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A. LACASSAGNE

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sion de dissocialion de l’eau, d’où les transpirations abondantes, exagérées par la fatigue, c'est-à-dire par l'accumulation dans l’économie d’un anesthésique, l'acide carbonique. La soif est*intense dans les maladies accompagnées d’hyperthermie, etc. À. DissartT (56) a prétendu que la chaleur sèche de l’étuve augmente les échanges respiratoires chez le lapin et le cobaye; mais il ressort de ses propres expériences que c'est seulement à la suite de la déshydratation, et au moment de la réhydratation, que cet effet se produit. C’est, d’ailleurs, une loi générale, formulée par R. Dusois (4, 249), que l’hydratation marche dans le méme sens que l’oxygénation et la chaleur ; ces facteurs augmentent les échanges, à la condition de ne pas dépasser leur optimum. La déshydratation, l’acide carbonique, l’hypothermie, les ralentissent. Si l’hydratation, l’oxygénation et la calorificalion dépassent l’optimum physiologique, ils produisent des effets analogues à ceux que déterminent les influences inverses. De son côté, CnaRLes Ricxer a depuis longtemps montré que la fatigue déshydrate le muscle. Les phénomènes respiratoires sont surtout exagérés quand, après avoir fait perdre de l’eau à un organisme, on le réhydrate rapidement : l’oxygénation marche alors de pair avec l’hydrataion (R. Dugots, Leçons, 249). Jocry (57) a montré le parallélisme qui peut se présenter entre le forçage par la chaleur et celui que produisent les anesthésiques; la condens«tion protoplasmique par déshydratation est le phénomène commun qui réunit des faits en apparence très différents.

Hyperhydratation. — Ce qui précède montre que le froid et la chaleur, poussés à des limites incompatibles avec l’équilibre normal de l’hydratation, produisent les mêmes effets. Quand on augmente artificiellement l’hydratation, on peut aussi produire des effets analogues à ceux que détermine la déshydratation.

En 1883, Certes (60) et Recarp (61) ont montré que, sous l'influence de très hautes pressions dans l’eau (jusqu’à 600 ou 700 atmosphères), de nombreux animaux aquatiques tombaient dans une sorte de vie latente, sans que l’on sût pourquoi. Au début de ses expériences, P. REGNARD avait remarqué que les pattes de grenouilles comprimées dans l’eau à 600 ou 700 atmosphères devenaient raides. R. DuBois (58) démontra alors que cet effet est dû à la pénétration de l’eau dans les cellules, à l'hyperhydratation du bioprotéon, de la façon suivante : 1° les muscles devenus raides augmentent de poids; 20 ils retrouvent leur élasticité après un temps suffisant de séjour dans un appareil à dessiccation, ou bien par immersion dans des substances déshydratantes, comme Palcool étendu d’eau à 10 p. 100. Une grenouille entière, dont les poumons avaient été préalablement vidés d'air, et qui avait été rendue raide et inerte par la compression, retrouva la possibilité d'exécuter quelques mouvements spontanés après immersion dans un mélange d’acool et d’eau à 10 p. 100; 3° en enfermant les grenouilles avant la compression, dans un sac dé caoutchouc imperméable, elles ne deviennent pas rigides. Au moment de la décompression, l’eau introduite de force dans le bioprotéon quitte celui-ci, et vient s’accumuler entre le sarcolemme ou le névrilemme et la partie protoplasmique. On avait objecté à R. DuBois que le bioprotéon, n'étant, pour ainsi dire, que de l’eau, ne pouvait pas être pénétré par de l’eau; l'expérience a prouvé le contraire, et la connaissance que l’on possède aujourd’hui de la constitution des colloïdes permet d'expliquer cette hyperhydratation d’une manière ralionnelle. D'ailleurs, il n’est pas nécessaire d’avoir recours à de hautes pressions pour produire l’hydratation des tissus et des organismes ; l’eau pure est un poison du muscle, du nerf, de l'organisme même. La chaleur, comme la pression (ce qui se comprend, car elles agissent de la même manière), facilite l'hyperhydratation, jusqu'à une certaine limile pourtant; on peut le prouver en faisant dans les artères des muscles des injections d’eau à des températures croissantes. Les contractions deviennent d’abord plus énergiques, puis bientôt survient la rigidité muscalaire; ce n’est pas la température du liquide qui agit, mais la surhydratalion qui augmente avec elle.

