‹ Dictionnaire de physiologie (volume 2)Chapitre 79 sur 212 · NO>2 + 2 H20 — 2 NO2H + 2 NO:H · texte numérisé non relu

NO>2 + 2 H20 — 2 NO2H + 2 NO:H

) 2 NO2H + CH,N20 = 3 Ho O + CO» + 2 Na.

. En opérant ainsi comparativement sur des solutions équivalentes d’oxyhémoglobine et de méthémoglobine, Hürwer et Küzz ont trouvé que les quantités d’azote libérées élaient sensiblement égales. D'où la conclusion également éloignée de l’opinion de HOPPE-SEYLER et de JÂpernoLu que les molécules d’oxyhémoglobine et de méthémoglobine contiennent exactement la même quantité d'oxygène.

£n 1898, un physiologiste anglais, HaLDANE (114), a fait une constatation très intéressante, qui est de nature à jeter un nouveau jour sur la nature de la méthémoglobine. HALDANE remarqua que, pendant la transformation en méthémoglobine, qui se produit

dans une solution d’oxykémoglobine que l’on vient d’additionner de ferricyanure de potassium, il se dégage du liquide des bulles gazeuses, qui sont de l'oxygène. Soumise à l’action du vide, une solution d'hémoglobine abandonne la même quantité d'oxygène, qu’elle soit ou non additionnée de ferricyanure de potassium. L’expérience donne les mêmes résultats si, au lieu d’oxyhémoglobine, on emploie l’hémoglobine oxycarbonée. Dans ce cas, le gaz mis en liberté est l’oxyde de carbone (fait déjà constaté par Berrix- Sans et Morressier). Le volume de ce dernier est égal à celui d'oxygène qu’abandonne la quantité équivalente d’oxyhémoglobine. Mais, dans les deux réactions, le ferricyanure est réduit à l’état de ferrocyanure, de sorte que l’oxygène ou l’oxyde de carbone perdus d’un côté sont remplacés par la quantité équivalente d’oxygène fourni par la réduction du ferricyanure. La réaction se passerait suivant la formule suivante :

Hd O: + 4 Nas (Cy6 Fe) +4 Na HCO3 = O2 + H6O2 + 4 Na, (Cy6 Fe) + 4 CO2 + H:0,

Harpane admet donc, en accord avec HÜrner et KÜLz, que la méthémoglobine contient exactement la même quantité d'oxygène que l’oxyhémoglobine, mais fixée d’une autre manière. Dans l’oxyhémoglobine, les deux atomes d’oxygène échangeraient une valence entre eux, fixés par l’autre à la molécule d’hémoglobine. Dans la méthémoglobine, cette union directe entre les deux atomes d'oxygène n’existerait pas. Ainsi s’expliquerait pourquoi la méthémoglobine abandonne son oxygène aux agents réducteurs plus facilement que l’oxyhémoglobine, alors que l'inverse se produit dans l’action du vide. L'expérience de GAMG£E, précédemment citée, le prouve. Dans une solulion aérée de méthémoglobine, versons du sulfure ammonique; immédiatement apparaît le spectre de l’oxyhémoglobine qui se réduira ultérieurement. Si la solution est complètement privée d'oxygène dissous, le spectre de l’hémoglobine réduite se verra d’emblée.

Par l’action du permanganate sur les solutions d’oxyhémoglobine, la quantité d'oxygène mise en liberté est moindre. Le nitrile potassique n’en fournit pas. HALDANE base sur l’action du ferricyanure de potassium sur les solutions d’hémoglobines oxygénée et oxycarbonée un procédé simple et précis de détermination de la quantité d'oxygène ou d'oxyde de carbone fixée chimiquement dans un liquide contenant des globules rouges ou de l’hémoglobine dissoute (114).

L'année suivante (1899), les résultats de HALDANE furent corroborés en tous points par des recherches de HürNER (104) et de son élève von ZEynex (115).

Von Zevnex émet, au sujet de la nature intime de la méthémoglobine, une hypothèse un peu différente de celle de HaLbané. Se basant sur le caractère acide très prononcé de la méthémoglobine, von ZeyNek suppose que, lors de la transformation de l’oxyhémoglobine en méthémoglobine, les deux atomes d'oxygène libérés sont remplacés non par deux nouveaux atomes d'oxygène, mais par deux groupes hydroxyles OH.

