‹ Dictionnaire de physiologie (volume 2)Chapitre 86 sur 212 · CHLORURE ACÉTAT CALCIUM MAGNÉSIUM · texte numérisé non relu

CHLORURE ACÉTAT CALCIUM MAGNÉSIUM

() à 0 Hémolyse faible. NPL0 0 Hémolyse très faible.

Hémolyse faible. 0 0 Hémolyse faible. | Hémolyse modérée. () Hémolyse forte. — forte, Hémolyse très faible.

Celte influence antihémolytique si marquée des cations bivalents a été attribuée par Nozr à leur action directe sur la paroi globulaire. Il a été admis plus haut que les deux surfaces qui limitent la paroi globulaire vers l’intérieur et vers l’extérieur sont chargées de cations divers et que ce sont elles qui décident des qualités diosmotiques de la paroi. Or ces qualités dépendent en partie de la nature des ions fixés par le colloïde, et principalement de la valence de ces ions. Nous avons vu, à propos de la gélatine, que les ions bivalents s'opposent à son imbibition beaucoup plus que les ions monovalents, et celte constatation s’est renouvelée à propos des muscles. Il y a tout lieu de croire qu’il en va de même pour les colloïides de la paroi globulaire. La membrane limitante externe d’une hématie qui a fixé sur sa face externe beaucoup de cations bivalents doit être moins imbibée d’eau que celle d’une hématie pourvue surtout de cations monovalents.

En transportant une hématie du milieu normal, qui contient beaucoup de sodium à côté de peu de potassium, de calcium, de magnésium, dans une solution isotonique de chlorure sodique pur, on s’expose à altérer quelque peu les qualités de la membrane externe de sa paroi. On peut s'attendre à ce que la paroi s’imbibe d’un peu plus d’eau et qu’elle absorbe plus facilement toutes les substances qui ont pour effet d'augmenter encore cette imbibition. Mais cette transformation est faible : d’abord, parce que, dans le milieu normal, le sodium est largement dominant, de sorte que l’on change peu les conditions, en passant de ce milieu à la solution de chlorure sodique; ensuite, parce que la plupart des solutions de chlorure sodique employées dans les laboratoires contiennent des traces de calcium et de magnésium. ;

On risque de transformer davantage les qualités de la couche limitante externe de la paroi globulaire, en transportant l’hématie dans une solution isotonique d’une substance non pénétrante, privée d'ions, telle une solution de sucre. Il est probable que dans le milieu sucré strictement isotonique, il se produit une altération considérable de la surface externe du globule. Mais, au point de vue de l’hémolyse, cette altération n'est pas efficace, tant qu’elle est limitée à la membrane externe. Pour que l’hémoglobine s'échappe du milieu intérieur, il faut que la paroi globulaire lui soit perméable d’outre en outre, c’est-à-dire sur ses deux faces. Or, dans un milieu isotonique sucré, la concentration saline du liquide endo-globulaire n’a pas varié. La membrane limitante interne est donc restée normale.

Il est possible, en raison de l'existence de cette seconde surface et du peu d’action que le milieu extérieur isotonique et non pénétrant peut avoir sur elle, que l'influence

indirecte de la composition ionique du milieu extérieur sur telle ou telle hémolyse soit moins considérable qu’on ne serait tenté de le penser à première vue.

On aurait pu croire que l’hémolyse par le chlorure ammonique fournit un bel exemple d’une telle influence. Dans les expériences de Nozr, les sels des métaux alcalino-terreux ont sur elle une influence empêchante nettement plus marquée que les concentrations équivalentes des sels des métaux alcalins. Aux concentrations usitées, on peut exclure une action des sels sur le chlorure ammonique lui-même. Il fallait bien admettre l’influence des cations bivalents sur la paroi.

Seulement les anciennes observations de Nozr ont été faites avec du sang dilué. Si : on les répète avec des hématies soigneusement lavées, on constate que le chlorure ammonique est dépourvu de toute influence nocive sur elles, aux concentrations moyennes. Chose très intéressante, les hématies lavées ne s’hémolysent pas dans le chlorure ammonique, même si la solution de chlorure ammonique ne contient pas de chlo- Trure sodique. On peut en conclure immédiatement que le chlorure ammonique ne pénètre pas les hématies lavées. IL y a donc, dans le sérum, une substance qui permet l'entrée des hématies au chlorure ammonique et qui prépare et facilite l’hémolyse par ce sel. Elle existe dans le sérum chauffé à 56°, tout comme dans le sérum normal. La neutralisation très exacte du sérum au papier tournesol sensible est dénuée de toute action sur elle. D'autre part, il suffit d’'émulsionner de la lécithine dans une solution de sel ammonique pour conférer à celle-ci le pouvoir hémolytique à l’égard des hématies lavées (Nozr). Il est donc assez probable que la substance favorisante du sérum est un lipoide.

L'intervention de cette substance complique beaucoup le phénomène, et l’interprétation que l’on peut en donner doit être réservée, aussi longtemps que la nature chimique et le mode d’invervention de la substance inconnue n’auront pas été exactement définis.

A 0°, les solutions même concentrées (10 p. 100) de chlorure ammonique ne provoquent pas la moindre diffusion de l’hémoglobine des globules qu'on y plonge (Norr). A ce point de vue, elle est, de toutes les hémolyses par agents chimiques, celle qui se rapproche le plus de l’hémolyse par les sérums.

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