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Physiologie
Nous n'avons pas l'intention de faire, dans cet article, un chapitre détaillé sur la physiologie de la grenouille; ce serait faire un traité de physiologie presque complet, et qui ferait double emploi avec la plupart des articles de ce dictionnaire, Aussi renvoyons-nous le lecteur à ces articles et nous contenterons-nous de
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signaler ici le plus brièvement possible les particularités principales relatives à la physiologie de la grenouille, en rappelant combien l'étude de l’organisation de cet animal a été utile et peut l’être encore aux diverses sciences biologiques et spécialement à la physiologie. :
Pour les diverses opérations à pratiquer sur la grenouille, la contention, l’anesthésie, nous renvoyons au Manuel de vivisection de Livon (1882) et à l’ouvrage plus récent de L. Cauus.
Aucun animal n’est peut-être plus utile que la grenouille aux diverses expériences relatives à la contractilité musculaire; les nerfs sont apparents, il est facile de les découvrir et de les mettre à nu et par conséquent de les exciter pour provoquer la contraction des muscles.
On a aussi étudié sur la grenouille la circulation du sang dans les capillaires à travers les membranes interdigitales, le péritoine et les poumons, dont la minceur permet d'examiner au microscope les vaisseaux par transparence. Grâce à un dispositif spécial, on peut même soumettre ces vaisseaux à des pressions supérieure ou inférieure à la pression atmosphérique.
La grenouille à encore rendu de grands services dans les recherches sur les variations de la pression du sang dans les artères, sur les mouvements du cœur, sur les contractions des cœurs lymphatiques (RANVIER).
Rappelons que les hématies, chez cet animal, sont elliptiques. et nucléées; elles sont biconvexes et mesurent environ 25 & de long sur 15 p de large; on en compte environ 250000 par millimètre cube, d’après Mi.
L’alcalinité du sang chez Rana esculenta est 199,9; le point de congélation À — 0,45 à 0,47.
Les expériences sur le système nerveux sont innombrables : les phénomènes de tonus réflexe, persistant après une excitation de courte durée, sont très nets chez la grenouille privée de cerveau. L’ablation de l’hypophyse peut être suivie d’une survie de plus d’un mois, et, pendant ce temps, on observe une paralysie progressive.
Les Srénquilles sont capables d’être soumises à l’action hypnotique. Lorsqu’elles sont épuisées par un jeûne prolongé et la privation d’eau, il suffit de les renverser sur le dos pour qu’elles tombent en une hypnose ou catalepsie, qui peut durer une demiheure, et même davantage.
La digestion de la de cnoinle a été étudiée dans tous ses détails. La réaction de la muqueuse stomacale est acide, sauf chez la femelle pendant la période d'activité de l'ovaire. À cette époque, elle devient alcaline, probablement à cause de la compression des vaisseaux cœliaques par les ovaires et les oviductes augmentés de volume. En effet, si on lie le tronc cœliaque d’une grenouille mâle, on voit, quelques jours, après la sécrétion gastrique devenir alcaline. L’acide normal du suc gastrique est l’acide chlorhydrique. La sécrétion œsophagienne est alcaline et renferme de la pepsine; celle-ci est plus abondante et plus active que celle qui provient de l’estomac; car l’estomac sécrète non seulement des acides, mais aussi des ferments digestifs. Il n’y a ni chymosine ni ferment saccharifiant l’amidon dans la muqueuse œsophagienne, pas plus que dans la muqueuse stomacale. :
Le nerf coordinateur des mouvements de l’estomac est le pneumogastrique; le sympathique fournit aussi des filets moteurs à cet organe, dont les mouvements ne semblent pas être influencés par l’extirpation du plexus cœliaque. Les pneumogastriques fournissent aussi à l'estomac des vaso-dilatateurs et des vaso-constricteurs, et la section de ces nerfs n’entraine pas la mort de l’animal et n’arrête pas la sécrétion du suc gastrique. L’excitation galvanique ou mécanique du pneumogastrique détermine la sécrétion de la pepsine, tandis que le plexus cœliaque paraît ne pas avoir d’effet sur les sécrétions, et agir plutôt comme inhibiteur. Les centres des réflexes présidant à la sécrétion des glandes gastriques se trouvent dans les plexus nerveux intra-stomacaux. BRowN-SéQuaRD a montré que la digestion n’est pas troublée en hiver, chez Rana esculenta, par l’extirpation du bulbe rachidien.Bazraazaro et Jean CG. Roux ont étudié, à l’aide des rayons X, le fonctionnement de l’estomac, et ils ont remarqué que chez la grenouille les ondes de contraction sont plus lentes que chez le chien et chez l’homme; elles se succèdent toutes les trente secondes.
L'étude des pigments hépatiques et biliaires a été faile par Dasrre et FLoresco (1893). Ces auteurs ont constaté que les spectres et les caractères des pigments hépatiques étaient les mêmes que chez les autres vertébrés. La couleur de la bile est vert intense, et cette coloration est due à la biliprasine; il y a très peu de bilirubine, et la réaction de GMELIN est très nette.
La respiration ne pouvant se faire par dilatation inspiratrice, par des mouvements du thorax, puisqu'il n’y a pas de cage thoracique, se fait par déglutition de l'air. La grenouille ferme la bouche et abaisse le plancher de la cavité buccale et l’hyoïde ; elle fait ainsi le vide, et l’air pénètre par les narines ouvertes. Puis elle ferme ses orifices nasaux, fait un mouvement de déglutition, relève la gorge et refoule dans les poumons la plus grande partie de l'air qui se trouvait dans la cavité buccale. Une partie de cet air s’échappe encore par les narines,que les valvules peuvent bien rétrécir, mais non oblitérer complètement. Au moment de l'expiration, les flancs de l’animal se contractent, la glotte s'ouvre, et le poumon — très. élastique, puisqu’une simple piqûre d’épingle suffit pour que l'organe se vide aussitôt — tend à revenir sur lui-même. Les contractions des muscles des flancs l’aident, et une certaine quantité d'air est lancée dans la gorge et de là au dehors par les narines grandes ouvertes. Voici, d'après Pauz BerrT, un tableau qui résume le mécanisme de la respiration de la grenouille.