En représentant la molécule d'hémoglobine réduite par la lettre R, l’hémoglobine

oxygénée deviendrait

1 | et la méthémoglobine ra Fr

Cette conception expliquerait très bien, d'après vox ZEYNEK, la mélhémoglobinisation par les agents réducteurs, l'hydrogène naissant par exemple : 4. 0H RK | + HR (e) OH.

D’après von Zevxek, l’action du ferricyanure sur l’oxyhémoglobine pourrait se représenter par la formule suivante : ÿ

2 (Cye Fe Ks) + 2 H20 — (Cy6 Fe H Ko) + 2 (OH). FE PS R +2 0H=—R + O5 50 NoH

Il est difficile de prendre position actuellement pour l’une ou l’autre des opinions de

HALDANE ou de von ZEYNEK, qui ne peuvent d'ailleurs être en l’état actuel de la question : que de simples conjectures. On peut cependant objecter à l’auteur allemand les résultats anciens de son maître lui-même, d’après lesquels il y a mise en liberté de volumes égaux d'oxygène par l’action de l'oxyde nitrique sur des quantités équivalentes de méthémoglobine et d'hémoglobine oxygénée. Or, si la méthémoglobine possédait Ja constitution que lui suppose von Zevwrer, elle fournirait dans ces conditions Lout juste la moitié de la quantité abandonnée par l’oxyhémoglobine. Cependant HÜrNER lui-même paraît ne pas attacher beaucoup d'importance à cette donnée expérimentale, puisque, dans son dernier article sur ce sujet, il affirme, sans nouveaux arguments objectifs,

ODA que ses préférences personnelles vont à la formule R — O0 ou RCE d’après laquelle

la méthémoglobine contiendrait tout juste moitié moins d'oxygène (dissociable) que l'oxyhémoglobine. Ce serait en revenir à l'ancienne opinion de HOPPE-SEYLER.

En 190%, Hürxer et Reinsozn (116) ont déterminé à nouveau la quantité d'oxyde nitrique qui se combine à 1 gramme de méthémoglobine. Elle correspond à un volume de 2°,685, c'est-à-dire juste le double du volume d’oxygène ou d'oxyde de carbone.

Comme il a été dit, la méthémoglobine possède les caractères d’un acide faible (Jinernozu (105), MENZIES (100). Quand une solution neutre d’oxyhémoglobine abandonnée à elle-même se transforme lentement en méthémoglobine, elle devient acide (MENzES). Il y a cependant lieu de remarquer que cette acidité pourrait être due aux acides organiques volatils qui apparaissent dans la solution (Horpe-SeyLer). Mais un argument plus décisif est fourni par la différence nette des spectres de la méthémoglobine en solution dans l’eau distillée ou alcalinisée, différence qui semble mème indiquer que c'est dans le groupe ferrifère lui-même de la molécule de méthémoglobine que siègent les atomicités acides. Ë

Les solutions de méthémoglobine sont précipitées par l’acétate neutre de plomb qui laisse limpides les solutions d’oxyhémoglobine. La méthémoglobine donne, tout comme l’'hémoglobine, quelques produits additionnels.

Méthémogilobine cyanhydrique. — La plus intéressante est la méthémoglobine cyanhydrique découverte par Kogerr (117). Voulant expliquer la coloration rouge des ecchymoses sous-culanées et sous-muqueuses (estomac) trouvées sur les cadavres d'individus morts d’empoisonnement par l'acide cyanhydrique ou les cyanures, KoBERT supposa l’existence d'une combinaison entre l’acide cyanhydrique et la méthémoglobine et il chercha à l’obtenir par synthèse. Quand, à une solution de méthémoglobine (de 1 à 2 p. 100) on ajoute goutte à goutte une solution d'acide cyanhydrique à 0,1 p. 100, elle devient rouge vif. Le spectre d’une telle solution présente une bande unique entre D. et E analogue à celle de l'hémoglobine réduite. Ce spectre ne change pas, quelle que soit la réaction de la solution.

L'oxygène n'influence pas la méthémoglobine cyanhydrique. Kogerr croyait primitivement qu’il en était de même pour les agents réducteurs puissants, tels que le sulfure ammonique. Îl admet actuellement que la méthémoglobine cyanhydrique est transformée lentement par cet agent, beaucoup plus lentement que la méthémoglobine. Le produit de cette réaction, c’est l'hémoglobine réduite (confirmé par von ZEyNek) (175).

