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JAQUET

0,54 10,43 | 20,69 HoPrpe-SEYLER.

On peut aussi recourir aux agents de la putréfaction à l'abri de l'air, qui réduisent l’oxyhémoglobine sans détruire ultérieurement l’hémoglobine réduite.

Enfin, si l’on place à la base des doigts des liens en caoutchouc empêchant la circulation de retour, et si l'on examine au spectroscope la lumière solaire passant entre les deux derniers doigts au contact (VierorpT) ou au travers de la surface sous-unguéale du pouce (HÉNocQuE) (23), on constate une transformation plus ou moins rapide du spectre de l’oxyhémoglobine en celui de l’hémoglobine réduite.

Mais l’action du vide seul est suffisante pour opérer celte réduction. Seulement,

quand on opère sur des solutions d’oxyhémoglobine cristallisée, on n’obtient par l’action

du vide qu’une partie de l'oxygène, mélangé à dés quantités plus ou moins fortes d’anhydride carbonique, en même temps que l’oxyhémoglobine se transforme partiellement en méthémoglobine (Horpe-Seycer, HÜFNER). Le sang dilué et oxygéné au contraire abandonne dans le vide barométrique tout l’oxygène combiné à lhémoglobine, à condition d'opérer à une température suffisante (37°). A 0°, le vide complet ne produirait, d’après Hoppe-SEYLER, aucune dissociation de l’oxyhémoglobine, et il en serait de même d’une atmosphère d’hydrogène (Srecrriep) (32). En réalité, la proposition ainsi énoncée est trop absolue. Ainsi que Doxpers l’a constaté depuis longtemps,la dissociation

de l’oxyhémoglobine n’est pas arrêtée complètement à la température de 0°. Elle est.

seulement très fortement diminuée et ralentie; et Donners a démontré qu’à 4° elle était plus de 100 fois plus lente qu’à 37°.

Hoppe-SEYLER a montré que les cristaux d’oxyhémoglobine humides abandonnent également dans le vide une partie de leur oxygène (0,5 centimètre cube par gramme d'hémoglobine) quantité moindre que la solution, et qu’il en est de même, mais à un

degré plus faible encore, des cristaux complètement secs (0,4 centimètres cubes par gramme).

La quantité d'oxygène fixée par un gramme d’hémoglobine dissoute a été déterminée à différentes reprises. Pour établir ce chiffre, on s’adressa aux méthodes qui avaient précédemment servi à la détermination de l'oxygène fixé dans le sang lui-même. Macnus avait recouru à l’action du vide, méthode perfectionnée par l'emploi du vide barométrique (Lupwic), encore employée actuellement. CLAUDE BERNARD, qui avait, indépendamment de Horre-SeyLer et concurremment avec lui, observé la propriété que possède l’oxyde de carbone de se substituer à l'oxygène du sang, avait basé sur elle une méthode d'analyse de l’oxygène du sang. Il déterminait le volume d'oxygène, chassé du sang par

un excès d’oxyde de carbone.

Enfin ScHÜürzENBERGER et LamBzic eurent recours à l’action réductrice de l'hy-

drosulfite de sodium.

LaAmBLiNG (24) laisse couler, dans un appareil spécial rempli d’une atmosphère d'hydro-

gène, la quantité d’une solution d’hydrosulfite de soude, qui réduit complètement une solution d’indigo-carmin additionnée de kaolin pour la rendre opaque.Quand la réduction est complète, il ajoute une quantité donnée de sang ou d’hémoglobine, et mesure combien il faut d'hydrosulfite pour décolorer à nouveau l’indigo quele sang avait bleui. La solution d’hydrosulfite est titrée au moyen d’une solution d’indigo-carmin de titre connu.

Ce procédé donne des quantités d'oxygène plus fortes que les autres. Tandis que, par le vide barométrique, Lamine retire d’un gramme d’hémoglobine 1.44 centimètre cube d'oxygène, le dosage par l’hydrosulfite en fournit 4.98. D'après LAMBLING, ce serait ce dernier chiffre qui correspondrait le mieux à la réalité.

SIEGFRIED (25) recourut également à l’hydrosulfite pour déterminer la quantité d’oxygène combinée à l’hémoglobine. Au lieu de prendre pour indicateur l’indigo-carmin, SIEGrRIED arrête l’adjonction d'hydrosulfite quand la solution d’hémoglobine donne le spectre pur de l’hémoglobine réduite. Dans ces conditions, il pouvait exister, d’après ses recherches, tout au plus 0,5 p.100 d'oxyhémoglobine dans les solutions qu’il exami nait. Or ces solutions à spectre d’hémoglobine réduite pur avaient cédé à l'hydrosulfite des quantités d'oxygène beaucoup plus faibles qu’au vide. Elles bleuissaient une solution d’indigo-carmin réduite.

Ces résultats sont de nature à mettre en garde contre la méthode de réduction

directe de l’hémoglobine par l’hydrosulfite de soude, puisque, d’après la nature de l’indicateur employé, les valeurs seront plus ou moins fortes que celles déterminées par le vide barométrique. SieGrrteD observa de plus que des solutions d’oxyhémoglobine dans lesquelle on laissait barboter un courant d'hydrogène jusqu’à disparition complète des raies d'absorption de l’oxyhémoglobine abandonnaient encore de l'oxygène au vide.

