Theoria medica, tant en physiologie qu'en pathologie; il insiste sur le vitalisme expérimental, moulé sur 'hippocratisme. L'ammisme ne forme que le couronnement de son œuvre. Nous l'avons déjà démontré, nous en donnerons, par la suite, des preuves multipliées, irrécusables, surabondantes même, pour qu'il ne reste pas l'ombre d'un doute sur un point si capital, si évident, et pourtant toujours obscurci, toujours contesté (107).

« La médecine ari exige, dans l'esprit, une certaine aptitude spéciale naturelle, unie dans la prati^e à une raison droite. Il faut que cette rectitude de la raison ne s'applique pas simplement à l'acte pratique, mais qu'elle

ses en médecine : 1* les propositions scientifiques, ce que Ton sait positivement, ce qui est ; î° les opinions, ce que Ton suppose, ce qui peut être : les propositions scientifiques forment seules la science constituée. • Platon a répété cette distinction. M. Lordat, voulant combattre certaines tendances de son époque, a fait ici une part trop large à rinduction seule : nous aurions désiré qu'il eût rappelé, à cette occasion, les remarques judicieuses de Barthez (Nouv, élém. 1. 1*% notes p. 18). Notre célèbre Chancelier a indiqué, comme D*Alembert, Baker, etc., les difficultés, Tinsuffisance, les dan-

§ ers même de rinduction Baconieniie dont l'auteur e VOrganon a exagéré la portée, dont il n'a pas bien compris les détails, le mécanisme, les fonuements réels, et qu'il a souvent mal appliquée aux sciences physiques : il ne connaissait celles-ci que très-superilcieilement. (Voy. le Parallèle de Bacon et de Uaiitée, par Hume.) (i06) LoRDÂT, même ouvrage, pag. 324.

(107) Dans ce Dictionnaire, nous insisterons auasi sur la partie substantieUe, sur ce oui est acquis à la science, sur ce qui s'applique à Thomme vivant sain et malade soit pour le médecin, soit pour le moraliste, dans la vie réelle et pratique de tous les jours : nous nous traînerons beaucoup moins sur les hypothèses nées en un jour et oubliées le lendemain.

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DICTIONNAIRB

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s'attache aussi, avec un soin encore plus ^and, aux motifs d'où cet acte doit découler : il est donc évident que ces motifs font partie de la pratique médicale (bien ^qu'ils ne la constituent pas directement), caV ils en sont l'âme et le principe directeur (108). »

Cette proposition, empruntée à Hippocrate, nous montre que la médecine pratique eiige le tact médical naturel ou acc|uis, et

Sue la thérapeutique (science des indications) omine l'art de les remplir (par Thygiëne, la pharmaceutique, la chirurgie).

§2. — Distinction de la physique et de la ph^ siologie ; de la physiologie organique, dynamique, etc.

La physiologie est la physique des êtres vivants, en prenant le mot physique dans le sens le plus large : elle diffère beaucoup de la physique ordinaire, car elle ne s'occupe point simplement d'un mécanisme physique, mais d'un organisme vivant, c'est-à-dire d'un appareil instrumental spécial dirigé par un

f)nncipe interne particulier, qui travaille pour ui-mème dans un but déterminé, fixé d'avance par l'architecte suprême. La physiolo«* gie humaine embrasse une partie physique ou organique, une partie dynamique vitale , une partie dynamique psychologiaue. La physiologie physique scrute les détails physiques, mécaniques, chimiques, etc., du matériel de l'instrumentation; la pAy«totogie dynamique vitale s'élève jusqu'aux facultés et aux lois de la force vitale, jusqu'à cette force elle-même et à sa nature expérimentale; enfin, la physiologie psychologique résout^ les problèmes relatifs à la substance spirituelle qui pense en nous et qui nous distingue de tout ce qui nous environne. Ces trois parties de la physiologie se retrouvent partout et s'unissenf par d'indissolubles liens. Stahl signale ce qui manque à la physiologie physique : c'est Tanatomie des tissus, Tanatomie micrographique, l'anatomie chimique, etc., et leurs conséquences physiologiques, c'est-à-dire plusieurs branches importantes dont on attrioue l'idée première au XIX* siècle, et qu'on avait amplement esquissées avant nous; il présente, a leur sujet, des points de vue dont nous pourrions profiter encore aujourd'hui. Grâce a son influence et à ses luttes, la physiologie, purement mécanique, a commencé à céder a la physiologie organique une partie de la place que celle-ci doit occuper, ou elle s'est tout au moins cachée sous sa livrée, et l'on a pénétré davantage dans le domaine de la physiologie dynamique. Mais la route même que suivent la plupart de nos contemporains n'est ni assez large ni assez franche ; on retombe trop souvent, sans se l'avouer, dans l'ornière du mécanico-chimisme, et Ton veut, à tout prix, faire rentrer, d'une manière absolue, la phy-

(108) Stahl, Avant-propes, p. 56. — Voo. M4niAS, IIep\ XpioMÇ àfitàxTO'j, et Nbnter, FhysioL îÊUdica : cet auteur nous apprend (p. 35) que sa pratique, d'abord malheureuse, fut ensuite couronnée des plus heureux succès, quand il «ut comoris tes œuvres de Subi.