Sz1GETI (418) a prétendu que la méthémoglobine cyanhydrique de Kogerr n’était autre chose que l’hématine cyanhydrique de HorPre-SeyLer et PREYER. Mais HaLbANE (119) a fait connaître quelques observations qui démontrent définitivement le mal fondé de cetle opinion : la bande d’absorption de l’hématine cyanhydrique est plus étroite. Le sulfure ammonique qui, à la température de l’étuve, n’agit que lentement sur la méthémoglobine cyanhydrique pour en faire de l’hémoglobine réduite, transforme instantanément l’hématine cyanhydrique en une substance dont le spectre rappelle celui de l’oxyhémoglobine, mais qui n’est pas l’hémochromogène. Le vide n’agit ni sur le spectre de l’hématine cyanhydrique ni sur celui de la méthémoglobine cyanhydrique. D’après HaLpaxe, lors de l’action de l’acide cyanhydrique sur la méthémoglobine, il n’y a pas de mise en liberté d'oxygène, comme c’est le cas quand la méthémoglobine est soumise à l’action de l’oxyde nitrique.

D'après von Zevner, l’action de l’acide cyanhydrique et des cyanures, nulle sur l’hémoglobine réduite, est efficace sur l’oxyhémoglobine et la méthémoglobine. La

HEMOGLOBINE. 1369

transformation de la méthémoglobine est beaucoup plus facile que celle de l’oxyhémoslobine. Elle se fait sans dégagement d'oxygène. Le produit obtenu est identique dans les deux cas. On peut l’obtenir en cristaux, déjà vus par Horez-Seycer. Les solutions n\’abandonnent pas d’acide cyanhydrique au vide à la température ordinaire, mais bien à 400° ou après adjonction d’un acide. Le spectre est celui qu'ont décrit PREYER pour l'hémoglobine cyanhydrique, KoBerr pour la méthémoglobine cyanhydrique, Bocx pour la photométhémoglobine. La molécule de méthémoglobine cyanhydrique contien- Urait une seule molécule d’acide cyanhydrique.

Méthémoglobine H? O°?.— Ayant ajouté à une solution de méthémoglobine MERE par l’action du ferricyanure potassique sur du sang dilué, goutte à goutte, une solution presque neutre d’eau oxygénée à 1 p. 400, Kogert vit la couleur brune se transformer en rouge vif pendant que se dégageaient quelques bulles d'oxygène. La bande d'absorption dans le rouge disparaît, en même temps que se montrent deux bandes dans le vert (600-584 pu, 558-545 uu), plus intenses que celles de la méthémoglobine alcaline. On peut constater une troisième zone d’obscurcissement dans le bleu, s’étendant parfois presque dans le violet (513-500 uu). Si l’on porte à 30°-38° une Solution ainsi transformée, elle brunit bientôt derechef, et le spectre de la méthémoglobine réapparaît. On peut répéter à l'infini cette double transformation. L’alcalinisation très légère de la solution ne changé rien au spectre. Vient-on à additionner une solution ainsi alcalinisée de quelques gouttes du sulfure ammonique, on observe au spectroscope une triple absorption très intense : unique dans le rouge, double dans le vert. L'ensemble fait l'effet d'un IT romain. Bientôt le premier trait disparaît.

KogerT croit à l'existence d’un produit d’addition bien peu stable de la méthémoglobine avec l’eau oxygénée.

Photométhémoglobine. — Bocx (76) a obtenu, par l action d’une lumière solaire intense sur la méthémoglobine en solution diluée, une transformation de la teinte et du spectre de celle-ci. Les solutions deviennent rouge sombre, avec bords jaunes en couche mince. En solution alcaline ou acide, le spectre est constant et se caractérise par une bande dans le vert, analogue à celle de l’hémoglobine réduite, mais un peu reportée à droite

(535 uu.), et par une autre dans le violet. La valeur de serait, d’après Bock et von

Co) Î am

Zevnek, 1,29. Les agents réducteurs transforment la photométhémoglobine en hémoglobine Tédhite, L’oxygène ne l'influence pes Cette substance a été obtenue à l’état cristallisé par Bock.

D'après HALDanE (119), confirmé par vox Zeyncr (175), la photométhémoglobine de Bocr n'est autre chose que la méthémoglobine cyanhyärique. Pour préparer la photométhémoglobine, Bock exposait à la lumière des solutions de méthémoglobine obtenues par l’action de ferricyanure de potassium sur lJ'oxyhémoglobine. Or, en solution diluée, le ferricyanure de potassium est décomposé par la lumière, avec mise en liberté d’acide cyanhydrique, qui agit sur la méthémoglobine. |

Les propriétés de la photométhémoglobine et celles ds la méthémoglobine cyanhydrique sont complètement identiques.

