imisme d<^ cartésiens a aussi un défaut
capital : il sépare l'âme du corps , et rend leur commerce impossible. Dès lors le corps ne peut être qu'une machine , et l'âme s'isole dans ses pensées. Leibnitz, Malebranche, etc., ont imaginé de nouvelles erreurs pour pallier les conséquences de l'erreur cartésienne. Nos systèmes les plus modernes n'étant que des reproductions de ceux que nous venons d'indiquer, la réfutation donnée par Stahl conserve tout son à -propos et semble écrite pour nous.
Dans son examen critique, le professeur de Halle fait justice de cet axiome premier: « L'immatériel et le matériel ne peuvent communiquer ensemble, agir l'un sur l'autre ; & dans sa réponse aux objections, il combat de même celui-ci : « Les actes dont nous avons une conscience nette sont les seuls qui appartiennent à l'âme: » c'est là un préjugé qui nous vient surtout du cartésianisme, et qui nous domine si bien que les meilleurs esprits attaquent en son nom les vérités les plus solides: on l'accepte généralement comme un axiome mathématique, prenant une assertion mille fois répétée sans preuves pour une démonstration.
Les actes avec conscience nette appartiennent à l'âme, rien de plus vrai ; mais on ne doit pas en conclure que les actes avec conscience obscure, ou même que tous ceux où la conscience manque, ne lui appartiennent en rien. La mécanique des nerfs (mouvements excito-et réflecto -moteurs) a sa part légitime; mais elle ne doit pas absorber celle gui appartient légitimement à Tâme. Leibnitz, avant Slahl et après beaucoup d'autres, avait signalé ces idées obscures, ou même tout à fait inaperçues de la conscience, comme n'eu résidant pas moins dans Tâme. Ces remarques sont d'une grande fécondité ; elles changent les bases de toute la psychologie philosophique et médicale qu'on nous enseigne depuis longtemps , et doivent la transformer dans son entier : alors, mais alors seulement, on pourra avoir une psychologie comparée et îine doctrine des rapports du physique'etdu moral {Doctrina fœaeris), qui jusqu'ici ont été simplement ébauchées.
Stahl, en face de ses contemporains, est resté fidèle à cette grande règle de Bacon, si souvent négligée : N'acceptez pas trop vite les axiomes premiers très-généraux, et appesanti.ssez-vous longtemps sur les axiomes moyens ; chacun d'eux a sa valeur propre ; ils se réfléchissent les uns sur les autres, s'éclairent et se fécondent réciproquement.
Bacon s'est pourtant trop méfié des premiers, tandis que les cartésiens se sont trop hâtés de les appliquer. Il nous resterait à faire ressortir Tutilité de la distinction du lôyoç et du Xoyierfiôff après Ta voir rendue plus claire; plus compréKensive, plus pratique ; à montrer la supériorité du ^dyo? dans certains actes vitaux, sensitifs, moraux et intellectuels; à traiter en détail des intuitions, des instincts et dn leurs divers modes (intuitions et instincts intellectuels, vérités de sentiment, sentiments moraux, religieux, etc.); à comparer les vérités qui eu proviennent avec celles que nous