‹ Dictionnaire de physiologieChapitre 74 sur 340 · SS · texte numérisé non relu

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,- Li lie el la force intellâctuelle et morale ['■«i>tDeitent en relatioD avec le monde et •itc nous-mêmes, pour en pénétrer scienti- - jaenienl les secrets, pour nous en servir, . ^ muditier, eiercer sur eux un empire \6- -,WK, nous élever jusqu'à celui qui nous a ,rm(>our devenir tout à la fois plus heureux [ uKiJlcurs, Stahl définil ainsi, en les ana- ;niit, la vie, ses forces et leurs trois modes

IV. Le carfi est l'instrument, le laborainjelhéilreavec lequel et sur lequel la ^ M unitaire et ses trois puissances réalisent l' tctivilé; ses qualités physico-chimiques •: btperorgsuiiqiies, son mécanisme OrgniiiFiéjoal adaptés au butvéKétalif, sensilivo- .Tmil qu'il faut accomplir : là se trouveront ^ittrouveDl eo effet les secrets de cette i.^Jr<jiDei)tatioQ que nous scrutons si fruc- Ltusempjil aujourd'hui par notre anatomie ■^T-fnpÛTe el générale , par notre anatomie rjimique et physique si délicates, si minui -ojc', par DOS etpérimenlalions multipliées. Lt. rapport du but et des moyens instrumen- '^in , telle est l'âme de celle physiologie br'pocnlicc-sUblienne qui a inspiré l'école •'■■-•awide moderne dans ses recherches po- M'.;^o, tlqui a plus d'une fois arrêté son e>^^ n It réglant dans, ses aventureuses

^JoatillilDrce inlellectaelle et moraJe et i la ne^/ai correspond, elle relève d'un tiéaai^iil, des facultés noologiques ; n*"B jRtogs du monde physique et vital , DMf eaimiis dans un monde nouveau lié »s It premiâr, mais qui en est tout k fait àaaa.

^- toqn'ici nous trouvons : 1* d'une part ■-s flutrumeDt, un organe, un laboratoire (ÀfMijue el matériel; 2° d'autre part, une '■«w rt des puissances ou facultés expériwiiales abslraites. Comment ces agents 'i-ireol-ils leur empire sur ce corps maté- '>'' Est-«« par des fluides déliés, des espritê ■■ruli, etfoHz, animatix, inullectuelt, des ■fcsBwreui de divers ordres, etc. Tous ^^rqajts hjpDlhôliquns sont inutiles ; la S. UE/Lure qui dirige lûut est une Ibrci! "H^ialc; celte uiotivilé dont elle jouil ^ 's Taries, sutBt à lout. Les actes "be soDl lies modes intimes de )-viial , de même que Je taiiies, les mouvements muscu- MC& , loniqtics) , etc., sont <les ■v^ico-vJliius. La perccptlf 1.1 i)f:oséu sont des uiouvele l'Ane dnns «llc-nifime. C<!llB (eUoJa dâliiiîlion antique:

'jlul H.' tueul. b HippctneuU. que G/iliF'n f :Sulil a ■nniivellt!. 1

d'ajouter que cette activité motive a des modes spéciaux qu'il fautpréciser. Nousvérrons par la suite le parti qu'on peut en' tirer, en évitant les nébulosités et les exagérations dans lesquelles on est tombé en poursuivant celle doctrine [114}.

VII. La vie avec ses trois modes, ses puissances, SCS forces, son instrument motériel , son agent (ou plulAl ses agents spécifiques) , son but pour cnacun de ses modes, sont déterminés : Stahl étudie les lois expérimentales que ces forces suivent dans l'ancomplissement des fonctions. ■ Le médecin physiologiste pourrait s'arrêter là, ainsi que le fait remarquer Slal h. Il aurait «ne vhréiologie et une dynamologie complètes suflisantes pour les œuvres médicales ; il serait en possession d'une biologie et d'une p^ychologie expérimentales que la médecine et même certams psychologistes croient inulilu de dépasser. Hais l'édifice manquerait de couronnement, et l'on éviterait ainsi les questions les plus élevées, les plus importantes, que rnomme qui veut se connaître cherche nécessairement à résoudre : ■ Quel est le caractère ontologique du principe animateur de l'homme? Est-ce une simple force, une substance? Quelle est sa nature 7 La force biologique est-elle une puissance, une faculté de l'Âme pensante, est-elle une furce ou us£ substance à part, etc.? »

VQI. Stahl se décide , scientifiquement , pour l'animisme didynamique , pour une seule substance psychique avec plusieurs facultés , suivant la doctrine du Mosa'isme , des grands médecins, des philosophes da la grande école spiri tua liste. 11 confirme aiosi. par la physiologie, ses croyances religieuses traditionnelles.

