‹ Dictionnaire de physiologie (volume 2)Chapitre 69 sur 212 · VOX · texte numérisé non relu

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de ces gaz au moment de l'équilibre. K est la constante de dissociation. Pour prendre des exemples concrets, la formule sera 10 K p— pip2 — pour N20,—2N0> ou Ph sut — Ph Cl3 + Cl | et K p? = p1?p2 pour 2 CO: — 2 CO + O> | Or Hürxer crut pouvoir établir pour la dissociation de l’oxyhémoglobine la formule

suivante ds CrDo

dans laquelle c, représente la concentration (exprimée en grammes) de l’oxyhémoglobine, c celle de l’hémoglobine réduite, p, la tension de l’oxygène dans le liquide et x une constante pour une concentration déterminée d’hémoglobine. Si, au lieu d’introduire comme élément du calcul la valeur (expérimentale) de la tension de (HER on préfère exprimer le poids d'oxygène dissous, la formule devieut Co X 160 Cr Qt Po

dans laquelle « est le coefficient d'absorption de l'oxys sène dans la solution. La première de ces deux formules peut encore s’écrire sous la forme suivante, dans laquelle C représente la somme des fractions d’oxyhémoglobine et d'hémoglobine réduite.

C— ce, AT

« 6 D'où ei —— À + 4p°

Il est clair, d’après celte formule, que, si grande que devienne la tension de l’oxysène, la quantité d’hémoglobine réduite, quoique tendant vers zéro, ne pourra jamais devenir complètement nulle. De sorte que les solutions d’oxyhémoglobine saturées d’air atmosphérique sont loin d’être, comme on le supposait jadis, des solutions pures. D’après les dernières recherches de Hürner, elles contiendraient seulement 95 p. 100 d’oxyhémoglobine.

La valeur de x, déterminée à 35° pour des solutions d’hémoglobine d’une concentration approximativement égale à celle du sang (14 p. 100), fut d’abord (1890) fixée par Hürner à 0,415. La courbe de dissociation, construite d’après cette valeur, était en accord avec des résultats précédents de HürNer, dans lesquelles cet auteur avait simplement déterminé la limite de pression d’oxygène, à laquelle du sang défibriné de chien et de bœuf commence à abandonner des quantités mesurables d'oxygène. Cette limite avait été placée alors à 60-70 millimètres environ. Mais elle était moins en accord avec certains faits observés sur l’animal vivant. Ainsi, dans des expériences de Pau Berr, des chiens, qui avaient respiré pendant trois quarts d'heure dans une atmosphère d’air à 360 millimètres, ne possédaient plus dans leur sang que 57 p. 100 de la quantité normale d'oxygène. Et, dans des recherches similaires de FRinkez et GEPPERT, la perte avait été de 34,4 p. 100 pour une pression atmosphérique de 378-365 millimètres.

Or, d’après la courbe de dissociation de HGrxer, l’oxyhémoglobine est à peine plus dissociée à ces pressions qu’à la pression atmosphérique ordinaire. Pour expliquer ce désaccord, HÜFNER supposa que, par ces pressions d'oxygène faibles, la vitesse d'absorption de ce gaz est notablement diminuée dans les poumons et devient insuffisante. À

Ultérieurement, Loewr a attiré l’attention sur une autre difficulté. On admet généralement que le sang veineux du chien contient environ 40 p. 100 d’hémoglobine réduite pour 60 p. 100 d’oxyhémoglobine, degré avancé de dissociation qui correspondrait, d’après HGrNER, à une tension d'oxygène dans le sang veineux d’environ 4 millimètres. Or des déterminations de SrrasBurG et WoLrBERG fixent à 25 millimètres environ la tension d’ oxygène du sang veineux, ce qui, d’après les tables de Hürxer, devrait correspondre à environ 91 p. 100 d’oxyhémoglobine. Læwy, pour élucider cette contradiction, a déterminé à nouveau, pour le sang humain tite: la tension de l’oxygène et les duéntités

de ce gaz dissoutes sous différentes tensions. Les résultats auxquels il arrive diffèrent SH lement des chiffres de Hürner. D'une facon générale, les dissociations qu’il a observées sont beaucoup plus fortes que celles déterminées par HÜFNER.

