DICT. DE PHYSIOLOGIE. — TOME VIII
33 4 HYPORHNSE:
bue une fonction antitoxique. On ne peut oublier cependant que, d’une façon générale, cerlaines substances toxiques ont une action sur toutes les cellules glandulaires.
Hypophysectomie. — Après avoir employé les excitations mécaniques ét électriques de l'hypophyse, pour essayer d’exagérer ses fonctions, on a pratiqué son extraction ou sa destruction, pour étudier les conséquences de sa suppression.
Mais une divergence assez grande semble exister entre les auteurs qui ont publié leurs résultats après hypophysectomie, et si l’on étudie attentivement les publications sur la question, on est frappé par le manque de précision dans le manuel opératoire, qui fait que l’on est peu certain d’avoir pratiqué une opération complète ; car, bien souvent, les auteurs ont négligé même de pratiquer les autopsies et de faire un examen inacroscopique et microscopique bien complet.
Aussi ne croyons-nous pas que l’on puisse tirer des conclusions sérieuses des expériences d'hypophysectomie pratiquées sur les vertébrés inférieurs : grenouilles (Casezci, GAGLto, BoTeano) crapauds et tortues (Gacrio). Pour les uns du reste (CASELLI, GacLio) les animaux peuvent vivre sans hypophyse; tandis que, pour Boreano, l’ablation de cet organe détermine la mort rapidement, après une période d’asthénie complète.
Nous ferons à peu près la même observation pour les expériences de G. Ficaera sur la poule et les gallinacés. Cet auteur a constaté que les animaux survivaient après la destruction de l’hypophyse; mais, chez les jeunes poulets, il a noté un retard ou un arrêt de développément.
Ce n’est en somme que sur les mammifères que l’on peut étudier convenablement les résultats de l’hypophysectomie et encore faut-il que le procédé opératoire permette, sans trop d’inconvénients, de bien -agir sur l’organe que l’on veut extirper. Aussi croyons-nous qu’au point de vue des résultats, les procédés qui empruntent la voie buccale ou pharyngée (DE CYoN, CasELu) ne présentent pas toute la valeur que leurs auteurs leur reconnaissent.
Nous pensons que c’est sur le chat ou le chien que l’on peut arriver à suivre le résultat de l’hypophysectomie, et encore faut-il éviter la voie buccale, qui ne donne pas un champ opératoire assez grand, assez clair, qui expose non seulement aux hémorragies mortelles, mais encore aux infections secondaires, voie suivie par MARINESCO, VassALE et SAGCHI, CASELLI, DALLA VEDOvA, DE CYoN, GEMELLI, F. Masay, etc. |
Quant à la voie sphéno-palatine ou sphéno-temporale, employée par CASELLI, PIRONE, Tao, elle à peut-être autant d’inconvénients que la voie buccale aussi celle qui nous paraît fournir le moins d’inconvénients est-elle la voie temporale (PAuLesco, Cu. Livon).
En analysant ici les travaux publiés par les auteurs, sans tenir compte du procédé employé, on arrive à diviser les résultats en deux catégories :
4° Ceux qui suivent l’hypophysectomie complète; ;
2° Ceux qui suivent l’hypophysectomie incomplète ou partielle.
Hypophysectomie complète. — La majorité des auteurs qui ont pratiqué l’hypophysectomie complète, arrive à cette conclusion que les animaux ne survivent pas (VASSALE et SAcCHI, DALLA VEDOVA, PIiRONE, CAsELLI, MaARINESCO, GATTA, Kreipz et Brepz, THAON, DE CYON, GEMELLI, PAULESCO, Cn, Livon, etc.). IL est vrai qu'un certain nombre d’autres (GAGLIO, FICHERA, FRIEDMANN et Maass, Lo Moxaco et Van RYNBERK, etc.) n’ont pas constaté, après l'hypophysectomie, de troubles notables de la santé.
Donc il est permis de dire que ceux qui ont conservé les animaux après hypophysectomie, n’avaient pas enlevé complètement l’organe, ou n’avaient fait que le dilacérer, laissant ainsi des débris en place.
On peut alors admettre que l’absence d’hypophyse entraîne la mort.