Produits de combinaison de la méthémoglobine avec les sulfocyanates, les nitrites, l'hydrogène sulfuré, l'oxyde de carbone. — Kopertr étudia également l’action sur la méthémoglobine des sulfocyanates alcalins. Ceux-ci rougissent légèrement les solutions brunes de méthémoglobine, mais transforment peu le spectre. La bande dans le rouge persiste; dans le vert existent les bandes de la méthémoglobine cyanhydrique. Le sulfure ammonique réduit complètement le mélange. Il n’y a pas, de l'avis de Kogerr, de raison suffisante pour admettre un nouveau composé.

En ajoutant à une solution de méthémoglobine des nitrites alcalins, on la rougit aussi. Le spectre correspond à celui de la combinaison avec l’eau oxygénée, sauf que la bande « (dans le rouge) ne disparaît pas complètement.

Où admettait aussi l’existence d’un composé de méthémoglobine et d'acide sulfhydrique. Les recherches de Harwack, confirmées par KogerT, ne plaident pas en faveur de cette opinion.

WeyL et ANrEP avaient admis l'existence d’une combinaison oxycarbonée de la méthémoglobine. Mais les travaux de Berrix-Sans et Morressier (88) ont démontré l’inexactitude

se

de cette opinion. D’après Cevinazzr et Cnisront (186), la prétendue méthémoglobine oxycarbonée ne serait pas autre chose que de la méthémoglobine cyanhydrique, qui se produit par l’action des composés de cyanogène que contient le gaz d'éclairage. On l’obtient avec le gaz d'éclairage, mais non avec l’oxyde de carbone pur.

Récemment Vice et DERRIEN (120) ont signalé l’existence d’une météo MREe

tluorée, produit instable qu’ils ont obtenu à l’état cristallin en additionnant une solu-:

tion de méthémoglobine de fluorure sodique et de sulfate ammonique.

Recherche de Ia méthémoglobine. — Le spectre de la méthémoglobine servira à caractériser cette substance, mais en raison de la ressemblance du spectre de la méthémoglobine avec celui de l’hématine, on recourra à l’action des agents réducteurs ou de la putréfaction, qui transforment l’hématine en hémochromogène, et la méthémoglobine en hémoglobine. Cette dernière pourra, à son tour, être transformée en hémoglobine oxygénée par agitation à l’air.

HÉMATINE.

Comme il a été dit à plusieurs reprises, l’hématine est le noyau chromogène de l’oxyhémoglobine, que les acides, les alcalis, les ferments, la chaleur détachent du noyau protéique, la globine. Elle fut isolée pour la première fois par Lecanu (121).

__ Préparation de l’hématine. — Primitivement, on extrayait par l’alcool le sang traité par l'acide sulfurique (Lecanu) ou par le carbonate potassique (von Wrrric). La solution était rapidement filtrée et abandonnait par évaporation des produits impurs.

Hoppe-SEYLErR coagulait par l’alcool le sang défibriné, et le coagulum était digéré au bain-marie dans de l'alcool acidulé fortement d’acide sulfurique. Les solutions filtrées à chaud étaient additionnées de chlorure sodique en quantité suffisante pour transformer l’acide sulfurique en acide chlorhydrique. Après exposition pendant une heure à la température du bain-marie bouillant, la solution était abandonnée au refroidissement. Il se produisait un dépôt de cristaux d’hémine qui étaient lavés, mis en solution, et saponifiés dans une liqueur alcaline, d’où l’hématine était précipitée par un acide.

CAZENEUVE (122) coagule le sang ou mieux le dépôt de globules lavés par l'éther alcoolique (25 à 30 p.100 d'alcool) et triture le coagulum dans de l’éther additionné de 2 p. 100 d'acide oxalique. Par addition à la solution éthérée filtrée d’une quantité suffisante d’éther ammoniacal, on précipitait l’hématine, qui était ensuite lavée à l’éther, à l'alcool et à l’eau bouillante. Actuellement, on emploie habituellement le procédé suivant, qui donne un produit pur et abondant :

On commence par se procurer une quantité suffisante d’hémine par un procédé qui sera décrit plus loin. Ce produit est saponifié à froid dans une solution desoude et de polasse, qui est ensuite rendue acide par l’acide chlorhydrique. Il se produit un précipité brun d’hématine qui est lavé à l’eau froide d’abord, jusqu’à disparition de la réaction acide, à l’eau chaude jusqu’à élimination du chlore, et séché ensuite à froid sur de l'acide sulfurique, ou à chaud, d’abord à 100°, puis à 415°.