Ces résultats ont été étendus dans un travail dont il sera parlé plus loin,

Bien que ses expériences de 1901 (36) n’aient pas modifié l'opinion de Héürxer dans ce qu’elle a d’essentiel, elles l’amènent cependant à atténuer beaucoup, sinon à supprimer certaines de ses précédentes conclusions;

Et tout d’abord, quoique sa technique se fût perfectionnée, HÜFNER obtint des valeurs de x très différentes d’une expérience à l’autre, bien qu'il opérât dans des limites étroites de température. S’il établit les moyennes de ses résultats obtenus avec du sang laqué de bœuf et de chien, il arrive cependant à un résultat concordant: x = 0,1089 pour le chien, x —0,1102 pour le bœuf dans des solutions de teneur moyenne d'environ 13,5 p. 100.

Donc x est très variable d’une expérience à l’autre, malgré la constance de température et de concentration, mais la valeur moyenne de x déduite d’une longue série d'essais est beaucoup plus stable. Dans les expériences avec des solutions d’oxyhémoglobine cristallisée, encore plus d'incertitude. Seules les valeurs fournies par des cristaux obtenus sans l’aide d’alcool furent trouvées proches de celles du sang laqué.

Enfin Hërner ne trouve plus de relation constante entre le degré de dissociation et la concentration de la solution. En résumé donc, des trois conclusions de 1890, il n°en reste plus qu'une seule, et encore la -valeur de x n’est constante, comme le veut la théorie, que pour autant qu’elle soit établie comme moyenne de nombreux essais.

HürNer montre dans ses nouvelles recherches les difficultés innombrables de ces mesures. Ainsi le coefficient d'absorption des solutions d’hémoglobine pour l'oxygène, qu'habituellement on suppose égal à celui de l’eau, se montre tellement variable qu’il faut pour ainsi dire renoncer à le déterminer. Or il constitue un des éléments du calcul.

Plus récemment Zuwrz et Loewy (37) ont établi qu'il n’est pas indifférent d'employer du sang laqué (comme le fait Hürner) ou du sang à globules intacts. Pour une même teneur en hémoglobine, l’émulsion globulaire présente un coefficient x plus faible que le sang laqué (en solution alealine), c’est-à-dire que la dissociation de l’oxyhémoglobine est plus forte dans l’émulsion. Ils confirment l'influence de la cristallisation de l’oxyhémoglobine sur la valeur de +. Après cristallisation, l’hémoglobine retient plus énergiquement l'oxygène.

La grande difficulté de ces déterminations, leur variabilité due à l’intervention de nombreux facteurs, expliquent facilement pourquoi l’accord n’est pas encore établi entre les physiologistes qui se sont occupés de ces questions.

Quoique les idées de HürNER soient généralement admises, ce serait prendre une déeision prématurée que de considérer son opinion comme établie. D'ailleurs, l’opposilion qui lui est faite par plusieurs chercheurs très spécialisés dans ces questions ne porte pas sur le fond du problème. On admet aujourd’hui unanimement avec HÜFNER que la combinaison de l'oxygène avec l’hémoglobine réduite fournit un produit instable à la température du corps, plus ou moins dissocié déjà dans l’air atmosphérique. Mois on lui a reproché de considérer la réaction d’une façon trop simpliste, trop schématique, de négliger trop le point de vue expérimental, et de s’en tenir à tel mode de dissociation plutôt qu’à tel autre, sans aucune raison de fait. La principale opposition aux idées de Hüener vient du physiologiste danois Bour (38).

D’après Bozr, la formule de HüFNER, qui exprime la dissociation de |’ oxyhémoglobine, dérive entièrement d’une conception théorique du phénomène et ne correspond pas aux faits. Et, si même on accordait l'exactitude de la formule, il y aurait encore lieu, suivant Boxr, de faire aux déductions qu’en a tirées son auteur plusieurs objections, dont voici les plus importantes :

Soit la formule de HÜPNER :

1° Dans cette conception du phénomène, la dissociation doit être indépendante de la concentration, pourvu que la tension de l’oxygène reste constante. Or, dans le mémoire

qui établissait cette formule, HürNer faisait jouer un rôle important à la concentration de l’hémoglobine ;

20 Dans son mémoire de 4901, HürNer abandonne cette façon de voir, mais il semble perdre de vue que, si la dilution ne joue aucun rôle tant que la tension d'oxygène reste constante, elle doit, toujours d’après sa formule, agir très efficacement. quand elle est faite avec de l’eau privée de gaz. Or, au cours de ses manipulations, Hürner fait subir à la solution d’hémoglobine une dilution suffisante pour permettre l'examen spectro- . photométrique, sans tenir compte de la dissociation qui doit en résulter. Cette négligence entache les derniers résultats (1901) de HürNEr d’une erreur qui sera d'autant plus grande que la dilution aura été plus forte;

