dir
On peut donc conclure de l’expérience que le chlorure sodique se partage également entre la phase liquide et la phase solide, et qu'il augmente la miscibilité de l’eau et de la gélatine. C’est, d’ailleurs, ce qui résulte des observations directes de HorMEISTER, qui déclare que, dans les solutions concentrées, les disques perdent beaucoup de leur cohérence. Un grand nombre de sels exercent la même action que le chlorure sodique. On peut citer les chlorures de sodium et d’ammonium, les iodures et les bromures de potassium, sodium, ammonium, l’urée.
On observe des phénomènes différents avec d’autres solutions.
Le type de cette nouvelle série est le tartrate sodique.
Les solulions diluées de ce sel agissent comme celles de chlorure sodique. La solution saline absorbée par le disque est plus abondante que l’eau pure absorbée par un disque de même poids, et la concentration saline dans le disque est égale à celle du milieu extérieur. Mais dans les solutions plus concentrées, il n’en va plus de même. Le disque absorbe moins de liquide que dans l’eau pure, et la solution absorbée est moins concentrée que le milieu extérieur.
Volume du liquide
Teneur du liquide absorbé par l'unité Teneur {de la extérieur en tartrate du poids solution absorbée. sodique neutre. de gélatine. en tartrate sodique. » [eau pure) 7.44 »
2.91 8.60 De 5.66 8.35 9.43 8.26 7.53 1.36 10.71 6.86 8.14 10.33
Ici donc la présence du sel favorise l’imbibition jusqu’à une certaine concentration, et elle s’y oppose au delà de cette concentration. Dans ces nouvelles conditions, on voit que le partage de l’eau et du sel entre les deux phases se transforme. Le sel s’accumule dans la phase liquide, et cette accumulation entraîne une déshydratation de la phase solide. Les choses se passent tout à fait comme dans les mélanges d’eau, d’alcool et de sulfate ammonique.
Le citrate de soude, les sulfales de potassium, de sodium, d’'ammonium, de magnésium, l'alcool, le glucose, se comportent comme le tartrate.
Il a été dit plus haut, à propos de l’action favorisante de l'acide acétique sur la miscibililé de l’eau et du chloroforme, que l’acide abaisse la température à laquelle les deux substances sont miscibles en toutes proportions.
Pour le couple eau-gélatine, nous savons que la miscibilité absolue s’observe au-dessus de la température de gélification. On pouvait donc prévoir que les substances de la première classe, qui augmentent la miscibilité avec l’eau, doivent abaisser la température de gélification, et que les substances de la seconde classe l’élèvent au contraire. Cette prévision fut complètement confirmée par l'observation (PAgLi, v. SCHROEDER, Môrwer, etc.).
Spiro, Osrwazn, ont montré que les acides et les bases, même très diluées, augmentent, dans une très forte mesure, le pouvoir d'absorption de la gélatine pour l’eau. L'action des acides dépasse celle des bases.
410 HÉMOLYSE.
Examinant le cas très compliqué de l'addition de deux substances cristalloïdes à la gélatine, Pauzi et Rona ont constaté que chacune d'elles agit comme si elle était seule (1902). A doses appropriées, deux influences de signe contraire peuvent s’annihiler. Ce cas particulier est très intéressant, parce qu'il est en complet accord avec des expériences du même genre, faites par Nozr sur l’hémolyse (1900) et interprétées par lui de la même facon.
Avant de quitter la gélatine, il y a lieu d’insister sur le fait que les substances cristalloïdes non-électrolytes qui facilitent sa gélification (sucre, glycérine) contrarient, au contraire, celle de la gélose (Becnozn et Zigczer) ; le chlorure sodique exerce également une influence de sens opposé sur la prise de la gélose et celle de la gélatine. Ceci est une illustration de ce qui a été dit au début de ce paragraphe sur le manque de toute règle générale applicable à ces phénomènes. Chaque cas. doit être envisagé en particulier : la répartition des différents constituants de ces mélanges complexes entre les phases des systèmes dépend, avant tout, des affinités moléculaires de ces constituants les uns pour les autres.
Quand le liquide imbibant est une solution diluée d’un sel fortement ionisé, ce
sont les ions qui jouent un rôle décisif à cet égard. Telle substance imbibée paraît être indifférente aux anions, telle autre aux cations. La gélatine absorbe avec avidilé tous les chlorures, bromures, iodures, alcalins et alcalino-terreux, tandis que son pouvoir d'absorption pour les sulfates, tartrates, citrates, etc., des mêmes métaux est très limité. Elle paraît donc être surtout sensible à la nature chimique de l’anion.
Dans d’autres cas, on observera exactement l'inverse :
Ayant plongé des muscles de grenouille dans diverses solutions salines isotoniques, J. Lors constata que, dans les solutions des sels de lithium, les muscles avaient conservé leur poids; ils avaient gagné 8 p. 100 dans les solutions sodiques, 43 p. 400 dans les solutions potassiques et perdu 20 p.100 dans les solutions calciques. Peu importait dans ces expériences quel était l’anion de la solution saline (Cl, Br, 1). Ici donc, à l'inverse de ce qui se passe avec la gélatine, c'est la nature chimique du cation seul qui est à considérer.