L’hématine a la formule suivante, établie par les dernières recherches de Küster (123).

C3 H34 N: Fe O;.

Hoppe-SEYLER avait proposé, il y a longtemps, une formule très peu différente : Cés H5o Ns Fez O10.

L’hématine n’est pas connue à l’état cristallisé. C’est une poudre amorphe, d’un ton

bleu noirâtre, à éclat métallique.

E Hénin est insoluble dans l’eau, l'alcool, l’éther, le chloroforme, très peu soluble

dans les acides dilués, de même dans l’acide acétique glacial, très soiibié dans Îles

solutions alcalines, même très diluées, dans l’alcoo!l ou l 'éther acidifiés et dans l'alcool neutre ayant dissous des sels neutrés (ARNOLD) (124).

Les solutions alcalines d’hématine examinées à la lumière transmise en couche épaisse sont rouges, et vert olivâtre en couche mince. Les solutions acides sont brunes, quelle que soit leur épaisseur. 4

Le spectre de l’hématine alcaline est caractérisé par une bande mal délimitée sié-

TETE “ pr”

geant pour des concentrations faibles (environ 0,1 p.1000 sous une épaisseur de 1 centimètre) entre G et D, adjacente à cette dernière.

D’après JineraoLu (125), l'addition de quantités croissantes d’alcali a pour effet de dépiacer la bande vers le violet. Si la concentration augmente, elle s’étend rapidement vers la droite et déborde D. Déjà en solution alcaline très diluée, l'extrémité droite du spectre est complètement assombrie, de sorte qu’il est impossible de découvrir une bande d'absorption limitée (GAMGEE).

En solution alcoolique acidulée, l’hématine possède également une bande très nette entre C et D, plus rapprochée de C que de D (650 uu, d’après Menzies). Elle siège à gauche de la bande correspondante de la méthémoglobine acide. La situation est d'ailleurs variable, suivant l’acide employé pour la dissoudre et la concentration de cet acide. Plus il y'a d'acide, plus la bande est reportée vers le rouge (PREYER, JÂDERHOLM). D'après Nenckr et Sieger (97), en solution alcoolique très acide, elle est située au delà de C, entre B et C. Il semble que la présence d’albumine dans les solutions d’hématine puisse aussi influencer la situation de cette zone d'absorption.

Hoppe-SeyLer décril en outre une zone sombre très étendue, se plaçant entre D etF, qui se divise en deux bandes, quand la dilution est très grande. L’extrémité violette du spectre n’est pas obscurcie.

De plus, d’après JAperHoLu, il y aurait une autre bande d'absorption assez faible et étroite, s'étendant à la droite de D. Comme on le voit, le spectre attribué par cet auteur à l’hématine acide rappelle beaucoup celui qu’il a décrit pour la méthémoglobine en solution acide. En solution alcoolique neutre, l'hématine présente, d’après ARrNoLr, un spectre bien caractérisé : une bande faible (576 à 555 uw), et une plus foncée et plus large (545548 uu), situées toutes les deux dans le vert et correspondant assez bien aux bandes « et 8 de l'oxyhémoglobine, reportées un peu vers La droite. La couleur de ces solutions est rouge. Si l’on chauffe, le ton devient brun, en même temps qu’apparaît le spectre de l’hématine alcaline.

D’après Dnéré (185), les solutions à 1/10 000° d’hématine donnent, sous l'épaisseur d'un millimètre, une bande d’absorption dans la portion terminale du violet (À 398 uu- 319 vu) en solution alcoolique acide; ou dans la portion initiale de l’ultra-violet (À 386 uu-364 uu) en solution aqueuse alcaline.

Propriétés chimiques. — Srokes (1864) a le premier observé que, si l’on traite des solutions alcalines d’hématine par le sulfure ammonique ou la solution de Sroxes, la couleur de la solution devient d’un rouge plus vif, en même temps que s’élablit un spectre très caractéristique, formé de deux bandes d’absorption : la première, très sombre, située à peu près à mi-chemin entre Det E; une seconde, plus claire, remplissant l’espace Eb, débordant même légèrement des deux côtés. Srokes appelait cette nouvelle substance hématine réduite.

