MANIFESTATIONS DE L’HYSTÉRIE SUR L'APPAREIL GÉNITO-URINAIRE
Les manifestations vésicales de nature hystériqué s’observent surlout chez les femmes. Briquer signale la cystalgie vésicale hystérique qu’il a rencontrée une vingtaine de fois sur 400 hystériques. La vessie est douloureuse à la distension et la moindre quantité d'urine provoque un besoin intense de l’évacuer,; mais il s'associe toujours à ce trouble un spasme de l’urèthre, de sorte que la miction est parfois impossible, et si ellé est possible, très douloureuse.
On peut observer aussi la rétention d’urine. Bronie en a donné une bonne description. Il rattache nettement la rétention à un trouble de.l'innervation centrale involontaire qui est, comme nous lavons déjà répété, la raison d’être de bien des accidents hystériques. « Ce que nous avons déjà dit des autres paralysies hystériques, écrit-il, peut également s'appliquer ici. Ce n’est pas que les muscles soient incapables d’obéir à la volonté, mais c’est la volonté qui ne s’exerce pas. Néanmoins, les choses se passent
1. On trouvera des détails complémentaires sur les différentes manifestations digestives hystériques dans les études que nous avons publiées, Marmeu et moi, dans les Notes de abus el de 16 dteprwéique sur les maladies de l'appareil digestif. Doin, Paris, 1905.
. Marmieu et Roux, l’Inanition chez les dyspeptiques et les nerveux. Paris, 1906.
ainsi au début, mais si la malade a laissé sa vessie se distendre énormément, une paralysie véritable peut s’ensuivre et on ne parviendra à vider l’organe qu’avec une sonde. » BRODIE avait bien vu que ces malades guérissent, en général, toutes seules si on les abandonne à leur sort, tandis que, si l’on a recours au cathétérisme, on peut retarder la guérison indéfiniment.
Nous avons déjà signalé dans le domaine de l’appareil génital l'existence de zones hystérogènes testiculaires ou ovariennes, et nous avons discuté leur valeur. Souvent il existe aussi une hyperesthésie extrême de l’utérus survenant à l’approche des règles. L’utérus devient douloureux au toucher et son contact provoque les réactions habituelles des zones hystériques, mais ces accidents diffèrent peu de ceux que l’on peut observer au cours des métrites, et alors un diagnostic exact est très difficile.
L’hyperesthésie de la muqueuse vulvo-vaginale s’observe assez souvent et s’accompagne d’une contracture du sphincter vaginal.
Enfin nous devons indiquer l'existence de la fausse grossesse nerveuse. La crainte ou le désir d’une grossesse suffit à entrainer chez certaines hystériques une augmentation de volume du ventre qui fait croire à l’existence d’un utérus très volumineux. Ce développement anormal de l’abdomen tient à une contracture musculaire, car il disparaît toujours dans le sommeil chloroformique. La ressemblance avec une grossesse est encore accrue, lorsque les règles sont supprimées et lorsque les seins se gonflent, comme on l’a constaté dans un certain nombre d’observations.