p. 100 de AmCI, et 1.09 de NaCI
On peut superposer, en deux séries horizontales, les concentrations de chlorure sodique et de chlorure ammonique qui, dans les essais précédents, correspondent à un début d’hémolyse. :
te ment l’action hémolytique de — 3.15 p. 100 de chlorure ammonique. Dans
AMmCI EN 028 0.41 0.71 1.29 1.66 3.15 NaCl { 0.682 0.66 0.71 0.74 0.83 1.09 Le NEO ATS 0.20 0.25 0.28 0.37 0.63
Les valeurs de NaCI de la seconde rangée horizontale sont celles qui neutralisent presque exactement (dans les conditions de l’expérience) les valeurs sus-jacentes de AmCI. Mais il ne faut pas oublier que la simple adjonction d’eau pure à l’émulsion d’hématies en eau salée produit déjà un début d’hémolyse (quand le milieu contient 0.46 p. 100 de NaCI). IL y a donc, dans les milieux additionnés de AmCl, une partie du NaCI qui s'oppose à l’action hémolytique de l’eau, une autre à l’action de AmCl. On peut évaluer cette dernière, en soustrayant 0.46 des chiffres qui indiquent la teneur totale en NaCI. Les chiffres de la troisième rangée horizontale représentent ces différences.
Tous ces nombres n’ont évidemment aucune valeur absolue. Leur utilité est de montrer nettement que, dans la double série des valeurs équivalentes des deux chlorures, il n’y a aucune proportionnalité entre les termes correspondants : tandis que la valeur du chlorure sodique s’élève de 0.175 à 0.63, c’est-à-dire 1 à 3.6, celle du chlorure ammonique monte de 0.24 à 3.15, c’est-à-dire de 1 à 13.1.
Il est également nécessaire de spécifier que cette action protectrice qu’exerce le chlorure sodique contre l’influence hémolysante du chlorure ammonique, n’est réelle qu'aux doses faibles et moyennes. Aux doses fortes, le chlorure sodique est hémolytique pour son propre compte. Il favorise l’hémolyse par l’urée, il favorise aussi celle par le chlorure ammonique : des globules rouges de lapin, bœuf, porc, qui supportent le séjour dans le chlorure sodique à 10 p. 100 sans s’hémolyser, laissent diffuser leur hémoglobine, si l’on introduit de très faibles quantités de chlorure ammonique dans cette solution (Nozr).
Au lieu d'employer un sel de sodium, à dose faible ou moyenne, pour s'opposer à l’hémolyse par les sels ammoniques, on peut recourir aux sels de potassium. Le résultat sera tout aussi net. | |
Comment. interpréter ces faits ?
IL a été dit plus haut qu'il faut comprendre les phénomènes d'échange d’eau et de substances dissoutes à travers la paroi, comme le résultat de partages qui s’établissent entre trois phases : une phase liquide, le milieu extra-globulaire; une phase solide, la paroi globulaire ; une seconde phase liquide, le milieu endo-globulaire. La phase solide
HÉMOLYSE. (419
sépare les deux phases liquides ; elle est donc l'intermédiaire obligée entre elles deux. Pour qu’une substance puisse se partager entre les trois phases, il faut de toute nécessité qu’elle-soit soluble dans la phase solide. Si elle est insoluble, elle restera confinée dans l’une ou l’autre des phases liquides : l’hémoglobine ne peut pas sortir de la phase liquide intérieure, le sucre ajouté au sang ne va pas au delà de la phase extérieure.
Si elle est soluble dans la phase solide, les choses iront différemment : de l’urée ajoutée à la phase liquide extérieure est soluble dans la phase solide. Il se produit un partage entre la phase extérieure et la phase solide, mais ce partage en prépare un second entre la phase solide et la phase liquide intérieure. L'équilibre ne sera atteint que lorsque l’urée se sera partagée entre les trois phases. Ce partage lui-même favorisera telle ou telle des trois phases suivant la solubilité plus ou moins grande de:la substance considérée dans l’une ou l’autre d’entre elles. |
Mais la présence d’un élément nouveau dans la phase solide peut avoir une répercussion profonde sur les propriétés de celle-ci, L'introduction, dans un couple de deux substances à miscibilité limitée, d’une troisième substance soluble dans les deux phases, bouleverse complètement les conditions d’équilibre. L'équilibre nouveau s’établit par un remaniement complet de l’ensemble et transforme les rapports des deux ÉÉHIQURE primitifs du couple (exemple : acide acétique, eau, chloroforme).