DC. Si nous insistons sur le stahliaobae. c'est à cause de ses connexions avec llÈf^ pocratisme et avec les travaux m'>ders(«, à raison de l'influence majeure qu'il s rxar» et qu'il exerce encore aujourd'hui. Ct^w»dant, malgré son vaste génie et la ji uut m de sa doctrine, à laquelle les esptib tes. »t^ supérieurs ont rendu de nombr-r'jî Ti.iiia* ges, nous nu sommes |i<imiI d' ^

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homme, d'une école, d'un > : -^

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mentaux» au point de vue phénoménal, dynamique, ontologique. Nous nous sommes de même rendu compte de son instrument matériel (ou de son sujet), de ses agents formels, de son principe ontologique), de son objet et de son but final. Nous avons ainsi montré ce (jue l'on doit entendre par biologie humaine, en prenant ce mot comme synonyme de physiologie anthropologique.

Pifous allons maintenant, dans un second article, nous occuper de la biologie (dans ses parties dynamiques et ontologiques), considérée dans ses rapports avec l'organicisme, le vitalisme, la doctrine de te vie universelle- Tel a été l'objet de la leçon suivante.

Art. II. — Sur la vie comidérée en géné^ rai; parallèle du vitalieme et de l^organicisme. — Examen du dogme de Vorganicisme : « La vie dépend de f organisation, » Démonstration du dogme. « L'organisation dépend d'abord de la force vitale. » (Legon de 1847.)

I. Il ^ a des êtres qui vivent sans penser; il en est qui vivent et qui pensent. Parmi les premiers, les uns végètent simplement; les autres végètent, sentent, et arri^ vent même à connaître tout ce qu'ils doivent savoir pour accomplir tous les actes de la vie physique qu'ils sont appelés à accomplir. Les seconds s'élèvent à toute la hauteur ne la vie sociale, intellectuelle, morale, religieuse. Qu'est-ce que la vie, quel est son principe dans les êtres qui végètent, dans ceux qur végètent et sentent, dans ceux qui végètent, sentent et pensent ?

Trois solutions ont été données; elles ont créé, sous leurs diverses formes, te matérialisme, le panthéisme ou doctrine de la vie universelle, le vitalisme, et leurs différentes combinaisons. Nous nous occuperons ici surtout de l'organicisme et du vitalisme.

IL De rorganicisme. — Cette doctrine, prise dans son exclusivisme , est un enfant et une des formes du sensualisme, une combi^ naison du vitalisme et du matérialisme : elle tend vers ce dernier, et y entraîne les esprits même les plus élevés. Un organicien peut avoir, comme homme, les sentiments d'un spiritualiste, et comme philosophe, des idées bien opposées. L'orgamcien admet que tout s'opère, dans les corps vivants, au moyen de deux propriétés particulières, la sensibilité et la contractilité; mais comme, pour lui, ces forces sont à peu près nominales, elles deviennent ensuite, par hypothèse^ des forces purement physiques, puisqu'elles dépendent exclusivement cfes propriétés physiques et chimiques des solides et des fluides, de leur arrangement, de leurs combinaisons, c'està-dire de leurs qualités matérielles. L'organicisme solidiste et plus ou moins matérialiste par son origine historique et son principe fondamental, aboutit peu à peu et fatalement au matérialisme, par ses conséquences. L'or-

Snicisme exclusif est en opposition avec les its embryologiques et histologiques , qui prouvent uue la vie précède l'organisation, et qu'olle la dirige. L'organicisme solidiste ,

vaincu par l'observation, a dû s'adjoindi l'humonsme pour remplir des lacunes qu v lui signalait de toutes parts; mais il a rj contré de nouveaux écueils dans ce doninii. qu'il a dû chercher à conquérir. Ces di i cultes tiennent à ce fait, qu'on ne sait gu ,| comment il est possible de démontrer hsni sibilité et la contractilité dans les liquides, de les expliquer par leur organisation. I) lors, il a fallu nier, plus que jamais, la vi lité des humeurs, et Ton n'a pas reculé d vaut la négation de cette vitalité, tandis i|i les observations les plus vulgaires vieim prouver à chaque instant son existence, l vitalité des fluides bien démontrée (ce •; n'est pas difficile), suffit pour ruiner de f« en comble l'organicisme exclusif, vainru < parles études embryologiquesethistoiogi]']

Dans l'organicisme de Haller et de Bk L la vie dépend de la sensibilité et de la n tractîlité, qui exigent des nerfs et des timusculaires ou musculoïdes. Or, les végéivi les œufs fécondés de tous les animaux, Ni\* et se développent d'abord sans organes < tractiles et sans nerfs. Mômes remarque*^ i les tissus blancs. Cette doctrine est donc suffisante pour donner une théorie de in et la science doit êlre remaniée dans son v tier. L'examen des greffes animales, d' transfusion du sang 5'éritable greffe d'un quide), porteraient de nouveaux coup«î à organicisme absolu, qui tombe en ruine> ^ tous les points. On ne peut donc l'ai n { comme doctrine complète et générale.

