‹ Dictionnaire de physiologie (volume 2)Chapitre 54 sur 212 · Sextuplex digestio alimenti humani. Ortus med · texte numérisé non relu

Sextuplex digestio alimenti humani. Ortus med

est la première description du « métabolisme » organique qui soit basée sur les trans formations chimiques de l'aliment et sur le rôle capital des ferments.

Si l’on tient compte du retentissement considérable qu’eurent dans le monde savant les découvertes chimiques de van HEzLmonr, retentissement dont témoignent les multiples éditions et les traductions de ses œuvres, n’est-on pas fondé à lui attribuer dans l’évolution de la chimie physiologique une influence prépondérante ? Combien d’expériences imaginées par lui, réalisées par lui, n'ont-elles pas conduit, en d’autres mains que les siennes, à des découvertes de premier ordre ? Il est à ce point de vue un précieux témoignage que nous tenons à invoquer comme réponse à ceux qui, découragés sans doute par l’allure du discours, ont méconnu la valeur réelle de l’œuvre de van HEL- Monr : ce témoignage est celui de Lavorster!. Parlant des « émanations élastiques » qui se dégagent des corps pendant la. combustion, pendant la fermentation et pendant les effervescences, Lavoisier déclare que les différents auteurs qui, avant PArAGELSE,ontparlé de ces produits, ne paraissent pas s'être formé des idées bien nettes de leur nature et de leurs propriétés: ils les ont désignés sous le nom de spiritus sylvestris, esprit sauvage.

« PARACGELSE et quelques auteurs contemporains ont pensé que cette substance n’était autre chose que l’air même, tel que celui que nous respirons; mais on ne voit pas que cette opinion se trouve appuyée chez eux par aucune preuve, encore moins par des expériences. vAN HELMONT, disciple de PARrACELSE, et souvent son contradicteur, paraît être le premier qui se soit proposé de faire des recherches suivies sur la nature de cette substance ; il lui donne le nom de gas, gas sylvestre, et il la définit un esprit?, une vapeur incoercible, qui ne peut ni se rassembler dans des vases, ni se réduire sous forme visible. Il observe que quelques corps se résolvent presque entièrement en cette substance; « non pas, ajoute-t-il, qu’elle füt en effet contenue sous cette forme dans le corps dont elle se dégage; autrement rien ne pourrait la retenir, et elle en dissiperait toutes les parties; mais elle y est conténue sous forme concrète, comme fitée, comme coagulée. »

« Cette substance, d'après les expériences de van HELMONT, se dégage de toute matière en fermentation : du vin, de l’hydromel, du jus de verjus, du pain; on peut la dégager du sel ammoniac par la voie des combinaisons et des végétaux par la cuisson. Cette substance est celle qui s’échappe de la poudre à canon qui s’enflamme, qui émane du charbon qui brüle. L’auteur prétend, à cette occasion, que 62 livres de charbon contiennent 61 livres de gas et une partie de terre seulement.

« C’est encore à l’émanation de gas que van Hezuonr attribue les funestes effets de la Grotte du chien dans le royaume de Naples, la suffocation des ouvriers dans les mines, les accidents occasionnés par la vapeur du charbon, et cette atmosphère mortelle que l’on respire dans les celliers où les liqueurs spiritueuses sont en fermentation. La grande quantité de gas qui s'échappe des acides en effervescence, soit avec les terres, soit avec quelques substances métalliques, n’avait pas non plus échappé à van HeLmonr; la quantité qu’en contient le tartre* est si grande qu’il brise et fait sauter en éclats les vaisseaux dans lesquels on le distille si on ne lui donne pas une libre issue. »

« VAN HELMoNT, dans son traité de Flatibus, applique cette théorie à l’explication de quelques phénomènes de la vie animale. Il prétend que c’est à la corruption des aliments et au gaz qui s’en dégage que sont dus ce qu’on nomme les vents, les rapports, etc., et il donne à cette occasion une théorie très bien faite des phénomènes de la digestion. Il explique de même, par le dégagement du gas, l’enflure des cadavres qui ont séjourné dans l’eau et celle qui survient à certaines parties du corps dans certaines maladies.

« On est étonné, en lisant ce Traité, d'y trouver une infinité de vérités qu’on a coutume de regarder comme plus modernes, et on ne peut s'empêcher de reconnaître que VAN HELMonT avait dit dès lors presque tout ce que nous savons de mieux sur cette matière. »

Le témoignage de Lavorsier suffit à démontrer toute l'importance des services rendus Par Vax HezuonrT à la physiologie spéciale de la respiration et de la digestion; l’inven-

1. Œuvres de Lavoisier (Imprimerie impériale), I, 864, T. 441. 2. Gas vient du mot flamand Geest (allem. Geisf) qui signifie esprit. 1h 3. Gas aquæ. Ortus medie., T4.