Dans le même ordre d'idées, il reste à signaler encore une particularité de première importance, mise enrelief par l’étude des solutions diluées (von Scar&Der, OsrwaLp). Il a été dit que la gélatine est très avide des chlorures et qu’elle absorbe de leurs solutions des quantités d’autant plus considérables que les solutions sont plus concentrées. Cela n’est vrai qu'à partir d’une concentration déterminée. On s’en rend très bien compte par la représentation graphique suivante :
On mesure en abscisses des longueurs proportionnelles aux concentrations salines d’une série de solutions de plus en plus riches de chlorure sodique. On élève des ordonnées proportionnelles aux quantités de liquide absorbées dans chaque solution par un même poids de gélatine sèche. Si l’on relie les sommets des ordonnées, on obtient une courbe irrégulière qui figure les progrès de l’imbibition avec l’augmentation de la concentration. Cette courbe, examinée à partir de son origine, présente
5 É RME TA , d'abord une ascension rapide jusqu'à la concentration — | $ représente une concentration équivalant au huitième du poids moléculaire exprimé en grammes dis-
sous dans un litre d’eau), puis un vallon assez étroit dont le fond correspond à L° puis
une nouvelle ascension régulière et définitive jusqu’à des solutions très concentrées. Ce vallon se voit sur les courbes qui figurent l’imbibition dans toutes les solutions salines dont la gélatine est avide, même sur celles d’acide ou d’alcali (pour ces dernières, il est seulement plus rapproché de l’origine de la courbe). On le voit apparaître avec la même constance et exactement à la même place sur la courbe qui figure les modifications de la viscosité de la gélatine (courbe symétrique par rapport à l’axe des X).
Le vallon vient donc interrompre une ascension régulière qui représente le phénomène principal, l’imbibition progressive de la gélatine. Sa présence indique que dans les solutions faibles se produit une action qui contrarie la marche générale du phénomène. Or plusieurs particularités de cette anomalie (notamment l'allure de la courbe descendante du vallon) tendent à faire croire qu’elle est le résultat d’une adsorption
HÉMOLYSE. OL des ions de la solution saline par la gélatine (Osrwarn). Cette adsorption intéresse probablement les deux espèces d'ions du sel, mais avec une prédilection marquée pour l’un des deux, pour l’anion. Ce qui le prouve, c’est que de la gélatine rigoureusement neutre, plongée dans une solution saline neutre, la rend très légèrement alcaline.
Que cette fixation d’anions par la gélatine soit un pur phénomène d’adsorption ou qu'elle se rapproche déjà davantage de la combinaison chimique, une chose est certaine : c’est qu’elle a une influence profonde sur l’état d’imbibition. Elle établit entre la gélatine et les ions absorbés des rapports assez intimes pour que le complexe qui en résulte ait des propriétés physico-chimiques différentes de celles de la gélatine pure. En effet on peut immédiatement conclure de la présence du vallon sur la courbe d’imbibition par le chlorure sodique que cette gélatine transformée s’imbibe plus difficilement d’eau que la gélatine pure.
Quand on imbibe de chlorure sodique des disques de gélatine, ce que l’on étudie, c'est donc, au delà d’une certaine concentration, l’imbibition d’une gélatine chargée d'ions CIT. Si l’on emploie une solution de sulfate, ce sera une gélatine chargée d'ions S07. Or, de même que la gélatine chargée de CIT est différente de la gélatine
pure, de même la gélatine chargée de SOF sera différente des deux précédentes.
Dans l’imbibition par le chlorure sodique, il paraît donc y avoir un antagonisme entre l'influence de l’anion et celle de la concentration saline totale. L’anion est déshydratant, le sel est hydratant. Mais l'influence de l’anion ne prévaut que faiblement entre des limites de concentration très étroites ; ce qui tend à faire croire que son adsorption se fait suivant la formule exponentielle précitée (page 408). Dans l'imbibition par le sulfate sodique, le même antagonisme réapparaît, mais cette fois-ci tout à l’avantage de l’anion bivalent.
Cette intervention des anions dans l'équilibre d’imbibition de la gélatine permet d'interpréter plusieurs des résultats de HOoFMEISTER :
1° Elle montre pourquoi la différence constatée par Horueisrer entre les solutions de chlorure et les solutions de sulfate ou de tartrate dans leurs rapports avec le gonflement de la gélatine ne commence àse montrer qu’à partir d’une certaine concentration. D’après le tableau précédent de Horweisrer, le maximum d’imbibition pour le tartrate
bisodique se trouve aux environs de 2.9 p. 100, ce qui équivaut à 2 concentration qui
marque précisément le début du vallon sur la courbe d’imbibition dans le chlorure sodique.
2° Elle ferait également comprendre pourquoi ce sont les anions, à l’exelusion des cations, qui influencent l’imbibition dans les solutions salines quand il s’agit de gélatine. Cela dépendrait tout simplement de ce que la gélatine fixe les différents anions et que les produits résultant de ces combinaisons ont des qualités physico-chimiques qui dépendent dela nature chimique de l’anion combiné.