Si au contraire le courant d'hydrogène continue encore à passer pendant quelques heures dans la solution après la disparition des raies de l’oxyhémoglobine, celle-ci ne cède plus d'oxygène au vide barométrique. Ces résultats ne s’expliquent, d’après SIEGFRIED, qu'en admettant que l’oxyhémoglobine se réduit en deux fois : le premier terme de la réduction, intermédiaire entre l’oxyhémoglobine et l’hémoglobine réduite, ayant avec la seconde un spectre d'absorption commun, différant d’elle par la combinaison avec une certaine quantité d'oxygène labile qu’il cède au vide. Ce terme intermédiaire, appelé pseudohémoglobine, existerait également, dans l’organisme vivant, pour le sang asphyxique ou veineux. Il en sera reparlé plus loin.

Opérant sur des solutions d'hémoglobine pure de chien, HoPre-Seycer put extraire par le vide barométrique des volumes d'oxygène (réduits à 0° et 760 mm.) variant entre 18.93 et 168.4 centimètres cubes par 100 grammes d’hémoglobine. Pour l’hémoglobine de cheval, SrrassBurG trouva des chiffres variant entre 59 et 116 centimètres cubes.

Preyer détermina au contraire les quantités d'oxygène pur absorbées par des solutions d’hémoglobine privées d'oxygène, et il arriva aux valeurs 161.8 à 180.26 centimètres cubes par 100 grammes.

Dyskowsxy, élève de Horre-SeyLer, recourut au procédé de CLauDe Bernarp. Il mesura la quantité d'oxygène abandonnée par une solution d’oxyhémoglobine à une atmosphère d'oxyde de carbone. Dans un essai, il trouva pour 100 grammes d’hémoglobine 119 centimètres cubes d'oxygène, dans un autre 155 centimètres cubes.

Enfin HürNer, auquel on doit les recherches les plus complètes sur ce sujet, combina à l’action de l’oxyde de carbone celle du vide. Ses premiers chiffres furent 1.21 centimètres cubes par gramme d’hémoglobine de chien. Mais il conslata qu’au cours de la détermination il peut y avoir perte d’une partie de l'oxygène par suite d’oxydations qui se produisent dans la solution. Pour obvier à cet inconvénient, Hürner fit déterminer par un de ses élèves, MArsHaLtz, la capacité de l’hémoglobine réduite, non plus pour l’oxygène, mais pour l’oxyde de carbone.

CLaune BERNARD (1857) (26), et en même temps que lui et indépendamment Lorar Meyer (1858) (27), avaient établi que l'oxygène et l’oxyde de carbone sont absorbés à volume égal par le sang privé de ses gaz dans le vide. C'est-à-dire que ces deux gaz se remplacent en proportion moléculaire dans leur combinaison avec l’hémoglobine, loi confirmée par les recherches de HoPpe-SeyLer et celles plus récentes de Saint-Martin.

Dans les expériences de MarsxaLz (28), l’oxyde de carbone était expulsé de sa combinaison avec l’hémoglobine par l’oxyde azotique. MarsHALL trouve la capacité égale à 1,205 centimètres cubes par yramme d’hémoglobine de chien. Mais cette méthode, reprise par Hürner lui-même, n’élait pas encore parfaite. La solution d’hémoglobine obtenue au moyen de cristaux imprégnés d'alcool, abandonnaïit, en même temps que son oxyde de carbone, des vapeurs éthyliques. Et, comme le dosage de l’oxyde de carbone se faisait par combustion (dans l’eudiomètre), la présence de ces vapeurs altérait singulièrement les chiffres. Ayant repris ces déterminations avec une solution d’hémoglobine débarrassée de son alcool par une dialyse prolongée, Hürner obtint les chiffres 1,25 et 1,27 pour l’hémoglobine de bœuf, et le sang dilué de cet animal fournit une valeur analogue : 1,26, 1,30, 1,27. En déterminant d’autre part directement la quantité d'oxyde de carbone absorbée par une solution d’hémoglobine réduite non altérée, Hürwer arrive à une valeur moyenne de 1,338 centimètres cubes par gramme d’hémoglobine (29). Ce dernier chiffre, qui a été admis comme définitif par HÜFNER, n’a cependant pas l’assentiment unanime. D’après HaLpane (78), il est légèrement trop fort. Dernièrement, DE SAINT-MarTiN (30) concluait, de recherches très soigneuses faites sur le sang de l’homme malade et du chien, dans le même sens que Hazpawe. Les recherches faites sur le sang de l’homme fournissent des résultats assez inconstants (1,34 à 1,18), dont la moyenne équivaut à 1,26 centimètres cubes de gaz par gramme d’hémoglobine : celles sur le chien, plus régulières (1,3ä à 1,22), donnent une moyenne de 1,31 centimètres cubes par gramme d’hémoglobine. D’après pe SainT-MARTIN, la valeur admise par HÜFNER serait un maximum qui ne se rencontrerait que pour l’hémoglobine des animaux vigoureux. Dans l’état de maladie, la capacité de l’hémoglobine pour les gaz serait diminuée.