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tion du mot Gas, la recherche méthodique de gaz autres que l'air, l’idée que l’état gazeux est un état de la matière, voilà qui nous oblige à reconnaître que van HeLmonr n’était pas seulement un rêveur. Gas et Blas nova quidem sunt nomina, a me introducta, eo quod illorum cognitio veteribus fuerit ignota!.

Van Hezmonr reconnaît qu’il existe différents gaz dans le corps humain; celui qui se trouve dans le tube digestif n’est pas de l’air?; Le gaz fétide dans l'intestin est dû à une fermentation stercorale, fermentum stercoreum præmaturum; il y a aussi le gaz de l’æœdème : tumet totum corpus vel pars peculiariter affecta®. Les gaz venant de l’estomac ou de l’iléon éteignent la flamme. Sfercoreus autem flatus, qui in ultimis formatur intestinis, atque per anum erumpiüt, transmissus per flammam candelæ, transvolando accenditur ac flammam diversicolorem, iridis instar, exprimit*. L'existence de gaz autres que l'air est donc démontrée ; l’inflammabilité de certains gaz est prouvée ; ceci se passe dans la première moitié du dix-septième siècle, et c’est dans la seconde moitié du dix-huitième, en 1775, que Lavoisier, qui a lu Le traité de van HELmonr, posera devant l’Académie des sciences de Paris cette question : Eæiste-t-il différentes espèces d’air?° et qu’il établira, superbement, sa théorie de la respiration.

Nous ne prétendons pas comparer ces deux hommes. Van HELMonNT n’a rien du clair génie d'un Lavoisier ; mais il convient de juger son œuvre en tenant compte du temps et du milieu où elle s’est élaborée. Confiné dans sa demeure quand il n’y était pas prisonnier, VAN HELMONT ne parait pas avoir oui la grande parole de Bacon, ni connu les découvertes de Harvey, ses deux grands contemporains ; mais il a pris une part importante au mouvement des esprits en cette brillante aurore du dix-septième siècle; il a ouvert, pour la chimie physiologique, la voie expérimentale, et, s’il est vrai de dire qu’il est né, qu'il a vécu, qu'il est mort mystique’, il serait injuste de ne pas reconnaître que nul n’a plus que lui aimé la Vérité, ni souffert davantage pour elle.

PAUL HEGER.

HELVELLIQUE (Acide). — Nom donné par Bosau et Küzz à la substance toxique, acide, qu'ils ont extraite de l’Helvella esculenta, champignon quelquefois comestible (C!2H?007) (Ueber den giftigen Bestandtheil der essbaren Morchel. A. P. P., xix, 1885, 420-414). Il est probable que l’acide helvellique est volatil, ce qui explique que les hervelles fraiches sont toxiques, et que les helvelles desséchées ne le sont pas. La décoction, préparée avec 100 gr. de champignons frais, fait périr les chiens (de 4 kil.). La mort survient au bout de deux ou trois jours, quelquefois plus longtemps. Le phénomène essentiel de l’intoxication est une altération des globules, avec hémoglobinémie, et hémoglobinurie. Dans les cas d’intoxication survenant chez l’homme, on a noté des phénomènes nerveux divers, céphalée, et troubles mentaux, avec un état cholériforme, ictère, hématurie, etc.

Il n’est pas prouvé encore que ces accidents soient entièrement attribuables à l’acide helvellique.

Bibliographie. — HamBurGer. Vergiftung durch. H. esculenta (Deutsche Klinik, 4855, vu, 347-349). — Meyer. Vergiftung mit essbaren Morcheln (Med. Zeit., 1887. XVI, 79). — Maurer. Beitr. zur Toxikologie der Morcheln nach Beobachtungen am Menschen (Aerzt. Int. Blatt. 1881, xxvini, 1, 13.) — Wicuerkiewicz. Giftige Môrcheln (Med. Zeit., 1846, xv, 173). — PÉTRONE. Contribuzionti clin. e sperimentali sulla proprieta tossica dell. H. esculanta. — W£ETrsTEIN. 1st die Speisemorchel giftig ?(Wien. klin. Woch., 1890, 111, 290- 292). — Ponrick. Ueber die Gemeingefährlichkeit der essbaren Morchel. (Jahresb. d, schl. Ges. f. vaterl. Kult., 1882, x, 239),

HÉMATÉINE. — Voyez Hématoxyline.

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