La mort entraîne parfois l’hyperhydratation : les infusoires morts se gonflent et éclatent dans l’eau, alors que, pendant la vie, ils sont sans inconvénient traversés par une masse énorme de ce fluide; un Paramæcium aurelia élimine, en quarantesix minutes, à la température de 27°, un volume d’eau égal à celui de son propre corps.

Souceicx (59) a montré que l’on pouvait obtenir l'insensibilisation locale par des injections d’eau bouillie dans le derme. Les zymases ne sont pas atteintes par les hautes

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pressions, ce qui explique pourquoi celles-ci ne suppriment pas la production de Ja lumière dans l’organe lumineux du Lampyre (62).

Action des cristalloïdes sur la fonction d’hydratation. — L'eau pure étant un poison pour les cellules, comme on l’a vu plus haut, il faut que sa pression osmotique soit modérée, régularisée, et c’est le rôle des sels.

Picor, Fozr (65) et Mayer ont étudié l’action de l’eau additionnée de sels introduite dans la circulation. |

Dasrre et Love (63) ont montré qu’on pouvait, sans danger, injecter à des chiens

1 litre d’eau en cinq à quinze minutes dans la circulation, à la condition qu’elle rene

ferme 08",75 de sel p. 100. On peut ainsi faire des lavages de l'organisme utiles

dans beaucoup de cas, et fournir directement l’eau nécessaire à l’hydratation (Voir

hydrolyse, p. 680). C’est sur ces données que sont calculées les compositions des sérums artificiels.

Dans le milieu extérieur, la proportion utile de cristalloïdes dissous dans l’eau est très variable. On ne peut transporter impunément la plupart des animaux marins dans l’eau douce, et, réciproquement, les animaux des eaux douces dans la mer, parce que l'état d’hydratation des cellules des branchies et des téguments, d’abord, se trouve profondément modifié. On obtient la déshydratation progressive de la grenouille en immergeant simplement les pattes dans l’eau fortement salée ; le sang devient épais, la circulation est ralentie, les mouvements du cœur affaiblis, ainsi que ceux de la respiration : les échanges sont diminués, l'animal tombe dans l’inertie et la torpeur. Le cristallin devient opaque ; mais celte cataracte expérimentale, ainsi que tous les autres symp-

tômes, disparait dès que l'hydratation normale est rétablie par l'immersion dans :

l’eau douce. Il semble que la torpeur, dans ce cas, soit surtout due primitivement aux

modificalions de l’hydratalion du système nerveux; car les muscles conservent à peu

près complètement leurs propriétés physiologiques (R. Dugois).

Dans les colloïdes, les plasmas etles membranes, la diffusion ne se fait pas comme dans l’eau ou dans les solutions salines. Dans les hydrogèles, elle suivrait, d’après Leouc, les lois de Ou en électricité. La vitesse ou intensité de diffusion serait proportionnelle aux différences de pressions osmotiques, et varierait en raison inverse de la résistance; elle dépendrait, en outre, de la nature de la substance diffusante (64). Les phénomènes de chimiotropisme se rattachent aux faits dont il vient d’être question.

