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La nature monomoléculaire est prouvée par la constance suffisante du produit gt observée dans certaines expériences.
ARRHENIUS et Mapsen se figurent l’hémolyse par les alcalis comme suit : l’agent hémolytique pénètre très rapidement (en 2 minutes) les globules. 1] entre en relation avec les complexes de l’intérieur des globules et les force à libérer l’hémoglobine qu'ils possèdent. Cette hémoglobine diffuse (le plus souvent rapidement) à travers la paroi plus ou moins altérée.
Le phénomène essentiel dans cette succession, celui qu’ils mesurent, celui dont ils disent qu’il est monomoléculaire, c’est la scission des complexes qui contiennent J’hémoglobine.
[1 est certain, comme il a été dit dans l'introduction de cet article, que, pour que l’on puisse mesurer l’hémolyse à la mise en liberté de l’hémoglobine, il faut, de toute nécessité, que l’hémoglobine soit chimiquement combinée à l’intérieur du globule. L'hémolyse devient, dans cette hypothèse, un phénomène analogue à la saccharification de grains d’amidon imbibés d’eau, ou à la digestion de granules d’albumine coagulée.
Seulement le complexe comprenant l’hémoglobine, dont Hoppe-SEyLER admettait l'existence et qu’il appelait artérine, ce complexe n’existe pas. Tout au moins ne reste-t-il rien des raisons émises par HoPpEk-SEYLER pour prouver son existence. Bien plus, une douzaine d’observateurs de première valeur ont pu constater la présence de cristaux d’hémoglobine à l’intérieur d’hématies nou hémolysées; et, d'autre part, il suffit d’agiter du sang avec du mercure, ou de le broyer avec du sable, pour mettre eu liberté toute son hémoglobine (voir Hématie). Il faut bien conclure de ces faits avérés que l’hémozglobine est chimiquement libre dans le globule, et qu’elle n’est retenue à l'intérieur de celui-ci que parce que la membrane lui est imperméable.
Dans ces conditions, l'issue de la matière colorante est et ne peut être que la conséquence d’une altération de la paroi, altération qui supprime l’imperméabilité à l’hémoglobine. S'il y a, dans certains exemples d’'hémolyse, un phénomène ARC en cause, ce ne peut être que cette altération de la paroi.
Si, dans cette conception, on se propose de mesurer la rapidité de l’hémolyse, on ne peut considérer le problème autrement que comme ressortissant aux lois qui régissent la diffusion.
La diffusion, à une température donnée, est fonction du temps, de la surface de diffusion, de la He des concentrations de deux couches adjacentes d’un cylindre de diffusion, et d’une constante propre à chaque substance, le coefficient de diffusion.
On lPexprime par la formule de Ficx :
ds de
Tamer al de dans laquelle ds est la quantité infiniment petite de sel qui passe pendant le temps dt de Fa couche x à la couche æ + dx dont les concentrations diffèrent de c nr dc à C; q est la surface de diffusion, et D, la constante de diffusion.
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130 HÉMOLYSE.
Avant d'appliquer cette formule à l'étude de l’hémolyse, il y a lieu d'examiner, de plus près, les conditions spéciales de la question. Dans l’hémolyse, l’hémoglobine n’est pas localisée au fond d’un vase de la profondeur duquel elle doit s’élever lentement, en créant une série de couches superposées de concentrations progressivement décroissantes. Elle est répartie dans une infinité de très petites vésicules distribuées uniformément (dans les cas où il n’y à pas agglutination, ni sédimentation trop rapide) dans le milieu liquide. Il en résulte une simplification des conditions expérimentales. A l’intérieur des hématies, à raison du faible volume de celles-ci, la concentration est uniforme. À l'extérieur, on peut également admettre, sans grande erreur, qu’elle reste uniforme par suite du brassage du liquide. De plus la concentration extérieure sera, pendant les premiers temps de l'expérience, très faible par rapport à la concentration intérieure. Dans les globules normaux, elle atteint 35 à 40 p. 100. A l’extérieur, elle ne pourra dépasser 0.7 p: 100 dans les émulsions qui sont obtenues par une dilution du sang à 1/20 dans l’eau salée.