L'examen du panthéisme médical ou <]' vie universelle, auquel nous nous livnr ailleurs, nous montrerait des vices d'un au genre, mais tout aussi radicaux.

Le vitalisme rigoureux, expérimental ] r tique, reste donc seul debout ; il reni : une doctrine complète qui embrasse la dans tous ses degrés, dans toutes ses p r des ; qui en étudie toutes les forces et îes les lois expérimentales et rationnelles, en comprend l'harmonieux accord. Il s'hi chit des conquêtes précieuses obtenues • les partisans de l'organicisme et par ie^ *< fenseurs de la vie universelle, mais il complète et les rectifie. — Un mol sur le ide ces deux systèmes. — Réponse à c" ç[ui disent que la force vitale, que h 1 ^ intellectuelle et morale nesont que des.: stractions. — Importance des questions it tives à la vitalité des humeurs.

L'organicisme complet, comme lado triiie de la vie universelle ont rendu et c vent rendre à la science* les plus importai services : le véritable vitalisme doit le o' natttre à fond, sans en dédaigneraucun det i. il doit en tirer parti pour s'incorporer i< les matériaux précieux qu'ils lui fournissent lesmettreen œuvre. Hippocrate,Galien,Siù!

Bordeu, etc., tous les chefs du vitalisme t ont tiré le plus çrand parti.

Si les organiciens se bornent à dire <]' l'organisation» l'instrumentation est un i) ment important dans les actes vitaui^, < qu'ils en déterminent exactement le n*le, ^ proclament et fécondent une haute veut*

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ymne les partisans de la vie universelle, juaod ifs cherchent les rapports intimes qui cusseot tous les êtres delà création.

Le^a «ur la vic^ 1847. — 11 est des proim^ vastes et profonds qui touchent Hi radnes de chaque science , et dont a SGJutioD décide sa direction , sa mar- ^, ses progrès , sa destinée entière : telle r^, pour l'anthropologie , cette question, ^>l^rf que la vie considérée au point de vue êaf-nces^raceomplisient^ et de leurna" tatàuimef Suivant la réponse quel'on donne, m krient solidiste ou humoriste exclusif, li^'Àte, iatro-physieien, iatro-mécanicien, c^iciste, ou vraiment médecin ; on voit iisnence s'accroître d'une manière constante cts^jutenoe, ou bien s'agiter sans cesse dans te secousses presaue convulsives, renverser t» GO jour ce qu'elle avait péniblement cons- ^Jleo plusieurs années, et tourner avec peu ^iTiota^ dans un cercle trop étroit dont elle K panieot pas à sortir.

û Tie a été envisagée sous trois points de rK priDcipaui, ce qui a produit trois docinats foodamentales : l'iatro-physicisme, le (ctbéiaDe, le viialisme, dont les autres cons- *i*:dA des variétés ou des combinaisons. tr:4ss\cs temps les plus reculés jusqu'à nos i'^.aehitte vive s'est engagée entre elles ; rtxgKijoui tour à tour de la plus grande ^^. ikillé du plus vif éclat, mais la vict^eslloQjours restée à la dernière fondée H'HT^rate, épurée par ses successeurs , et •.T^Tfieiatiase desdoctrines de notre école. i^ nulisue complet, véritable éclectisme ^^oa parftision, reconnaît dans l'hom- ?'03e dualité, Taçrégat matériel, d'une t*^; u force vital e et Ta pensée, d'autre part : '^iurtfji Tivifiqu es et inteilectuelles réunies ^K im« même substance, Tâme, sont asso- <^ par des liens que l'observation détertfc. Pour le vitaliste, la force vitale est d'a- •■•i oDe force abstraite, c'est-à-dire, dont ^ le coonalt point ta nature, pas plus due ^^ de toutes les forces physiques et cbi- ^^qui régissent le monde, mais dont on <^«o^de constater les lois par l'expérience. **edune activité propre, de fisicultés dis la vitalité pénètre la matière vivante :ou iluide dans ses parties les plus int. l'élabore, la travaille sans relâche, s'y lire sous toutes les formes, crée l'orga- ^ entier et ses diverses parties, Tentre- ^ le répare, pourvoit à ses besoins, s'en 1 (oœme d'un instrument qu'elle a Jbit, ^> connaît, et y donne naissance à tous it^es vitaux. Celte doctrine large, établie ^ l'cQsemble de tous les faits (ju'elle ac« et quelle coordonne, s'appuie à chaque u, surtout pour étatilir ses bases , sur Hbode inductive expérimentale et raï'Mb qui a tant fait pour les sciences -iu*rs el chimiques, et qui peut seule ir ^e fondement à une science vraie, so- H durable , particulièrement dans les Lces naturelles. Sou but n'est pas de reitr^r jusqu'à l'essence première des cho- Uxpliquer d'abord les phénonènes,mais ^ classer d après leurs plus grandes ana-