Influences diverses agissant sur l’hydratation. — [L’électricité, en dehors de l'électrolyse proprement dite, a une influence manifeste sur l’hydratation. Porrer a noté que: dans les colloïdes l’eau se transporte du pôle négatif au pôle positif, sous influence du

courant, et HERMANN à vu dans les muscles des phénomènes de même ordre, On sait que les granulations colloïdales sont toutes chargées d'électricité, ou négative ou positive, et ue, lorsque des granulations de signes contraires se trouvent réunies dans un milieu colloïdal (hydrosols, plasmas), il y a formation de complexes, avec précipitation, agglutination, coagulation, etc. Il est bien évident que de semblables phénomènes, d'ordre électrique, ont une influence directe sur l’hydratation. La charge des granulations à aussi une influence par elle-même, indépendamment de son signe; car les granules de même signe seront d'autant plus écartés que leurs charges respectives seront plus grandes; les espaces intergranulaires, remplis surtout d'eau, seront d'autant plus grands que les charges seront plus élevées. On concoit aisément que, dans de semblables milieux, l’excitant puisse produire des mouvements explicables par des déplacements de molécules d’eau, comme ceux des sensitives, ou ceux du musele. Inversement, ces déplacements d’eau pourront produire des effets électro-moteurs, comme ceux que l’on observe dans les muscles, dans les organes électriques de la torpille et chez les végétaux (66).

Les phénomènes galvanotropiques se réduisent à des phénomènes de cet ordre.

La lumière exerce certainement une grande influence sur l’hydratation, mais celle-ci

est mal connue, surtout chez les animaux. La fonction chlorophyllienne a été, à ce point de vue, l’objet de nombreuses et importantes recherches. L'héliotropisme des végétaux semble directement en rapport avec des différences de turgescence des cellules du côté éclairé et du côté non éclairé, suivant qu'il est positif ou négatif, correspondant à des inégalités dans l’hydratation. Peut-être en est-il de même dans les phé-

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nomènes de phototropisme; ce qui semblerait l'indiquer, c’est que Læs (67) a repris la loi de RarxaëL Dupois, à propos de certains mouvements observés par lui sur Spirographis Spallanzani, sous l’influence de la lumière.

L'ascension de la sève dans les végétaux serait due, d’après GonLewskr (68), à ce que les cellules agissent comme de petites pompes aspirantes et refoulantes, par suite de mouvements périodiques de turgescence, susceptibles d’être influencés par la lumière. Ce serait aussi par une action de ce genre qu’il conviendrait d'expliquer les mouvements périodiques si curieux de l'Hedysarum girans.

Influence du desséchement sur la fonction d'hydratation : vie ralentie, vie oscillante, vie latente, anhydrobiose, anhydrisation, hibernation, sommeil. — SpaLLAnzant (69) et les anciens observateurs ont montré qu'un grand nombre d’invertébrés, même assez élevés en organisation, puisqu'ils sont pourvus d'organes génitaux, de tube digestif, etc. : Rotifères, Tardigrades, Nématodes, peuvent se dessécher naturellement, tomber en complète inertie physiologique, et revenir parfois beaucoup plus tard à la vie, quand l'humidité leur est rendue. Ces observations ont été contrôlées par de nombreux savants : DoyÈëre (70), SEmper, DAvaAINE (71), Broca (72), CLaupe BEernarD (73). P. Pou- CHET avait avancé que la réviviscence des Rotifères, Tardigrades, etc., était due à la survivance des œufs, et que les parents, moins résistants, périssaient pendant le desséchement. Poucner, en opérant par déshydratation trop brusque, tuait, en effet, les espèces sur lesquelles il expérimentait; Zecinxa, D. LANCE, Grarp, ont fait voir qu’en opérant par déshydratation lente, même sur des espèces semi-aquatiques (Callidina symbiotica, Macrobiotus, Anguillula), vivant dans les Mousses humides, les Hépatiques, etç., on peut parfaitement ramener à la vie des animaux adultes, à organisation compliquée, ce qui confirme l'opinion des anciens observateurs (74).

D'après les recherches de Cosres, GERBER, BALBrANI, les colpodes enkystés et desséchés peuvent être conservés indéfiniment dans cet état. Gran (74) a gardé plus de huit ans des Clamydococcus pluvialis desséchés et enkystés contre les parois du flacon où il les avait cultivés, et dont l'eau s'était complètement évaporée peu à peu. Chaque année, on put en détacher quelques kystes, et ces Volvocinés redevenaient mobiles au contact de l’eau. Quantité de protistes et de protozvaires se comportent de mème.