Dans les émulsions employées par ARRHENIUS et Mapsen, faites avec 25 cc. de globules pour 1000 cc. d’eau salée, elle pouvait atteindre tout au plus 1 p. 100 quand l’hémolyse était totale. Mais, dans les essais de ces auteurs, les résultats ne purent être utilisés pour l'étude de la vitesse de l’hémolyse que dans les expériences où le degré de l’hémolyse ne dépassait pas 30 à 40 p. 100, ce qui correspondait à une concentration de l’hémoglobine hors des globules inférieure à 0.3 p. 100 et 0.4 p. 100. Dans ces conditions, on peut raisonner comme si la concentration extérieure restait égale à zéro.
D'autre part, le principal obstacle à la diffusion de l’hémoglobine étant la paroi globulaire, imperméable à l’état normal, plus ou moins perméabilisée par lagent hémolytique, on peut représenter cette perméabilité par le coefficient de diffusion.
En tenant compte de ces particularités et en représentant par K le produit constant obtenu en multipliant la surface des globules, considérée comme constante, par Île coefficient de diffusion, on peut représenter, sans grande erreur, la quantité d'hémoglobine diffusée hors des globules, pendant un temps très court, par la formule suivante :
C représente la concentration de l’hémoglobine dans les globules. Cette formule, qui représente la vitesse de diffusion, est, on le remarquera, absolument analogue à celle qui caractérise la réaction monomoléculaire, Et cela se comprend, puisque dans les deux phénomènes, la seule variable est la concentration.
Si, d'autre part, on admet que pour certains agents hémolytiques le degré de perméabilisation de la paroi est proportionnel à la quantité de l’agent hémolytique ajoutée (hypothèse nullement invraisemblable, si on ne l’applique qu'entre des limites étroites), on est autorisé à faire K proportionnel à la concentration de l’agent hémolytique. Dans ces conditions, on se trouve dans les conditions voulues pour obtenir la constance du produit gt, c'est-à-dire la réalisation de la seconde épreuve à laquelle on reconnait qu'une réaction chimique est monomoléculaire.
On voit que l'hypothèse, d’après laquelle la diffusion de l’hémoglobine est un pur phénomène de diffusion, rend aussi bien compte des faits observés par ARRHENIUS et Mapsex que leur propre opinion. Elle a sur celle-ci le grand avantage d’être d'accord avec l’ensemble de nous connaissances sur la constitution de l’hématie.
On s'explique aussi très bien dans cette opinion pourquoi le facteur de dissociation (calculé dans l'hypothèse d’une réaction monomoléculaire) n’est pas constant, mais croit rapidement avec le temps. Ce facteur qui représente la perméabilité de la paroi, mesure en quelque sorte le degré de désorganisation de celle-ci. On comprend que la résistance qu’oppose la paroi structurée aux actions destructives n’est pas vaincue de suite, mais qu'une fois produite, l’altération doit aller rapidement en augmentant.
Cette façon de concevoir le phénomène a l'avantage de rendre superflue toute hypothèse prématurée sur la nature intime de cette altération pariétale. Dans le cas spécial des alcalis, il est probable que l’action est complexe. Qu'elle soit en partie chimique, cela est vraisemblable, puisque la paroi est constituée de lipoïdes et de nucléo-protéides unis en un ensemble structuré. Les nucléo-protéides se comportent
HÉMOLYSE. 431 comme des acides faibles. Ils réagissent donc avec les alcalis. Il en est d’ailleurs de même de l’hémoglobine. Seulement il y a lieu de faire remarquer que ces deux -réactions pourraient parfaitement se contrarier jusqu’à un certain point. Si la diffusion est surtout la conséquence d’une transformation de la paroi globulaire, elle sera d'autant plus forte que la paroi aura fixé plus d’alcali. Mais la paroi aura à compter, à cet égard, avec l’hémoglobine qui s'empare d’une partie de l’alcali et qui joue, à ce point de vue, un rôle protecteur, antihémolytique, analogue à celui qu'Arrnenius et Mapsen ont reconnu aux albumines du sérum. La fixation de l’alcali par l’hémoglobine ‘peut cependant influencer l'hémolyse dans un autre sens, en augmentant la solubilité de l’hémoglobine dans l’eau et dans certains milieux On voit combien il est difficile de s'orienter au milieu de toutes ces actions et réactions qui s’entremêlent.