I^CnoHK. DK PHYSIOrX>GlE.

logies, d'en suivre le mécanisme , les causes et Tes lois expérimentales, pour agir sur tWe^ et les modifier suivant ses intérêts. L'histoire du passé nous garantit son avenir ; son triomphe est assuré, bientôt il sera définitif. Plus tard, le vitalisme devient vitalo-anîmisme quand il pénètre dans de plus hautes ré« gions : alors il montre à découve.'*t, en l'appuyant sur des preuves scientifiques en harmonie avec la nature de l'homme, ce spiri-^ tualisme pur et pratique enfanté par le Christianisme, et qui s'unit , dans ses éléments intimes avec le vitalisme complet en lui donnant sa consécration suprême.

L'organicisme ou dvnamisme moderne , constitue avec le chymisme et le mécanisme, les trois formes de l'anatomisme. Issu des deux autres, dont il n'est qu'un perfectionnement, il tend à y revenir sans cesse. II a tenté, surtout dans les mains de Bichat et de son' école, de prendre la livrée du vitalisme, mais il n'a pas pu, malgré les riches matériaux qu'il a rassemblés, créer une science solide, harmoniaue, complète : son principe fondamental n a pu résister aux attaques de Thippocratisnîe, et aux conséquences des observations fournies par les travaux cliniques, par les recherches précises d'embryologie , d'histologie, de physiologie, que nous voyons surgir de tous côtés. Cette doctrine, qui a* une partie de ces racines dans le dynamisme de Haller , a dominé l'anthropologie peodant plus d'un siècle. Défendue par des nommes supérieurs, qui ont tâché de lui fournir des appuis en la présentant sous toutes les laces, recommandée par d'importantes décoU' vertes,elle semble maintenir toute sa puissance dans l'école de Paris : mais un œil exercé reconnaît bientôt que, même dans ce grand centre de mouvement scientifique, sa force n'est (qu'apparente ; minée dans mille points, elle s écroule pierre par pierre, et marche, peutêtre sans en avoir la conscience , vers un vitalisme pur, riche, fécond, dont nous ne sortirons plus, je l'espère, et à l'aide duquel nous pourrons construire une médecine stable, progressive, semblable à toutes les sciences qui méritent véritablement ce nom.

Si vous désirez être de votre époque, si vous tenez à prendre part au mouvement qui agite aujourd'hui l'art de guérir, si vous ne voulez pas être les derniers sectateurs d'un système , contre lequel la nature vivante et ses fidèles interprètes protestent hautement, du moins dans toutes ses prétentions exclusives, vous avez besoin de connaître le vice radical qui enchaîne et borne ses progrès, et qu'il faut absolument réformer. Nous allons tâcher de vous l'apprendre, autant que nous pourrons le feire dans une seule leçon.

Aux yeux des organiciens, la vie n'est qu*un

Srand phénomène qui résulte nécessairement es propriétés physiques et chimiques des tissus, aidées d'une ou deux propriétés spéciales, assez mal déterminées, la sensibilité tX la contractilité ^ sur lesquelles les (fiverses sectes ne sont point parvenues à s'accorder. Tout cela est mis en jeu par les agents extérieurs , compris sous la dénomination commune de

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wtimulanitf mot commode et qui embrasse tout sans rien préciser, et porte dans la science entière une confusion dont elle n'a pu sortir.