Oll

Il' '

êique animah et même la physiologie dyi mico-vitale dans la physique générale. (,> u à la physiologie, elle languit toujours l'isolement des philosophes qui ne smu médecins, et des médecins qui ne mi\ philosophes. L'étude attentive de. l'insinui. lation démontrerait, à elle seule, que les • vivants ne sont point de simples inacinih^ que l'homme est quelque chose de plus ] être purement vivant. Quand on auni .

compris les rapports intimes qui (\»

entre l'étude de la physiologie or^-.uu celle de la physiologie dynamique \iui.t la psychologie humaine, ces trois Li< de la physiologie, que leur isoltnieul encore bien imparfaites (malgré les qu'ont faits Hippocrate et ses disciples, 1 et surtout Aristote) , changeront de 1 feront de nouveaux progrès aussi i < qu'assurée. Le stahlianisme perfccii rectiûé, peut offrir, à cet égara, de pni documents (109).

§ 3. — Caractère propre de la physiul<)vi<

médicale.

Stahl insiste à chaque instant sur 1 raetère distinctif de cette physiologie. M l'étendue et la profondeur de ses cou sances en physique, en .chimie, en aii.<> humaine et comparée, normale et |'«v.:, gique, en psychologie et en plnl*^ générale, il s'arrête particulièrement ^;-. lois du dynamisme vital humain^ parce qu forment plus spécialement le domaine :i du médecin, de la physiologie mécUor qu'elles sont fort négligées par ses ci porains, trop peu pénétres des ewi donnés par les écoles légitimement li cratimies.

« J*ai enseigné avec succès, dit-i> diverses branches des sciences physi r anatomiques, j'y ai fait des découvertebreuses et importantes, j'ai cultivé, :

que les autres, la psychologie et la p'n phie, mais ce que je veux enseigner si' dans la portion physiologique de ma //' medica t?era, c'eMla biologie humaine; r je veux tracer, avant tout, c'est rhistoir» force vitale chez l'homme, considén elle**mème et dans ses rapports avec le u extérieur, avec son instrumentation, a\ facultéspsychiques.»Cette marche, eni{)i à Hippocrate, a été suivie par Bartliez : i dans sà Mécanique des mouvements de /'/»' et des animaux, il traite longuement du canisme; dans son livre sur le Beau, et quelques autres écrits, il se montre psjrchologiste ; ses Nouveaux élémenis u science de f homme sont particulici" consacrés à la biologie humaine. O ' devait avoir trois parties : Tune p"' physiologie physique^ l'autre pour la pl>

(109) PourStehl, la force vivifique (le pr : vital, la vitalité) a une connaissance ini< profonde de la physique, de la chimie ordinan vivantes, et s'en sert pour accomplir le<^ < qu'elle exécute (hins et par le corps qui est ^ ebinci son laboratoire.

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DE PHTSI0L06IB.

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bfiitiuli, raatre pour la physiologie psy» eîfir tt la rofrporif du physique et du mur«' : fl D a pubné qoe la seconde dans son atier(Ue).

I Toates les connaissances relatîres h la

nitmtpi du corps humain ou à la métaphy-^

p^ de Tàmt, ne peuvent avoir aucune

i??lication aai principaux objets que je traite

;i:» Il première partie de cet 'ouvrage, tels

:s: )es forces du principe vital de l'homme^

tvi fftKpûthits y leur réunion en système ^

.^ nia f cation dans les tempéraments et les

ij»!. etc...; mais dans les autres parties de

\ Kimt de rhomme, que ie traiterai dans

1 !)jite de cet ouvrage , l'application de

r« sciences étrangères devient indispen-

^iê ;iU). »

lî même esprit de distinction et d'union,

inalrse et ae synthèse, se trouve dans

ffiTages, Bordeu, Grimaud, Dumas, F. Bé-

rvd, etc.; il forme le caractère spécial de

Icuk de Montpellier, qui cultive et applique,

PH autant d'étendue que de sagesse, les

idenees physiques, anatomiques, pnilosophi-

ÇKS, hifiioriqifês, théologiques, anthropolo--

Ptna paies, pour embrasser l'anthropologie

tas ma entier : tel est le cachet spécial des

ttiàisnhécs dont H. le professeur Lordat

Hsràà, ferais plus de cmquante ans, les

saeno^Bttales.

