‹ Dictionnaire de physiologieChapitre 29 sur 81 · CH? — CH · texte numérisé non relu

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L’atropine est optiquement inactive, l'hyoscyamine est lévogyre, et LADENBURG admit d’abord que la première était la forme racémique de la seconde. {Essayant de réaliser avec Hunpr la combinaison de la tropine avec les acides tropiques droit et gauche, il obtint des corps différents de l’hyoscyamine. Il émit alors l'hypothèse que l’hyoscyamine était constituée par la conjugaison de l’atropine avec l'acide tropique, mais il nefui fut pas possible de réaliser la préparation de tropines optiquement actives (D. Chem. Ges., xu, 741; x, 104; xx11, 2590). ;

GADAMER a montré que l’isomérie des bases hyoscyamine et atropine n’était due qu’à

l’isomérie de l’acide tropique et que la première hypothèse de LanenBurG était seule exacte; depuis lors, AMÉNOMIYA a pu réaliser, en 1902, la synthèse de l’hyoscyamine naturelle et de son isomère optique dextrogyre, inconnu jusqu'ici (Arch. Pharm., cexL, 501).

L'hyoscyamine cristallisée dans l’alcool aqueux se présente en fines aiguilles blanches. ou en tables fusibles à 108,5. Elle est lévogyre et possède, d’après GaDaER, en solution dans l'alcool absolu, un pouvoir rotatoire [ «14, 208°,9 et dans l’alcoo!l à 20 0/0 [«]4, 23°,0.

Elle est plus soluble dans l’eau et dans l'alcool étendu que l’atropine. ne celle-ci, chauffée à 65° avec les anhydrides phosphorique, acétique, benzoïque, elle perd une molécule d’eau et donne de l’apoatropine, C17 H?1 AzO*.

L'hyoscyamine se transforme avec la plus grande facilité en atropine. Il suffit, d’après Scamipr, de la maintenir quelques heures à sa température de fusion ou de la laisser quelque temps en solution alcoolique légèrement alcaline.

L’hyoscyamine fournit un periodure qui cristallise facilement par Re de sa solution alcoolique. S. Vreven (Bull. Ac. Roy. de Belgique, déc. 1879) a fondé sur cette propriété une méthode d'identification.

Elle fournit des sels cristallisant difficilement ; on a utilisé surtout le bromhydrate d'hyoscyamine C!7 H?% 03 Az HBr, quise présente sous forme de feuilles allongées, fusibles à 1490-1500, solubles dans 0 p. 34 d’eau à 15° et dans 2 p. 2 d'alcool de densité 0,820 (Merck, Arch. Pharm., ccxxx1,115).

Son action physiologique est analogue, sinon identique, à celle de l'atropine. — Voy. Atropine.

Quant à l’hyoscyamine SnOTp RE: c’est un alcaloïde extrait de la jusquiame par LADENBURG (D. Chem. Ges., xin1, 1549), qu’il a identifié à là scopolamine.

HYPAPHORINE. — Alcaloïde cristallisable, extrait par Gresnorr de l’Hypophorus subumbrans, papilionacée de Java. L’hypaphorine est extraite surtout des graines de cet arbre. PLÜGGE en a fait une étude physiologique attentive (Ueber die toxische Wirk. von Hypaphorin. A: A. P., xxx11, 1893, 313-320). Cet alcaloïde est inactif chez les homéothermes, même à la dose 4 1 gramme, tandis qu'il provoque des convulsions (tardives) chez la grenouille, même à 08r,02. Il est inactif sur les poissons.

HYPERMÉTROPIE. — Voy. Dioptrique.

HYPN AL (C'1H124720,C2HCF0,H20) (ou monochloral antipyrine) (ou trichloracétyl-phényldiméthylpyrazolone). Ce corps, obtenu en 1890 par Reurer, a été étudié

HY PNOTISME. Toy

pas BarDET comme hypnotique (Bull. de la Soc. de thérap., 1890, xvri, 43-46). Sur Il homme on a obtenu d’assez bons effets somnifères, mais sans que cependant on puisse lui accorder une action bien différente de celle qu’aurait un mélange de chloral et d’antipyrine (voy. FRenkez. Th. de Paris, 1890. — Sourakis. Th. de Paris, 1890. — DE BLaiNvizce, Thèse de Paris, 1898). — GLey en a étudié, avec SOUTAKIS, les propriétés Pharmacodynamiques, et il a constaté que le chloral contenu dans la molécule d’hypnal est moins toxique (08,60 au lieu de 08,40) que lorsqu'il est administré pur. Les effets du chloral, comme on devait s’y attendre, prédominent sur ceux de Pantipyrine (B. B. 1890, 371-373). L'anesthésie survient à la dose de 0,30 par kilogramme. Contrairement à GLEey, ScHmipr a trouvé que le monochloral antipyrine est plus toxique que la quantité de chloral qu'il contient, de sorte qu’en présence de ces divergences on peut regarder comme assez vraisemblable que l’hypnal n’a pas une action bien différente de l'action d’un mélange de chloral et d’antipyrine (B. B., 1890, 427-429). Voy. aussi FiLenxe (Bert. klin. Woch., 1893, 405). — Barz, Un cas d'intoxication par l'hypnal (Rev. méd. de Normandie, 1900, 145). — Marrison (Med. Rec., 1891, 8).

