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d’où il pénètre dans l’orifice de l’oviducte. Les oviductes (Ov) sont deux canaux cylindriques situés derrière les ovaires et formant sur toute la longueur du corps de nombreuses circonvolutions. Leur extrémité supérieure est située contre la paroi dorsale de la cavité du corps, non loin de la racine du poumon; elle présente un orifice ovale, qui aboutit à un entonnoir eilié soutenu par un repli du péritoine (OT). Inférieurement les oviductes débouchent au niveau de petites papilles, situées dorsalement dans le cloaque, un peu au-dessus de l’orifice des uretères (P). Un peu avant leur terminaison, les oviductes se renflent en une sorte d’utérus (Ut), où s'accumulent Les œufs à l’époque de la ponte. Les parois des oviductes, habituellement minces, translucides et de couleur blanchâtre, s’épaississent au moment de la reproduction. Ces parois sont formées d’une couche péritonéale externe, d’une couche interne de cellules épithéliales ciliées et d’une couche cellulaire intermédiaire, qui sécrète une substance albuminoïde douée de la propriété de se gonfler au contact de l’eau. Les œufs, en parcourant l’oviducte, s’entourent de cette matière et s'accolent les uns aux autres. Au bout d’un court séjour dans l’eau, ils augmentent considérablement de volume !. |
XIII. Développement. — 1° Segmentation de l'œuf. — L’œuf non encore segmenté contient une certaine quantité de deutolécithe; l’un de ses pôles est occupé par une région alécithe, et Le reste de l’œuf = contient de petites gouttelettes, qui devien- Ut nent de plus en plus volumineuses, à mesure .qu'on se rapproche de l'autre pôle.
L'œuf de la grenouille présente une segmentation totale et inégale; il se divise d’abord en deux blastomères égaux, chacun d'eux se subdivisant en deux autres fragments encore égaux, puis chacune de ces quatre cellules se partage en deux segments d'inégale grandeur, l’un étant environ deux Fig. 59. — Appareil génito-urinaire de la femelle fois plus gros que l’autre. Dès lors l’inéga- (d'après WIeDERSHERM). hté va toujours en s’accentuant, el l’on a va, ovaire (l'ovaire de l'autre côté a été enlevé. — bientôt une morula dont les cellules sont {; ae FE Se DRE : plus petites à l’une des extrémités. Quand P, orifice de l’oviducte dans le cloaque. — N, rein. la calotte de petites cellules a atteint l’équa- — $, S', orifices des uretères dans le cloaque,
; situés sur deux plis longitudinaux (*) séparés par
teur de l’œuf, la gastrula se forme de la FE NE D ; manière suivante : à partir du blastopore, se développe un deuxième feuillet qui vient doubler l’ectoderme, c’est l’endoderme; l’endoderme ne se développe pas à l’autre pôle. En un point opposé à celui où se trouve le blastopore. se forme le sfomodeum, puis le blastopore se ferme momentanément, car il se réouvrira plus tard pour devenir le proc{odeum. Ainsi se forme le tube digestif. Le système nerveux provient d’une invagination de l’ectoderme : les bords se ferment bientôt
+ NL A SO
1. Dans l’étude anatomique qui précède, nous avons volontairement omis un grand nombre de détails et nous avons complètement laissé de côté l’histologie ; aussi renvoyons-nous le lecteur à l'excellente monographie de E. Gaupp : À. Ecker’s und R. Wiedersheim’s Anatomie des Frosches. (1. Skelet und Muskelsystem, 3° éd.,, 1896; 2. Nerven-und-Gefüssystem, 2° 6d., 1899; 3. Eingeweiden, Tequment und Sinnesorganen, 2° éd., 1904). Braunschweig, Vieweg. On trouvera, dans ce très important ouvrage, non seulement les’points que nous n'avons pas étudiés, mais encore une bibliographie très complète relative à l'anatomie de la grenouille. On pourra aussi consulter avec avantage : Homes (S. J.) The biology of the Frog, New York, 1906.
en formant un tube qui s’oblitère en avant, mais dont l’autre extrémité communique encore quelque temps avec le tube digestif par le pore neurentérique. Il se forme, chez la grenouille, une allantoïde, qui deviendra la vessie urinaire chez l'adulte.
