‹ Dictionnaire de physiologieChapitre 70 sur 340 · IV. — Du but final du corps · texte numérisé non relu

IV. — Du but final du corps

Stahl va traiter particulièrement delà vie'de l'flme dans le corps, pour conGrmersa théorie et bien connaître l'agent viviûant. Ici , trois questions se présentent : Quel est cet agent, ce principe qui vit dans le corps et par lequel le corps vit d'une vie complète, soutenue, réelle? De quelle manière, sous quelles conditions s'accomplit la vie du corps et la vie corporelle de l'Ame? Quel est le but de cette vie 7 La cause finale ou le but occupant le premier rang parmi les causes, puisque c'est elle qui dirige la cause efficiente dans Tac complissement de ses actes, Stahl donne la

Eriorité à la troisième question ; puis il passe la seconde (la cause instrumentale) , pour résoudre enfin la troisième et remonter ainsi à la cause efficiente. Stahl, très-religieux et même piétiste , est convaincu de l'existence d'un« vie future, dont la vie présente n'est qu'une période préparatoire ; u croit de plus, que, dans cette vie passagère, l'flme'humaine, profondément altérée, s'est beaucoup éloignée de son type primitif : « II lui reste de bonnes tn^eiKtona , d'excellentes tendances; mais elle se trompe souvent, à chaque instant, dans l'tnvenfton, les moyens d^exé^ cution. » L'âme est faite pour penser, aimert vouloir, accomplir le vrai, le beau, le bien : tel est le but, la fin de sa vie propre. Par malheur, pendant sa vie terrestre, elle a toih

rées des iatrophysiciens et des iatrochimistes. Noua traiterons longuement dans ce Dictionnaire de la vio propre de FAme, de ses facultés spéciUques, de la doctrine de l'alliance (rapports du physique et du nioral). Cette partie capitale dont quelques auteurs modernes s'occupent spécialement est trop négligée ou faussée dans nos traités de physiologie.

(123) Nous donnerons dans ce Dictionnaire les idées fondamentales de la partie physiologique de ces commentaires.

(124) Ce travail sera largement esquissé dans notre Dictionnaire : il sera poursuivi dans le supplément.

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jours besoin de s'appuyer sur son instrument' corporel, de s'accommoder à ses exigences,

aui sont grossières et brutales dans un état e civilisation peu avancé : elle cède souvent à ses faiblesses, à ses caprices, h ses besoins artificiels, plus délicats, mais plus nombreux et plus impérieux peut-ôtre, sous l'empire d'une civilisation plus perfectionnée. Depuis que la vie corporelle a pris un si grand développement, l'ôme est dominée par son corps et perd à chaque instant son indépendance et sa liberté (125)'.

I !•'. — Cause finale du corps et de la vie corpo^^

relie de Tàme.

« Quand nous voulons nous mettre en rapport, pendant noire vie terrestre, avec les choses corporelles qui nous entourent, nous voyons que, par nos facultés naturelles, noire âme ne peut absolument rien sans nos instruments corporels, môme en ce qui concerne directement son acte principal et supérieur (la pensée, la volonté). En effet, nous ne pouvons rien embrasser au moyen de nos sens, et, par conséquent, nous ne pouvons avoir des idées et des connaissances précises sur les objets qui nous touchent, dui sont sous nos yeux, etc., etc., sans 1 intermédiaire préalable de nos sens corporels : de même nous ne pouvons rien effectuer, nous ne pouvons exécuter aucun acte volontaire concret, sans le ministère des or* ganes corporels moteurs (Stahl, De scopo aut fine corporis, § 3).»

On a vivement attaqué cette proposition fondamentale du slahlianismo : on a dit qu'elle était sensualiste , contraire à l'orthodoxie philosophique et religieuse , qu'elle conduisait au matérialisme, etc. Stahl a répondu victorieusement à toutes ces accusations, en expliquant et développant sa pensée. (Koy., entre autres, ^on Negotium otiosum,)

a L'homme, ainsi que l'enseigne la théo^

(125) De là résulte la nécessité d'une prophylaxie et d'une thérapeutique médicales, intellecluelles, morales, actives et constantes, fondées sur notre nature, qui préviennent et redressent à chaque ÎR'^ stant les erreurs des forces vivifiques, intellectuelles, morales de celte &nne si disposée à se tromper.

(136) L'âme vit dans son corps, qui est sou mi-' lieu immédiat ; le corps vit au sein du monde extérieur, qui lui sert aussi de milieu ; enfin Tàme a aussi une vie spéciale daus un milieu supérieur au sein de la Divinité, ainsi que nous renseignent ces magnifiques paroles de TÂpôtre, dont le panthéisme s'est efforcé d'abuser en les dénaturant : In Deo vtvimus, movemur et sumus, (Act. xvn, 28«) Cette pensée traditionnelle, empruntée au Mosaîsme, se trouve souvent dans Platon, c L'âme humaine, dit-il, a dans les profondeurs de son être une racine sublime, par laquelle on la voit suspendue à Dieu qu'elle touche et qui la touche de toute part, t Aristote nous enseigne que le Xdyoç humain, son entendement, est directement illuminé par le Xoy6c ou Fenleiiëement divin, et que le véritable instrument par lequel il accomplit cet acte est la vertu, le principe moral. Nous retrouvons les mômes idées dans les péripatéticiens successeurs d'Aristoie, dans Gicéron, Sénèque (surtout dans ses derniers écrits, où l'on aperçoit mieux l'influence

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