MANIFESTATIONS DE L’HYSTÉRIE SUR L'APPAREIL RESPIRATOIRE
Nous décrirons ici seulement les accidents les plus fréquemment observés dans l'appareil respiratoire, accidents qui relèvent d’un trouble psychique d’une façon évidente dans bien.des cas.
Il en est ainsi pour le mutisme hystérique, par exemple. La malade a conservé tous les mouvements de la langue et des lèvres, :l lui est possible de siffler, de souffler, mais elle ne peut articuler un mot, elle ne peut parler même à voix basse. Rien dans l’état du larynx n’explique ce mutisme. La malade n’est pas aphasique, elle à conservé tout son langage intérieur, elle peut converser par signes. Cette affection peut se prolonger pendant des années.
Il mexiste ici qu'un désordre psychique. La malade obéit sans le vouloir à une autosuggestion et, malgré ! ses efforts, ne peut articuler un mot. Il faut la contrainte d’un isolement sévère et bien conduit pour que la parole se rétablisse aussi claire et aussi nette qu'autrefois.
L’aphonie où la malade peut chuchoter, mais non parler à haute voix, le bégaiement hystérique sont des troubles du même ordre, et relèvent également d’une perversion de la volonté.
La loux hystérique, signalée par LAsÈGuE, survient à heures fixes dans le courant de la journée, et souvent par paroxysmes intenses, rappelant les crises convulsives. Elle cesse toujours pendant le sommeil.
La nature des accidents est encore plus nette dans les désordres hystériques si variés où les cris simulent des gloussements de poule, des aboiïements et rugissements. Il s'agit souvent de petites épidémies de pension, car limitation joue un rôle important dans l’apparition de ces troubles.
Nous signalerons enfin le hoquet, les vifs Reel les éternuements hystériques.
Le spasme laryngé peut s’associer aux paroxysmes convulsifs, et donne parfois aux malades un aspect assez effrayant; mais il cède toujours, et GOuGUENHEIN repousse toute intervention chirurgicale dans ces cas.
Sous le nom d’asthme hystérique, on a décrit des crises de polypnée. La malade est prise d’une respiration extrêmement rapide, jusqu’à 170 à 180 par minute, sans qu'il existe la moindre cyanose, sans qu’on constate parfois une accélération du pouls.
Enfin, pour ce qui est des hémoptysies hystériques, nous pensons avec tous les auteurs modernes qu'on ne peut affirmer leur existence. Le diagnostic ne peut être établi que par exclusion et on n’est jamais en droit d'éliminer, par exemple, une tuber-
culose encore latente. D’après Faisans, c’est, en effet, la tuberculose qui est la cause réelle des soi-disant hémoptysies hystériques.