20 Métamorphoses. — A sa sortie de l’œuf, l'animal est une larve aquatique qui a reçu lenom de tétard. C’est un petit être pisciforme possédant une nageoire qui forme une lame continue, comme chez la lamproie. Le jeune têtard possède une bouche munie de
deux mandibules cornées el de deux lèvres charnues, mais cette ouverture, ou stomo-
deum, ne communique pas encore avec le tube digestif, pas plus d’ailleurs que l’orifice opposé, le proctodeum. L’orifice de la narine est également fermé. On trouve aussi à ce stade une paire de dépressions ventrales qui sont des ventouses. La surface du corps est alors entièrement ciliée, et il existe une ligne latérale comme chez les poissons. Celle-ci comprend trois bandes parallèles, innervées sur le corps par le pneumogastrique et sur la tête par le trijumeau. L'appareil circulatoire comprend une aorte et quatre ares branchiaux. |
Ce stade dure peu de temps. Bientôt la bouche et la narine s'ouvrent et il se foie des fentes branchiales. Le tube digestif communique dès lors avec l’extérieur non seulement par ses deux extrémités, mais encore par les quatre fentes branchiales. Des branchies externes se développent sur les trois premiers arcs branchiaux et il se forme une paire de vaisseaux pour chacune d'elles.
Le stade à branchies externes est très court; à ce moment les cils vibratiles ont disparu partout, sauf sur les branchies. Bientôt il se forme un repli de la paroi du corps recouvrant les branchies externes qui se flétrissent et des branchies internes non ciliées apparaissent sur les parois des arcs branchiaux. Puis les replis operculaires se soudent,
sauf en un seul point situé à gauche, où subsiste un orifice faisant communiquer la
cavité branchiale avec l'extérieur. Ce pore de sortie unique sert aux deux cavités branchiales; il a recu le nom de spiraculum. La respiration s’effectue alors par le mécanisme suivant : l’eau entre dans la bouche, traverse les fentes branchiales en baïignant les branchies, puis s'échappe par le spiraculum. La phase critique du développement de la grenouille est le passage de la vie aquatique à la vie aérienne. Des modifications importantes s’opèrent dans l'appareil respiratoire et dans l’appareil circulatoire. Aux dépens du quatrième arc branchial se forme l’artère pulmonaire; le troisième arc disparaîil complètement, tandis que le second donnera le tronc aortique et le premier l’artère carotide. Pendant ces transformations, le poumon s’est développé sous la forme d'un diverticule du pharynx, et, quand il a atteint son complet développement, le spiraculum se ferme. La forme extérieure de l'animal change en même temps : des pattes naissent par bourgeonnement, les pattes inférieures d’abord, puis les pattes supérieures; enfin la queue diminue peu à peu et finit par disparaître. L'intestin des larves de grenouille s’allonge rapidement jusqu’à l’époque d'apparition des pattes postérieures, puis il diminue au cours du développement de ces dernières pour s’allonger de nouveau légèrement, une fois que celles-ci sont complètement formées. Mais, dès que les pattes antérieures commencent à se montrer sous la peau, l'intestin se raccourcit jusqu’à la fin des métamorphoses. Le têlard, larve aquatique, devient alors la grenouille adulte adaptée à la vie aérienne.
XIV. Tératologie. — La grenouille peut présenter des AUTOS et des monstruosités diverses. Les anomalies des veines sont fréquentes ; on a aussi signalé chez cet animal des cas de mélanisme, de polymélie, d'hermaphroditisme; on a vu des têtards bicéphales, ete. Nous n’insistons pas sur ce sujet qui sort du cadre de notre article.