H, -De la vie et de la santé*

Nevimsdéjà parlé plusieurs fois de rn^ortn» que Stahl attache à donner de b^ an pas simplement une idée claire, ÙBK idée tout à la fois claire, distincte et muque possible adéquate. U veut la conaftv fsbitctivement f instrumentalement ^ ^^smifumaU, substantiellement, objective" fi. e est4-dire qu'il veut savoir quel est le pwipe moleur substantiel d'où elle part, le ^ fflitériel où elle s'exerce et se réalise, •''iostruDeoIque le moteur emploie, les forces ^ il dbpose, ie but fin;tl vers lequel il doit ^^'^^ I) est ainsi plus complet que les purs ^•ooicns, cartésiens, newtoniens : les prête veulent surtout des idées claires; les ^^Bûads paraissent croire trop souvent cfue ce ik reste d'impérissable dans les sciences 'Si guère constitué que par les faits seuls, ^•ii de leurs conclusions dogmatiques, sans ^ÀTissez nettement qu'au-dessus d'eux il y a ^ niées-principes marquées du cachet de 4 r^renmté ; enfin, les newtoniens, per- ^^ qu'il faut s'arrêter aux forces abstrai- ''S et à leurs lois, ne s'aperçoivent point que, ^ la constitution propre de son entende- ^ l'homme doit s élever franchement,

tl<) Fm. rintrodttction aux Nouveaux éléments^ 1* <!&L 117S, et le litre même de cet ouvrage sur fVKliQtit : !'• partie. La seconde édition neren- >fae nasà que cette partie accompagnée de noies

illl) BâKim, NomÊsaux éléments de la science ^/'kMutf, 1» édîL, 1778 , 1. 1" ; discours préii- ^»t, p. 31. — Nos lecteurs verront sans peine ^ M avons embrassé ces 3 parties dans notre '^^^'•aaire. Ce cadre très-vaste sera rempli avec ^ Ks détails dans nos supoléments : toutes les

mais aveo circonspection, jusqu'aux substances, et au'eux-mèmes remontent malgré eux jusque-là, sans connaître la véritable route qui y conduit. Stahl comprend aussi toute la valeur de la finalité; il se place ainsi au-dessus des trois écoles que l'on regarde comme les représentants de la réforme scientifique moderne. D oii lui vient cette supériorité (112)7

Pour répondre à cette question , nous devrions aborder un problème dont la solution contient l'avenir tout entier de la science actuelle. Quelle est la valeur réelle de la réforme moderne? Qu'y a-t-il de neuf, devrai, de faux dans le baconisme, le cartésianisme, le newtonisme , dans ces trois doctrines qui se disputent aujourd'hui l'empire de la science? Un ))areil sujet,sur lequel nousavons longtemps médité , est trop important pour que nous reculicms devant lui , quelque délicat qu'il doive paraître : mais il demande à être sondé dans toutes ses profondeurs, et nous ne

f>ourrions le toucher ici qu'en passant. Nous ui consacrerons un chapitre très -étendu quand nous serons plus avancé dans ie stahlianisme , parce que le 'professeur de Halle et ses grands disciples en ont été sans cesse préoccupés (113).

11 y a trois classes d'hommes dans le xvn* siècle : les réformateurs radicaux, les conservateurs absolus, les éclectiques. Les premiers veulent ou croient tout refaire; les seconds, tout conserver; les troisièmes cherchent tout à la fois à conserver et k renouveler. Les baconiens, les cartésiens, les newtoniens appartiennent à la première classe ; les stah liens à la dernière. Les premiers et les seconds connaissent trop peu le passé pour apprécier suffisamment l'étendue , l'utilité , la réalité de leur œuvre : ainsi, plus d'une fois Descartes et Newton ont cru refaire quand ils retouchaient à peine; ils ont renversé ce qu'ils auraient dû respecter avec le plus de soin. Les grands éclectiques sont plus érudits, plus sages, plus circonspects; ils s'inclinent avec respect devant les incontestables grandeurs des siècles écoulés, tout en préparant de plus larges voies à l'avenir.

Tel est le caractère de Stahl. Il pense qu'Uippocrate, Galien, Platon, Aristote,Cicéron, Sénèque , etc., que surtout saint Paul » saint Augustin; saint Thomas, etc., pèsent dans la balance des destinées humaines plus encore qu'un Bacon ou même qu'un Des-^ cartes, etc., et cependant il mesure aussi toute la hauteur du génie moderne ; mais il règle les écarts des novateurs en leur attachant le contre-poids de l'esprit antique , et

questions principales seront traitées dans ce volume avec un développement suflisant pour'conslituer une physiologie complète.

(I^i) Nous nous occuperons de cette tendance irrésistible qui pousse Tesprii humain à remonter jusqu*aux substances, k la cause première, aux in^ tentions finales, à rarticieOMTOLOGiooB (faculté ontologique).

(4 15),Gette question sera examinée à l'article Mê-

nODOLOGlE.

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donne à ce dernier les ailes brillantes et hardies de l'esprit nouveau (114).

