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III. — Digestions artlflcielles avec le suc gastrique

Les physiologistes, ayant reconnu l'action du suc gastrique sur les aliments introduits dans l'estomac, ont voulu essayer de reproduire cette action sur les substances alimentaires prises en dehors des cavités de cet . organe. Spailanzani a fait à ce sujet de nombreuses expériences, et bien qu'il ait eu quelquefois des insuccès , les résultats qu'il a obtenus ont été d'un précieux secours pour les recherches postérieures, puisqu'ils ont servi de base aux découvertes moaernes. Je citerai seulement la suivante : Il plaçait sous son aisselle un tube renfermant du suc gastrique d'un gallinacé et des graines moulues; il remarquait, au bout de quelques jours, que la dissolution était complète, alors quun mélange d'eau simple et des mêmes graines, placé sous l'autre aisselle, était entièrement putréfié.

MM. Leuret, Lassaigne ,Tiedemann et Gmelin ont égalementexpérimentésur divers animaux et sont arrivés à des résultats plus précis.

M. Beaumont a répété aussi ces expériences sur l'homme, et voici le procédé qu'il a suivi : Ayant placé un morceau de bœuf bouilli et une certaine quantité de suc gastrique dans une fiole , il a exposé celle-ci à une température à peu près égale à celle de l'estomac. Il a observé ainsi qu'au bout de quelques minutes, la digestion commençait à se faire à la surface du morceau de chair, qu'au bout d'une heure le chyme se formait , et qu'après neuf heures la dissolution était complète. Pour rendre l'eixpérience plus évidente , il surveillait en même temps le travail digestif dans Testomac de Saint-Martin ( son Cana-

(184) Barsow a lu le 47 décembre 1852 à la Socîéié des naluralisies de Moscou, un mémoire dans lequel il parle des fistules gasiriques artificielles, établies sur des * chiens. Son procédé, peu méthodique d*ailleurs, lui a réussi 8 fois. Le travail de M. Blondiot a paru un an plus tard ; mars ses premières recherches sont aulcricures âi celles

dien ), et comparait ensuite les résulu obtenus dans l'un et l'autre cas. C'esl air qu'il a pu voir que les phénomènes élaie absolument semblables; seulemenllc travi digestif marche plus vite dans reslomacic tient à l'action même de la muqueuse si roacale , à la formation permanente du i gastrique, etc.

Poussant plus loin ses investigations, | habile physiologiste a démontré que l'acti du suc gastrique sur le lait est toujours même , soit qu'on prenne le suc dans l'es mac , soit qu'on le retire de la muqu» stomacale de cet organe. Il en est de inè de l'albumine. Les digestions artiiidel avec le suc gastrique ont été souvent répéi depuis que Blonalot et C. Bernard ont \ garisé les expériences au moyen des fistij gastriques. On peut se procurer le suc | trique à l'aide des procédés suivants :

1" En vomissant immédiatement aprèsa^ mangé. (|Spallanzani l'obtenait en avalant tubes et au moyen de l'éponge criblée chirurgiens. Qiiand on prend le liquide crété en dehors de la digestion , on n'a p de véritable suc gastrique ; aussi les ci riences de Montègre ont peu de valeur. )

t En tuant les animaux aux différei heures de ladigestion .(Tiedemann etGmel

î* Au moyen d'une sonde introduite i le trajet d'une fistule artificielle ( Blondi ou naturelle. (William Beaumont ),etc.(l

Voilà les résultats auxquels on était d'at arrivé. Les physiologistes ont chercW plus à trouver le moyen de produire digestion artificielle à l'aide d'un sucgastr artificiel. Le suc gastrique, en effet, re mant indépendamment aes acides un p organique particulier, on devait s'etloi chercher à unir ce principe h un acii de l'eau, à voir même s'il n'existait pas d'autres substances organiques.

Eberie est le premier ( 1834 ) qui se occupé de cette question

Il avait remarqué , en tuant des anin pendant la digestion, que les aliments éti enduits d'un mucus grisâtre qui, uni à !'&( avait le pouvoir de les liquéfier. 11 crulfli devoir conclure, après quelques exp<^rie« que le mucus des autres membranes joui mêmes propriétés

Millier, Schwann et Blondiot ne cooGn pas cette opinion.

