HIPPOCRATE
La physiologie de la nutrition, comportant des vues plus générales que l'étude spécialisée des fonctions des organes, offre au médecin-philosophe une occasion meilleure. Le traité Des lieux dans l’homme contient le développement de cette idée que l’organisme « forme un cercle » : aucune de ses parties ne commençant, mais toutes étant semblablement commencement et fin; c’est, dans l’histoire de la science, le premier énoncé bien formel de ce que nous appelons aujourd’hui le métabolisme organique ; et cette affirmation se complète par la notion de la dépendance mutuelle de toutes les parties du corps : « Veut-on, prenant la plus petite partie, y produire une lésion, tout le corps ressent cette souffrance, quelle qu’elle soit, et il la ressent parce que la plus petite partie a tout ce qu’a la plus grande. Cette plus petite partie, quelque sensation qu'elle éprouve, soit agréable, soit désagréable, la porte à sa partie congénère!, »
HippocrATE reconnaît dans l’air le principe de la vie universelle; mais sa doctrine ne se confond pas avec celle qu'avait, un siècle auparavant, défendue ANAxIMÈNE : pour Hir- POCRATE, la cause de la vie n’est pas dans l’air lui-même, mais dans une chaleur créatrice (éppurov 0spu6v) que met en mouvenient le pneuma. Si indistincte ou embryonnaire que soit la théorie d’HrppocraTEe sur le rôle de l’air dans la genèse de la vie, il doit être permis d’y voir une remarquable anticipation sur la doctrine physiologique de la combustion ; en effet elle n’identifie pas la vie avec un pneuma pénétrant par la respiration, mais elle l’envisage comme le résultat d’une sorte de conflit entre l’air inspiré et les éléments du corps. HIPPOCRATE reconnaît que « l’on ne vit pas du tout sans respirer », mais aussi « qu’on ne vit guère sans manger ni boire » et il considère que « le sang est la chose du corps qui a le plus de part aux opérations de la raison ». L'âme, telle que paraît la comprendre HirpocrATe, n’est pas une essence distincte, mais une « énergie physique ». « L'air qui va dans le poumon et dans les veines s’introduisant dans les cavités (artères?) et dans le cerveau, concourt à produire l’intelligence, et, dans les membres, le mouvement 2... c’est l’air qui donne l'intelligence au cerveau *.
« C’est par là surtout (par le cerveau) que nous pensons, comprenons, voyons, entendons; que nous connaissons le laid et le beau, le mal et le bien, l’agréable et le désagréable..…. C'est encore par là que nous sommes fous, que nous délirons, que des craintes et des terreurs nous assiègent..…. Tout cela, nous l’éprouvons par le cerveau, quand il n’est pas sain... Mais, tout le temps que le cerveau est en repos, l’homme a sa connaissance, »
La doctrine hippocratique qui place le siège de l’entendement dans le cerveau paraît avoir été connue de PLAToN, et vraisemblablement aussi, les vues d’'HIPPOCRATE sur la nature de l’âme ont ouvert la voie à la conception platonicienne et purement spiritualiste du principe pensant #.
Telle fut, du reste, la destinée des livres d'Hippocrare, qu'ils servirent de guide à la médecine, et par elle, dans une certaine mesure, à l'esprit humain, jusque dans les temps modernes. Leur influence était déjà établie pendant la période pré-aristotélique,
et a pu s'exercer d’une manière immédiate : à la mort d'HiPPOCRATE, ARrisroTE était âgé de vingt ans.
Bibliographie. — LaABouLsëne, dans son Histoire des livres hippocratiques (Rev. Scient., xxvir, 1881, 641 et 685), a confirmé les conclusions de Lirrré. Qui veut connaître HippocraTE soit dans son texte original, soit dans une traduction française dont les critiques du monde entier ont reconnu la parfaite correction, doit consulter l’ouvrage auquel le savant académicien français a consacré vingt années de labeur (1839-1861).
LirtRé a pu dire : « Je ne laisse pas Hippocrare tel que je l'ai trouvé. » En elfet, non seulement il a reconstitué et traduit toute l’œuvre du médecin de Cos, mais il a mis de l'ordre dans cette vaste bibliographie, qui était déjà. confuse à ses origines; car la « collection hippocratique » est un assemblage qui date des temps d'HÉRorHILE, et pré-
. Des lieux dans l’homme, Trad. LirrRé, vi, 1849, 279.