Nous voyons un exemple de sa méthode dans ses études sur la vie : suivant avec raison la marche des anciens , il pose le problème dans son entier, sans en écarter aucune pariie sous préteite de subtilité ou d'impuissance ; il* sait associef pour sa solution les éléments modernes et les données antiques. Les recherches sur la vie sont, dans le stahlianisme , un point si capital , et pourtant si faiblement analysé, si imparfaitement compris, Que nous ne saurions trop y insister : c'est la clef de voûte de l'édifice. Stahl y revient à chaque instant : malheureusement son exposition est tortueuse, morcelée, enveloppée dans une phraséologie ténébreuse, sous les formes et le langage des mauvais temps de la scolastique déjà discrédités à son époque, et que Ion ne connaît presque

Elus aujourd'hui. Aussi avouons-nous, sans ésiter, qu'il doit s'imputer en grande* partie à lui-même les résistances opposées k sa doctrine malgré son incontestable valeur, ainsi que les altérations de tout genre qu'elle a subies sous la plume même de ses commentateurs et de ses plus zélés disciples. Le vêtement de Stahl paraîtra toujours déplorable à tous ceux qui ne l'auront pas profondément examine; il contraste trop avec nos habitudes modernes; les longues entrées de son édiQce rebuteront de très-grands courages. Nous croirons avoir rendu un véritable service si nous parvenons par nos arguments et nos commentaires à donner à Stahl un vêtement plus nouveau, à le traduire

(il4) Nous ne craignons pas d'affirmer que les préjugés les plus dangereux pour les sciences rè-

SnentencDre sur la valeur respeetive delà méiboologie, de la loffique, de la psychologie, de Tontologie, etc., de la haute scolastique , et des mêmes parties de la philosophie réformées par le baconisnie, le cartésianisme, etc. L'avantage est du côté de la première. Les réformateurs ont développé, chacun dans un sens, Tinduction ou la déduction, etc., et les facultés correspondîmes, tout en resserrant trop les autres; ils ont fait dévier Tesprit humain, les uns d'un cété, les autres de Tau Ire ; aussi voyons-nous gne le génie moderne, s'élançant partout avec une incomparable vigueur, incline toujours, depuis ce moment, dans des sens opposés, sans retrouver son équilibre : la haute scolastique avançait moins vite, mais elle marchait plus droit et sur un front de bataille beaucoup plus étendu. Quand on la comprendra bien, quand on saura unir le véritable esprit scolastique au véritable esprit nouveau, la philosophie et toutes les sciences, radrcalemeut transformées, étonneront par la rapidité, la sûreté, la grandeur de leurs progrès. Cette réforme se poursuit de tous cêtés aujourd'hui par fragments qui tendent à se coordonner. Stahi l'a tentée au xvti* siècle, se montrant souvent supérieur à ses contemporains. Voilà sous quels rapports il est du xix' siècle. Mais s'il voit le but, il se trompe plus d'une fois en le poursuivant; sa marche et son exposition sont lourdes, obscures, embarrassées. Le véritable homme du XIX* siècle, tel qu'il cherche à se constituer, c'est Bossuet, génie plus général, plus élevé, plus puissant, et d'une incomparable clarté. (Yoy. aans ce DUtionnairej les articles Esprit bCMàin, Lo-

fidèlement dans la langue de nos jou^ cStalh, V m'écrivait un médecin qui Ta bo coup médité et qui lui voue un vériinl culte , « est entré dans le sanctuaire de médecine» mais il en a seulement em bflillé les fenêtres : on l'admirera loujour en l'étendant souvent et le corrigcani qu quefois, dès qu'on sera parvenu à les o vrir (115). »

Ecoutons d'abord le professeur de Ha!!

« Personne, jusqu'à ce jour, n'ayant cnc donné une définition bonne et eiaete dt vie, les diverses classifications qu'on a ad tées ont produit de grands embarras et la risé les perplexités qui régnent partout à n égard ; on n'a pas su apercevoir et a])pi>convenablement les rapports qui existent tre la vie et le support ou sujet auquel on i trouvée inhérente et unie : aussi Ton n point parvenu à s'en former une idée cl ii' exacte, vraie, qui puisse s'appliquer à iles êtres qu'on nomme vivants. Nous dev donc reprendre la question dans son mi en suivant la seule méthode capable de duire l'homme à la vérité , et qui coîh dans l'art de s'élever des faits spéciaux faits généraux , des idées particulières idées générales (116). »

Slahl recherche ensuite l'idée qu'on 1 se faire de la vie du corps, de Ykme, de D; Le corps a sa vie propre ; il a de plus < vie qui résulte de son union avec Y^w celle-ci a de même sa vie particulière. Ei laissant ^ider par l'analogie, on peut > dier aussi la vie ou l'activité de Dieu daiiN rapports avec les créatures, tout en i <

GIQUE, METHODOLOGIE, ONTOLOGIE, PSTCnOLOGlF,

(115) Nous avons proûté, dans ceDiitinici des richesses doctrinales du vitalisme siatdi< n se rapproche beaucoup, au fond, du vitalisnit' pocratique, mais nous Tavons profondéiix m difié dans ses formes abstraites et nébuleuses ; ' Tavons refondu en entier dans ses détails, a 1 des travaux modernes.