Les Anguillules du blé niellé s’enkystent dans le grain qui va se dessécher, et y séjournent tant qu'il ne tombe pas dans la terre humide. Ces organismes semblent, comme la graine, se préparer, par une déshydratation suivie d’une réhydratation, une sorte de rajeunissement. Dès qu'ils sont réhydratés, ils retrouvent leur activité, s’accouplent, se reproduisent et, finalement, s'enkystent de nouveau. Baker en a conservé, en état de vie latente pendant vingt-sept ans. SpALLANZANI a pu les dessécher et les revivifier jusqu’à seize fois de suite. Tous ces êtres réviviscents sont soumis, dans leur milieu naturel, à des variations qui les ont accoutumés, par adaptation progressive, à cet état de vie oscillante.

Certains auteurs ont prétendu que chez ces êtres desséchés la vie n’était pas complètement suspendue, qu’ils étaient seulement en état de vie ralentie. Kocrs, par des expériences précises, a montré qu'elle était complètement suspendue (75).

Beaucoup de mollusques terrestres (Helix, Bulinus, Achantinella, etc., par desséchement progressif, tombent en un état de vie latente qu’on a vu se prolonger jusqu’à cinq mois. Il y a plus: des mollusques absolument aquatiques (Ampullaria globosa, Swaixs, Vivipara bengalensis, Lam, etc.), envoyés à sec de Cochinchine et de Siam en

France, ont repris leur vivacité dès qu’on les eut placés dans l’eau. Des ampullaires même ont pu être gardés pendant six mois à l’état d’anhydrobiose ([L. Vicnar, WarreBLen, etc.). Des escargots endormis se sont réveillés après avoir absorbé 27 p. 100 de leur poids d’eau, et ils se sont rendormis après avoir perdu environ 18 p. 100 en atmosphère desséchée. L'anhydrisation a été accompagnée d’une forte augmentation de

2e dans le corps de l’animal, malgré un très grand ralentissement des phénomènes respiratoires (R. Dugors, 8+)!. Les végétaux aussi s’endorment et hibernent par déshydratation et autonarcose Carbonique (R. DuBois).

1, Le mécanisme intime du sommeil chez l’escargot et vraisemblablement chez les autres invertébrés à sang froid est le même que chez les hibernants poïkilothermes et autres vertébrés

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Pendant la torpeur des vertébrés hibernants, qui n’est qu'un état plus profond du sommeil ordinaire, R. Dupois a montré, par des analyses directes des tissus et des humeurs, ainsi que par la numération des globules du sang comparée dans les périodes de veille et de sommeil, qu'une déshydration notable accompagnait l’accumulation d’acide carbonique : ces deux phénomènes concourent à la produclion du sommeil (84).

Caossar (76) a anhydrisé des grenouilles (ét même des oiseaux), et a obtenu les mêmes

symptômes à peu près que ceux qui ont été décrits chez les grenouilles déshydratées

par exosmose (p. 681). La mort arrivait quand les grenouilles avaient perdu 35 p. 100 d’eau. A J’autopsie, on trouvait des lésions en rapport avec la diminution d’eau, et particulièrement des déformations des globules sanguins. Le même auteur a établi des

analogies entre l’état d'anhydrisation expérimentale et celui qui résulle du choléra.