De quelle façon survient-elle ? Ici, il faut bien distinguer entre les troubles que l’on peut considérer comme des complications opératoires, et ceux réellement dus à l’absence de l’hypophyse.
On peut avancer que les principaux symptômes généraux dûs seulement à l’ablation de l'hypophyse, sont représentés par une asthénie générale, de l’apathie, de l’abattement, du ralentissement de toutes les fonctions, une sorte de somnolence qui précède le coma dans lequel les animaux meurent, présentant les symptômes d’une vraie
HYPOPHYSE. 339
cachexie rapide. Ces phénomènes ne suivent pas immédiatement J’opération, car généralement, quand les animaux sortent du sommeil anesthésique, ils se lèvent, marchent, lentement ilest vrai, et boivent : ce n’est que quelques heures après que ces phénomènes commencent.
Quelle est en moyenne la survie ? Ici, il y a encore un très grand désaccord entre les expérimentateurs.
Pour les uns elle n’est que de quelques jours, pour les autres elle est plus longue. C’est ainsi qu’elle serait de 2 à 3 jours pour Tnaon, Pauresco, CH. Livon : de 8 à 48 jours pour GarrA; de 12 à 16 jours pour Pirone; de 14 à 37 jours pour VassaLe et SAccHI; de 13 à 21 jours pour CAsecu1; de 26 jours pour DE Cyon; de 20 à 53 joues pour DALLA VEDOvA.
On peut de se demander si, dans les cas d’une survie un peu longue, quelques parcelles de l’hypophyse ne seraient ie restées, qui auraient permis à l’animal de survivre quelque temps.
Pour les autres symptômes signalés par plusieurs auteurs comme inconstants et transitoires : tels que difficulté dans la marche, mouvements convulsifs, incurvation du dos, rigidités partielles du tronc ou des membres, on doit les mettre sur le compte de lésions plus ou moins profondes de l'encéphale, car ils sont caractéristiques, et leur inconstance prouve leur origine.
Mais à côté de ces troubles généraux qu’observe-t-on du côté des diverses fonctions? |
Circulation. — Elle ne paraît pas immédiatement modifiée, mais cependant, quelques heures après, on constate une diminution notable du nombre des pulsations et un abaissement de température. |
Respiration. — Du côté de cette fonction, le seul symptôme qui soit à peu près
constant après l’hypophysectomie, c’est le ralentissement du rythme coïncidant avec
lPaffaiblissement général de l’animal. ,
Sécrétion urinaire. — Cette fonction présente des troubles divers, tels que : polyurie, avec urines de densité faible, généralement sans albumine ni glycose. et présentant une réaction alcaline (Vassaze et Saccar); d'autres auteurs ont signalé la glycosurie (Ca- SELLI) OU l’albuminurie (Garra); d’autres enfin ne trouvent aucune modification dans la sécrétion ; PAuLEsCO a constaté quelquefois que les urines des animaux opérés réduisaient la liqueur cupro-potassique, mais non d’une facon constante.
Développement. — Les expériences de G. Ficnera sur les poulets semblent démontrer que l’hypophysectomie arrête le développement sur les animaux en voie d’accroissement. Les expériences de GEMELLI, tendent au même résultat, puisqu'il a observé que l’hypophysectomie produisait un arrêt dans le développement squeleltique des jeunes animaux.
Ce qui ne confirme pas tout à fait les résultats de CERLETTI qui à obtenu un retard dans l’augmentation en poids et dans le développement squelettique, en pratiquant des injections sous-cutanées d’extrait hypophysaire.
En résumé, nous croyons pouvoir dire que, pour les phénomènes inconstants et transitoires signalés par les auteurs, après cette vivisection importante, il faut tenir compte des lésions possibles des parties cérébrales voisines.
Hypophysectomie partielle. — On peut dire d’une façon générale que l'ablation partielle de l’'hypophyse est compatible avec une survie plus ou moins longue. Les fragments de la glande qui restent sont suffisants pour assurer cette survie qni paraît justement être en rapport avec la dimension des fragments laissés.
PAuLESco, qui a étudié les résultats des ablations partielles, n’a observé aucun symptôme route et caractéristique.