(116) Stâol, DemUik § 47, t. Il, p. m. marquons la justesse de cette observation : < n*a pas encore bien défini U vie, aussi n a-t-<*i donner à ce sujet de bonnes classifications, » > Bichat, élevé d'abord par son père, docteur dr > tre Ecole, et par son premier maître, M. A. I* dans le vitalisme de Montpellier, a accopie. les dénaturant, la définition et les classiluai de la vie proposées par Stahl ; mais il s'esi ar< à un titalisme à peu près purement nominal (|ui < devenu presque exclusivement physique. Huh> parent, ami, condisciple de Bichat, s'est elTt>n' rester plus près de Stahl, dont 11 veut être io •' ciple, dans son livre intitulé : Additions aux rat' ehes de Bichat sur la vie et sur la mort, ou (/• division ta plus naturelle des phénomènes php'

giques. Buisson, comme Bichat, Richerand. Cu

sier, Dumas, Pinel, Desgenettes, Laénec, •>

avaient beaucoup lu Grimaud et y avaient pui>o

{[rand nombre aidées stahliennes qu'ils oni<i< oppées dans des directions diverses. Va^-adopte la définition de Thorome donnée par M Bonald : Uhomme est une intelliaence tente pur < organes. — Nous donnerons à 1 article Vie, mi ' trait étendu,. avec commentaires, du ménioirc marmiable de Baîss'Mif dont la deruièce édition tout a fait épuisée.

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DE PHYSIOLOGtE.

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2ri8

i^issanl que la vie suprême de Dieu est sa j? pwpre, indépendante, qui se passe en

U* — De U TÎe propre da corps considéré isolément.

U eorps humain » l'agrégat matériel jouit ^ propnélés physiques , chimiques, et de ^^»(le propriétés hyperorganiguesou vitales lopresaonnabilité, motilité, plasticité » jstc.) ^Itti sont inhérentes. Ce corps semble donc »oir en lui tout ce qu*il faut pour vivre (il ilaiWen puissance) , et cependant il ne vit ^l sans une condition nouvelle» sans un nt^leur qui lui donne l'impulsion et qui la ^OQùeQBe, sans un agent vivificateur. C'est lioâ qu'on orgue a une foule d*airs musicaux m piiiMiice) qui ne se réalisent pas sans un oripûste. Une mâle vit dans ruténis par la ne de te mère; un cadavre vit quelque temps de cette fie qu'on a nommée cadavériqtie « prce que Tioipulsion vivifiante première s'y cominoe faiblement pendant quelques heures; mus ces phénomènes dimmuent et dis^ psnisfieoi bientôt ; l'instrument corporel itn-oèiDe se dissout rapidement par l'absence da çrâdpe moteur et conservateur (117).

li.— DikTie du corps uni à Tàme, ou de la %m «f«le» de la vie associée de Tàme dans le

^«ItficJkamme (Vie végétativo-animaie).

^^le corps humain commence à vivre, jwrqoe celte vie dure et se maintienfie,iAul donc que son agrégat matériel «trf «I iœtnunental ( organico- vital ) cont^AO^ en lui UQ agent a impulsion et de c«5enition qui le mette et l'entretienne ^^9^ ^ acie : cet agent , c'est son prin- Gfi oVifiint, son Ame vivifique (118).

€ U corps, par rapport à Vdme« étant un orpne, un instriunent, l'action que cette kie eierce dans ce corps et par lui est une *tioo organique, c'est - k-dire qu'elle con- 'Ji dans Vêctuaiion de cet instrument par *à agent supérieur, l'ftme : Actionetn causœ 'itriorii m instrumentum sive actuatioKbii fMfff^V/oaiiiurnfmena'.C'estlàce qui consti- > ijTie. llest étonnant gu'aucune Ecole n'ait ^ore donné cette déûnition de la vie (119). 1 tiosi, quand Stabl parle de la vie corpo- M.t de l'âme, il désigne par là : 1* Tensem- '^ des actes que l'flme, en tant que vivifi- ^c, exécute dans son corps et avec son con- -JK, poiu* former, développer, entretenir. ^^•îw.etc., ce corps, de manière à ce qu'il '^^'^ servir à tous les usages de cette Ame; ' •Vnseioble des forces ( perceptives , exci* ' "^fiouices, excito-plastiques, etc. )qui, unies t ikopressionnabilité» la motilité, la plasti-

'11^ Noos montrerons plus nettement, par la "^ itn. OtCANiSHE), ce que Ton doit entendre ^'* propre do corps.