Broussais a résumé l'idée mère de Torganicisme dans cette phrase :

« La vre n est que le résultat des stimulants sur la fibre sensible; ces stimulants appliqués aux différents organes décident toutes les fonctions ; Taugmentation et la diminution de la stimulation constituent toutes les maladies. La vie de Tanimal ne s'entretient que par les stimulants extérieurs. »

Ainsi, vivre, c'est sentir et secontractersous l'action d'un excitant, comme l'ont dit Haller, Brown , Cabanis, Bichat et leurs écoles. La vie se réduit è la sensibilité et à la \:ontraC' Mité organiques ou animales ^ fatalement enchaînées, I une au système nerveux ganglionnaire ou spinal, l'autre aux muscles où elle est manifeste, et aux divers autres solides où elle n'est pas apparente. La sensibilité et les nerfs sont le pouvoir législatif, directeur, la contractilité, la puissance mécanique qui exécute : avec cela et des fluides inertes, agissant tout au plus comme des stimulants, et dont Tun, le sang, porte en tous lieux des matériaux nutritifs tout préparés, on a fait les fonctions, la vie, la physiologie, la pathologie, la psychologie môme; car le cerveau devait sécréter la pensée, comme le nerf sécrète la sensibilité : Cabanis n'a pas craint de le dire. Le grand rouage de l'économie, c'est le nerf, qui puise sa force dans ses parties centrales ou ses ganglions, et agit immédiatement par ses rameaux. Après lui viennent les systèmes vasGulaires et musculaires. Quant aux liquides, leur importance est bien petite : comment leur accorder la vitalité, puisqu'ils n'ont pas d'organisation, pas de nerfs ni de vaisseaux, instruments indispensables de la vie ; pas de sensibilité ni de contractilité qui en sont les facultés uniques? Dans ce système étroitquisert de base à toutes ces théories médicales et dont la clarté et la simplicité apparentes séduisent les esprits paresseux et les imaginations ardentes, l'hypothèse et l'erreur se mêlent f>artout avec profusion et nous arrêtent dès es premiers pas. Où sont les nerfs dans Tœuf, d*ou le règne animal doit sortir tout entier? Comment concevez-vous que la sensibilité, si elle y existe, et que votre théorie lui refuse, excitée mécaniquement par l'air et la chaleur, puisse produire tous ces actes si bien coordonnes qui créent les systèmes nerveux, musculaire, osseux, digestif, etc., chacun à leur place, d'abord indépendants les unsdes autres, puis associés d'une manière si admirable? n'v a-t-il pas là une force merveilleuse, supérieure à votre sensibilité, qui , avec un liquide ( car l'œuf est surtout cela), fait tous ces animaux dont le monde est peuplé , avec les variétés infinies qui les distinguent? N'y reconnaissez-vous point une puissance immense, émanation d'une intelligence infinie, que nous ne saurions comprendre, et dont nous constatons lesetfets? Pour former un sel ou un acide, vous admettez des forces élaboralrices spéciales, et vous n'en voudrez pas pour créer un homme? Eh bieni cette

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force, c'est pour nous une des plus lar^M '^ manifestations de la vie, et elle réside d'ah&ri dans un fluide. C'est elle que vous devir/. mettre en tète de la science, parce qu elle apparaît au début de la vie; au lieu de cda, vous prononcez une fois le mot de chimi, vivante j emprunté à Bordeu, et vous l'oulili»./. complètement avec tous les faits qu'il re|»rtsente, c'est-à-dire avec la plus grande pmiK de l'anthropologie. Pour savoir comnieni l,i vie se fait, quels sont ses instruments, lui]:> rapports, leur importance, il était tout siiii[>l> de regarder d'abord comment s'y prend i . nature,derexamineràrœuvre: mais non, v()u^

avez trouvé plus commode de rimagiuer, ( ; vous nous avez donné, non point une IiInIo i vraie, réelle, mais un roman légèremeiil ti;>torique. L'embryologie moderne se chaiy de ce que vous auriez dû nous fournir, • donne contre vous, au vitalisme, ses ami plus puissantes , en confirmant ses gi ai

{>rincipes , car des vérités nouvelles ne • ruisent point des vérités plus ancitMiiv> elles les confirment et les agrandissent

Comment appliquer Yorganicisme à l'ô lution embryonnaire? D'après lui, la fonction d'un tissu résulte àe\à sensibilité nenr^ élective du tissu lui-même, qui choisil iI.mi le liquide nutritif des matériaux seuiblai- à lui et se les applique molécule à molécuï. ainsi le nerf fait le nerf, le muscle fait le unicle, etc., mais dans l'œuf il n'y a pas d'al> m de matière nerveuse, musculaire, osmm;> toute faite, pas de nerf ou d'os pour la c\v sir, pas même de système nerveux pou( «>< riger ce travail. Quel est donc louvi ier •] s'en charge? c*est la force vitale qui crdirige, dispose, coordonne ses instrumd v Qlle imprègne la matière vivante, et se iii< litre antérieure, supérieure aux nerfs, au m . à tous ces organes. Un système médical, : néglige complètement cette idée fond/ic taie, présente nécessairement bien des vi et des erreurs dans tous ses détails. Puisqu élaborant de la matière organique li^jui i amorphe, ne contenant pas les élément > nos parties tout formés, la vie dépoiir\ . d'abord de vaisseaux et de nerfs peutt^ l'organisme complet avec les solides et l^ fluides qui le composent, ne commencez-\<' pas à avoir des doutes sur les théories >i> fonctions organiques, où l'on fait jout.ii rôle exécutif, nécessaire, immédiat aux s^^ tèmes musculaires nerveux, etc.? Ne pei^vous point que ces théories ont besoin d • ti revues et reconstruites sur des bases p* larges, embrassant la vie sous ses divn; faces, à ses différentes époques ? Ces liqoi > et cette vitalité plastique si dMaigné^ i