Le Protopterus annectens, dipnoïque du fleuve de Gambie, se trouve pendant la saison chaude emprisonné dans la vase durcie, où il s’enkyste dans une sorte de cocon de mucus desséché. Il ne communique alors avec l'extérieur que par un petit orifice, qui lui permet de respirer avec ses poumons; dans la vie ‘aquatique, il se sert seulement de ses branchies. Pendant la période d’enkystement, sa respiration est très ralentie; ses mouvements, difficiles et lents; mais, dès qu'il est plongé dans l’eau, surtout dans

l’eau tiède, il retrouve toute sa force, et une extrême agilité. Il n’est pas nécessaire, pour

cela, qu’il possède des viscères; R. Dugois a vu (78) un Protopterus annectens, auquel il avait tout enlevé, et qui ne conservait que son squelette, ses muscles, sa moelle et son cerveau, sortir de l’état de vie ralentie complètement pour quelques instants, après son immersion dans l’eau tiède, sans que l’on püt rapporter ce phénomène à autre chose qu’à une hydratation directe des tissus restants.

Rôle de l'hydratation dans les phénomènes de conservation de l'espèce (germination, fécondation, conjugaison, parthénogénèse naturelle et artificielle).

Chez les végétaux où existe la fécondation, le grain de pollen a besoin de se gonfler, de s’hydrater, pour remplir son rôle et pénétrer dans l’ovulé; mais, une fois l’acte de la fécondation achevé, l’ovule fécondé devient une graine et se déshydtale. Elle peut-rester alors en état de repos, de vie latente, pendant un temps parfois très long, variable d'ailleurs avec les espèces.

Pour que la graine sorte de son inertie et que le jeune végétal se développe, il faut que la graine se réhydrate. Sans cette réhydratation, qui est le phénomène initial, préliminaire, du retour à la vie active, la graine ne peut ni respirer, ni mettre en œuvre les matériaux qu’elle contient. La fonction d’hydratation prime donc toutes les autres.

La germination peut être retardée où empêchée par toutes les causes qui entravent l’hydratation : anesthésiques généraux, froid, proportion trop forte de sels dans l’eau baignant la graine, etc.

La réhydratation de la graine se fait avec une énergie considérable; elle se gonfle de facon à pouvoir soulever une forte colonne de mercure, et, à ce moment, la tension de dissociation de l’eau est très faible, comme danstous les tissus jeunes; mais eile croît me l'état embryonnaire jusqu'à la vieillesse.

Dans l'œuf animal, après la fécondation, la fixation d’eau se fait aussi avec augmen-

talion de pression interne.

Des œufs mûrs de Rana temporaria, engagés dans l’oviducte et entourés d'une membrane gélatineuse, sont piqués à l’aide d’une pointe de verre effilée. Après l’opération, la blessure n’est pas visible extérieurement ; mais, peu après la fécondation, le vitellas commence à faire hernie et forme entre la membrane ovulaire et la membrane vitelline une tubérosité plas ou moins forte. Toutefois le gonflement de l'œuf est précédé d'une déshydratation de l’ovule. Au début de la fécondation, il se fait une concentration du vitellus, avec séparation d’un liquide qui permet au spermatozoïde de se gontler jusqu'à atteindre dix ou vingt fois son volume primitif. A partir de ce moment, l'œuf animal acquiert, comme l’ovule végétal devenu graine, non seulement le pouvoir de fixer beaucoup d’eau, mais encore de la retenir avec énergie. Cette avidité des œufs fécondés pour

supérieurs, Cette conclusion de R. Dugois vient d'être confirmée expérimentalement dans un tra-

vail récent {V. Mie BgzLion, Contribution à l'étude de l’hibernation chez les invertébrés. Thèse de doclorat ès sciences naturelles de l’Université de Lyon, 1909).

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l'eau est facile à constater : ceux du ver luisant et de beaucoup d'insectes augmentent de volume très notablement après la ponte, tandis que les œufs non tsconides se flé-" trissent (79). Si l’on place dans le vide sulfurique un même poids d’œufs stériles et d'œufs fécondés de vers à soie, et que l’on établisse les courbes respectives de leurs pertes de poids, on constate que ces courbes présentent des caractères bien différents. Alors que les œufs stériles se dessèchent comme un corps quelconque imbibé d’eau, on observe chez les œufs fécondés, au début, un desséchement assez rapide qui bientôt se ralentit pour cesser ensuite complètement, une certaine quantité d’eau se trouvant tixée avec une énergie invincible dans les conditions indiquées. La coque de l’œuf n’a aucune influence particulière dans la marche du desséchement. Des phénomènes de même ordre ont été constatés dans des œufs de vertébrés (R. Dupois, 80).

