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MÉCANISME DE LA RESPIRATION DE LA GRENOUILLE

Narines. Gorge. Glotte. : Poumon.

1° Entrée d'air. Béantes. Abaissement inspiratoire. Férmée. Repos. 2° Sortie d'air. Béantes. Temps d’arrêt en abaissement. Ouverte. Expiration, - 3° Sortie d'air. Rétrécies. Relèvement expiratoire. Ouverte. Inspiration.

La peau, extrêmement vascularisée, est aussi un organe respiratoire important chez la grenouille. On met aisément son rôle en évidence, en extirpant les poumons. La cavité bucco-pharyngienne joue encore un rôle dans la respiration, grâce à la valvule de Brücke, dont nous avons signalé la présence dans ‘l’aorte. L’artère laryngée partant de l’aorte avant la valvule, il s’ensuit qu’au commencement de la contraction du ventricule, le sang veineux passe par cette artère dans les capillaires sous-épithéliaux de la muqueuse du pharynx et du larynx. Ces capillaires renfermant du sang veineux, sont donc, aussi bien que ceux des poumons et de la peau, des capillaires respiratoires.

En ce qui concerne les glandes à sécrétion interne, LanGLois et GOURFEIN ont montré que la destruction d’une capsule surrénale ne détermine aucun phénomène, tandis que la destruction des deux entraîne la mort en quelques heures. Ces capsules contiennent des graisses et des lécithines ; toutefois, sur les préparations fraîches de grenouille, on ne constate pas la croix de polarisation caractéristique des lécithines. La surface de la partie graisseuse présente le caractère d’être labile, comme les graisses décrites par BERNARD, BiGarT et MuLon.

La grenouille possède des glandes cutanées venimeuses; mais celles-ci sécrètent un venin peu actif. Ainsi que l'ont montré Brown-SéquarD et VuLPIAN, il ne produit guère qu'une légère irritation, lorsqu'il arrive au contact de la conjonctive ou de la membrane pituitaire. D’après PaAüL BEeRT, ce venin paraît être à la fois un poison du cœur et un poison de la moelle. Par contre, la grenouille est très sensible à l’action du venin des autres amphibiens, et la grenouille rousse (Rana temporaria) est le meilleur réactif du venin de crapaud. Comme l'ont fait voir Paisazix et BERTRAND, cette grenouille succombe à l'injection de très petites doses, en présentant un ensemble de symptômes caractéristiques: paralysie débutant par le train postérieur, rétrécissement de la pupille, ralentissement, puis arrêt du cœur en systole. Cet arrêt est dû à un principe actif, la bufotènine, se rapprochant de la digitaline par son action sur le cœur, et du curare par son action paralysante.

Quant aux effets sur l’organisme de la grenouille des substances toxiques et médicamenteuses: Curare, strychnine, etc., on les trouvera exposés dans les articles con-

sacrés à ces substances et dans le beau travail de CLauDe BErnarp. le ferai simplement remarquer que-les grenouilles ventilées ou desséchées sont très sensibles à l’action des poisons, et, c’est d’après des expériences faites sur ces animaux qu'on a posé les conclusions générales suivantes : « L'action des agents médicamenteux ou toxiques, pour des organismes appartenant à la même espèce animale, seront d'autant plus marqués que, pour le même poids, l'animal contiendra moins d’ eau, comme il arrive chez les animaux gras, et pour l’homme chez les obèses (MaureL). » W. Enwarps avait constaté en 1824 que la grenouille pouvait être desséchée et perdre jusqu’à 35 p. 100 de son

poids sans périr. D’après LanGLois et PEeLLeGriN, le crapaud pourrait perdre encore

davantage, jusqu’à 38 p. 100 de son poids. MAUREL a imaginé un appareil permettant la ventilation des grenouilles, et cet auteur a observé qu’au bout de 5 à 7 heures de ventilation une grenouille perd 20, 25 et même 30 p. 100 de son poids initial. Jusqu'à une perte de poids de 20 p. 100, l'animal conserve sa vivacilé; quand la perte atteint 25 p. 100, la vivacité diminue; à 30 p. 100, la vie est menacée, et à 40 p. 100 l’animal meurt. Si l’on remet auparavant les animaux dans l’eau pendant quelques heures, la tête émergée, ils reprennent leur poids primitif.