Voici du reste comment Eberie préjf le suc gastrique artificiel. Il faisait m dans l'eau à 30 d. la membrane muqo de l'estomac et , versant dans la liqueur faible proportion d'acide chlorhyoriqi»

étendait d'eau, douze heures après, le li<| obtenu. Ce liquide jouit des mêmes propr que le suc gastrique naturel. Il renfena

de Barsow: son procédé est bien' supérieur, rinaugurateur réel de Texpéri mental ion weJ que et suivie, au moyen des fistules. No< avions compris nous-mémé, depuis longt Timportaiice, mais la théorie n'est pas la que. M. Claude Bernard a largemcut fiiicoi principe.

DIG

DIG

«maioroe, de la ptyaline , du mucus , àe% es, de Tacide acétique, ou hydrochlorydri- ;j>:, de la pepsine.

Schiannse le procurait en traitant par KuJe chlorydrique la membrane muqueuse ^ quairième estomac du veau , préalabla- > 3t lavée et desséchée. Il a donné au suc •Siyi obtenu le nom de pepsine.

V ;îer a employé le procédé suivant : Il a in-

-l'iit dans su verres, contenant chacun de

''1 ilistillée. des morceaux de blanc d'œuf

. ;•: >iaQde cuite. Il a ajouté dans le premier

" une portion de membrane muqueuse

<i>aiac« mais pas d'acide ; dans le deuxiè-

- :i a versé 7 à 8 gouttes d*acide chlorhy-

^•,\K, mais pas de membrane muqueuse.

r<^> les troisième et quatrième, il a ajouté

: oiembrane muqueuse et Tacide. Dans le

.' \a.eme et le sixième, il a mis encore une

r'Tti'ade membrane muqueuse avec 12

.Mlles d'acide acétique.

Cc« tues étant continuellement sous une '■^^perauirede 30» Réaumur. voici les résul- •Jtasaïqœlsil est arrivé après 12 heures de ttirsuoo :daas le premier verre, odeur pu- ^•wedpisdedigeslion; dans le second, pas ^e Y^a^gieots ; dans les quatre autres, di- S'-*iu໫ttplète au bout de 24 heures. La 'iquMrobleâue a une odeur «uî generis, sa s»%<ur€sîpjreletle.

FurlipelPappenheim ont préparé avec 1 2 pmét la substance de la caillette, 2 gros •1 trjidd«açouttes d*acide chlorhydrique, ua 6fÊk qui a le pouvoir de dissoudre la

MÉa Simon prenait un morceau de tuni- T^vt^oaeile, 1 appliquait sur une couehe de

* Ateoce à digérer, préalablement plongée ^■i rew distillée et imbue d'acide cnlorhy- -■•^îtif qui devait servira la digestion et maih- 'SKile tout à une température de 30 centi- Twks,

Us. /'acide et le principe digestif doivent twair pour opérer la. digestion; on doit ^ "c redemander quel est le rôle de l'un et de

B eit aujourd'hui démontré que le rôle de *^ consiste à gonfler, à dissocier lama- ^ ilimentaire dans ses éléments, h la ra- ^^,à préparer la substance organique, à la ^^dans un état tel qu'elle puisse être ^iée et métamorphosée par le principe

'^' Poor avoir an sue gastrique artificiel 11 ''^NK de la pepsine et un acide. Ajoutez à |/|M contenant 1 ou 2 millicnies diacide chlor- ^\9^^ linéiques centigrammes de pepsine, ou ' ''sgneBt d estomac de Carnivore, du A* eslo- ^'^■a nimlnanl, d^un peu de présure (prove- ■« it b caillette d*un veau, par exemple), et "^^ Hm du suc gastrique artificiel. L'acide ^''""JcUoriqne pe«t être remplacé par de Tacide '"^1^ nlfunoue, phosphoric^ue, azotique, en ^ué convenable; mais seul, il ne suffit jamais. "^^ gastrique bouilli est encore acide, mais il

* ^d*aciioo digestlTC, parce que le ferment, n^ap. a perdu sa puissance transformatrice. ^^) La pqrtoDC de ralbumine, celle de la fl-

^> oa de la caséine ne sont pas tout ii fait

digestif, qui est peut-être lui même réellement modifié (185).

Action du suc gastrique s^ur les divers principes

alimentaires.

