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Si nous résumons les études précédentes sur les modifications des globules blanes ‘du sang à la suite d’une hémorragie, nous pouvons en tirer les conclusions suivantes :
4° Toute hémorragie un peu importante est suivie d’une leucocytose. ‘
20 Parmi les globules blancs qui s'accumulent dans le sang, les uns viennent avec la lymphe interstitielle (lymphocytes), les autres, leucocytes polymorphonucléaires, proriennent, soit d’une modification des métamorphoses normales, soit d’un ralentissement de la destruction des éléments vieux (Ousxow, ANTOKONENKO, DAWSON, BAUMANN) ; il peut encore se produire une surnroduction de ces éléments dans la moelle des os (ExrLica et Lazarus, WILLEBRAND, etc.).
c) Les hématoblastes, comme les autres éléments du sang, diminuent après l’hémorragie. Mais cette décroissance n’est que passagère, et leur nombre recommence à augmenter dès le lendemain de la saignée pour atteindre son maximum au bout de 7 ou 8 jours. Ce phénomène a été vu pour la première fois par Vurpian. Mais c’est Have qui a donné une description complète des hématoblastes et a très bien mis en évidence l’effet de la saignée sur ces éléments. Leur production devient extrêmement active, d’où une accumulation de ces corpuscules dans le sang, phénomène que HAYEM a appelé : crise hématoblastique. Elle accompagne toutes les réparations sanguines et a par cela même une grande valeur.
La fig. 84 montre la marche de la crise hématoblastique chez un chien de 12 kg. 500 ayant perdu par la fémorale 365 gr. de sang (2,9 p. 100 du poids du corps).
(glob. rouge) (hématoblaste) dant la crise hématoblastique.
Les érythroblastes, assez rares dans le sang normal du chien, de 22 à 570 par millimètre cube, deviennent plus abondants après une hémorragie, 1 050 environ par millimètre cube. La figure 80, empruntée à Dawson, montre les modifications numériques des différents éléments figurés du sang.
4. La coagulation du sang. — Les modifications du plasma et des éléments figurés, que nous venons de passer en revue, ont un assez grand retentissement sur la coagulabilité du sang. — Au temps où la saignée était en vogue comme moyen thérapeutique, on a toujours remarqué que le sang fourni par une seconde saignée se coagule beaucoup plus vite que celui de la première, si l’espace de temps qui sépare ces deux opérations n’est pas trop grand. On recueille en outre une plus grande quantité de fibrine. Ces observations ont été vérifiées par de nombreuses expériences faites sur les animaux.
La coagulabilité du sang change au cours d’une même hémorragie. Si par exemple
Le rapport à , qui, à l’état normal égale 20, peut descendre à 7 pen-
on fait avec un bistouri une piqûre au doigt, et que l’on recueille plusieurs gouttes de sang, on s'aperçoit que les dernières gouttes se coagulent plus vite que les premières. Ce phénomène serait dû, d'après Micraw, à une action locale des tissus de la peau, qui produiraient du Ab een jou renforceraient l’action de celui qui est sécrété par les leucocytes.
Cette remarque est vraie, même quand on ouvre un grand vaisseau pour recueillir beaucoup de sang; ARLOING a en effet observé que, si l’on saigne un cheval, par la jugulaire, par exemple, les dernières quantités de sang extrait se coagulent beaucoup plus vite que les premières.
D’après BAuMANN, le temps nécessaire à la coagulation peut diminuer de moitié; il a
19 20 21 22 28 24 2526 21 26 29 30 F1 1 Z 3 4 SF TT mn D UE us PORN CMS EE
FiG. 81.
G, courbe de la valeur individuelle des globules, le globule humain étant pris comme étalon et considéré comme égal à 1; N. courbe du nombre {des globules rouges; H, courbe du nombre des hématoblastes. Les chiffres de la colonne N représentent des millions ; ceux de la colonne H, des milliers, d'après HAYEM.
observé cette diminution sur un chien qui avait subi une saignée de 25 p. 100 de sa masse sanguine. ;
Si les deux prises de sang sont trop rapprochées, on trouve moins de fibrine dans la seconde que dans la première ; mais, si on laisse entre les deux saignées s’écouler un temps suffisant, c'est l'inverse qui se produit, et le sang est alors dans sa phase de répa- : ration. Comme cette propriété de se coaguler que le sang possède est un de-ses meil-. leurs moyens de défense contre les hémorragies par les petits vaisseaux, on comprend la hâte que l'organisme va mettre à régénérer les éléments qui rentrent dans la constition de la fibrine.
Ainsi donc, la leucocytose post-hémorragique contribue à accélérer la coagulation, soit par la quantité, soit par l’activité du fibrine-ferment que peuvent engendrer les leucocytes. De son côté, la production de fibrinogène se poursuit avec une grande activité, et elle peut dépasser la normale; ce qui expliquerait l’augmentation de la quanüté de fibrine. CL. BerNaRn cite une expérience dans laquelle MAGENDIE pratiqua sur un chien de fortes saignées répétées durant plusieurs jours. Le sang de chaque saignée était défibriné et réinjecté dans les vaisseaux de l’animal. On remarqua à partir du troisième Jour un commencement d'augmentation dans la quantité de fibrine. Mais cette fibrine se distinguerait de la fibrine normale par une plus grande solubilité dans l’eau.