HYPNONE (Acétyl-benzine, acétophénone) (CSH$O — CSH5. CO. CH).

Dérivé dela benzine, bouillant à 20°, cristaux fondant à 20,°5, insotuble dans l'eau. Ce corps a été recommandé par DusarpN-BEaumerz et BARDET comme hypnotique ; (1885), mais il paraît à peu près abandonné.

A la dose de 08r,50, chez un cobaye de 400 grammes, en injection sous-cutanée, Phypnone produit un état de torpeur profonde, précédée d’une période d’excitabilité réflexe, et cette torpeur va en s’exagérant jusqu’à amener le coma et la mort, de sorte que la dose sommifère est en même temps la dose mortelle (LaBorpe). Chez le chien la dose doit être portée à 08,05 par kilogramme, en injection intra-veineuse; à des doses inférieures on n'obtient pas le sommeil; et, quand on obtient le sommeil, généralement il y a mort de l’animal. Il se produit un abaissement extrême de la tension artérielle, et surtout un état asphyxique général. On ne peut pas dire cependant que l’hypnone soit un poison du sang; car le pouvoir absorbant de l’hémoglobine pour l'oxygène n’est pas modifié (Laporne et Quixquaun). De même Grasser, expérimentant sur le singe, n’a pas trouvé d'effets somnifères aux doses faibles. En injectant la substance dans la trachée,”il a pu arriver à des doses somnifères, non mortelles. |

D’après Poporr et Nencxi, l’hypnone se dédouble dans l’organisme en CO? et acide.

benzoïque.

Bibliographie. — Dusarpin-BEAUMETz. Sur un nouvel hypnotique, l’h. (Bull. Ac. de méd., Paris, 1885, 1503). — En coll. avec Barpet. Bull. gén. de thér., 1886, cxiv, 97-100). — Banner. Etudes sur l’h. (Trav. du lab. de thér. de l'hôpital Cochin, 1889, 31-39). — Grasset. Action physiol. de l'h., et action hypnotique par injection trachéale. . {B. B., 1885, 750, et Sem. méd., 9 déc. 1885). — Laporpe. Act. physiol. et toxique de l'h. (B. B., 1885, 725 et 737). — Laporne et Quinouaup. Act. de l’h. sur le sang. (B. B., 1886, 209-210). — MaGnien (Thèse de Lyon, 1886). —- Scuüner (Thèse de Würzburg, 1886). — Rey. H. comme calmant somnifére chez les aliénés (Ann. méd. psych., 1886, 433-436). — RorTTENwILLER. H. bei Geisterkranken. (Centr. f. Nervenheilk. 1887, 321-323), — SEIFERT (Münch. med. Woch., 1887, xxx1v, 349). — Pexsaro (Med. contemp. 1887, 359 et 403).

HYPNOSCOPE. — Aïimant disposé en forme d’une bague entourant un.

doigt. 11 a été imaginé par J. Ocaorowiez (Note sur un critère de la sensibilité hypnotique ; l'hypnoscope. Une nouvelle méthode de diagnostic (B. B.; 1884, 325-327) (V. Hypnotisme).

HYPNOTISME et MESMERISME. — Le mot hypnotisme signifie étymologiquement : état analogue au sommeil (ÿxvos). Mais, d’après l'usage, il embrasse un grand nombre de faits physiologiques, que l’on provoque et supprime à volonté sans l’aide d’un agent physico-chimique, et principalement par des influences morales.

Ce mot signifie en même temps une méthode thérapeutique, qui consiste en une application de la psychologie à la médecine. Il a été proposé par James Bram, médecin de Manchester, en 1843, dans sa Neur-Hypnology.

710 e HYPNOTISME.