I)Ourront-ils pas nous servir à remplir '< acunes sans nombre, comblées dans n physiologies avec dés mots et des hypotij ses ? Rappelez-vous ces expériences cunir> dictoires sur le rôle que jouent les n" pneumo-gastriques, ganglionnaires, etc., dai rintimité des fonctions nutritives; son^ que sur chaque objet vingt auteurs aflirum avoir obtenu de leurs vivisections, des ré>ii tais opposés à ceux que vingt aulrcs oi

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spalés dans les mêmes circonstances* et rwis comprendrez comment et pourquoi la sckoeede la rie nutritive, véritable labyrinthe oùToo se perdp où cent opinions se détrui* seot réciproquement, reste toute à refaire au mtn d'oteenrations précises, avouées de m le monde, et qui ne conduisent pas sans K&sa à des conclusions impossibles. Voyez rêcbiiiadage que Torganicisme a pénible* 3tfi( coostruit pour expliquer ces divers Ktei? L'on supposait dans tous les tissus une iiec5ibilité sans conscience, c'est-à-dire sans prtuTes directes; une contractilité insensible, c^t-è-dire insaisissable par nos sens; la préseace des nerfs et des vaisseaux artériels pirtdat, ce qui est une erreur anatomique ; Jdisleoee dans le chyme et le sang des maimide nos tissus entièrement prêts et gui a'oot besrâi que d'être mis en œuvre, fait M U ftusacié se trouve parfaitement dé- Buntrée;rinQtteiic6 incessante des centres et fogiflgtions nerveux sur la nutrition, les séemioos, l'inertie des fluides,etc.; tout cela est ^otestabte ou faux, dans ses idées fondamentiies, da moins eu égard à l'extension qu'on ieuri donnée: la force vitale gu'on a déjà r^ttiiiiesclave du monde exténeur est ban- ^■^.ik plus grande partie de l'organisme, '^<3iét presque exclusivement dans deux ou ftt) sifemes, et réduite aux chétives pro- P<iftofune sensibilité, d'une contractilité «pe^ passives, et telles qu'elles se pré- ^^XiEtiioous pendant Tagonie ou dans les '^'i^os. Avec des stimulants et des ins- ^^v«flts fixes, vous aurez des phénomènes ^ ^ produits bornés, coordonnés d'une <^i^ constante, et non celte richesse, cette ^'^, cate harmonie qui dans des circon- <i9ee$ eitérieures pareilles, se mettent sans ^ en rapport avec les besoins présents de ^"tamme. Réfléchissez seulement aux faits '<^iot$: Avant la puberté, les testicules existât aree les nerfs, les vaisseaux, les canaux semeurs; ifs fournissent un liquide muqueux ^nnu de spermatozoïdes , et de toute ■^Ar fécondante ; vienne le moment assigné î^> nature où ces organes devront se ré- ^«'^t et remplir des fonctions nouvelles, '^tu( le sang s'élancera en plus grande Oiftion, les fluides élaborés changeront f^ utore, les zoospermes se produiront, et 'Vioime deviendra capable de donner l'exis- ^ à QQ être semblable à lui-même. Quelle tt II cause de cette mutation profonde? Ce ^t ks mêmes nerfe, les mêmes vaisseaux, I Aéme glande, le même instrument avec IQs de volume, ce qui pourrait augmenter I sécrétion, mats non en transformer com* ^teoient les modes intimes ; la dilférence *-lKale est dans la vitalité. Il y a eu de nou- ''^ux besoins, il s'est créé ce qu'il fallait ^tf les satisfaire. Chez les animaux à Tétat •"-"^ge (les oiseaux surtout), ces phénomè- "t^ 5^ montrent d'une manière plus remartoi/c. Cliez ces derniers, hors de la saison ^ tinours, les testicules sont dans un état "•wie, la nutrition et la sécrétion languis- ^^ mais des que le printemps renaît, la vie } exalte, le sang s'y porte avec plus de force,

les spermatozoidesy renaissent, appellent des désirs qui sommeillaient depuis longtemps, et deviennent l'agent de la fécondation; après ce temps, quand la nature est satisfaite, les vaisseaux, les nerfs, l'organe tout entier sommeillent de nouveau; la nutrition se maintient, mais la sécrétion perd son activité spéciale, jusqu'à ce qu'une nouvelle impultion vitale vienne de nouveau la ranimer.