Quand un disque de gélatine est transporté de l'eau pure dans l’eau salée, il n’absorbe pas seulement du sel. Ce sel absorbé augmente l’affinité du disque pour l’eau jusqu’à doubler la quantité d’eau dont il s’imbibe (Hormgisrer). Quand une paroi globulaire s’est imprégnée d’urée, d'alcool ou de chlorure ammonique, tout est changé en elle : ses rapports avec l’eau, avec les sels du milieu ambiant, avec l’hémoglobine du liquide endo-globulaire. Que son imperméabilité à l’hémoglobine cesse d’être absolue et l’hémolyse se produira. On peut donc donner de l’agent hémolytique la définition suivante : Est hémolytique toute substance qui, en se dissolvant dans la paroi globulaire, fait de cette paroi globulaire un milieu dans lequel l’hémoglobine peut se dissoudre. Si la solubilité (la perméabilité à l’hémoglobine) est grande, l’hémolyse sera rapide; elle sera lente dans le cas opposé.
Mais cette perméabilisation à l’hémoglobine peut être directe ou indirecte. On comprend très bien que certaines substances, en se dissolvant dans la paroi globulaire, augmentent, par leur seule présence, la solubilité de l’hémoglobine dans la paroi : les alcalins pourraient agir de cette façon. Mais beaucoup d’autres substances interviennent probablement de tout autre facon : l’eau additionnée d’alcool ou d’éther n’est pas un meilleur dissolvant de l’hémoglobine que l’eau pure, au contraire. Il n’y a pas de motif de croire que l’alcool augmente directement la solubilité de l’hémoglobine dans la paroi globulaire. Il est plus probable que ces substances exagèrent l’affinité du stroma pour l’eau et que c'est cette imbibition plus considérable par l’eau qui permet secondairement la pénétration de l’hémoglobine dans la paroi. Cette opinion, défendue FRE P. Nocr, est basée sur deux ordres de faits :
4.0 observations volumétriques de Henin, d’après lesquelles plusieurs agents hémolytiques (alcool, sels ammoniacaux, etc.), mélangés au sang à dose insuffisante pour provoquer l’hémolyse, produisent le gonflement des globules.
Les mesures de HEIN étaient faites à l'hématocrite, après une action extrêmement énergique de la force centrifuge. Comme il a été dit dans l’introduction, l’emploi de la force centrifuge pour mesurer le volume des globules n’est licite que si la paroi globulaire est normale, si elle est imperméable aux sels du liquide intra-globulaire. Sinon, elle aura pour effet d'exprimer, par filtration, une partie du liquide endo-globulaire, «et par conséquent de diminuer le volume globulaire. Or il est très probable que les agents hémolytiques suppriment l’imperméabilité de la paroi aux sels à des doses qui ne provoquent pas encore l’issue de l’hémoglobine.
Dans les essais de HEniN, on doit donc s’attendre, dans certains cas, à une réduction du liquide endo-globulaire. Il n’y a donc aucune conclusion à tirer des cas où le volume globulaire est normal ou diminué. Seuls les cas où il est augmenté sont probants. Cette augmentation de volume doit être attribuée, au moins en partie, à une tuméfaction de la paroi.
Dans les essais concernant les chlorure et bromure d’ammonium, le na unt glo-
420 HÉMOLYSE.
di
.bulaire fut très net et constant. Or les déterminations de Henin assignent au bromured’ammonium un coefficient de partage de 1.01, c’est-à-dire que la concentration de ce sel est, à un centième près, exactement la même à l’intérieur et à l’extérieur des globules. Et néanmoins on trouve, après l’introduction de cet élément dans une émulsion globulaire en milieu salin isotonique, des augmentations de volume globulaire considérables, de 34.7 à 41.5 par exemple. Elles ne peuvent s'expliquer par une augmentation de Foltime du liquide endo-globulaire et doivent être attribuées, pour une grosse part, à une tuméfaction de la paroi. Or toute tuméfaction de la paroi signifie une imbibition
plus considérable par l’eau;
