‹ Dictionnaire de physiologieChapitre 81 sur 340 · CŒUR · texte numérisé non relu

CŒUR

L — Sensibilité de cet organe.

Depuis une époque assez reculée, les pi siologistes ont fait des recherches sur Ifl ^' sibilité du cœur: les uns lui accotdeniu' légère sensibilité; d'autres, se basant sur h expériences les plus directes, lui meut possibilité de sentir , tout en lui accord ' des nerfs. Haller rapporte en faveur dt dernière hypothèse rfaistoire du fils de luf

OtED

MootgDOUDerjr. Ce jeune homme , diUil , ne ^iperceiait qu'on lui touchait le oœur, que iK^fQ'i) k regardait. Henrey , Richerand , TruTeiliiier, rapportent des observations ana- . !sues, ï ia suite d'ectopie de ce Tiscère. Dans f*;ft2iiis cas pathologiques le cœur acquiert ne sensibilité assez grande pour devenir iMurce de douleurs très-vives. Un obstacle i II circoiation du cœur produit aussi le fMûtnèoe douloureux que M. Béraud ap- ^.r aogoisses du cœur; dans les passions, on î»eoi dans ce viscère une sensation tr^péuidronoue de tous, et exprimée par ce mot: Iro^pi porté sur lecceur. En réunissant b luis qiii soot en faveur de la première fsirm.oo peut affirmer d'une iaçon gé* linié que, pbjsiologiquement , le cœur pré* Ole, comme les autres organes , comme les ■bcies, des marques évidentes, non pas ^«K sensibilité analogue à celle de la peau, itrrtaioes muqueuses, etc. , mais d'une K»biiité spéciale en rapport avec ses fonc- ^'të et SI eoDiposition ( fibro-musculo-sénse ,sistnicture, la nature de ses nerfs, etc.

IL — IniiaHlité du cœur,

^Q'V^oece nom aux modesde mouvement, «eitiM propres à cet organe. A partir de rifc^KiQlii est formé dans l'embryon, il se ^fD\ntiiHie dilate alternativement, et ce iu'/9T(4Kotse continue en général jusqu'à ta t't^^ii4a définitive de la vie ; quelquefois o^.9rtout chez les animaux à sang froid , il f'^ai^que la motilité est éteinte partout ^m Ainsi, cet organe, chez les reptiles, ff^ài toat le reste du corps, continue wre pendant plusieurs heures. Ce fait est RH^marquable chez la «^nouille ; Haller •wte avoir vu le cœur divisé eu plusieurs ifiKs. et chacune se mouvoir sur la table ; ja été plusieurs fois témoin de ce phé- *Koe). Ce grand physiologiste nie que '<9iaio, administré à l'intérieur, ait une ac« ^ >jr les mourements du cœur. Whytt >l lr<kel soutiennent, au contraire, qu'il ^% le cœur comme sur les autres mus- ^f* 711e, mis eu contact avec Itri , il le 1*3'/%. Lorsque la motilité animale du ^■'i cessé, on peut la ranimer par Texcij*a directe. L'irritation portée sur sa sur- ^ iQttrrne est bien plus efficace que celle ? a peut exercer sur l'extérieur. L'élec- ^^^, sans aucun doute, l'agent excita- V'^^- plus énergique du cœur, quoi qu'en >^t Voila, Bichat, etc. Les expériences ' FoDtana et Caldani sont du reste assez Xî^aies : ils ont vu un cœur sortant du fe recommencer à battre sous l'influen- ' '^«ne baguette communiquant avec ^ chaîne électrique. Haller fait observer ^. sur les animaux, le ventricule gauche ^ ie premier sou mouvement , pendant ^ le ventricule droit palpite encore , ^um moriens; le résultat fut identi(|ue ^ un cœur soumis h une cause d'irrita- ^ ^jelconque ( l'électricité par exemple). c'jte hallérienneen conclut que le contact du ^ w la membrane interne du cœur est cause provocatrice de ses mouvements ;

elle corrobore cette doctrine, en faisant remarquer que lecœur des animaux àsang froid, reste quelquefois immobile jusqu'à l'arrivée d'une nouvelle ondée sanguine. Hope, tout en partageant quelques-unes de ces hypothèses, ajoute que ce n'est pas le simple contact du liquide, mais la distension du cœur qui provoque l'irritabilité de cet organe et amène une nouvelle contraction ; car après la systole, il reste encore beaucoup de sang. Haller, pour mettre en évidence l'action de ce fluide, fit la célèbre expérience que nous allons décrire.

n retint le sang dans le cœur gauche par la ligature de l'aorte, tandis qu'il évacuait le ventricule droit par l'ouverture de l'artère pulmonaire et la compression des veines caves. L'expérience eut un plein succès ; le cœur gauche continua ses battements, tandis que le cœur droit restait complètement immobile. Les mouvements du cœur gauche durèrent quatre heures entières.