. Trailé de la maladie sacrée. Trad, LiTTRé, vi, 373,
. lbidem, 291.
. Voir, sur ce sujet, le livre d’E, CHauvez : La philosophie des médecins grecs, Paris, 1886.
626 HIPPURIQUE (Acide).
sentait alors déjà tout le désordre dans lequel Lrrrré la trouva. (Voir Lirrré, Œuvres compl. d'Hippocrate, en 10 volumes, I, 281.) |
Quels sont, dans cet ensemble, les éctits qui doivent étre légitimement attribués à Hippocrare ? LirrRé, après avoir divisé la collection hippocratique en onze classes, considère comme étant véritablement d’Hippocrare les seuls livres suivants :
19° De l’ancienne médecine.
20 Traité du Pronostic.
3° Les Aphorismes.
4° Le 4° et le 3° livre des Épidémies.
5° Traité du régime dans les maladies aiguës. 6° Traité des Airs, des Eaux et des Lieux.
1° Traité des Articulations.
8° Traité des Fractures.
99 Traité des instruments de réduction.
10° Traité des plaies de tête.
11° Le Serment.
129 La Loi.
DAREMBERG a réduit à six les onze classes de Lirrré; PETREQUIN a cherché à simplifier encore, en répartissant dans quatre classes seulement tout l’ensemble des livres hippocratiques. Il ajoute aux douze livres dont l’authenticilé es! reconnue par LiTTRé : le traité « de l’Officine » et celui « de la Nature de l’homme » (551 à 9), et considère comme étant probablement d'HippocraTe : des Plaies ; des Hémorrhoïdes et des Fistules ; du Médecin. Il range dans la deuxième classe les écrits de l’école de Cos, des disciples ou des contemporains d'HiPPOGRATE : des Vents, des Lieux dans l’homme; de l'Art; du Régime et des Songes; des Maladies, livre 1°"; des Affections; du fœtus à sept mois; du fœtus à huit mois; les Préceptes ; Épidémies (liv. 2, 4, 5, 6, 7); des Humeurs; de l'usage des Liquides; du Régime des gens en santé ; les Prénotions coaques; le Prorrhétique (liv. 1°).
Dans la troisième classe, se trouvent les écrits probablement Cnidiens : de la Génération; de la Nature de l'enfant; des Maladies (liv. 4); des Maladies des femmes; des Maladies des jeunes filles ; des Femmes stériles; de la Superfétation; de l'Excision du fœtus; de la Nature de la femme, des Maladies (liv. 2 et 3); des Affections internes.
La quatrième classe comprend deux groupes : I. Écrits lestplus récents de la colleclion hippocratique : du Gœur; de l’Aliment; des Semaines; des Chairs; le Prorrhétique (Liv. 2); des Glandes; fragments sur la Nature des os. II. Compilations ou fragments non cités par les anciens : de la Conduite honorable ; de l'Anatomie; de la Dentition ; de la Vue; Aphorismes (VIII section); des Crises; des Jours critiques ; des Médicaments purgatifs. |
Quant aux Lettres, Décret, Discours, on a la certitude que ce ‘sont des pièces apocryphes.
PAUL HEGER.
HIPPURIQUE (Acide). — Découvert dans l'urine des vaches et des. chameaux par RouELce, vers la fin du xvin° siècle, il fut étudié ensuite par Fourcroy et Vauqueuix, et surtout, en 1829, par Liesic, qui en donna la composition, reconnut certaines de ses propriétés, et en 1844 démontra sa présence dans l’urine de l'homme. Depuis, on a montré que sa proportion augmente dans cerlaines maladies. En 1824, WôuLer à montré que l'acide benzoïque ingéré se retrouvait dans l’urine à l’état d’acide hippurique. Ce fut une expérience fondamentale qui établit avec précision un procédé synthétique biochimique dans l'organisme. Les expériences de BunGE et SCHMIEDEBERG en ont précisé le siège : celles de Agecous et RiBauT en ont éclairé la nature et le mécanisme.