On en appellera peut-être à l'action stimu* lante de la chaleur qui hâte la puberté chez les habitants des pays chauds, mais elle accélère aussi l'époque de retour ; comment produit-elle cet effet ? en usant la vitalité des parties génitales ; celle-ci doit donc intervenir ici , comme partout : ses trésors ont une limite, épuisez-ia, et Jes stimulations deviendront nulles. C'est le printemps qui rend les oiseaux féconds, vous dira-t-on : oui, sans doute ; mais est-ce la même cause qui porte son influence sur les animaux qui s'accouplent plusieurs fois par an? que donne-t-il au vieillard, à la femme dont la menstruation t cessé? vainement le printemps parait, et donne une nouvelle vie au monde , selon l'expression des poètes; il n'y a plus de printemps pour eux , parce que la force vitale s'est affaiblie pour toujours.

Vous savez que chez la femme un œuf se détache et partourt les voies génitales pendant le temps de la menstruation. Si 1 œuf n'a point été fécondé, il s'échappe inaperçu ; mais s'il a été animé par la lic^ueur spermatique , il produit autour de lui des phénomènes bien remarquables : l'utérus sécrète une substance plastique au sein de laquelle l'œuf se plonge, celle-ci s'organise en membrane caduque , des vaisseaux s'y forment, et constituent le placenta , l'œuf s'y fixe ; à mesure qu'il se développe, l'uiérus voit accroître d'une manière prodigieuse son volume, l'étendue de sa cavité, l'épaisseur de ses parois , tout se dispose pour nourrir et protéger l'être nouveau qm' se forme. La vie crée ce qu'il faut pour l'évolution de l'enfant comme elle avait produit ce qui était nécessaire pour lui donner naissance. Lorsque vous voulez expliquer cette harmonie admirable, vous me parlez de la stimulation déterminée par l'œuf ? mais l'œuf non fécondé ressemblait pour tout ce qui est perceptible à nos sens , à celui qui a reçu la semence, et cependant l'organisme l'a laissé passer sans rien faire pour lui ; mais un corps étranger, un pessaire, un polype , sont aussi de puissants stimulants, et cependant leur présence ne provoquera pas les phénomènes de la grossesse. U y a donc là quelque chose de plus : il y a des fonctions synergiques multipliées, tendant vers un but unique par les moyens les plus convenables pour le remplir, et une vitalité spéciale qui déploie sa puissance, sa richesse,pour accommoder les instruments qu'elle met en usage, aux résultats qu'elle veut atteindre. Uunterfait remarquer que l'utérus prend un volume énorme, sans que ses nerfs (ces grands directeurs de la vie entière), offrent un accroissement aussi considérable qu'on devrait le supposer.

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Que dirai-je de la lactation qui succède à Taccouchement ? le sang s*était formé en caduque, en placenta, pour nourrir Tenfant dans la matrice; il s*étance vers les mamelles, et s'y change en lait pour lui fournir sa subsistance, dès qu'il arrive à l'état indépendant. Ainsi Taclivité vitale a passé de l'ovaire il l'utérus, de celui-ci aux glandes mammaires; elle a changé le sang en œuf dans le premier, en caduque et en placenta dans le second, en tluide laiteux dans le troisième, et tout cela , pour accomplir jusqu'au bout une même fonction ; or voilà ce que l'on appelle simplement une stimulationi

Jetons les yeux sur les métamorphoses.

Un têtard de grenouille, c'est-à-aire un animal aquatique, doit devenir un reptile, et respirer au sein del'atmosphère. Il a des branchies parfaites avec leurs vaisseaux et leurs nerfs en pleine activité ; il lui faudra bientôt des poumons :que fait la nature, ou plutôt la vie? Vous croyez qu'elle transformera le premier organe 'dans le second? non : la loi de substitution est bien démontrée aujourd'hui. Les branchies avec leurs vaisseaux et leurs ner£» s'alrophient et disparaissent peu à peu SHUs provocation extérieure; un fluide nutritif sVpanche là oil doivent s'établir les poumons; il se condense , s'organise , se divise en cellules , se pourvoit du vaisseaux et de nerfs spéciaux parla seule puissance créatrice de l'organisme: ici , comme toujours, la vie brise les instruments inutiles, et crée ceux qui lui deviennent nécessaires pour de nouveaux besoins.