Terminologie générale. — On confond généralement l’hypnotisme avec le magnétisme animal. Et cependant, aux points de vue historique, physiologique et logique, ces deux conceptions sont différentes. On peut admettre l’une en rejetant l’autre, et il n’y a pas de raison pour les identifier,

Généralement, dans l’histoire des progrès humains, les idées changent, ctles A restent, souvent sans aucun inconvénient pour les recherches. L’homme tient plus aux formes qu’à la chose. quand celle-ci, — ce qui estle cas le plus fréquent, — se transforme insensiblement. Il s’accoutume aux changements graduels dans les dogmes mêmes, se contentant de garder toujours les mêmes noms. Cela tranquillise les principes conservateurs de sa nature ét lui évite des émotions. Maïs, dans le domaine que nous venons d'aborder, les idées nouvelles se présentèrent sous des aspects tellement révolutionnaires, que pour en accepter une partie (à la suite d’une soixantaine d’années de luttes et de discussions), il a fallu les ranger sous un nom nouveau, pour sauver les apparences d’une certaine conformité avec les idées acquises. Les a-t-on sauvées? Non. Il était toujours par trop évident que cette demi-découverte, rebaptisée, contient encore en elle trop de menaces révolutionnaires pour être tranquillement discutée. Aussi a-t-on pris le parti de ne rien discuter; et quarante ans se sont encore écoulés avant que l’œuvre de Brain commencât à faire des prosélytes dans les milieux officiels de la science. Peu à peu on se vit forcé d'élargir le champ des faits acquis. Le mot hypnotisme, appliqué d’abord à certains états analogues au sommeil, a dû comprendre un certain nombre d’autres états produits dans veille, c’est-à-dire en dehors du sommeil. La dénomination : sommeil « nerveux », ne disait pas grand’chose, puisque chaque sommeil est toujours un état nerveux, mais c'était en tout cas une sorte de sommeil. Avait-on le droit d'appeler « hypnotismes »,. les phénomènes provoqués à l’étât de veille ? Dans le sens strict du mot, non. Mais la connexion des faits est telle que cette extension pouvait encore se justifier. L’anesthésie locale, par exemple, peut être provoquée à l’état normal, mais l'extension de cette anesthésie amène l'hypnose : on a donc le droit de la dre en tant que DESxoquÉe à l’état de veille, comme une « hypnose partielle », et l'adjectif « hypnotique » peut s’y appliquer quand même.

Il n’en est plus de même pour une autre catégorie de faits. Les anciens magnétiseurs usaient de certaines manœuvres, appelées passes magnétiques. Dans un grand nombre de cas ces passes, même prolongées, ne provoquent ni le sommeil, n1 aucun autre phénomène immédiat. Le sujet ne sent rien et ne change en rien son attitude. Cependant, en répétant de pareilles séances, on est forcé de reconnaître que leur action, tout en restant d’abord insaisissable, s’accumule, et provoque des changements physiologiques fort importants, changements réguliers, obéissant à certaines lois, souvent inconnues du sujet et du magnétiseur.

Il est évident que dans ce cas on ne peut plus parler d'un « état nerveux analogue au sommeil ». Il faut ou bien ne pas tenir compte de ces faits, si l’on veut garder le point de vue hypnotique, ou bien les attribuer au magnétisme, conformément à la tradition.

Avec le développement des recherches, on a été obligé d'aller plus loin. Certains auteurs admettent la possibilité de provoquer le sommeil tic à distance et à l’insu ‘du sujet, et décrivent ces faits sous le nom d’ « hypnotisme à distance ». Étrange confusion! Le mot hypnotisme ayant été créé précisément pour nier toute action à distance, toute action physique ou mentale personnelle, ce terme ne peut être qu’une contradiclion in adjecto. Il faudrait dire : « magnétisme à distance » ou rejeter le fait. On devrait

également comprendre quel’ admission de certains autres phénomènes d'ordre supérieur, tolé que la télépathie ou vision à distance, implique l'existence d’une action intermédiaire inconnue, en dehors de l imagination, et que par conséquence le mot phénomène hypnotique ne s’y applique plus.

__ Une autre confusion commune, que nous tâcherons également d'éviter, est celle qu'on établit entre la suggestion bi l'hypnose. En accentuant de plus en Sius l'importance de la première, on est arrivé à niér tout ce qui lui est étranger, même l'hypnose! Pour certains auteurs il-n’y a plus d'hypnotisme, il n’y à que la suggestion et l’état de suggestibilité, accru par suggestion. Or, même en supposant que l'hypnose est toujours provoquée par An et qu’elle présente toujours une suggestibilité plus grande,

ce qui estloin d’être prouvé, il ne faut pas oublier qu’une fois provoqué, le sommeil artificiel, surtout quand il est prolongé, exerce une influence physiologique spécia le, en dehors de la suggestion.