État naturel. — L’acide hippurique se rencontre principalement dans l'urine des herbivores. Suivant BoussiNeauLr, les urines les plus riches en acide hippurique sont celles du chameau et de l'éléphant; puis viennent celles de la vache et du cheval. Il a trouvé notamment en hippurate de potasse, par litre d'urine, 48,7 chez le cheval et 168",5 chez la vache. "4
Li ri ° ae ' E \ A ‘ A : ; L'acide hippurique existe à l'état normal dans l'urine de l’homme, mais en faible
HIPPURIQUE (Acide). 627
quantité. [Il yen a environ de 05,5 à48°,2 d'éliminé en vingt-quatre heures, er moyenne ; mais cette quantité est variable, comme on le verra plus loin. j
L’acide hippurique existe encore dans les excréments de la tortue, des lépidoptères, des chouettes, dans les produits de desquamation de l’ichtyose, dans les capsules surrénales des porcs et dans le produit de sécrétion du castor (GoRuP-BESANEZ).
D’après Jarre, chez les oiseaux l’acide benzoïque ne se transforme pas en acide hippurique, mais en acide ornithurique (C!°H2°Az20t),
Préparation. — Une urine fraîche est évaporée presque à siccité, et au résidu on ajoute du chiorure de baryum pulvérisé : on acidifie par de l’acide chlorhydrique. Le mélange est ensuite traité par l'alcool. On filtre, on neutralise avec préeaution la solution alcoolique par la soude, on évapore pour chasser l’alcool, puis on ajoute un peu d'acide oxalique, et l’on évapore à siccité au bain-marie. La masse desséchée est épuisée par un mélange, à volume égal, d'alcool et d’éther. On distille, on ajoute à chaud un lait de chaux, et on filtre. Le filtrat est concentré, et on acidule ensuite avec HCI. Il se dépose, au bout de quelque temps, des dépôts d’acide hippurique.
Cette extraction ne peut servir qu’à rechercher et à identifier l'acide hippurique dans l’urine humaine ; lorsqu'il s’agit d’en préparer une certaine quantité, il est préférable de l’extraire de l’urine des herbivores. Alors on sature l’urine fraiche avec un lait de chaux, qui transforme l’acide hippurique en sel de chaux; on filtre, on évapore jusqu’à consistance sirupeuse. Le liquide filtré est traité par HCI. Au bout de quelques heures, on peut recueillir sur un filtre le dépôt d'acide hippurique. On le lave ensuite, on le fait digérer dans de l’eau de chlore, puis on le soumet à la cristallisation.
CAZENEUVE conseille de filtrer un litre d’urine, de l’évaporer au 1/10 de son volume, et de mélanger les 100 grammes restant avec 200 grammes de plâtre et 20 grammes d’alun, puis de dessécher au bain-marie. L’alun, dont la réaction est acide, décompose les carbonates, et met en liberté l’acide hippurique. Le mélange est ensuite placé dans un appareil à déplacement, et épuisé par l’éther bouillant. On obtient ainsi des cristaux d’une grande blancheur.
Propriétés. — L’acide hippurique est solide, incolore, inodore, d'une saveur amère ; il cristallise facilement en longs prismes rhomboïdiques. Il rougit le papier de tournesol. Il est soluble dans 600 parties d’eau froide et une moindre quantité d’eau bouillante. Il est soluble dans l’alcool et peu soluble dans l’éther froid. Il se dissout dans le phosphate de soude, et, ses solutés aqueux étant acides, il contribue pour sa part à la réaction de l’urine.
Chauffé modérément dans un long tube de verre, il fond, et par refroidissement se prend en une masse cristalline. Chauffé plus fortement vers 250°, il se décompose en acide benzoïque qui se sublime, en benzoate d’ammoniaque, et en un liquide rouge, oléagineux, dont l’odeur rappelle celle du mélilot ou de la fève tonka. C'est une réaction caractéristique. Chauffé brusquement au rouge, il donne de l'acide cyanhydrique et un résidu de charbon.
Si l’on traite l’acide hippurique à l’ébullition par un acide énergique, il absorbe une molécule d’eau et se dédouble en acide benzoïque et en glycocolle (DessalGnes).
C2H9Az0% + H20 — CTH60?2 + C2H5AzO?
Acide hippurique Ac. benzoïque + glycocolle.
Les acides sulfurique, chlorhydrique, étendus et bouillants, l'acide oxalique luimême, lui font subir la même transformation.