5) Influence de l’hémorragie sur la circulation du sang.— L'effet immédiat de toute hémorragie est une déplétion du système circulatoire, d’où chute de la pression artérielle, changement dans le rythme du cœur, dans le rythme et l'amplitude du pouls, dans la vitesse du sang, etc. En un mot, l’hémorragie détruit l’harmonie des
Le
forces qui président à la circulation du sang. Si donc nous connaissons le jeu normal de toutes ces forces, nous saisirons le mécanisme des troubles occasionnés par une hémorragie. Le cadre de cet article ne nous permet pas d’entrer dans tous ces détails. (Voyez : Artères, Gapillaires, Cœur, Circulation, Sang.)
a) La pression artérielle baisse après la saignée, comme HaLes l’a démontré par l’expérience suivante : un manomètre étant adapté à la carotide d’un cheval, on introduit dans une autre artère une canule, et l’on aspire, à l’aide d’une seringue, une certaine quantité de sang; on voit aussitôt baïsser la pression. Si l’on réinjecte le sang aspiré, la pression remonte aussitôt ; tandis que, si l’on supprime cette quantité de sang, la pression ne revient que peu à peu à la normale.
A première vue, ce phénomène paraît très simple. Mais, si l’on cherche à approfondir son mécanisme intime, on voit combien sont nombreuses et complexes les causes qui entrent en jeu.
En nous appuyant sur les principes fondamentaux d’hémodynamique établis par Marey, nous pourrions considérer la pression sanguine comme la résultante des forces suivantes : 1° la contraction du cœur; 2° la force élastique et la contractilité des parois vasculaires ; 3° les résistances qui s'opposent à l’écoulement du sang.
Si l’on vient à modifier un-de ces trois agents principaux, la pression s’en ressentira; et, comme l’hémorragie agit directement ou indirectement sur toutes ces forces, on comprend combien il sera difficile de préciser la part de chacune.
Marey à démontré que, pour faire baisser la pression artérielle par hémorragie, il faut remplir les deux conditions suivantes :
4° La quantité de sang extraite doit représenter une fraction importante de la masse sanguine totale;
2° Cette quantité de sang doit être enlevée avec une certaine brusquerie.
Les recherches ultérieures fde Worm-MüLLEer, d’'ArLoxG, etc., ont prouvé que sur le chien une saignée de 0,01 du poids du corps passe inaperçue, et qu’il faut lui enlever 2,5 p. 100 du poids duicorps, soit 1/3 de la masse sanguine, pour faire baisser la pression de 1/6. Mais il n’en est pas de même pour d’autres espèces d'animaux : ainsi Le lapin perd la moitié de sa pression artérielle pour une saignée de 0,01 du poids du corps. Cela tient sans doute à ce que le lapin, par rapport au poids du corps, est plus pauvre en sang que le chien.
On pourrait croire a priori que sur une même espèce d'animaux la chute de la pression sanguine est proportionnelle à la perte de sang. Il n’en est rien, et les expériences de Dawson le prouvent suffisamment. Cet expérimentateur à pratiqué sur des chiens, en ouvrant leur carotide, des saignées variant de 2,3 à 4,4 p.100 du poids de leur corps, Le temps d'écoulement étant de 5 minutes. A l’aide de manomètres à maxima, Dawson à mesuré la pression artérielle pendant la systole ventriculaire (S) et pendant la diastole (D); il a également mesuré la pression moyenne. Il a calculé ensuite la pression de l’onde pulsatile en faisant la différence entre S et D. Il résulte de ses expériences, que viennent corroborer celles d’autres auteurs, qu’il n’y a aucune proportionnalité entre la quantité de sang perdue et la chute de la pression. IL faut en conclure que la masse de sang enfermée dans l'appareil circulatoire n’est pas la seule cause qui règle la pression artérielle, et qu’il existe d’autres facteurs tout aussi importants avec lesquels nous devons compter. ;
Nous citerons en première ligne : 4° L’élasticité et la contractilité vasculaires ; 2° l’accélération du cœur.
I. Élasticité et contractilité vasculaires. — Les vaisseaux, grâce à l’élasticité et à la contractilité de leur paroi, peuvent s’accommoder à une quantité de sang inférieure à la normale; mais il y a une limite. En effet, supposons que la pression est tombée au tiers de ce qu’elle est normalement; si elle reste une heure à ce niveau, on peut être sûr que la limite en question est atteinte, de sorte que, si une nouvelle hémorragie se produit, fût-elle minime, elle entraîne la mort.
IL. Accélération du cœur.— Immédiatement après la saignée, le cœur s'accélère, cher chant ainsi à rétablir le volume de sang contenu normalement dans l'arbre artériel. Il est aidé dans sa tâche par l’afflux du plasma interstitiel, qui, comme nous l’avons déjà vu, contribue de son côté à rétablir l'équilibre. Enfin, sous l’aspiration du cœur, le système
504 HÉMORRACGIE.
veineux cède une partie de son contenu normal. Les deux ordres de phénomènes ci- ‘lessus nous expliquent, d’une part, la discordance entre l'intensité de l’hémorragie et la chute de la pression sanguine, et, d’autre part, la rapidité avec laquelle cette pression se rétablit, quand la perte de sang n’est pas trop forte. — A ce point de vue, une expérience très instructive de Hocue a donné les résultats suivants :
La saignée a été de 0,01 du poids du corps.
Pression Pression Pression aussitôt Pression 20 minutes avant la saignée. pendant la saignée. après la saignée. après la saignée. AT à 18 cm. de Hg. 9410 "cmHS, 16 à 17 cm. Hg. 17 à 18 cm. Hg.
D'après Dauwe, la pression artérielle met 10 minutes à se rétablir, chez le chien
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