En exagérant la portée de la doctrine régnante, on est arrivé encore à une identification de la thérapeutique suggestive avec la psychothérapie en général, ce qui prouve Combien on est loin de connaître l'étendue des applications de la psychologie à la médecine. La psychothérapie est d’une conception beaucoup plus vaste. Elle comprend non seulement la suggestion, mais aussi l’action de l’attention expectante, des sensations fortes ou faibles répétées, du sommeil prolongé, des émotions curatives, des réflexes associés. des idéoplasties inconscientes, des associations idéo-organiques, du changement brusque des conditions de la vie, de la volonté qui domine le corps, en un mot toutes les influences thérapeutiques mentales, psychologiquement fort diverses.

POINT DE DÉPART HISTORIQUE DANS L'ÉTUDE DES CONDITIONS OBJECTIVES ET DE LA THÉORIE PHYSIQUE DU MAGNÉTISME.

Le premier système, en même temps philosophique et médical, pouvant prétendre au nom de théorie scientifique, fut créé vers 1766 par FRaNÇois-ANTOINE MESMER, docteur en philosophie et docteur en médecine de la Faculté de Vienne. Ce système n'a pas eu de succès. Ridiculisé par les autorités médicales et scientifiques, ignoré des philosophes, incompréhensible pour le public, il a été bien vite abandonné par la majorité de ses adhérents, qui, à vrai dire, ne l'ont jamais compris qu’imparfaitement. Quant aux adversaires, qui furent légion, ils n’ont négligé aucun moyen pour refuser à ce système la moindre influence sur l’évolution des idées physiologiques. Elle fut cependant grande. Retardée, ignorée, repoussée par toutes sortes de préventions scientifiques, elle s’exerçca quand même. A l’époque où j'écris ces lignes, c’est-à-dire après 142 années de proscription, elle a quelque droit à être prise en considération. Les découvertes du dernier quart de siècle, ayant ébranlé la plupart des notions fondamentales en physique, en chimie et en psychologie physiologique, l’ont rendue non seulement compréhensible, mais nécessaire.

On pourrait même dire que ce quon admet aujourd'hui dépasse quelquefois en hardiesse les vues révolutionnaires de MEsuER.

Après ce préambule, le lecteur ne s’étonnera peut-être pas si je commence par donner la parole au célèbre « mystique », « charlatan » et « imposteur », contrairement aux coutumes des auteurs modernes, qui l’exécutent en quelques lignes !.

4. Parmi les qualificatifs dont on a gratifié la mémoire du médecin-philosophe viennois, il ya encore celle du plagiaire. « L’hypnotisme dans ses effets, dit FERD. BoTTEY, est aussi vieux que le monde. Aussi MesmEr n’avait-il rien inventé, lorsqu'il s’attribuait la découverte du prétendu magnétisme animal : bien d'autres avant lui avaient déjà édifié de nombreuses théories pour en expliquer les étranges phénomènes, » (Le « Magnétisme animal », étude critique et expérimentale sur l’hypnotisme animal ou sommeil nerveux, provoqué chez les sujets sains. Paris, 1884, p. 1). « Il n’a rien découvert, rien inventé », répète A. CuLLÈRE dans son « Magnétisme et Hypnotisme » (Paris, 1886, p, #1). Il est certain qu'une découverte n’est jamais tout à fait neuve; et, plus elle est importante, plus elle a de précurseurs, Mais de là à prétendre que Mesmer n’a rien inventé, il y a loin. Il suffit d’embrasser d’un coup d'œil l'énorme mouvement d'idées provoqué par ses travaux et ses pratiques, en comparaison avec l’infructuosité de ses prédécesseurs, pour mettre les choses au point. À vrai dire, les idées et les observations antérieures, pour la plupart extravagantes et obscures, intimement liées avec le mysticisme religieux, ne sont devenues compréhensibles pour nous qu'à la suite des éclaircissements fournis par l’apparition du magnétisme animal, vers la fin du xvin* siècle. |

Pour ceux qui voudraient étudier le magnétisme avant MEsmeRr, et l’hypnotisme avant Brarn, voici les sources principales d'information :

Josepx ExNeNosER, Geschichte des Magnetismus. Der Mag. nach den altseitigen Beziehungen seines Wesens, seiner Erscheinungen, Anwendung und Entrathselung in einer geschichtlichen Entwickelung von allen Zeiten und bei allen Vülkern, wissenschaftlich dargestellt. Leipzig, 1819. Ce gros livre de 781 p. est entiérement consacré aux précurseurs de Mesmer et à l'étude des faits populaires se rattachant à ses découvertes. k

AUBIN GAUTHIER. Introduction au magnétisme, examen de son existence depuis les Indiens jusqu'à l’époque actuelle, sa théorie, sa pratique, ses avantages, ses dangers et la nécessité de son concours avec la médecine. Paris, 1840. Un volume de 487 p., qui contient un grand nombre des

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