Action iur les albuminotdes, — La fibrine soumise à l'action de la digestion artificielle ne tarde pas à entrer en dissolution, si la quantité de suc gastrique est suffisante. Lts résultats sont les mômes pour le gluten et l'albumine coagulée. La dissolution est opérée en quelques heures, et le produit est le m«>me dans tous les cas. Quand la caséine liquide (unie au beurre et au sucre de lait) est mise en présence du suc gastrique, elle commence par se coaguler; la coagulation est bientôt suivie de désagrégation, et au bout de 3 heures 1/2 la dissolution est complète (Blondlot, expériences sur un chien). Voilà pourquoi le lait se coagule dans l'estomac avant de se dissoudre : mais la caséine pure se dissout sans se coaguler. Plusieurs eipérimenlateurs ont dit que l'albumine liquide, introduite dans l'estomac, semble être coagulée par l'action de la pepsine et dissoute ensuite par le principe digestif. M. Beaumont a reproduit ces expériences à Taide du suc gastrique naturel et artificiel. MM. Tiedemann etGmelin ont dit que Talbumine liquide, introduite en grande quantité dans Testomac, passe dans l'intestin sans avoir éprouvé la moindre dissolution M. Blondlot a dit aussi que cette substance était simplement absorbée. On sait aujourd'hui que la coagulation dépend du beurre, du sucre, uni à l'albumine; que celle-ci, quand elle est liquide et pure, subit, sans se coaguler, une transformation isomériqueij qui est complète après cinq ou six heures. '

La dissolution de la gélatine dans le sucgastrique n'estpas non plus moins rar^ide. Néan* moins les auteurs ne sont pas â'accordsur le produit de cette dissolution. Le gluten cuit ou cru se dissout de même dans le suc gastri-

Îue : il est insoluble daris les acides étenus; car il se dissocie, mais ne se dissout pas. Il résulte de là que les substances que je viens de passer successivement en revue (toutes albuminoïdes), sont dissoutes par le suc gas-> trique, et de plus, transformées en un produit identique auquel M. Lehmann a donn6 le nom de peptone, et Miaihe celui d'albuminose.

M. Yelhera fait voir la ressemblance quiexistait entre la peptone et ralbumine ( 186].

Notons qu*un suc 'gastrique fort acide dissont promptement Palbumine et attaque peu, dans le même temps, le gluten cru ; Tin verse a lieu pour un suc gastrique faiblement acide : aussi les car» nivores ont un suc gastrique plus acide que \v^ herbivores. Le gluten cru est donc un aliment util» pour des estomacs qui fonctionnent mal, paç défaut d'acidilé du suc gastrique, dans certaines dispepsies, etc. {Voy. les travaux de Cusop Koopmans, à ce sujeL)

La peptone n'a point, comme Taloumine, la propriété de se coaguler par la chaleur, mais on sait que Talbumine, chauffée dans la marmite de Papiii, perd cette coagulabilité, sans que sa composition soit changée. On suppose que, si la peptone ne se coagule point par la' chaleur, cela tient à Tacidité du suc gastrique ; on croit aussi qu'cile

BTG

DICTIONNAIRB

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Âdiên dm 9ne gaUriquê ttil* ie$ iubiUmcei autres que les albuminotdes, — Les substances Don albuminoïdesi telles que corj^s gras, huile, sucre, amidon, etc, ne sont point attaijuées par le suc gastrique. L'amidon, il est vrai, mis en présence de ce suc et à une température de $5 à 40*, semble bien subir son action, mais il n'en est rien; ce sont simplement des traces de sucre qui apparaissent en mémo temps qu'il se forme de Valcool, de l'acidecarbonique et de l'acide acétique. Du reste la plupart des liquides de l'économie, mis pendant un certain temps en présence de l'amidon, produisent cet effet. Quand le sucre reste longtemps en rapport avec le suc gastrique, il se forme des acides acétique et lactique; le sucre de canne se transforme un glucose. Pour que l'absorption ait lieu , il faut qu'il ait été digéré, afin que, introduit dans le sang, il n'en soit pas expulsé comme corps étranger. Cette transformation s'accomplit dans 1 estomac (Bouchardat et SaDdras},et dans fintestin créle d'après Béclard.

H. Biondlot a étudié l'action du suc gastrique sur la pectine et la gomme. Il résulte des ex* périences faites par ce physiologiste, que ces deux substances se dissolvent purement dans ce liquide. Il est facile de s'en convaincre par l'etamen suivant. La pectine en présence de l'alcool donne l'acide pectique, et la gomme jouit de la propriété de coller le papier et de donner de l'acide mucique traitée par lacide azotique.