3° A ce dernier point de vue, elle montre l'importance de la valence de l'ion fixé. On remarquera en effet que les anions monovalents (Cl, Br, I) laissent à la gélatine le pouvoir de s’imbiber de beaucoup d’eau. Au contraire, les sels qui s'opposent à l’imbibition (sulfates, tartrates) ont un anion bivalent. Et celui qui est de tous le plus actif dans ce sens, est trivalent, c’est le citrate. Ce sont donc seulement deux des qualités chimiques de l’ion combiné qui semblent importer : son signe électrique et sa valence.
A ce point de vue, l’analogie est complète entre l’influence des ions sur l’imbibition et celle qu'ils exercent sur la floculation des colloïdes.
Les électrolytes ont une influence toute différente sur les diverses solutions col loïdales. Certains colloïdes, tels que les globulines, ne se mettent en solution que grâce à l'intervention des sels alcalins, et ils supportent, sans se précipiter, de notables concentrations d’électrolytes. Ce sont des colloïdes stables.
Les colloïdes instables, au contraire, ont, en commun avec les fines suspensions, de subir à un degré très marqué l'influence précipitante des électrolytes. De très faibles concentrations d'un ion (Scauzze, SPriNG, Prosr), surtout d’un ion plurivalent (Picrox et Livoer), quand il est de signe électrique opposé à celui du colloïde (Harpy), suffisent à les insolubiliser complètement et définitivement. La coagulation est irréversible.
Entre les colloïdes stables et les colloïdes imbibés, les colloïdes instables forment
319 HÉMOLYSE.
une transition très naturelle. Dans les suspensions ou dans les pseudo-solutions comm * dans les gelées, les granules colloïdaux sont de dimensions relativement considérables. Les unes et les autres peuvent être considérées commedes systèmes à deux phases : dans la gelée, la phase solide forme un tout cohérent; dans la pseudo-solution, elle est fragmentée et dispersée dans la phase liquide. Il est donc hautement probable «a priori que l’on retrouvera pour les membranes l’influence décisive qu’exercent les ions sur les suspensions. Seulement, au lieu d’apparaître sous la forme d’une ffloculation, d’une précipitation, elle se manifestera par l’état d’imbibition, de perméabilité de la gelée ou de la membrane. |
Il semble résulter de l’ensemble des faits connus que, de même que toute fixation d'ions par un colloïde en suspension a pour effet de diminuer la stabilité de la suspension, de même toute fixation d'ions par une membrane a pour effet de diminuer l'imbibition de cette membrane et sa perméabilité. Dans les deux cas l'influence de l'ion croît très rapidement avec sa valence.
Ces notions générales établies, il nous reste à étudier plus spécialement les qualités de la paroi des globules rouges. Les globules rouges sont des cellules modifiées; leur paroi est ce qui reste du corps cellulaire. Elle a les qualités physico-chimiques de Ja couche protoplasmique pariétale d’une cellule nue (Voir plus haut « Hématie »). A cetitre, c'est une substance colloïdale en état d’imbibition. Et les lois générales qui règlent l'imbibition de la gélatine lui sont applicables. Nous avons vu, à propos de cette substance, combien étaient compliqués les rapports entre elle, l’eau et les sels dissous. Gette complexité devient plus grande encore avec la paroi des globules rouges, pour deux causes : d’abord, parce que le protoplasme cellulaire n’est pas une substance relativement simple au point de vue chimique comme la gélatine, mais un édifice hautement organisé et structuré; ensuite, parce que la cellule rouge vit dans un milieu de composition chimique bien constante. On ne tire pas impunément une cellule de vertébré du milieu interne, auquel elle est habituée, même si le milieu artificiel dans lequel on l’introduit est isotonique avec le milieu naturel d’où elle sort. On sait que la solution pure de chlorure sodique, isotonique, est un poison de la fibre musculaire et qu’il en est de même des solutions isotoniques des sels de potassium ou de calcium. Il faut un nilieu contenant des concentrations bien déterminées de ces trois cations, pour que la cellule musculaire puisse vivre. Les recherches précitées de J. Lors sur l’imbibition des muscles de grenouille dans les solutions de potassium, de sodium, de calcium nous en donnent la raison brutale. Les données de W. Osrwazp sur les rapports des colloïdes imbibés avec les ions nous permettent un début d'analyse de cetle nécessité. Le protoplasme musculaire est électro-négatif. Plongé dans les solulions salines neutres, il lixera donc surtout les cations. Et, parmi les cations, il faudra distinguer entre les mo-
novalents et les bivalents; les monovalents facilitent l’imbibition aux concentrations
isotoniques, les bivalents s’y opposent. Il en résulte que l’imbibition normale de la fibre musculaire, celle qui est réalisée par les humeurs de l'organisme, provient d’un antagonisme entre les uns et les autres. Cet antagonisme lui-même s'exerce après la fixation des divers cations par le protoplasme musculaire. On arrive ainsi à la conclusion que cet élément vivant, normal, fixe une partie des éléments du milieu minéral dans lequel il est plongé et que sa teneur en eau est sous la dépendance étroite de cette minéralisation (J. Lors). Il reste à voir si de semblables dispositions n’existent pas aussi dans les globules rouges.