Plus tard, Hoppe-Seyzer montra que, par l’action de la potasse sur des solutions d'hémoglobine réduite, de la chaleur ou de l’alcoo! à l’abri de l'air, il y a destruction de cette substance, scission entre le noyau chromogène et le noyau protéique. Or le noyau colorant ainsi libéré, que Horpk-SeyLer appela hémochromogène, possède absolument le même spectre que l’hématine réduite de Srokes. À l’oxyhémoglobine correspoudait donc l’hématine; à l’hémoglobine, l’hémochromogène. Et, de même que l’hémoglobine agitée à l’air se transforme en oxyhémoglobine, de même lhémochromogène devient dans ces conditions de l’hématine.

D’après Gamer (19), une solution d’hémochomogène agitée à l’air laisse passer les rayons violets et ultra-violets, qui sont intégralement absorbés par une solution d’hématine, de sorte que le produit d’oxydation de l’hémochromogène obtenu dans ces conditions ne serait pas identique avec l’hématine provenant du clivage de l’oxyhémoglobine.

* Quant à la transformation de l’hématine en hémochromogène par les agents réducteurs, Hoppe-SEycer déclare qu’elle n’est possible, en solution alcaline faible, qu’en présence d’impuretés telles que des substances albuminoïdes, de l'acide aspartique, etc. Si, au cuntraire, il existe un excès de soude (Hopre-SEyLER) ou d’ammoniaque (GANGEE) MS la réduction s’opère facilement. Le vide absolu n’enlève pas trace d'oxygène à l’hématine ; il en est de même des gaz indifférents et de l’oxyde de carbone (HôPre-SEYLER) (126): la putréfaction non plus ne l’influence pas sensiblement.

379 HÉMOCGLOBINE.

L'hématine se dissout facilement dans les solutions alcalines de potasse, de soude. ou d'ammoniaque, grâce à la propriété qu'elle a de se combiner à ces éléments en combinaisons solubles dans l’eau. Additionnées de chlorure de baryum ou de calcium,

ces solutions donnent des précipités, qui représentent les composés calcique, barytique de l'hématine (Hoppe-SEYLER).

L’hématine est résistante vis-à-vis des agents oxydants. L’acide nitrique dilué

l'attaque seulement à chaud avec production de substances amorphes, jaunâtres, non définies. L'acide nitrique concentré l'attaque rapidement. Le chlore ne la transforme que lentement. Dans toutes ces actions, il y a, dès le début, mise en liberté du fer (Hopre- Sevcer). L'ébullition avec loxyde ou le sulfate mercurique ne produit aucun effet. Dans ces dernières années, Küsrer (127) a étudié de facon très approfondie les produits d'oxydation de l'hématine par le chromate de soude. Il sera question de ces résultats plus loin.

L'hématine résiste bien à la chaleur. On peut la chauffer jusqu'à 180° sans la décomposer. Chautfée au delà de cette température, elle se carbonise, sans fondre ni s’enflammer, avec dégagement d'acide cyanhydrique. Il reste, après calcination complète, un résidu d'oxyde de fer pur qui représente 12,6 p. 100 de la quantité d’hématine incinérée.

L'ébullition avec la potasse caustique ne l'attaque pas. Fondue avec de la potasse en substance, elle dégage de l'ammoniaque (CAzENEUVE), et des vapeurs de pyrrol (Nencx: et Sieser). Mélangée à de la poudre de zinc et soumise à la distillation, elle fournit trois produits de décomposition volatils, dont deux ont un spectre rappelant celui de l’hématoporphyrine et celui de l’urobiline, tandis que le troisième est probablement l'hémopyrrol (Mizroy (128)|.

Si l'on fait agir à froid de l’acide sulfurique concentré sur de l’hématine et qu'après un certain temps, on dilue dans de l’eau, il se précipite un pigment rouge, privé de fer, auquel MuLper et vAN GOUDOEVER ont donné le nom d’hématine privée de fer. HopPpx- SEYLER, qui a fait l'étude spectroscopique de ce produit, l'a appelé hématoporphyrine. Le fer existe dans le liquide à l’état de sulfate ferreux, et il n’y a pas, pendant la réaction, de dégagement d'hydrogène (Hoppe-SEYLER) (5). À 160°, l'acide chlorhydrique fumant produit la même décomposition de l'hématine. On la produit encore en solution alcoolique faiblement acidifiée à la température de l'ébullition en présence de poudre de zinc, d’étain, etc. (Hoppr-Seyrer). Dans ce dernier cas, l’hématine est préalablement transformée en hémochromogène, qui abandonne facilement son fer aux acides faibles.

De même, l'acide sulfureux agissant sur l’hématine la transforme en hématoporphyrine (V. ZEYNEK) (194).