Cette répartition de l’alcali entre les protéides du stroma et l’hémoglobine n’a évidemment pas été envisagée par ARRHENIUS, quand il s’est occupé du partage de l’alcali entre les globules et le milieu extérieur. ARRHENIUS à déterminé la quantité de différents agents hémolytiques qui est nécessaire pour produire le même degré d’'hémolyse dans des mélanges où il fait varier la quantité d’hématies. Et il trouve un rapport simple entre la quantité de l’agent hémolytique et la teneur en globules. Si y est la première de ces valeurs et x, la seconde, on à y —a + næ. On peut déduire de ces chiffres la valeur de la concentration de l’agent hémolytique dans les globules et hors des globules, et l’on trouve ainsi que, dans les conditions de ces expériences, les globules peuvent contenir 800 à 900 fois plus d’alcali que le liquide environnant.
Si intéressants que soient ces chiffres, 1l y a lieu de faire observer qu ils sont acquis par une méthode indirecte. Or, dans les observations directes sur le partage d’une substance dissoute dans un Ailiou liquide entre le liquide et les granules colloïdaux suspendus dans celui-ci, plusieurs auteurs ont observé, ainsi qu'il a été dit plus haut, que la concentration à la surface des grains n’est pas une fonction linéaire, mais une fonction exponentielle de la concentration dans le liquide. II y a désaccord entre ces données et les conclusions d'ARRHENIUS et MADSEN.
D'autre part, ARRHENIUS ne détermine que la concentration totale de l'hémolysine dans le globule, qu'il considère comme un tout. En cela il est conséquent avec lui-même, puisque, pour lui, l’'hémolyse est la destruction de l'hématie assimilée à un complexe chimique, quelque chose comme la saccharification de grains d’amidon imbibés d’eau. Mais cette opinion n’est pas en accord avec un grand nombre de faits. D’après ce qui a été dit dans cet article et à l’article « Hématie », il ya lieu de considérer dans l’hématie : la paroi et le contenu liquide, y compris l’ hémoglobine. Or c’est l’action d’une substance sur la paroi qui importe au point de vue de l’hémolyse et non pas celle du “elle peut exercer sur l’hémoglobine.
Quand on a déterminé la concentration totale de l'agent hémolytique dans le globule, on n'a rien appris de bien précis au sujet de sa répartition entre le contenu globulaire et la paroi. D’après ARRHENIUS, les globules contiennent 120 fois plus de saponine et 800-900 fois plus d’alcali que le liquide extérieur. Mais que revient-il de ces fortes teneurs à la paroi ? Des fractions probablement très différentes dans les deux cas. De tout ce que nous savons de l’hémolyse par la saponine, de l’affinité très forte de cette substance pour les lipoïdes, nous pouvons conclure à une accumulation de ce produit dans la paroi globulaire. La très grande partie de la dose absorbée par le globule est donc fixée par la paroi. Mais il en est probablement tout autrement pour les alcalis. Ceux-ci ont de l’affinité pour tous les protéides globulaires, tant pour ceux de la paroi que pour l’hémoglobine. Or dans les hématies de cheval, par exemple, il y à environ 6 fois plus d'hémoglobine que de protéide pariétal. A affinité égale, on peut donc admettre qu’en opposition avec la condensation pariétale de la saponine il y a, en ce qui concerne les alcalis, une distribution plus uniforme entre la paroi et le liquide endo-globulaire.