^1^1 Le root prifuipe vtH/Sanl vaut mieux que '^ ^ ^nàpe tfifai, qui donne lieu à de dange- '^^«^^QiToqaes; aussi Stahl, comprenant la v5- "^^^ia lenninologie aristotélique traduit fidè- ■•* Tàpp^ ^tcoTixi), princifnum vivificum : il ne ^^l^ipn tes propriétés vitales spéciales du corps ^'^Kcs à ce dernier, telles quVUessont en lui ;

DicTiom. DE Phtsiolccik.

cité, etc . , organîco-vitales , président à ces fonctions; 3* les lois auxqu'elies tous ces objets sont soumis, etc. Cela constitue le corps et le centre de la physiologie médicale.

On voit apparaître dans le passage suivant de Bordeu le stahlianisme ou plutôt le monopsychisme didynamique , spécial aux demistahliensde Montpellier. «Sauvages, ennemi des mécaniciens et animiste décidé, avait tou* jours recours, ainsi que Slahl, à l'âme raisonnable, qu'il mettait à la place de la nature et de rarchée : Lamure et Venel savent que notre sensibilité et motilité^ inhérentes à la fibre animale^ et éclairées ou enrichies dans V homme par la présence de Vdme spiritutile et immortelle , prit naissance des disputes de Pizes et de Sauvages, » etc. (Bordeu, Œuvres complètes, t. II, p. 972. )

Dumas est plus fidèle à la pensée stahlienne,

Ju'il rend plus claire, plus précise, plus vraie ans le passade suivant :

« Stahl admit, outre les forces physico-chi" miques, des forces hvperorganiques dirigées par un principe intelligent qui les ap* plique à des usages prévus, et qui, les distribuant avec une sage économie, les propor-^ iionne ou les accommode aux divers besoins de l'individu. Cet Aomme de génie est le premier écrivain moderne qui ait traité la science de l'homme sur un plan général et dans un ordre philosophique. /{ avait une instruc" tion immense et choisie; mais, attentif à la maîtriser, il se montra supérieur aux savants ordinaires, en reconnaissant dans chaque science une métaphysique propre qui la circonscrit. 11 évita d'associer des choses disparates, tes vivants avtc les morts, d'exp!i<» quer la ncUure vivante par des lois regardées à tort comme universelles, tandis qu'elles ne s'appliquent rigoureusement qu'aux êtres ina- Tiimés,Sadoctrine,étayéed'unemultituded*ob' servations importantes et faciles à constater, balança les inconvénients des hypothèses bâties au hasard sur un appareil séduisant de vérités physiques; celles-ci furent complètement ruinées par leur opposition avec les faits les plus simples de 1 économie animale, dès qu'on les eut dépouillées d'un vain étalage scientifique qui devait facilement tromper. »

1 Dumas, Principes de physiologie, 1* édit., 800, 1. 1, p.126.)

« Cette doctrine devint celle de tous les médecins philosophes.. ...h elle fut défendue avec enthousiasme et chaleur par tous ceux qui l'embrassèrent. L'Université de Montpellier essaya, la première, de l'introduire en France, après l'avoir dépouillée de tout ce qu'elle avait de spéculatir et d'exagéré. On vit naître de son sein les idées vastes et lumais, par des facultés correspoudantes, il les met en jeu, les dirige, les conserve, les soutient.

({19) ^AHL, De mistis, § 52, t. II, p. 405.— C^est la définition aristotélique : c L'àme est Fentéléchie première (le principe actif premier) d*un corps organique apte à vivre et ayant la vitalité en puissance. > Nous développerons dans ce Dictionnaire cette définition, et nous en montrerons Texac* titude.

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mineuses que celte Ecole ç\posa sur Téconomie animale pendant le xvm' siècie(120). »

Ce que Slahl vient de dire sur la vie corporelle de rhomme s'applique à tous les êtres vivants : ils ont besoin d'un corps organique (instrumental), physico- vital, et d'une âme vivifiante gui vient Tactualiser. Aussi, fidèle à la doctrine Mosaïque souvent suivie mais parfois voilée ou altérée dans THippocratisrae, le Platonisme, le Péripatélisme , etc., Stahl admet une âme vivifiante dans tout le règne organique : cette âme est végétative , végétativo-sensilive, végétative-sensitive et raisonnante, selon qu'il s'agit des végétaux, des animaux, ou de l'homme.

§ 0. De la vie propre de rârae humaine. (Vie în-

tellertuetle et morale,)

L'âme humaine, n'étant pas simplement vég/îtative et sensitive, mais ofifrant de plus un caractère spécifique (la faculté raisonnante), a une vie propre qui se passe tout è fait en elle et constitue en sa faveur une existence supérieure, une vie intelligente, sociale, morale, religieuse, etc. , tout à fait distincte de toute vie corporelle, même humaine. C'est là ce qui a fait admettre chez l'homme, dans plusieurs écoles, non pas seulement un mode vital intellectuel, mais une âme intellectuelle tout à fait différentedel'âmevivifique: l'âme intellectuelle serait alors seule, spirituelle et immortelle, tandis que l'âme vivifique serait corporelle et périssable.