20 L'action protectrice des sels alcalins fixes à l'égard de l’hémolyse par les sels. ammoniques.
De même que le sulfate magnésique peut neutraliser l’action hydratante du bromure de sodium sur la gélatine (Pauzr et Rona), de même le chlorure sodique empêche l’hémolyse par le chlorure ammonique (Nozr). Les deux actions sont très probablement de même nature. On comprend très bien que le chlorure sodique, qui s’accumule dans la phase liquide extérieure sans pouvoir entrer dans la phase solide, exerce sur celle-ci une action déshydratante. Il en a déjà été question à propos de la paroi normale. Dans les conditions normales, c’est aux colloïdes de la paroi que le chlorure sodique dispute l’eau qui les imbibe. Quand ces colloïdes ont dissous du chlorure ammonique, leur affinité pour l’eau est augmentée. Pour conserver à la paroi, malgré cette imbibition, une hydratation constante, il faudra augmenter la teneur du milieu extérieur en chlorure sodique. Plus il y aura de sel ammonique dans la paroi, plus il faudra de chlorure sodique dehors. C’est ce qu’ont montré les expériences. Seulement cet antagonisme ne se poursuit que dans les limites de concentration où la paroi globulaire est imperméable au chlorure sodique. Les fortes concentrations de chlorure sodique, qui suppriment cette imperméabilité, facilitent l’hémolyse par le chlorure ammonique.
D'autre part, si dans les milieux salins de concentration moyenne, le chlorure ammonique a le dessus, s’il est suffisamment abondant pour hydrater la paroi, les conditions changent : la paroi, en s’hydratant, peut perdre son imperméabilité pour le chlorure sodique. Celui-ci, auquel son antagoniste a frayé la voie, entre à sontour; d’antagoniste, il devient auxiliaire.
Mais de ce que la pénétration du chlorure ammonique augmente l’hydratation, on peut conclure que réciproquement, l’hydratation favorise la pénétration du chlorure ammonique. Les deux phénomènes sont liés, ils n’en font qu’un. Supprimez le sel ammonique, vous supprimez l’eau. Supprimez l’eau et vous entrainerez le sel. Toute
cause qui empêche l’hydratation de la paroi imbibée de sel ammonique, doit s’opposer à la pénétration du sel ammonique dans la paroi. |
Il doit en être ainsi pour le chlorure sodique. En réalité donc, si le chlorure sodique est ajouté au milieu en même temps que le sel ammonique ou s’il y préexiste, il le devancera dans son action et empêchera son entrée dans le globule.
Mais il l'empêche parce que déshydratant. On peut prévoir qu'il s’opposera à 7. pénétration (et à l’action hydratante, ce qui est un) de tout agent hémolytique qui produit l’hémolyse en augmentant l’hydratation de la paroi globulaire. A ce point de vue, il est une pierre de touche précieuse, qui devrait être employée systématiquement dans
‘les études d’hémolyse.
{ Ilyalieu de mettre en garde ici contre une fausse interprétation possible de certains résultats. Dans les expériences de HEIN, on voit le bromure ammonique distribué uniformément entre les globules et le liquide ambiant. On pourrait être tenté de conclure à un partage uniforme du sel entre les trois phases que contient un tel mélange. Ce serait s’exposer à de graves erreurs. La teneur globulaire totale est la somme des teneurs du stroma et du liquide endo-globulaire. Or le stroma n’occupe dans les hématies des mammifères qu’une très faible partie du volume globulaire total. La concentration totale dans le globule représente donc, dans certains cas, presque exclusivement la concentration dans le liquide endo-globulaire. Il suffit en effet que la phase solide soit très légèrement perméable au sel ammonique, pour qu’elle le laisse passer vers la phase liquide endo-globulaire, sans en retenir elle-même plus que.des traces. Or £’est la concentration dans cette seule phase solide qui est décisive au point de vue de
HÉMOLYSE. 421
l’hémolyse. Pour se renseigner à cet égard, mieux vaudrait peut-être, dans certains cas, mesurer la vitesse de pénétration de l'agent hémolytique dans les globules, que déterminer, aprèsuntemps beaucoup troplong, la concentration totale dans le globule.
IL a été dit que les sels de potassium protègent les globules rouges contre le chlorure ammonique aussi bien que les sels de sodium. Mais les uns et les autres sont largement dépassés par les sels des métaux alcalino-terreux.
Voici un tableau emprunté à P. Nozr :
Chaque tube contient 1 ec. de solution saline, 0.4 cc. de solution à 10 p. 100 de chlorure ammonique, 0.1 cc. de sang défibriné de lapin. Les tubes sont mis à centrifuger après deux heures de séjour à 37°.
CHLORURE NITRATE de de SODIUM. POTASSIUM.
SACCHAROSE.