Il put donc ainsi changer à son gré ru///mum moriens et crut établir ses théories d'une manière déGiiitive. Caldani répéta cette expérience, qui réussit complètement. L'u/iimum moriens dépend encore du milieu dans lequel se meut le cœur; ainsi le froid, l'accès de l'air dans les ventricules, abrègent considérablement le temps de son irritabilité. On peut donc croire, avec raison, que la composition du sang influe beaucoup sur les variations du pouls, et comme déduction de cette hypothèse, que certaines maladies fébriles pourraient bien avoir pour cause l'altération de ce liquide. En résumant les divers travaux entrepris à ce sujet, nous arriverons aux conclusions suivantes : 1" les mouvements du cceur dépendent de causes complexes; 2* ces dernières se trouvent dans les forces propres à ses fibres musculaires, dans l'influence du système nerveux, dans celle du sang qui pénètre dans son intimité, de celui qui en stimule les surfaces, des autres agents excitateurs, de la vitalité entière de I organisme et du but à atteindre, etc.

in. — Foru du cœuTm

Que n'a-t-on pas dit sur la force de con traction du cœur? Quelles expériences n'at-on pas faites? Borelli évaluait à 3000 livres la force nécessaire pour dilater en travers les vésicules qui entrent dans la composition des fibres charnues du cœur; puis, trouvant que la résistance du sang pour se mouvoir aans le S3'stème artériel est égale à 60 livres, et que cependant la force du cœur la surmonte, il en conclut que pendant la systole le cœur produisait une force de contraction égale à 180,000 livres.

Pour bien saisir cette théorie , il faut dire que Borelli regardait les fibres propres du cœur comme formées par des vésicules rhomboïdales qui devaient se dilater en travers au moment de la contraction ; il multipliait donc le chiffre obtenu, parle nombre des vésicules placées l>out à bout dans une des fibres du muscle.

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Evidemment ce résultai de Borelli est exagéré, car il a voulu considérer seulement la somme de forces que la puissance mouvante dépense dans une contraction. Haies considéra la force hydrostatique; il ajusta un tube à une artère et observa que le sang s*élevait à 3 m. 25 c. dans les carotides d'un cheval, Ht à 2 m. 25 c. chez les chiens ; il prit la moyenne pour Thomme et obtint 2 m. 50 c. ))our hauteur du sang dans le tube ; puis multipliant ce résultat par 45 c. carrés, surface approximative du cœur gauche, il trouva que le poids dont le cœur était chargé au moment où il va se contracter était égal à 4050 c. cubes, c'est-à-dire 51,5 livres. MM. Poiseuille, Magendie, après BernoUilli, Boissier de Sauvages, etc., reprirent les expériences de Haies et corrigèrent les erreurs qu'il avait commises. Ils observèrent de plus ({ue la force statique du cœur est plus grande pendant l'expiration. Haller fait observer que toute la force de la main ne pourrait empêcher la diastole du cœur d'un petit animal; qu'il soulèverait un poids de plusieurs livres, et que cependant le doigt placé dans le ventricule est assez peu comprimé.

Pour les physiologistes de nos jours, le cœur est considéré comme un muscle trèsj)uissant ; mais comme les résultats obtenus par l'examen des Gbres élémentaires sont peu certains, eu égard aux moyens employés, et que le poids des muscles reste seulaccessible à nos sens, on foit observer que le cœur droit chez un grand nombre de mammifères, comme chez l'homme, pèse moitié moins aue le cœur gauche; d'où l'on conclut

3ue sa ibrce de contraction est à celle de ce ernier à peu près comme : 1:2. On sait d'ailleurs que le cœur droit préside à la petite circulation, et le gauche à la grande, ce qui exige chez ce dernier une force au moms double de celle du premier.

On arrive à un résultat analogue par un autre procédé.

L'expérience directe prouve en eflFet que la force d'impulsion de 1 ondée sanguine dans l'aorte, communiquée par le ventricule gauche, fait équilibre à une colonne de mercure égale à 15 centimètres, tandis que celle de l'artère pulmonaire due au ventricule droit est bien moins considérable.

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