3° La formule précédente suppose implicitement que la combinaison de l’hémoglobine avec l’oxygène se fait molécule à molécule. Cette supposition est une pure hypothèse. Tout ce que l’on sait à ce sujet, c’est qu’il y a une molécule d'oxygène fixée par atome de fer contenu dans la molécule d’hémoglobine. La molécule d’hémoglobine fixera donc autant de molécules d'oxygène qu’elle contient elle-même d’atomes de fer. Si elle en contenait deux, la formule deviendrait, d’après la loi de GuLpBERG et WaAAGe,

ip Pen) 9 = he | 760 ) (2)

D'après Bon, cette seconde formule ne s’adapte pas mieux aux chiffres trouvés directement par l’expérience, que la première.

Au contraire, Vicror HENRI (39), qui a récemment repris et développé les trois objeclions précédentes, trouve plus de constance pour la valeur de 4 calculée d’après la formule (2) que pour k, en prenant les données de HürNEr comme base des calculs.

Il semble bien que les objections de Boxr soient fondées, et on ne peut qu’approuver cet auteur, quand il dit qu’au lieu de déduire la valeur de k de quelques déterminations faites avec des concentrations et des pressions sensiblement constantes, puis de déduire de la valeur de k la forme de la courbe de dissociation, il faut suivre la méthode inverse : déterminer directement par l’expérience les quantités d'oxygène fixées aux différentes pressions, dessiner la courbe et en donner ensuite la formule.

On pourrait dire, en accentuant les conclusions de Bour, que, si l’on veut obtenir des valeurs directement applicables à la physiologie humaine, il faut étudier la fixation de l’oxygène par le sang lui-même et non par des solutions d'hémoglobine plus ou moins artificielles. C’est ce qu'ont fait Zunrz et Lozwy.

Le tableau ci-joint, emprunté au travail de Lozwy (40), montre l’écart entre la courbe obtenue par eux et celle de différents auteurs. Les résultats de Zunrz et Loewy se superposent pour ainsi dire complètement aux anciennes déterminations de Pau Beat. Elles s'écartent notablement de celles de Hürwner (fig. 63, p. 337).

Une des causes de la forte divergence entre les résultats de Zunrz et Lozwy et ceux de Hürner, c’est, ainsi qu'il a été dit, la dissociation plus forte de l’oxyhémoglobine dans les émulsions globulaires que dans le sang laqué. C’est ce qu'ont montré les expériences de contrôle de Zunrz et Loewy, dans lesquelles les hématies furent dissoutes dans une solution de carbonate de soude. Dans les mêmes conditions, Bonr obtint aussi une dissociation plus forte pour les émulsions globulaires. Mais le résultat est inverse, si les solutions d'hémoglobine, au lieu d’être alcalines, sont purement aqueuses : les solutions d'oxyhémoglobine en milieu neutre sont plus dissociées que les émulsions globulaires correspondantes (Bour) (41). Cette dernière remarque suffit pour montrer combien sont importantes les conditions expérimentales au point de vue de la valeur de #4. Une autre cause de la plus forte dissociation de l’oxyhémoglobine dans les émulsions globulaires, c'est, d’après Boxr, la concentration de l’hémoglobine. D'après Boxr, la dissociation est. plus forte dans les solutions concentrées que dans les solutions diluées à égalité de tension d'oxygène. Or, à l'intérieur des hématies, la concentration de l’hémoglobine atteint 30 à 45 pour 100. |

Si l’on tient pour exacts les résultats de P. Bert et ceux de Lozwy et Zunrz, la discordance entre les données analytiques et les expériences faites sur l’animal (vivant en air raréfié) disparaît totalement. Et c’est bien à une dissociation trop forte de l’oxyhémoglobine du sang, et non à une insuffisance de diffusion des gaz dans le poumon, que

sont dus les accidents respiratoires causés par les pressions atmosphériques faibles {Zunrz et Lozwy).

Parmi les facteurs secondaires qui peuvent influencer le degré de dissociation de l'oxyhémoglobine, il y a lieu de faire une place importante à l’acide carbonique. D’après des recherches récentes de Bour, HassezBacx et Krocx (42), l'acide carbonique augmente très sensiblement la dissociation de l’oxyhémoglobine quand la tension de l’oxygène est peu élevée; son action diminue rapidement avec l’augmeutation de la tension de l’oxygène pour devenir pratiquement négligeable à la pression atmosphérique. Inversement l’oxygène influence très peu la combinaison de l'acide carbonique avec l’hémoglobine,

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