Stahl s'est attaché à combattre cette dernière doctrine, qui est celle du vitalisme dif>svcbique ou vitalisme dualiste, bien qu'elle ui parût séduisante, ainsi que nous le lerons voir par la suite. Le vitalisme dualiste a cru pouvoir se rattacher au Mosaïsme, à Hippocrate, Platon, saint Paul, saint Augustin, saint Thomas, etc., et même quelquefois à Siàhl; les hommes éminents qui se sont efforcés de lui donner ce grand appui traditionnel, ont déployé pour cette œuvre une grande hai)ileté unie à toutes les ressources d'une vaste érudition; cependant, quand on examine de près les textes dont ils ont fait usage, on s'aperçoit qu'ils ont commis de très- bonne foi d'incontestables erreurs , signalées et démontrées par l'Eglise (121).

Le professeur de Halle se pose nettement cette question : « L'âme humaine a-t-elle , indépendamment de ses actes vivifiques, de

(120) DcuAS, ouvr. cit. 1. 1, p. 155. — Nous exainiaerons plus lard les doclrines de Bordeu, de Diimas, de Barthcz, elc, de noire Ecole, en les comparaul à celles de Slabl. Le professeur de Halle ne s'explique pas assez neilemcnl sur les forces hyperorganiques et sur le rôle de celte anima prœ$es actuum; ses idées, à cet égard, sont encore nuageuses, indécises, et obscurcies par des formes et un style lénébreux. A cbaque instant, la lumière qui réside au foyer de son esprit est prête à se traduire dans son exposilion ; elle appareil même par de nombreux éclairs qui s'échappent de son génie, mais elle n'est pas coroplèie ei lucide ; les forces vilaies de Siahl paraissent à demi mécaniques, les éiémsnts végétalif et sensitif de son àme bumaine semblent trop absorber Télément libre et spirituel. Nous tâcherons de rendre ces idées plus

Si

sa vie en faveur du corps, une autre vie séparée en quelque sorte, dans laquelle elIt; oublie de plus en plus son enveloppe el si vie terrestres , 'pour se renfermer dans sis pensées et s'élever progressivement k unvie supérieure qui liu montre safindernitre et sa céleste origine? » 11 répond par 1 allimative. « Est-il vraisemblable, dit-il daih plusieurs passages, que l'âme humaine ait un mode d'existence dont le but soit lai t < simple et absolu de la pensée, de telle so!t qu'elle se livre alors à des actes qui lui soi* n entièrement propres, qui ne se rapport i: qu'à elle, et qui l'absorbent si compkteni.'r qu'elle n'intervienne plus dans les foncii'.> qui ne la regardent pas directement et (1< n elle se sert d'une manière précaire et s condaire pour ses usages intellectuels? N ><, croyons pouvoir affirmer tout à fait cii vraisemblance, » elc. Il énumère ensuite ii motifs de cette croyance , quia, pour lu non pas une certitude physique humaii.

mais une certitude morale et religieuse n présente à ses yeux une valeur bien ^^l périeure.

La doctrine de Slahl , relative à la v intellectuelle de l'âme considérée dans divers degrés, ne se rapporte point dire ment à la physiologie médicale praïuiu elle appartient a la physioloaie philosophi-; et theologique : aussi l'a-t-fl présentée a\ peu de développement, sous une fou abrégée, et dans quelques traités s])éni\ qu'on a peu consultés : il a laissé, d'diileiui à quelques-uns de ses élèves, entre autres ii^ muël Cari, le soin de la compléter. Dans Theoria medica vera^ il a surtout pour •>; d'étudier les fonctions de l'âme reUiti\^ son corps, à sa vie terrestre; il fiiil î' vivement ressortir l'influence du phys:

sur le moral. Ceux qui n'ont pas bien s le but de ce livre , 1 ont «tccusé souvent sensualisme et même de matérialisme ; n il y a plusieurs passages où Ton trouva élans SI élevés d un spiritualisme supt i « qu'on a cru y remarquer des contradct avec le reste de l'ouvrage, ou des hésitaiiv ou un idéalisme mystique. Ce sont là 'i erreurs par rapport au stahlianisme.

doctrine du professeur de Halle est hoiii'L et unitaire, c'est toujours le spiriiuïichrétien pratique : mais son allure clu' selon qu'il traite de la vie corporelle de l «

nettes et plus vraies.

(121) Bîarlhez esl peut-être celai qui a rns^'ci i' sous la forme la plus saisissante, les argument' pourraient le mieux militer en faveur du vinih^ dualiste. D'après lui, cette dernière docirinc rail été dominante chez les anciens el les ni •' nés, tandis que le monops^chisme n'aurait <'(<' > fendu que par rarislotélisme et le cartésialli^l Mous montrerons gue noire illustre chancelior m trompé plusieurs (ois par les textes qu'il a cil ^ surtoul qu'on a, depuis, exagéré souvent ia jc de ses doclrines cl de celles de ses disciplts. < on n*a point compris Tesprit réel, les verui' tendances. (Voy, V Histoire du vitalisme an iv par M. Blondin : elle forme la préface du i. iîl sa traduction des Œuvres médico-pbilosopM(]i:i^- Slahl [1860].

