‹ Dictionnaire de physiologie (volume 2)Chapitre 136 sur 212 · Les Hamsters (Cricelus frumentarius, etc · texte numérisé non relu

Les Hamsters (Cricelus frumentarius, etc

Tous ces animaux tombent en hibernation; mais le degré d’engourdissement n’est pas le même chez les différentes espèces. On cite cependant parmi les hamsters une espèce migratrice vivanten Sibérie, près de Jaïk, et en Russie septentrionale. Sous l'influence de causes mal déterminées, — le froid en est peut-être une, — ces animaux entreprennent de longs voyages. Tous les individus d’une contrée se rassemblent et partent dans une direction donnée. Leur marche s'opère dans un ordre si parfait qu’ils semblent obéir à un commandement mystérieux.

La plupart des Rongeurs hibernants font des provisions alimentaires pour le temps qu'ils vont passer dans leurs terriers. Le hamster ramasse du blé ou autres graines, quelquefois en quantité considérable (jusqu’à quatre hectolitres). Les réserves du spermophile consistent en graines, baies, racines ou herbes tendres. Les marmottes amassent du foin sec, qui semble plutôt destiné à garnir leur habitation qu’à leur servir de nourriture. R. DuBors a conservé des marmottes dans son laboratoire pendant plus de six mois sans qu’elles eussent pris des aliments solides ou liquides.

Les uns n'ont qu’un terrier unique pour l’élé et pour l'hiver; les autres, comme la marmotte par exemple, peuvent avoir une habitation d’été située à de grandes altitudes (3 000 mètres) et une habitation d’hiver plus bas, dans la région des pâturages, que les bergers abandonnent en hiver.

L’architecture des terriers varie aussi suivant l’espèce. Elle est très compliquée chez {e spermophile : les magasins sont séparés de la chambre de repos. Le terrier du hamster est remarquable par sa grande capacité, de même que celui de la marmotte, qui n’a pas moins de un mètre et peut aller jusqu’à deux mètres de diamètre et posséder plusieurs ramifications (ScHAUER).

Quant à leur manière de vivre, elle diffère aussi d’une espèce à l’autre. Les uns, comme les marmottes, vivent en société; chez d’autres l’association est moins bien organisée.

Tous ces animaux ne rentrent pas en hibernation à la même époque; il y en a parmi eux qui s’engourdissent dès le mois d’août (Les loirs), d’autres à la fin d'octobre (les marmottes). Get état n'arrive pas brusquement : l'animal traverse toute une série de phases pour passer de sa pleine activité fonctionnelle à l’engourdissement le plus profond. Ces phases peuvent être facilement suivies sur les espèces qui vivent en captivité comme la marmotte, le hérisson, etc. à

Voici, d’après R. DuBoïs!, ce que l’on constate sur la marmotte :

« Au commencement de l’hibernation on observe pendant huit à quinze jours des oscillations quotidiennes de l’état d'activité et de la température interne d’une amplitude progressivement croissante. Les phases de sommeil, d’abord plus courtes que celles de réveil, deviennent égales à celles-ci, puis de plus en plus longues; elles durent deux, trois, quatre jours, de telle sorte que vers le quinzième jour on en voit qui continuent. huit jours et plus. Au fur et à mesure que les périodes de sommeil s’allongent, la torpeur s’aggrave.

« Si les marmottes sont laissées en repos dans l’obscurité et le silence, à l’abri des causes qui favorisent les déperditions de calorique, et à une température voisine de 10°, les phases de sommeil sans réveil peuvent atteindre trois ou quatre semaines.

« Au moment où elle s’endort, elle ressemble à un homme cherchant: à lutter avec énergie contre un invincible besoin de sommeil; la tête s’infléchit lentement ; puis subitement le corps est agité par une secousse brusque qui fait redresser légèrement le museau : deux, trois ou quatre se succèdent, etil y a un temps de repos. La tête s'incline de plus en plus entre les pattes de devant pendant le repos; un léger coup frappé sur la cage ou l’action de souffler sur la bête provoquent alorsune secousse. brusque, comme si les réflexes médullaires étaient très exagérés, ainsi que cela a lieu dans l’empoisonnement par la strychnine. En approchant tout d’un coup une fu-

mière, ou en frappant les mains l’une contre l’autre, on détermine également des soubresauts.

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