IL existe dans l’urine des herbivores, ainsi que dans l’urine humaine, un ferment, peu connu encore, qui transforme ainsi l’acide hippurique suivant l'équation ci-dessus. C'est ce qui explique pourquoi l’on ne peut trouver de l'acide hippurique que dans l'urine fraîche. Dès qu'une urine fermente ou se putréfie, il n'existe plus que de l'acide benzoïque, L'industrie utilise cette propriété pour préparer ce dernier acide, en laissant putréfier l’urine des herbivores. |
Si l’on traite à l’ébullition de l'acide hippurique par de l'acide azotique concentré et qu'après avoir desséché le résidu, on le chauffe, il se dégage une odeur caractéristique de nitro-benzine (essence d'amandes amères) (LÜOKE).
628 HIPPURIQUE (Acide).
Lorsqu'on ajoute quelques gouttes de perchlorure de fer à une solution d'acide hippurique, ou d’un hippurate, il se forme un précipité gélatineux couleur isabelle.
La chaleur de combustion totale de l’acide hippurique déterminée par FRANKLAND est de 5 383 calories.
Origine. — L'acide hippurique est formé synthétiquement dans l'organisme par la combinaison du glycocolle et de l’acide benzoïque. Si l’on donne de l'acide benzoïque à un animal, il reparaît dans l’urine sous forme d’acide hippurique. On sait que le glycocolle qui sert à sa formation fait partie de l’économie; il existe combiné à l’acide cholalique dans la bile sous forme de glycocolate de soude. On le considère comme un produit de désassimilation des matières protéiques. Quant à l’acide benzoïque, il a pour origine les dérivés aromatiques des divers aliments ingérés. C’est WôuLer qui, le premier, en 1824, démontra que l'acide benzoïque introduit dans l'estomac reparaît sous forme d'acide hippurique. C’est là une date mémorable dans la littérature biologique, puisque c'était la première synthèse constatée dans l’organisme.
Une expérience importante qui montre bien cette transformation de l'acide benzoïque en acide hippurique, c’est de faire ingérer de l'acide nitrobenzoïque : alors on retrouve dans l’urine de l'acide nitro-hippurique.
BuNGE et SCHMIEDEBERG se sont efforcés de déterminer les conditions de cette synthèse in vivo. Pour cela, ils ont recherché dans quels organes ou tissus cette transformation pouvait se produire. Ils démontrèrent que ce n’était pas dans le foie. En effet, après l’ablation du foie chez la grenouille (qui peut survivre 3 ou # jours à l'opération), l'injection d'acide benzoïque et de glycocolle dans les sacs lymphatiques fait encore apparaître l'acide hippurique dans les urines. Ils démontrèrent alors que cette synthèse se réalisait dans les reins. En effet, dans une première série d'expériences, ils pratiquèrent la ligature des deux reins à des chiens (la circulation des autres organes n’en est pas sensiblement troublée), puis ils injectèrent dans le sang de l'acide benzoïque et du glycocolle. Les chiens furent sacrifiés 4 heures après : or alors la recherche de l’acide hippurique dans le sang, ainsi que dans le foie et les muscles, fut absolument négalive. Partout on retrouva l’acide benzoïque qui n’avait pu être transformé sans le concours des reins.
Dans une deuxième série d’expériences, servant de contre-épreuve, ils démontrèrent que le rein extirpé de l’organisme peut encore secréter de l'acide hippurique.
Pour cela, après avoir saigné un chien, les deux reins furent enlevés avec précaution afin d'établir dans l’un d’eux une circulation artificielle avec du sang défibriné auquel était ajouté du glycocolle et de l'acide benzoïque. L'autre rein servait de témoin. Au bout de quelques heures de circulation artificielle, l'acide hippurique fut constaté dans le sang, dans le rein et dans le liquide qui s’écoulait de l’uretère. Par contre, on ne trouva dans le rein témoin aucune trace d'acide hippurique.