Les grenouilles peuvent aussi résister à un refroidissement considérable. Exposées à une température de — 28°, elles survivent, et les cils vibratiles du pharynx conservent leurs mouvements jusqu’à — 90° environ. Ce sont des animaux pseudo-hibernants, et les ganglions spinaux, qui renferment de la graisse, semblent jouer un rôle important dans l’hibernation. Bonne à remarqué que ces dépôts graisseux sont constants etabondants pendant la saison d'hiver et disparaissent complètement pendant l'été. Ce sont des matériaux de réserve destinés à être lentement consommés pendant la période hivernale. La nature nerveuse des éléments qui en sont le siège leur donne un certain intérêt ; on les désigne sous le nom de corpuscules de Morar.

Les extraits salés ou acides des glandes génitales actives des grenouilles (Rana esculenta et R. temporaria) renferment des substances toxiques que l’on peut ranger dans le groupe des globulines (extrait salé), ou dans celui des alcaloïdes (extrait acide). En injection sous-cutanée, les extraits d’ovaires, en solutions concentrées, tuent des lapins, des cobayes, des souris et des grenouilles de même espèce ou d’espèces difrérentes, à dose plus faible, ils provoquent l’avortement dans le cas de gestation. En injection intra-veineuse, il y a des troubles moteurs, tétanos et paralysies, et des troubles respiratoires, dyspnée, puis l’animal meurt. Avec les extraits testiculaires, on observe en plus des troubles cireulatoires , de l’exophtalmie et de la polyurie, enfin la mort survient.

A l’époque de la reproduction, les grenouilles subissent quelques transformalions; celles-ci se produisent surtout chez Rana temporaria, qui présente une éruption dorsale de papilles rosées très vasculaires. Nous avons déjà vu que, chez les mâles, le pou'e était en tous temps renflé et recouvert d’une peau grisâtre ; à l’époque de l’accouplement, cette éminence devient plus grosse et plus foncée ; le derme s’épaissit, les glandes prennent un développement plus grand, et les cellules pigmentaires du derme deviennent plus nombreuses. Chez la grenouille il n’y a pas d’accouplement proprement dit : le mâle ne possède pas d’organe copulateur ; il embrasse la femelle et la serre fortement en la maintenant au moyen des renflements du pouce appliqués sur ses flancs ; 1l contribue ainsi à l'évacuation des œufs, qu'il féconde en répandant le sperme, à mesure qu'ils s’échappent de l’orifice cloacal.

En ce qui concerne les expériences sur la parthénogénèse faites par BaTarzLon et HENNEGUY, je renvoie aux travaux de ces auteurs.

La régénération est un phénomène souvent observé chez les grenouilles, particulièrement chez les têtards. WinrreBert (1903) a montré que la régénération de la queue chez les larves d’anoures dépend de la reconstitution de ses appareils de soutien; le système nerveux n’est pas nécessaire, car la régénération a lieu chez des larves auxquelles on a réséqué la moelle dorso-lombaire et sacrée. Il en est de même pour les membres ; si l’on sectionne les nerfs du membre postérieur des larves de Rana temporaria, au moment où apparaissent les doigts, on constate que les membres ne diffèrent des membres normaux, ni au point de vue de leur forme générale, ni au point de vue de leur longueur totale, ni dans les {proportions relatives de ileurs différents segments.

A propos de régénération, je citerai les greffes de peau de grenouille, qui ont été essayées plusieurs fois sur l’homme dans le traitement des plaies et des ulcères. (Voir à ce sujet la thèse de Le Coo, Paris, 1896.)

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