INTRODUCTION
Dans les organismes complexes, au fur et à mesure que les éléments anatomiques se multiplient, il y en a parmi eux qui perdent tout contact direct avec le milieu ambiant. 11 résulterait de ce fait pour ces éléments profonds une impossibilité mécanique d'échanges de matière et d'énergie, et leur vie se trouverait compromise bien vite s’ils ne trouvaient pas ailleurs les matériaux indispensables à leur fonctionnement. Aussi voyons-nous la colonie appliquer le principe de la division du travail. Des appareils s péciaux se forment, et chacun a sa fonction déterminée. Or l’appareil circulatoire entre autres se différencie de bonne heure avec son contenu.
Chez les animaux supérieurs, et en particulier chez les vertébrés, l’appareil circulatoire tout entier acquiert de grands perfectionnements. Le sang apporte aux tissus profonds, non seulement l’eau et les produits de la digestion, mais aussi l’oxygène qu'il prend dans l’appareil respiratoire. Il les débarrasse en même temps des produits de déchet qui résultent de leur fonctionnement et les transporte aux organes qui se chargeront de les éliminer ou de les détruire.
Le sang sera donc le nouveau milieu dans lequel les éléments constitutifs des divers
organes présidant aux diverses fonctions de l’organisme puiseront la matière et l’énergie. C’est le milieu intérieur de CL. BERNARD.
L'importance de ce milieu est d'autant plus grande que l’organisme dont il fait partie est plus perfectionné. Il s’ensuit que toute modification qualitative ou quantitative du sang aura une influence sur le fonctionnement de cet organisme.
Nous ne traiterons dans cet article que d’une seule des modifications que le sang peut subir : la diminution de sa masse par l’hémorragie.
L'organisme animal contient-il une quantité e sang supérieure àses besoins? On l’a soutenu (MARAGLIANO) pour le sang comme pour l'oxygène.
Mais ce que l’on aime appeler luxe (sang de luxe, respiration de luxe, etc.,), ce n’est en réalité qu’une condition indispensable au bon fonctionnement de l’organisme. — Pour avoir assez, il faut avoir trop (Cn. RicHer).