La question est plus difficile à étudier. La fibre musculaire étant un organe plein, les modifications de son volume ou de son poids peuvent être rapportées directement à des variations de son état d’imbibition. Le globule rouge est une vésicule, dont la paroi est mince. Quand son volume total varie, 1l est impossible de faire la part exacte qui revient, dans ce changement, à la paroi et au contenu liquide. Il est donc impossible d'étudier directement l'imbibition de la paroi globulaire, ou tout au moins celte étude n'a-t-elle pas été faite. Il nous faudra donc chercher des renseignements dans des travaux qui n'eurent pas pour but l’étude du sujet qui nous intéresse et interpréter ces renseignements à la lumière des faits précédemment exposés.
À l’état normal, la paroi globulaire est imperméable aux sels du plasma. Cela résulte incontestablement de l’absence absolue de sodium dans les hématies de plusieurs
HÉMOLYSE. 413
mammifères (cheval, porc, lapin), qui ne contiennent que des sels de potassium et de magnésium (BUNGE).
Cela résulte encore de ce que l’on peut impunément soumettre à l’action énergique de la force centrifuge des hématies qui se trouvent dans leur milieu naturel, sans réduire leur volume. Si leur paroi était quelque peu perméable à l’un ou l’autre élément dissous dans le suc endo-globulaire, la force centrifuge déterminerait la sortie par filtration d’une partie du liquide endo-globulaire et par conséquent la réduction du volume total des hématies.
Cette imperméabilité aux sels alcalins et alcalino-terreux dépend, comme il a été dit à l’article « Hématie », de l’imperméabilité aux cations.
En raison du signe électrique négatif des colloïdes qui forment la paroi globulaire, ce seront, dans les conditions habituelles, les cations qui auront l’influence dominante dans les solutions salines neutres, Il ne faut pas oublier cependant que les colloïdes protéiques peuvent fixer des ions de signe électrique opposé. En solution légèrement acide, ils deviennent électro-positifs; en solution légèrement alcaline, ils sont électronégatifs (Harpy). On peut donc s’attendre à ce que l'influence du cation domine dans la solution du sel neutre d’un métal monovalent, quand le radical acide est monovalent lui-même. On sait d’ailleurs que les cations monovalents sont imperméants, à l’exception de l’ammonium, tandis que les anions monovalents pénètrent la paroi globulaire.
Mais si l’anion devient bivalent (sulfate, oxalate, tartrate, etc.), il pourra exercer son influence propre sur l’imbibition et la perméabilité de la membrane. On verra plus loin un exemple d’une influence des anions bivalents différente de celle des anions monovalents (hémolyse par les sérums).
S'il est bien établi qu'à l’état normal, la paroi globulaire ne se laisse pas traverser par les sels neutres des métaux alcalins, rien n’autorise à conclure que ces conditions réalisées à l’état normal soient une qualité inhérente à la paroi du globule, qualité qui naît et disparaît avec elle, Tout ce qui vient d’être dit, tend à prouver le contraire. Et c'est d’ailleurs ce qui paraît résulter directement de certains faits. Ces faits n’ont pas été étudiés au point de vue qui nous occupe. Ils sont donc nécessairement incomplets : Il résulte des données concordantes de Srewarr, de HENR1 et CALUGAREANC que dans les solutions sucrées hypotoniques, les hématies abandonnent une partie de leurs sels au milieu extérieur. Cette déperdition, indépendante de toute diffusion de l'hémoglobine, ne peut se faire que par diffusion à travers la paroi anatomiquemont intacte du globule. Elle suppose donc que l’imperméabilité de la paroi aux sels disparait dans ces milieux hypotoniques. D'autre part, les solutions de chlorure sodique dont la concentration dépasse 10 p. 100, sont hémolytiques (P. Nozr). Or la première condition de l’'hémolyse par un corps dissous, c’est sa pénétration dans la paroi globulaire.
Si nous confrontons ces faits, nous aboutissons à cette conclusion générale que la paroi globulaire est impérméable aux sels alcalins fixes dans le milieu salin normal, mais qu’elle leur devient perméable dans les milieux hyper- et hvpotoniques. IL y a un minimum, proche de zéro, dans le milieu minéral normal.