D’après von Zevner (194), l’hématine obtenue par la protéolyse de l’oxyhémoglobine, la solution chlorhydrique de pepsine, abandonne plus facilement son fer dans différentes conditions expérimentales que l’hématine obtenue par les moyens ordinaires. ErrixGer (170) conteste cette affirmation. D’après lui, l’hématine de digestion est identique à celle que l’on obtient par l'hydrolyse par les acides. La formule de composition est la même : C::H:3N:0:Fe.

Dans ces diverses réactions, l'hématoporphyrine n’est pas obtenue à l’état de pureté. Après l’action de l’acide sulfurique ou de l'acide chlorhydrique fumant, HoPpe-SEYLER a trouvé, à côté de l’hématoporphyrine, une autre substance, noire, insoluble dans la plupart des réactifs, de composition C6csH3N607, qu'il a appelée hématoline. Par l’action des métaux ensolutionalcooliqueacide, les résultats sont meilleurs, quoique encore imparfaits. On la prépare actuellement, d’après la méthode de NENG&I-SIEBER, par action sur l’hémine d'acide acétique glacial saturé, d'acide bromhydrique, d'abord à froid, puis au hbain-marie, dilution dans l'eau, neutralisation presque complète. L'hématoporphyrine se précipite et est reprise par l’eau faiblement alcalinisée. Il sera reparlé plus loin de cette réaction.

Traitée à l'ébullition par la poussière de zinc en solution alcaline, ou par l’'amalgame de sodium en solution aqueuse, l'hématine fournit des mélanges de pigments bruns, privés de fer, qui n'ont pu être isolés. Distillés à sec, ces produits ont fourni du pyrrol (HoPppE-SEYLER).

Une solution alcaline d'hématine additionnée de cyanure de potassium acquiert un spectre nouveau, caraclérisé par une bande très large entre D et E, s'étendant un peu à gauche de D et présentant un maximum très obscur à peu près à mi-distance de D et E. Le bleu et le violet sont obscurcis (HoPrs-SeyLer (à), (PREYER).

+ pe

L'existence de l’hématine cyanhydrique a été niée par Lewix (129), admise par STRASSMAN (130), SziGert et Ricarer (131), Zieure et Muzcer (109), Marx (132).

Les connaissances sur la constitution de l'hématine semblent devoir progresser rapidement sous l'influence des travaux des dernières années.

Dans l’obtenlion de l’hématoporphyrine aux dépens de l’hémaline d’après le procédé de Nencri-Sie8er, KÜüsTEr est arrivé à 90 p. 100 en poids d’hématoporphyrine de la quantité d’hématine employée. Les dernières recherches de Zareskt (183), confirmées pär EPrinGer, assignent à l'hémaloporphyrine le symbole C::H38N:06. La formule de réaction serait :

C3r H33N4 O6 ClFe + 2HBre + 2H2 O — C34 H38 N4 O6 + Fe Bro + HCI

Si tels sont les rapports de l'hématine et de l’hématoporphyrine, l’oxydalion de l’hématoporphyrine par le bichromate de soude doit fournir les mêmes produits que l'oxydation de l’hématine elle-même. C'est ce que l’expérience a vérifié. L'étude des produits d’oxydation de l’hématine en solution dans l'acide acétique glacial par le bichromate de soude à la température du bain-marie, poursuivie systématiquement par KÜsTER, a fourni à cet auteur une série de résultats qui sout de nature à éclairer vivement la question de la structure moléculaire de l’hématine. C'est pourquoi il en sera fail ici un exposé assez détaillé. Parmi les produits de cette oxydation, KÜSTER a pu isoler deux acides solubles dans l’éther, cristallins, qu'il appelle acides hémaliques. Comme produits d’oxydation secondaires, on trouve CO, HN, de l'oxyde ferrique et des produits indéterminés. On n’obtient pas d'acides organiques volalils.

Le premier de ces acides possède la formule

Cs Ho NO4.

La détermination du poids moléculaire donna les chiffres 194-200, alors que la formule précédente conduit à 186. Le point de fusion est 114°-116°. Le sel d'argent possède la formule

Cs 3 Ago NO3.

Le deuxième acide possède la formule Cs Ho O6.

dérivée de la composition de ses sels. Le sel d'argent a pour formule GC H; Agz O6. Küsrer a également décrit les sels de cuivre et de caleium, qui tous deux sont plus solubles à froid qu’à chaud. L’acide lui-même n’est pas connu. La décomposition des sels par un acide minéral met en liberté, non l’acide lui-même, mais son anhydride interne, substance cristalline, fondant à 97°-98°, soluble dans 26 parties d’eau froide, dans 5 parties d’eau bouillante, de formule

Cs Hs O:.