Quant aux substances inorganiques, toutes celles qui sont solubles dans l'eau, le sont dans lesuc gaslrigue.— Au résumé, le suc gastrique est destiné à agir sur les aliments albuminoides ; il les ramène à l'état liquide et à un mode unitaire (albumine ou peutone) :si les féculents sont transformés en glucose dans l'estomac, cela est dû à la salive qui a pénétré dans sa cavité.

Fluiàm inUilinaïUt di§estiên dans nnle$Hn grélê

et U gros intesUêu

h — - Digestion duodénale.

La digestion duodénale présente en physio* logie un intérêt aussi grand que la digestion stomacale. D'une part les aliments féculents et azotés sont repnsen sous-œuvre et définitivement rendus assimilables dans ce nouveau laboratoire; de l'autre, des aliments d'une nature différente, les corps gras qui ont complètement échappé à l'action du suc gastrique, reçoiveut une élaboration complète dans le duodénum. Occupons-nous donc de la di* gestion duodénale avec le soin que comporte une pareille question.

Trois liquides de nature diverse, le fluide pancréatique, la bile, le suc intestinal, viennent A donner rendez-vous dans le duodénum, pour coopérer, dans des mesures diffé-

est ramenée à Pétat d*albuinine, lorsqu'elle a pénétré dans le sang, par suite de ralcalinitc do ce liquide.

(187) On peut obtenir ce suc d'une autre manière en injectant de Teau dans le pancréas d'un mouton, d'un veau, efc; on peut créer un antre suc pancréatique ariincicl avec la substance mémo

rentes, h ce nouveau travail digestif, corufil >. ment indispensable du premier. Eiudinr* successivement chacun de ces liûuides.

Le fluide pancréatique est fourni por ■ pancréas, organe dont la texture est comi rable à celle des glandes salivaires, d Ou nom de glande snuivaire abdominale qui a été donné par Siébold : même coul blanchâtre, même densité, même division granulations. Chez l'homme, le fluide ])aiii :> tique est excrété par un seul canal, le (m de Wirsung, qui va se jeter souvent r, le canal Cholédoque; mais chez un i;:

nombre d'animaux, comme le chien, Ki val, le bœuf, ou observe deux canau^k, \\\u

i' étant dans le canal Cholédoque, i'auiro i i fait indépendant, parallèle au premitjr, s'ouvrant (fans le duodénum.

Pour obtenir le suc pancréatique, on >

Sloie de préférence le procédé de M. Cla emard, qui consiste à créer des fis.u artiQcielles (187). On fait utie seclion à peau, dans la région droite de rabduu; on met à nu le duodénum, on seclionnt conduit pancréatique inférieur (eipéni faite sur un chien), un peu avant sa [ tration dans le duodénum, et on lui y. une canule qui correspond à l'exiériune bourse en caoutchouc. Cela fait, on \ quelques points de suture sur la plaie, h livre les choses à elles-mêmes. P<mr périmenter convenablement sur un boi' ; pancréatique, il est utile de le recueilli! < les vingt-ouatre heures qui suivent le tion. Passe ce temps, il survient une in mation qui donne naissance à un liquidi . abondant, il est vrai, mais altéré.

M. C. Bernard a trouvé sur le cliin pleine digestion, que la quantité de sn< créatique fourni dans les quatre pni heures est de 28 grammes par heure.

M. Colin, expérimentant sur des Ihsur des porcs, est parvenu aux résultii'^ vants : dans le premier cas, il a ol)^:. grammes par heure, et dans le secon i de 6 à 8 grammes.

Chez lliomme l'expérimentation est t difficile. Il est rare de rencontrer un»* l<^ pancréatique; en second lieu, sa noun est des plus complexes ; toutefois, on < par le calcul arrivera un résultat apinv.x tif, en comparant le poids du p<^iH' pris chez l'homme, chez des carna>^i des herbivores, aux quantités de suc | créatique fourni par ces animaux.

Les poids sont, pour l'homme, ^<^ • pour le chien, 50 gr. ; pour le moui" gr. Les quantités du suc fourni par le . et par le mouton sont, d*une pari, 5 r^ de l'autre 20 gr. Eh bien I en compnr ' quantité du suc pancréatique fourni i> mouton avec celle qui est fournie par i'li<"'

de Porgane sécréteur. De Graafa le prcn tenu directement Is suc pancréatique eu n ' à nu roriÛc« de son canal (Opéra tract. ^^ paner., et trad. de iiiOO) ; après lui >oiii ^' Scbultz, Leuret, Tioilemann, Frcriclis, b • C. Bcxnard, Coiiu. Bidder et Scbaiiai, eu.

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