Nous retrouvons ici un fait absolument analogue à ceux qui ont été étudiés précédemment à propos de l'imbibition de la gélatine par le chlorure sodique. Il y a été dit que l’imbibition de la gélatine croît avec la concentration de la solution de chlorure
: 4 PR In de ,
depuis la concentration 0 jusqu'à la concentration Fe qu’elle subit à partir de ce point Re Le L mt ae " sa
une diminution jusqu’à 7 Pour se relever ensuite, Si l’on supprime la première
partie de cette courbe, depuis l’origine 0 jusqu’à —, ce qui reste sera l’image de l'in-
fluence du chlorure sodique sur l’imbibition du stroma de l’hématie par l’eau : une diminution progressive de cette imbibition, à mesure que la concentration saline m , M ru an Li:
En réalité, nous mesurons directement cette imbibition dans les expériences sur la sélaline, tandis que nous observons, dans les expériences sur les globules, non limbibi-
s'élève de 0 à 0.85 p. 100, reproduit la diminution d’imbibition de la gélatine de
.# “ai
14 HÉMOLYSE.
tion par l’eau, mais la pénétrabilité aux sels. Seulement imbibition par l’eau et pénétrabilité aux sels alcalins neutres sont deux phénomènes connexes. Les protéides imbibés ne sont perméables aux sels neutres que dans la mesure où ils sont imbibés d’eau. La fixation du cation par la paroi colloïdale, en même temps qu'elle diminue limbibition par l’eau, supprime la perméabilité au sel.
De la gélatine au stroma globulaire, il y a la seule différence que l'influence de l'ion fixé est beaucoup plus décisive pour le stroma : avec la gélatine, on constate simple- : ment une diminution de l’imbibition par la solution saline de . à . Avec le stroma globulaire, le minimum d’imbibition équivaut non à une simple diminution de solubilité du sel dans la phase solide, entraînant son élimination partielle, mais à une expulsion totale. En tenant compte de ces données, nous pouvons donc nous figurer schématiquement la paroi globulaire comme constituée par une membrane colloïdale imbibée d’eau non salée qui serait limitée vers l'extérieur et vers l’intérieur par deux surfaces chargées de divers cations. Ce seraient ces deux surfaces, et non la membrane colloïdale comprise entre elles deux, qui seraient imperméables aux sels.
IL y a longtemps que les botanistes ont individualisé en organe cellulaire à propriétés distinctes la couche bordante externe (äussere Plasmahaut de Prerrer) et la couche bor- . dant les vacuoles creusées dans la masse protoplasmique (innere Plasmahaut de PrErFEer). DE Vies donne à la paroi des vacuoles le nom de tonoplaste. Il en fait un organe cellulaire autonome, comme le noyau, les chromatophores, etc. Il semble bien que ces couches limitantes ont des qualités différentes du protoplasme sous-jacent. Mais cela ne prouve pas nécessairement qu'elles doivent être élevées à la dignité d’organe cellulaire. IL est plus probable qu’elles sont le produit de la réaction du complexe colloïdal protoplasmique aux teneurs ioniques et moléculaires des milieux extérieur et intérieur. Dans cette opinion, on comprend que leurs propriétés diosmotiques varient avec la teneur en principes dissous des milieux liquides qui les baignent, ce qui est démontré expérimentalement, et qu'elles apparaissent en n’importe quel point du protoplasme quand on y produit artificiellement la formation d’une vacuole.
Quand on parle de l’imperméabilité de l'hématie aux sels, on a l'habitude d'en faire quelque chose d’absolu, d'invariable. En réalité, elle est fonction de la salinité des milieux extérieur et intérieur et felle diminue tant pour une concentration que pour une dilution du dernier. Certes la compréhension des phénomènes perd en simplicité, quand on les envisage de cette facon ; mais elle y perd tout juste ce qu'y gagne la cellule vivante elle-même, l’être plastique, qui n'aurait que faire de la cuirasse rigide qu'on voudrait lui imposer.
Nous venons de voir que le stroma globulaire s’imbibe des solutions hypotoniques de chlorure sodique et qu’il expulse le sel en milieu isotonique. Dans cette expérience, la phase solide est visible à l’œil nu, elle est cohérente, structurée. Si notre explication est valable, on ne changera rien d’essentiel au phénomène, en dispersant dans le liquide hypotonique des fragments invisibles de cette phase solide, en l’y dissolvant. C’est en réalité ce qui se passe quand on prépare les nucléo-protéides des globules rouges. On ajoute, à un magma de globules rouges de mammifères, quelques volumes d’eau distillée tiède à 40°. Après quelques instants, on centrifuge. Le liquide décanté est parfaitement clair. Il suffit de lui ajouter du chlorure sodique (mieux vaudrait un mélange des chlorures sodique et calcique) jusqu’à concurrence de 1 p. 100 pour provoquer la précipitation des constituants colloïdaux des hématies.
Avec les hématies d'oiseau, dont le stroma nucléé est plus cohérent, l'aspect du phénomène est différent {(P. Nozr). L’adjonction d’eau distillée ne dissout pas les hématies, mais elle les fait gonfler très fort. Si l’on soumet le milieu hémolysé à l’action, même prolongée, de la force centrifuge, on observe dans le fond des tubes un volumineux culot formé par les stromas décolorés et fortement gonflés. Il suffit d'ajouter à ce milieu hypotonique ce qu’il faut de chlorure sodique pour le rendre isotonique, et de centrifuger à nouveau,pour assister à un véritable évanouissement des stromas. Ils ne se sont pas dissous, au contraire, mais ils se sont rapetissés, rétrécis, ils ont expulsé le liquide LP qui les imbibait et leur amas ne forme plus qu’un disque mince au fond des tubes.