L'organicisme exclusif et étroit a exercé une influence plus fâcheuse , peut-être , sur l'étude des humeurs. Le dynanisme moderne, forcé dans ses derniers retranchements par l'évidence des faits qui s'élevaient contre lui de toutes parts, a jeté enfin les yeux sur ces liquides si dédaignés, et on a vu renaître un humorisme jeune , nouveau, que l'on a décoré de l'épitnète de rationnel. Sans contester l'importance des travaux de plusieurs coulemporains justement célèbres, sans chercher leur tiliation a\ec ceux de leurs prédécesseurs oubliés et méconnus aujourd'hui (bien qu'ils contiennent une mine féconde, des germes précieux qui ont besoin d'être dé- >eloppés par des mains habiles), je me dem.'nderai si nous avons réellement une doctrine humorale? Non, Messieurs : on a commencé une anatomie physiologique et ])athologique des liquides, mais en a-t-on doimé la physiologie et la pathologie? On ^aitque dans certains états morbides, le sang est plus ou moins riche en globules, en fibrine , en albumine , en sérum , et tout se borne à ce point; quand on veut aller au delà, on se perd dans des hypothèses que la saine physiologie réprouve. Ainsi Ton vous dit que la chlorose est une globulie ou une oUgo-glO" bulie; c'est déjà dépasser les faits, qui ap-

f)rennent seulement que dans cette aflection e nombre des globules est diminué ; mais

quelle est la cause expérimentale de ce phénomène anatomo-pathologique ? Que)(|UL>uns répondent , « c'est une lésion du iiurf ganglionnaire , » et énoncent aloi-s une pioposition sans garantie , qui repose sur une théorie physiologique plus ou moins inexacte des fonctions de ce nerf et du système nerveux en général, ainsi qu'il me serait facile de le démontrer.Cette branche de la pliv siologie a besoin d'être reprise en entier : c t'si une œuvre grande , belle, qui promet les plu> heureux résultats; mais pour y parvenir il fciut soumettre la physiologie à une révision complète, préciser le but , apprécier mieux les moyens, en créer de nouveaux, chaiipr surtout notre méthode philosophique où les a priori et les suppositions dominent toujours les faits : c'est une réparation majeure ; on ne peutmarcher sûrement qu'à ce prix(145,.

Savez-vous pourquoi l'on n'a point IV.t encore de notables progrès dans ce sens ? Parce qu'on a voulu ici, comme presque toujours, deviner et renfermer la naUiu dans un cadre disposé à l'avance, l'accouimodant à des idées préconçues. Bichat croN i\\\ à la vitalité des humeurs, ifradmeUaitd'iipic:) les doctrines hippocra tiques, auxquelles il se rattache par ses lectures et les leçons d'Antoine Petit, son premier maître. Les iiumeurs et surtout le sang vivent, dit-il claiis bien des passages de ses écrits. Mais en quii consiste cette vie ? La vie se résout en otuv facultés, la sensibilité et la contractiliié; or, les liquides se prêtent dilBcilement à chUl' dichotomie; il fallait renoncer à poursui\r* ce système ou rejeter cette idée rattachée à tant de faits ; on aima mieux conserver la théorie , et anéantir l'humorisme , c'e^i-àdire une grande partie de la science ; on contenta de dire , le sang jouit d'une sui de sensibilité obscure, et tout se réduis!

C'est ainsi , Messieurs, qu'a toujours pr » cédé la doctrine médicale qui nous inspn encore et qui doit être refaite en entier >: nous voulons échapper à un étroit cmi:risme ou à des systèmes hypothétiques piu^ dangereux ; au lieu de jeter la théorie drins le moule de la nature, on a voulu modeler \n nature sur la théorie. Les faits gênants snni anéantis ou modifiés , tout se taille à sa mesure, et la médecine se réduit aux maigrt> proportions qu'elle lui assigne.

Ecoutez M. Adelon, et vous verrez comment des principes en vogue domiii* m l'homme le plus sage et le plus judicitu\.

Après avoir combattu la doctrine de nuiK écote, sur la vitalité des humeurs, il ajoaie « Toutes nos actions se réduisent à quaiiv: sentations, mouvements, élaborât ions, iicnc' ment d'un germe ; le système nerveux fdU '<> sensations) aidé du musculaire il laii l*^ mouvements; les appareils digestifs , U'U>' culaires, sécréteurs, font les élaborations ; l^sperme avive le germe par un simple oilù' de stimulation, » évidemment les humeurs ne font plus rien : « d'ailleurs , dil-ii plus bas ,

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