Toutefois, la production exclusive de l'acide hippurique dans le rein n’a été démontrée encore que chez le chien. BuNGE et ScHMIEDEBERG eux-mêmes ont établi que les grenouilles continuent à produire de l’acide hippurique après l’extirpation du rein. SALOMON a prouvé également que, pour quelques autres mammifères, le lapin notamment, la production d'acide hippurique n’est pas exclusivement limitée aux reins. C’est ainsi qu'ayant donné de l'acide benzoïque à des lapins auxquels il avait extirpé les reins, il trouva de l'acide hippurique en quantité notable dans le sang, dans le foie et les muscles. j
Bunce, fortement imbu de la doctrine du vitalisme, chercha à démontrer encore que la synthèse de l'acide hippurique est inséparable de la vie des tissus. Ayant mélangé du glycocolle et de l’acide benzoïque à des reins finement hachés, il ne constata jamais la formation d'acide hippurique. Ayant, d’autre part, pratiqué la circulation artificielle avec du sérum, il obtint encore un résultat négatif. De même, Scaweneserc et Horr- MANN ne furent pas plus heureux en opérant avec du sang privé d’oxygène,.et BuNGE s'écriailt : « La même intervention qui suspend les propriétés vitales et visibles des cellules, les prive du même coup de la faculté de former des synthèses. Donc toujours l’ancien problème : la vie de la cellule! Voilà jusqu'à présent quel est le sort de toute recherche physiologique. Plus nous mettons d’ardeur à poursuivre un phénomène vital, plus il recule devant nous dans les ténèbres de l'inconnu. »
HIPPURIQUE (Acide). 629
En réalité, la notion vague du phénomène vital est devenue plus précise : il y a des
ferments solubles qui dans les cellules sont les agents de ces diverses opérations
chimiques.
C’est Asezous et RiBauT qui eurent le grand mérite de démontrer l’existence d’un ferment soluble opérant la synthèse de l'acide hippurique en présence du glycocolle et de l’acide benzoïque.
Leurs expériences, remarquables aulant par la concision et la rigueur scientifique que par la netteté des résultats, méritent d’être reproduites.
Tout d'abord ils firent remarquer que, les synthèses par déshydratation étant des réactions endothermiques, s’il existe une diastase de synthèse, on peut démontrer sa présence in vitro en fournissant la force vive nécessaire pour l’accomplissement de sa réaction endothermique. Ainsi donc, au lieu de mettre en présence de l’organe producteur de la diastase hypothétique simplement du glycocolle et de l’acide benzoïque, ils eurent l’idée ingénieuse de lui fournir du glycocolle et de l'alcool benzylique, ce dernier, en s’oxydant pour donner l’acide benzoïque, devant dégager une certaine quantité d'énergie utilisée ensuite pour la synthèse.
ABELOUS et RiBauT ont opéré avec des reins de cheval et d’âne pulpés, et, pour supprimer toute trace de vie cellulaire, leurs macérations étaient faites dans une solution de fluorure de sodium à 2 p. 100. |
On fait macérer pendant dix-huit heures deux lots de 525 grammes de rein de cheval pulpés dans un litre d’une solution de NaCI à 2 p. 100. Dans l’un des deux lots À on ajoute 18°,5 de glycocolle, 3 centimètres cubes d’alcool benzylique et 3 grammes de CONa?. A l’autre lot B on se contente d'ajouter 3 grammes de CONa?. Les deux lots sont laissés dans l’étuve à 40° pendant vingt-quatre heures et traversés par un courant d'air. Le dosage de l’acide hippurique a donné les résultats suivants :
Acide hippurique. :
A. Glycocolle et alcool benzylique. . . ,. . — 0,083 B. Sans glycocolle et alcool benzylique.. . —0,053 Différence en faveur de A. . . —0,033
2° Même expérience avec deux lots de 425 grammes chacun de pulpe rénale, mais additionnés de 500 grammes de sang de cheval fluoré à 2 p. 100 :
Acide hippurique.
A. Glycocolle et alcool benzylique. . . . . — 0,108 B. Avec CO3 Na? seulement. .°. . . . . . — 0,068 Différence en faveur de A. . . —0,041
3° Reins de porc : deux.lots.
A. 572 grammes de pulpe macérée dans un litre de NaFl à 2 p. 100 : -on ajoute :
CIS COCOON TE NOR 1e°,50 Alcool benzylique , . . . . . 3 CC.
CONSTANT RP. 3 grammes.
B. 572 grammes macérés dans un litre de NaFl à 2 p. 100. La macération est bouillie, et on ajoute les mêmes quantités de glycocolle et d’alcool benzylique que dans A.
Résultat A —0,055 d'acide hippurique.
— B (bouilli) pas trace.
(Ici l’ébullition a donc détruit le ferment hypothétique.)
De toutes ces expériences les auteurs étaient en droit de conclure que « l'intégrité et la vie des cellules du rein n'étaient pas indispensables pour la synthèse de l’acide hippurique. Cette synthèse peut donc être attribuée à l’action d’une diastase. » :
Ces résultats si précis ont été confirmés absolument par BERNiINzONI (1901), Cet auteur a comparé le rein de cheval et le rein de porc au point de vue de la puissance