LS
HÉMOLYSE. 415
Ces diverses expériences montrent plusieurs aspects d’un même phénomène dont l'explication a été donnée ci-dessus. Elles nous documentent surtout sur ce qui se passe dans les milieux hypotoniques. Dans ces milieux, le stroma se laisse imbiber d’eau et de sel d'autant plus que la concentration du sel tombe davantage au-dessous de l’isotonicité.
Pour ce qui est des solutions hypertoniques, nous savons qu’au delà de 10 p- 100, les solutions de chlorure sodique sont hémolytiques. Mais que se produit-il dans la marge très spacieuse comprise entre 1 p. 100 et 10 p. 100? IL est probable que l'imperméabilité aux sels se maintient dans les milieux légèrement hypertoniques et que ce n’est qu'aux cuncentrations élevées que la membrane se laisse pénétrer peu à peu par eux. Il y aurait d’ailleurs à distinguer entre les sels des différents métaux. Les concentrations élevées des métaux alcalino-terreux sont beaucoup moins bien supportées que celles des métaux alcalins. Tandis que la limite inférieure de nocivité (début d’hémolyse) est comprise pour le chlorure sodique entre 10 et 15 p. 100 (hématies de lapin, de bœuf, de porc), c’est-à-dire aux environs d’une concentration de 2 môles {poids moléculaire exprimé en grammes) par litre, elle est située pour les sels de baryum aux envi-
rons de la concentration — (hématies de lapin, de bœuf) et elle se place pour ceux de
calcium entre 3 et M (Nozr) (hématies de chien). Pratiquement, ce sont les conditions
existant dans les solutions de chlorure sodique qui seraient les plus intéressantes à ôtre connues à notre point de vue. Si l'imperméabilité aux sels, constatée dans le milieu isotonique, se maintenait aux concentrations immédiatement supérieures, on pourrait en déduire simplement ce qui se passe au point de vue de l’imbibition des stromas par l’eau.
Entre la phase liquide, qui est une solution saline, et la phase solide, qui est la paroi imbibée d’eau, il y a équilibre quand les deux émettent de la vapeur d’eau ayant la même tension. On peul en conclure que, dans les limites où la paroi globulaire est imperméable aux sels, son imbibition par l’eau sera réglée par la pression osmotique de la solution saline, c’est-à-dire qu’elle perdra de l’eau dans les milieux concentrés et en absorbera dans les milieux plus dilués. Dans ces limites, le stroma réagira donc aux variations du milieu extérieur dans le même sens que le liquide endo-globulaire.
Cette influence déshydratante sur le stroma des milieux salins à concentration immédiatement supérieure au milieu isotonique, sera démontrée indirectement plus loin.
Pour les milieux salins très concentrés, voisins de ceux qui sont hémolytiques, la règle ne tient plus. A ces fortes concentrations, des quantités de sels de plus en plus. considérables se dissolvent dans la phase solide, le stroma, et leur pénétration s’accompagne nécessairement d’une fixation de plus en plus considérable d’eau. Si l'on pouvait mesurer directement le volume du stroma, on trouverait donc très probablement: une diminution progressive s’étendant des milieux les plus hypotoniques jusqu’au milieu isotonique, s’accentuant encore dans les milieux hypertoniques de moyenne concentration, puis un renversement, un gonflement progressif à mesure que la salinité s’exagère, pour aboutir à l'hémolyse dans la solution à 15 p. 100 de chlorure sodique. Dans cette seconde partie, le stroma réagit aux variations de concentration du milieu extérieur dans un sens diamétralement opposé à celui du liquide endo-globulaire.
On peut se rendre compte de la perméabilité des hématies aux concentrations salines moyennes de la façon suivante : l'expérience a été faite avec le chlorure sodique. Des globules lavés de mammifères (lapin, bœuf, porc) sont introduits dans toute une série de solutions de NaCI à concentration régulièrement croissante : 1 p. 100, 2 p. 100, 3 p. 1400... 10 p. 100. On laisse ces émulsions à 37° pendant une demi-heure à une heure; on centrifuge pendant peu de temps pour éviter une agglutination trop intime qui se produit facilement dans ces milieux hypertoniques; on se débarrasse du liquide surnageant, qui est incolore, et on le remplace par une solution de chlorure sodique à 4 p. 100; on agite modérément pour mettre les hématies en suspension. Dans ces conditions, on observe régulièrement une hémolyse totale des hématies qui ont séjourné dans les solutions fortes (à partir de 7 p.100 de NaCI d'habitude), plus faible dans celles qui sortent des solutions à 5 p. 100-6 p. 100), le plus souvent nalle dans les solutions de concentration inférieure. La compréhension du phénomène est simple-
416 HÉMOLYSE.
Dans les milieux concentrés, les hématies s’imprègnent de quantités progressivement croissantes de sel. Pour ces hématies salées, la solution à 1 p. 100 est fortement hypotonique. Si on les y transporte brusquement, elles s’hémolysent par suite d’une pénétration d’eau beaucoup plus rapide que la sortie du sel.
D’après ces observations, ce serait aux concentrations de 4 p. 100 à 5 p. 100 que le chlorure sodique commencerait à pénétrer en quantité appréciable dans les hématies.