Boxr admet l’existence de plusieurs hémoglobines pouvant coexister dans le sang d'un même animal et possédant chacune un pouvoir distinct d'absorption pour les gaz.

A la suite des réserves de HazpaxE et de SaintT-MaRTIN, HÜeNER a fait par la méthode de HALpanE (action du ferri-cyanure de potassium sur l’hémoglobine oxycarbonée) une nouvelle série de déterminations sur du sang de bœuf. Il confirme son ancien résultat : 1,34 par gramme d’hémoglobine.

Un point très intéressant en physiologie, c’est la nature de l’union entre l’oxygène et l’'hémoglobine et la connaissance des conditions de température et de pression qui la déterminent.

Déjà MAGnus avait constaté que le sang ne commençait à noircir, à abandonner son oxygène sous la cloche de la machine pneumalique, qu'aux environs de 10 centimètres de mercure. Il existait également une série de recherches de HoLucren (1853) sur le même point et de Worm-MëLer (1870) qui avait utilisé des solutions d’oxyhémoglobine. À 129, l’oxyhémoglobine se dissociait quand la tension d’oxygène tombait au-dessous de 20 millimètres de mercure, résultat en complet accord avec celui de Macnus.

PauL Berr (31) fut le premier qui fit des recherches systématiques sur ce point. Il irouva que, brusquement, aux environs de 10 à 45 centimètres de mercure (à la température ordinaire), la teneur en oxygène du sang du chien faiblit fortement. Au contraire, pour des pressions de plus en plus élevées, jusqu’à 18 atmosphères, les quantités d'oxygène absorbées croissent progressivement, comme le veut la loi de Hexny. De plus, Pauz BERT montra que la température influence nettement le phénomène de dissociation,

dont la limite est d'autant plus élevée que la température se rapproche davantage de celle de l’organisme vivant.

Fränrez et GerpErT (32) purent démontrer ultérieurement que du sang de chieu, chauffé à la température du corps, abandonne déjà des quantités notables d'oxygène, dès que la pression d’air tombe au-dessous de 280 millimètres de mercure.

En 1882, Hürner (33) reprit la question et fit de nombreuses déterminations à la température de 35°. Encore une fois, la limite de la dissociation ponr l’hémoglobine cristallisée des chiens fut trouvée correspoudre à une tension d'oxygène de 20 à 25 millimètres de mercure. Sous cette pression, la quantité d'oxygène absorbée par les solutions diminue brusquement, tandis qu’au-dessus l'augmentation est régulière, très faible et proportionnelle à la tension de ce gaz dans l’atmosphère en contact avec la solution. En 1888, Hürner revint sur la question; il détermina de facon plus précise la limite à laquelle du sang de chien chauffé à 34°-35° commence à se dissocier. Cette limite était atteinte pour une pression d'oxygène de 62-63 millimètres de mercure, correspondant à une pression atmosphérique d’environ 300 millimètres. Et des solutions d’hémoglobine cristallisée de bœuf se comportèrent de même.

Dans tous les travaux cités jusqu'ici, l’oxyhémoglobine fut considérée comme une substance instable, dissociée plus ou moins complètement dans des solutions où la tension d'oxygène tombe en dessous d'une certaine limite, mais absolument stable à partir de cette pression, ne subissant plus aucune modification pour des pressions supérieures. Cette notion, peu en accord avec nos idées actuelles sur les équilibres chimiques, était probablement fausse. En 1890, HÜrNER (34), se plaçant à ce point de vue nouveau, soumit cette question, déjà si travaillée, à deux séries de nombreuses et très soigneuses investigations, dont il tira des conclusions intéressantes. De ses expériences de 1890, Hürner formula les résultats suivants :

1° La dissociation de l’oxyhémoglobine du bœuf se fait absolument dans les mêmes conditions, que l’on opère sur des solutions légèrement alcalines (solutions à 0,1 p. 100 de carbonate de soude) préparées au moyen de cristaux ou sur des solutions obtenues par dissolution de globules rouges ;

2° Si l’on étudie les rapports numériques qui existent entre la tension d'oxygène dans les solutions et leur teneur en oxyhémoglobine, on arrive à les exprimer par une

loi simple, qui est du type de celles qui s'appliquent aux dissociations des gaz où à celles des substances dissoutes.

3° Pour une même tension d'oxygène, la dissociation est d’autant plus forte que la

solution d’hémoglobine est plus diluée. Et, si l’on représente par y le rapport È entre

la quantité d’hémoglobine réduite et l’hémoglobine totale, on constate que cette valeur est inversement proportionnelle à la racine carrée de la concentration.

Constante

die

On sait que, d’après la formule générale de GuzpBerG et WaAAGE, on peut représenter comme suit l'équilibre qui s'établit entre les molécules d’un corps gazeux qui se dissocie et les produits gazeux de sa dissocialion :

Kp° pitt p2"?

formule de dynamique chimique qui correspond à l’équation de réaction :

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