‹ Dictionnaire de physiologie (volume 2)Chapitre 48 sur 212 · De motu cordis el sanguinis. Trad. Cu. Ricaxr, p · texte numérisé non relu

De motu cordis el sanguinis. Trad. Cu. Ricaxr, p

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lement sûr que, le livre absurde dans ii cette belle découverte a été exposée ayant été brûlé presque aussitôt qu'imprimé, Servet n’a influé sur aucun de ses successeurs » ce n'est pas bien probant; car, du moment où l’on sait que Server était en 1546 à Padoue, son influence a pu se traduire avant la publication de son livre, et 1H 0ÉpERCAIE SE de celle-ci.

Je ne me rends pas davantage aux arguments de Cu. RICHET qui, se basant sur une remarque de M. TozziN, croit pouvoir aire que Micnez SERVET à inspiré VÉsALE; dès 15441 VÉsALE a nié l'existence des communications interventriculaires: nier l’existence des trous de cloisons, démontrer que ces trous n’existaient pas, c'était ruiner le système de GALIEN, c'était porter un coup mortel à l’antique doctrine des « mouvements » du sang. S'il est démontré que VÉsaLe, notamment dans la conférence donnée à Padoue dans l’hiver de 1544, a formellement combattu sur ce point l’absurde tradition galénique, on ne doit point faire état de ce qu’il ne mentionne pas cette controverse dans son édition de 1542; son antériorité sur Micnez SERVET n’en reste pas moins démontrée.

Dans l’ordre chronologique, et sans remonter au delà des cent années qui précèdent l'apparition du livre de Harvey, les précurseurs immédiats de ce dernier seraient donc : en premier lieu VÉSALE, qui renversa le dogme galénique de la perforation de la cloison interventriculaire ; MicHez SERVET, qui découvrit la circulation pulmonaire; CÉSALPIN, qui décrivit en somme le cours du sang avant Harvey et employa le premier le mot « circulation »; enfin, et surtout, FABRICE D ACQUAPENDENTE avec lequel Harvey fut en rapport à Padoue pendant cinq années et qui découvrit les valvules des veines, sans toutefois soupçonner leur véritable usage.

On peut donc dire, avec FLourexs, que « lorsque HARvEY parut, tout avait été soupçonné, mais que rien n'était établi »; on peut admettre, avec SPRENGEL, « que l’on trouve dans l'éducation de Harvey les causes qui lui permirent de faire sa grande découverte ? » mais HARvEY n’en reste pas moins un génial inventeur; il n'en est pas moins le premier qui démontra l'existence de la circulation du sang ; il apporta des clartés définitives dans une question jusque-là confuse, et, sans lui, nous en serions peut-être encore à ignorer les bases de la physiologie.

Le vrai mérite de Harvey ne peut se mesurer ni aux dimensions de son livre ni même à la valeur des faits, d’ailleurs fondamentaux, dont il a fourni d'élégantes ct péremptoires démonstrations. Le véritable mérite de son œuvre est dans la méthode : HARvEY a ouvert la poitrine d’un animal vivant : il a vu battre les oreillettes et les. ventricules du cœur, il a décrit exactement ce qu’il avait observé, HARVEY a comprimé des artères et des veines, il a vu comment ces vaisseaux se gonflaient de sang, soit en amont, soit en aval des ligatures; Harvey a multiplié les expériences, les a répétées d'année en année devant ses élèves et devant ses collègues; HARVEY a évalué expérimentalement la quantité de sang contenu dans le corps de différents animaux, il a supputé la quantité de sang que lance la contraction d’un ventricule du cœur, il a calculé, inexactement il est vrai, mais par une méthode excellente, la durée d’une révolution sanguine; chez un homme atteint d'anévrysme il a démontré l'interruption du pouls par le caillot anévrysmal et il a conclu que le pouls est uniquement dû à l’impulsion du sang chassé par le cœur.

Harvey à fait de la physiologie comme nul n’en a fait avant lui; son livre est, ainsi que le Novum organum de Bacon, toute une révélation,et en même temps toute une révolution. Avant Harvey nous sommes au moyen âge et nous nous perdons dans les dissertations scolastiques; nous sommes butés surtout à cette idée que la {science est faite et qu’elle se transmet par la tradition; après Bacon et avec HARvEy nous entrons dans la période rationnelle qui ouvre l’ère moderne, nous découvrons que la science est à faire; nous savons désormais que, pour arriver au vrai, nous devons regarder devant nous et non pas en arrière.

Le Novum organum parut en 1620, le livre de Harvey en 1628: le premier de ces deux

1. Voir : Notes sur ANDRÉ Vésae, Revue de l'Université de Bruxelles, Décenrbre 1903, p. 461- 200. | |

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