Étudiant de plus près la constitution de cette substance, KÜsrer est arrivé aux conclusions suivantes : Les essais d’acétylisation et de benzoylisalion de l’anhydride C$ H4 O; ont été infructueux, ce qui tend à faire croire que cette molécule ne contient pas d'hydroxyle libre. En faisant agir l’iodure de méthyle sur le sel d'argent, CG H5 Ags Os, Küster à pu obtenir un liquide huileux, bouillant à 300°, de composition Ci His O6, qui doit être considéré comme l'éther triméthylique d’un acide tricarboxylique Cs Hio Os, correspondant à l’auhydride C$H$0;. Ces constatations sont suffisantes pour faire admettre l’existence dans l4 molécule de l'acide de trois carboxyles, dont deux se sont unis par perle d’une molécule d’eau pour constituer un anhydride interne. De plus, l'acide iodhydrique (D — 1,96) transforme très incomplètement à 150° cet anhvdride en un mélange d'acides tricarboniques salurés, de formule commune Cs Hi2 O6. Cette réduction est opérée beaucoup plus facilement et de façon plus complète par la poudre de zinc et l'acide acétique. Elle fournit deux acides isomères de composition CsHi205.

La formule de structure proposée pour l’anhydride serait donc

CO Hs 0; co) 0 NUOSE:

ne

dans laquelle la chaine H: C; présenterait une double soudure entre deux carbones Voisins. | ù

Quant à l’acide C4 Ho NO, (dont dérive le second, qui vient d’être étudié en détail), il serait tout simplement l’imide de ce dernier et serait représenté par la formule ::

/ COX xx HG 200 0% N CO H.

Comme on l’a vu, ce premier acide, qui serait donc monocarboxylique, est très facilement saponifié. Par l’action des acides et des alcalis même très faibles, comme l’hydrate de magnésie, il perd de l’ammoniaque et donne l’anhydride ou les sels du second. Même l’ammoniaque aqueuse à chaud produit partiellement cette transformation, au lieu de fournir, comme on pourrait s’y attendre, l’amide correspondante :

ce. / CONH2 Hi05 CE

On a vu plus haut que Küsrer a obtenu un sel d'argent de cet acide qui contenait 2 atomes d'argent, Küsrer admet qu’un des atomes d’argent remplace l'hydrogène du groupe imide. À l'appui de cette manière de voir, il avance que ce sel d’argent, traité par l’iodure de méthyle, et saponifié ultérieurement, fournit de la méthylamine, ce qui cadre parfaitement avec cette hypothèse.

Enfin Küsrer a réussi, en appliquant à l’anhydride C3 Hs 0; la méthode générale, par laquelle on transforme les anhydrides internes en imides, c'est-à-dire l’action de l’ammoniac en solution alcoolique à 110°, à transformer son anhydride en le premier de ses acides Ce Ho NO:. Il ne peut donc plus exister de doute sur les rapports qui existent entre ces deux produits. | |

Dans la même réaction (H3 N en solution alcoolique + anhydride) opérée à une température plus élevée (130°), il se produit une rupture moléculaire, mettant en liberté une molécule d’anhydride carbonique, et l’on obtient une nouvelle imide C3 Hs NO», fondant à 720-730. Saponifiée, cette imide fournit un anhydride, de formule CH:03.

KÜsTER a pu démontrer, dans un travail plus récent (1906) (127), que la première de ces substances (CHoNO)) est identique à l’imide de l’acide méthyléthylmaléique obtenue par synthèse, et que la seconde (C:H40;) est identique à l’anhydride de lPacide méthyléthylmaléique de synthèse. Or on peut encore obtenir la première par la distillation sèche de l'acide hématique I et la seconde par la distillation sèche de l’acide hématique II.

Küsrer conclut de cette double dérivation que les acides hématiques I et II ont la même structure que l’imide et l’anhydride de l’acide méthyléthylmaléique, dont ils ne diffèrent que par un groupe carboxylique en plus.

Les formules de structure de ces substances sont :

Pour l’imide méthyléthylmaléique :

H | HS CCS HU O J Ce N | DNH GC IN Heron at] He COUT

(JE) CE | Qt

pour l’anhydride méthyléthyImaléique :

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