Après avoir exposé, d’après les données précises que nous fournissent les solutions à trois constituants et la gélatine imbibée, l’influence réciproque des sels et de l’eau dans l’imbibition des stromas, il nous reste à examiner les rapports de l'hémoglobine avec ces siromas diversement imbibés.
De même qu'elle est imperméable aux sels alcalins fixes dans un milieu salin isotonique, de même la paroi globulaire est imperméable dans le même milieu à l’hémoglobine. Mais cette imperméabilisation n’est probablement, pas plus que la première, une qualité absolue, invariable. Dans les solutions de chlorure sodique, dont la teneur tombe au-dessous de 0.5 p. 100, l’hémoglobine commence à quitter les globules. Comme les globules sont fortement gonflés dans ce milieu hypotonique, l’idée est venue naturellement que la distension de la paroi était telle qu’elle en était déchirée ou que ses pores s'étaient ouverts. Dans l'opinion qui fait du stroma une phase solide, en équilibre avec les phases liquides qu'il sépare, on exprimera la diffusion de lhémoglobine en disant que, dans ces milieux hypotoniques, la phase solide est devenue accessible à l’hémoglobine, que celle-ci se partage entre elle et le milieu intérieur. Il en résulte nécessairement une diffusion vers l’extérieur, qui sera d’autant plus rapide que l’hémoglobine se dissoudra plus facilement dans la phase solide, autrement dit que le stroma sera plus perméable à l’hémoglobine. Cette explication, qui découle tout naturellement des notions précédentes, a le grand avantage de pouvoir être étendue à tous les faits d’hémolyse, dont l’immense majorité ne s’accompagnent pas de distension globulaire notable.
Dans cette opinion, qui a été formulée en 1900 par P. Nozr, toute hémolyse est le résultat d’une perméabilisation de la paroi à l’hémoglobine. Dans l'opinion de Norr, cette perméabilisation est, au moins dans la très grande majorité des cas, consécutive à une hydratation préalable de la paroi globulaire. L'action hémolytique se caractériserait donc essentiellement par une imbibition plus considérable de la paroïglobulaire par
l’eau du milieu ambiant. Secondairement, cette hydratation rendrait la paroi perméable .
à l’'hémoglobine.
Dans les milieux salins ou sucrés hypotoniques, cette hydratation est nécessairement plus considérable que dans le miliea isotonique. La théorie l’exige et l'expérience (stromas nucléés) le confirme. Elle est le résultat direct de l’équilibre entre la phase solde et les phases liquides (milieux extra- et intraglobulaire) qu’elle sépare.
Dans les milieux isotoniques, elle se produit, sousl’influence des agents hémolytiques, par une action indirecte qui se comprend facilement à la lumière des faits exposés cidessus et qui sera exposée en détail à propos de l’hémolyse produite par le chlorure ammonique. ;
HÉMOLYSE PAR L’URÉE
Pour qu’une substance dissoute soit hémolytique, il faut qu’elle soit absorbée par la paroi du globule. Tout agent hémolytique dissous est pénétrant (Gryns). Voyons si celte condition est suffisante. Prenons une solution d’urée dans l’eau distillée, dont le point de congélation soit A — 00.57. Cette solution possède une pression osmotique égaie à celle du sérum. Laïissons-y tomber une goutte de sang. Instantanément, les globules perdent toute leur hémoglobine. Si, d'autre part, nous ajoutons de cette solution par petites quantités à un milieu salin isotonique pourvu de globules rouges, l'hémolyse commence à se faire quand la teneur en chlorure sodique tombe sous 0.5 p. 400. Dans ces deux essais, la solution isosmotique d’urée se comporte exactement comme de l’eau distillée.
Au lieu d’une solution isosmotique d’urée, nous pouvons en prendre une qui sera dix fois plus concentrée, sans que rien ne soit changé au résultat des deux expériences. Au contraire, ajoutons 0.85 p. 100 de chlorure sodique à la solution d’urée, et elle sera privée de toute action hémolytique, à n'importe quelle concentration (GRyYNS).
HÉMOLYSE. CAT
Et cependant, dans cette solution additionnée de chlorure sodique, comme dans celle qui en étut privée, l’urée pénètre les hématies. Elle les pénètre aussi complètement, aussi rapidement. Ce n’est pas la pénétration de l'urée dans les globules qui est empêchée par le chlorure sodique. On peut donc conclure qu’une substance peut être pénétrante sans être hémolytique.
Que faut-il de plus pour qu’elle soit hémolytique ?
On comprend très bien la différence des actions des solutions d’urée faites avec leaw distillée et de celles faites avec de l’eau salée à 0.85 p. 100. L’urée étant une substance qui pénètre rapidement le globule, il est clair, dans la théorie osmotique, que placer des globules dans une solution d’urée, c'est faire la même chose que les placer dans l’eau pure. Mais si l’hémolyse par la solution d’urée est l’équivalent de l’hémolyse par l’eau distillée, on conçoit très bien aussi que l’adjonction de 0.85 p. 100 de NaCI læ supprime.