Dans l’œuf de l'Oursin, après la fécondation, la segmentation est empêchéé en entravant l’hydratation par addition de 2 p. 100 de sel à l’eau de mer. Si la segmentation a déjà commencé, elle s’arrête dans un milieu fortement salé : mais vient-on à rajouter de l’eau pure, elle reprend immédiatement son cours, et, chose intéressante à noter,. comme on le verra plus tard, elle marche alors avec une rapidité plus grande, comme pour rattraper le temps perdu, mais, en réalilé, parce que l’œuf a subi une seconde déshydratation. En n’ajoutant pas d’eau, il peut se produire également une segmentation incomplèle portant sur le noyau seulement, sans doute, parce qu’il est plus hydrophile que le protoplasme environnant et le dépouille à son profit.

Le mouvement de segmentation peut être suspendu également par les anesthésiques et par le froid, pour reprendre avec une plus grande force quand ces causes d’inhibition par déshydratation ont cessé leur effet.

La déshydratation qui prépare à la réhydratation de renaissance à la vie active, ou de rajeunissement, a été HN dans beaucoup d’autres cas : elle doit être un phénomène général, commun à tous les organismes végélaux ou animaux. Certaines manifestations physiologiques paraissent curieusement Adaplés à ce besoin.

Quand une plasmodie de fleur de tan, autrement dit d'OEthalium septicum, se trouve uniformément étalée sur une bande de papier à filtrer mouillée et que cette dernière commence à se dessécher, elle se retire toujours vers les points restés les plus humides. Si, pendant que la dessiccation s'effectue, on place, perpendiculairement au papier, et à deux millimètres de lui, un porte-objet enduit de gélatine, on voit alors, en ce point, se soulever verticalement des ramifications du réseau protoplasmique attiré par la vapeur

d’eau qui se dégage de la gélatine, et bientôt toute la plasmodie a émigré vers celle-ci

en vertu d’un hydrotropisme positif. C’est le contraire qui se passe TRS la plasmodie va former ses réceptacles fructifères : l’hydrotropisme devient négatif : les plasmodies s'éloignent alors des fragments de gélatine ou du papier humide. On constate égale- HEntque, plus elles sont riches en eau et plus énergiques sont leurs mouvements, tandis qu’à la période de DORE rOR fructifère elles tendent de plus en plus vers l’immobilité.

Chez les Characées et autres cryptogames, l’activité des mouvements protoplasmiques et intra-cellulaires est aussi en rapport avec la richesse en eau. Mais il y à également une concentration préparatoire à la reproduction. À ce moment, chez beaucoup d'algues, en particulier chez les (ŒEdoyonium, tout le corps protoplasmique se détache de la paroi cellulosique, expulse le liquide qu’il renferme et le ramène à un volume moindre. Quantité de végétaux s’enkystent, en subissant des modifications de même nalure, avant de se reproduire.

C’est en s'appuyant sur les faîts précédents et sur d’autres encore que Rapn AEL DuBois, dès 1898 (I, 9° lecon), a montré nettement que, dans la fécondation, le phénomène on dominateur, est une déshydratation préalable suivie d'une réhydratation abondante et énergique (54). Trois ans après R. Dusois, Y. DELAGE est arrivé aux mêmes conclusions à propos de la parthénogénèse artificielle, dans sa « théorie de la fécondation » (81).