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<'U dri tt rie intellectuelle dans ses rapports

j'tc les choses corporelles, avec elle-même,

«Tec la sociélé ,. avec Dieu, etc. ; selon qu'il

tohe à la vie de Dieu lui-même. Si Ton ne

tj^ntpas compte de cette remarque impor-

bote, le stahlianisme devient une lettre close.

ÎHi reste , on conçoit facilement les méprises

its commentateurs de Stahl, pour peu qu'ils

>"!eQt mal intentionnés, prévenus ou in^

lUeoliis. Il a eu le grand tort de ne pas

:ff'0$er avec assez de clarté sa méthodologie,

>iio^que, son ontologie, les principes de sa

iliùc>sopbie générale. Ses fragments histori*

-i'i^ sont profonds mais écourtés. On voit

«ncorequesa Theoriamedicavera est formée/

Attc des fragments de ses divers ouvrages,

•loQt le lien n'est pas toujours facile à saisir:

.1 semble même parfois manquer entière-

lient [m\.

Suhl D a pas eu le temps d'en faire un

We; ii\ a lui-même conscience de ses dé-

IsuU : Ciim autem per alios meo$ labores^

^«ibvi imfrimis Spartœ mihi concreditœ^

tHA etia» proxime auxilium meum postu-

IinUc \n$(nire eonnitor, hoc perficere per

tr»p«iaoftticea(, eujuslibet propriœ inau"

uricflifK eurœ eommendo, etc. C'est ainsi

^aUVenoise son Proœmium physiotogiœ.

ttt «nonce les idées-mères , les idées lé-

gttliltkttylystolo^tce veris physicis et orga-

»^mmnibus et medico scopo prœcipue

rwiiMtf ; qaant au perfectionnement des

déuû^aifinide l'œuvre, il le recommande

f^i^Mtt frovriœ industriœ atque curœ, au

f>>v propre de ses successeurs ; sed omnino

ttnmhiiusreit^inetiamiAstis illius agni^

f^Mm et eognittonem omnino utique com*

»^iiff. Sa pnjsiologie n'est point une an-

/Vj'pologie complète ; c'est surtout une phy-

*''«'^e médicale pratique ramenée aux

'iTiiaWes données organico-physiques.

Ces explications nous montrent l'utilité de

• ®urre de M. Blondin. Une traduction de la

T^eoria mediea vera doit être accompagnée

« étoile des œuvres qui la complètent : cela

•-aie est insuffisant, si Ion n'y Joint des

«•rumentà, des commentaires particuliers et

r'î^raui, des notes, des traités originaux

' :2âés propriœ industriœ atque curœ d'au-

^--•5 spéciaux, etc. « II faut , me disait un

''-^ent animiste, que Stahl trouve parmi

^^ des exécuteurs testamentaires ; il le mé-

'îtc, et ce pénible travail doit tourner au

jf^iât de la science moderne. » Tel est le but

'{ue X. Blondin et ses collaborateurs s'etfor-

tS) Oa peot consulter, pour Tétude des rap- ^<ta physique el du morsU, les deux discours ^^*^Mu$ i De reaimine mentis qw>d mtdicorum '«MrijBv 1747, alter 1764. Dans le premier, Tau- *^ Mitre rinfloeDce dû physique sur le moral, «'^-â-dire da corps vivant et de la vie corporeUe •^ ^^ae Mir la vie spirituelle ; dans le second, il "^ de rinflueoce du moral sur le physique ou ^ vie intellectuelle et morale sur la vie corpo- ^^ Biea que Gauhius fût élève de fioérhaave, il ^ ^proche beaucoup de Stahl : voy. surtout sa ^«^laiioo inaugurale : Idea generalis solidarum *'^(nî4), soQ Oralio de chemia (1732), etc. : ** dédare partout contre les prétentions exagé-

ceront d'atteindre. Les deux derniers volumes, sous 1» titre de Commentaires^ contiendront, en abrégé, un cours complet des sciences médicales pratiques (123).

Quand le professeur de Balle aborde les questions délicates de la physiologie philosophique*, il montre en général autant de réserve que de fermeté, autant de finesse que de science. N'oublions point que dans la partie physiologique de sa Tkeoria, que nous commentons en ce moment, il s'açit particulièrement de physiologie médicale pratique, de la vie de l'flme dans ses rapports avec son corps. Nous n'aurons donc guère ici à parler de la vie intellectuelle, considérée dans ses régions supérieures : nous nous occuperons spécialement de cette dernière, à propos des écrits que Stahl et ses élèves lui ont consacrés; nous montrerons alors les liens qui unissent ses travaux avec les dernières penr sées de Maine de Biran, avec les idées de H. de Bonald et des grands théologiens da nos jours (124).

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