Si, au lieu d’urée, nous prenons d’autres LEE pénétrantes : l'alcool, le chlorure ammonique, nous obtiendrons un autre résultat. A dose suffisante, ces substances produisent l’hémolyse, même dans un milieu qui contient 0.85 p. 100 de NaCI.
On tend à réserver le nom de substances hémolytiques à toutes celles qui agissent comme l'alcool, le chlorure ammonique. Toutes ces substances sont pénétrantes comme: l’urée, mais elles possèdent, en plus qu’elle, le pouvoir de provoquer l'hémolyse dans un milieu salin isotonique, Cette distinction, très utile en pratique, n’a d’ailleurs aucune valeur absolue, |
C’est ainsi que l'alcool, l’éther, l’acétone agissent comme l’urée à dose faible, et qu'ils ne deviénnent franchement hémolytiques que passé une certaine concentration (HEDIN).
D'autre part, si l’urée, même concentrée (10 p. 100), n’a aucune aclion sensible sur des hématies plongées dans le chlorure sodique à 0.85 p. 100, elle peut en acquérir dans les milieux salins concentrés. Le chlorure sodique à 10 p. 100 n’altère‘pas visiblement les globules rouges du lapin. Il suffit d'ajouter de petites quantilés d'urée à une telle émulsion, pour provoquer l’hémolyse (P. Nozr). La propriété hémolytique n'est done pas quelque chose d’absolu. Elle doit toujours étre définie par rapport aux conditions dans lesquelles elle s'exerce.
HÉMOLYSE PAR LES SELS AMMONIQUES
L'hémolyse par les sels ammoniques s’étudie le mieux avec le chlorure. L'action destructive de ce sel est beaucoup plus lente que celle de l’urée ou de l’eau distillée. Elle doit être observée à 37°. Voici quelques chiffies, empruntés aux recherches de Nozr. À une dilution de sang de lapin dans le chlorure sodique à 1 p. 100, ajoutons des doses croissantes d’une solution à 0.625 p. 100 d’'AmCI. Faisons de même avec des solutions à 1.25, p. 100, 2.5 p. 100, 5 p. 400, et 10 p. 100. Après deux heures à 37°, voyons à quelles concentrations correspond un début d’hémolvse dans chaque série.
Dans la première série, elle est atleinte par une adjonction de 0.60 ce. Pour Îles concentrations de 1.25 p. 100, 2.5 p. 100, 5 p. 100, 10 p. 100, elle tombe graduellement 4,05, 0.4, 0.35:et.0.20. cc.
En fait, ces volumes décroissants de solution correspondent à des poids de sel de plus en plus considérables ; la quantité absolue provoquant un début d'hémolyse est respectivement de 0.00375, 0.00625, 0.01, 0.0175 et 0.02 grammes de AmCI. La quantité en poids de chlorure ammonique qui est nécessaire à l’obtention d’un début d’hémolyse serait donc d'autant plus considérable que la concentration de la solution de sel ammonique est plus élevée. Cela s’explique très bien, si l’on songe que les solutions diluées introduisent plus d’eau pour un même poids de sel ammonique que les solutions concentrées. En effet, si l’on reprend la série des concentrations qui correspondent à un début d’ Hémolysé dans les cinq séries, on trouve que, dans la première, il y à 1.6
: { = 10:029 jt 100 de NaCI, dans les 2°, 3°, 4°, 5° respectivement TE —=,0:600 ps t00;
— 0.74 p. 100 — 0.74 p. 100 — 0:83 p. 100 de NaCl: P. D. P
Dééte ee
DICT. DE PHYSIOIOGIE. — TOME VIIt. 21
Le résultat définitif de l’expérience est donc celui-ci : le chlorure ammonique, à la concentration de ee — — 1.66 p. 100, peut produire un début d’hémolyse dans une solution isotonique (0.83 p. 100 NaCI). Dans les solutions hypotoniques, il faut, pour obtenir le même résultat, des quantités de sel ammonique de moins en moins considérables, à mesure que diminue la concentration en chlorure sodique.
Nous voyons s’accuser ici un antagonisme entre le sel sodique et le sel ammonique.
Pour mieux le mettre en évidence, il suffit de poursuivre l'expérience de l’autre côté de l’isotonicité, vers les concentrations hypertoniques.
Dans une série de tubes, on intrôduit 1 cc. de solutions progressivement croissantes de chlorure sodique (solutions 0.1M, 0.2M, 0.3M, etc). À tous, on ajoute 0.5 cc. d'une solution de chlorure ammonique à 10 p. 100, puis 0.1 ce. de sang défibriné de lapin. Après deux heures à 37°, il y a hémolyse dans les trois premiers tubes, tandis que dans le milieu fait avec la solution 0.4M, l'hémoglobine n’a pas diffusé. Ce qui veut dire 0.585 x 4
qu'une concentration de 16
— 1.46 p. 100 de NaCI suffit pour supprimer complè-
0.5 x 10 1.6 la solution faite avec 0.3M NaCI, l’hémolyse était très faible. Ce milieu contenait :