Parthénogénèse naturelle et parthénogénèse artificielle. — Les Cladocères, Les Daphnies, les Branchipes, les Pucerons, beaucoup d’ Hyménoptères, de Papillons, de Rotifères, Htent par la sécheresse des œufs parthénogénétiques, c’est-à-dire capables de-se développer sans fécondation préalable. Certaines plantes dioïques, comme le Chanvre, sot dans le même cas. La parthénogénèse par désséchement a également une influence sur

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la nature du sexe des individus engendrés de cette façon. Cette remarque permet de supposer que l'hydratation, dans les conditions ordinaires, joue aussi un rôle dans 1 différenciation sexuelle. 1

Étant donné que dans l’acte de la fécondation naturelle et dans d’autres procédés de reproduction (conjugaison, etc.) le phénomène initial, préparaloire au développement, est une déshydratation suivie d’une réhydratation, que, d'autre part, dans la parthénogénèse naturelle, le développement de l’œuf non fécondé exige, dans un grand nombre de cas connus, une déshydratation préalable : il est naturel de penser que la déshydratation, suivie de la réhydratation expérimentale, peut artificiellement produire la parthénogénèse ; c’est, en effet, à ce curieux résultat qu'ont abouti dans ces derniers temps les efforts d'un grand nombre de savants, et particulièrement d'Yves DeAGe, qui, le premier, a pu obtenir le développement complet d’un organisme animal par voie expérimentale (82) à partir d’un œuf non fécondé, mais fécondable.

Déjà, en 1896, Kcegs avait montré qu’en faisant agir des solutions salines ou sucrées sur des Sptrogyra et divers autres cryptogames, on obtenait la formation de parthénospores, ou la germination parthénogénétique de la gynogamète et même de l’androgamète.

Chez les animaux, les observations ont été faites surtout sur les œufs d’Astéries et d'Oursin.

De nombreux auteurs : TicaomiRorr, HERTWIG, MEaD, MORGAN, HERBST, LOEB, LEFÈVRE, BuzLoT, BATAILLON, KosTANECKI, Giarp, etc. (V. Parthénogénèse) ont vu qu’on peut provoquer un commencement de développement des œufs non fécondés d'échinodermes, de vers, de mollusques, de batraciens et de poissons en modifiant les propriétés chimiques et physiques de l’eau où on les immerge pendant un lemps variable, pour les reporter ensuite dans leur milieu naturel (eau douce ou eau de mer). Pour obtenir ce résultat, tous les expérimentateurs se sont servis d'agents déshydratants, dont l’action «a été étudiée dans cet article : sels organiques ou minéraux (sulfates d’alcaloïdes, chlorures de sodium, de potassium, de magnésium, de nickel, etc.), composés organiques non électrolytiques (sucre, urée, etc.), anesthésiques généraux (alcools, éther, chloroforme, toluol, benzol, acide carbonique, etc.), froid, ébranlement mécanique. et enfin dessiccation pure et simple! Ajoutons les corps acides et coagulants, comme le tanin, avec l’action complémentaire réhydratante de l’ammoniaque. C'est ce dernier procédé qui, entre les mains du savant expérimentateur Yves DELAGE, a permis d'obtenir un Oursin adulte avec un œuf non parthénogénétique, non fécondé et fécondable (82).

En ce qui concerne l'œuf fécondé, comme celui qui est rendu artificiellement parthénogénétique, les deux premiers phénomènes de son évolution sont une coagulation (déshydratation) : la formation de la membrane vitelline ; et uue liquéfaction, hydratation : la dissolution de la membrane nucléaire.

On ne saurait trop insister sur ce fait que tous les agents employés avec succès pour provoquer la parthénogénèse artificielle sont des agents déshydratants, ou capables d’augmenter la tension de dissociation de l’eau et du bioprotéon, et que ceux qui exercent l’action complémentaire la plus satisfaisante sont des agents liquéfiants, c'est-à-dire hydratants.

La découverte de la parthénogénèse artificielle est la plus irréfutable des démonstrations en faveur de l'exactitude de la loi formulée et développée, en 1898, par Ra- PHAËL Dupois, que le phénomène inilial et capital de la reproduction en général, et de la fécondation en PURIESOTS n’est qu'une déshydratation suivie e& une réhydratation. La procréation n’est qu'une réviviscence.

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