Quelques animaux ont présenté des convulsions avant de mourir, mais leur inconstance semble prouver que ce ne sont que des troubles secondaires. F
PauLesco, dans son étude détaillée des ablations partielles, fait une différence entre l’hypophysectomie presque totale et l’hypophysectomie partielle comprenant :
1° L’ablation partielle de la substance corticale du lobeépithélial;
2° L’ablation de toute la substance corticale du lobe épithélial;
3° L’ablation totale du lobe nerveux;
836 HYPOPHYSE..
° L'ablation de la substance médullaire du lobe épithélial.
De toutes ces ablations partielles, c’est l’ablation totale de la substance corticale du lobe épithélial, ainsi que la cautérisation bilatérale de l’hypophyse, qui lui ont paru le plus se rapprocher de l’hypophysectomie totale ou presque totale.
A propos des ablations partielles, on doit signaler encore lés conséquences de la séparation de l’hypophyse de la selle turcique, et la séparation de l’hypophyse de la base du cerveau par la section de la tige pituitaire. Ces deux opérations donnent des résultats bien différents ; la première est inoffensive; la seconde, au contraire, équivaut à une hypophysectomie totale ou presque totale.
Tous les auteurs, D. PiRoNE, PauLESsco, CH. Livon, qui ont pratiqué des hypophysectomies partiellés, sont d'accord pour conclure que les animaux opérés présentent une survie quelquefois très longue.
Cette insuffisance Ne se manifeste-t-elle par des troubles particuliers ?
PauLesco, dans les cas de survie longue (5 mois, un au) n’a pas constaté de lésion trophique appréciable au niveau des extrémités (museau, membres).
Cependaut, Ca. Livon, dans un cas de survie de hui: mois après une ablation partielle, a constaté des troubles trophiques, caractérisés par une atrophie de tous les
rganes et un développement graisseux extraordinaire, l’animal était tout à fait obèsé. :
Ce cas est à rapprocher du fait, cité par Mapezunc, d’une jeune fille qui, après lésion de l'hypophyse par un coup de feu, vit se développer une obésité colossale; on a du reste cité les rapports existant entre l’obésité et les tumeurs de l’hypophyse; Mour, dès 1841; puis Fronzicx et Bercer. D'un autre côté Dercum et Burx ont observé plusieurs fois, différentes lésions de l’hypophyse dans les adiposes douloureuses locales (maladie de Dercuw).
Un fait signalé aussi par plusieurs auteurs, c'est que les tentatives d'extraction de l'hypophyse sur de jeunes animaux ayant survécu et qui, par conséquent, ont conservé des morceaux de glande, ont produit des arrêts de développement. Ce qui vient à l'appui de l'opinion de ceux qui prétendent que l’hypophyse joue un très grand rôle au point de vue des échanges nutritifs. Du reste Nargurx, de Saint-Pétersbourg, a montré que la dégénérescence de l’hypophyse diminue les oxydations, tandis que l’ingestion d'extraits hypophysaires les augmente.
Sérum hypophysotoxique. — Malheureusement, pour arriver sur l’hypophyse, il faut pratiquer des vivisections toujours sérieuses, et on est en droit de se demander si les
troubles observés ne sont pas le résultat de l'opération elle-même. C'est justement pour
éviter ces traumatismes que F. Masay, se basant sur les observations de DEmook et VAN Lixr sur le sérum antithyroïdien et les cytotoxines, a essayé de préparer du sérum hypophysotoxique.
Les résultats qu’il a obtenus sont très intéressants, et montrent le parti que l’on pourrait tirer d'expériences semblables. Il prépare ce sérum en injectant des hypophyses de chien, broyées avec de la solution physiologique, à des lapms ou à des cobayes de préférence, puis prenant le sérum des lapins ou des cobayes ainsi préparés, il l’injecte à de jeunes chiens avec précaution, à cause de l’anaphylaxie, qui a montré le danger des injections de sérum répétées trop souvent.
Dans ses expériences il a constaté que le sérum hypophysotoxique produisait toujours :
1° Amaigrissement dû à là régression musculaire et à la disparition graduelle du pannicule adipeux, même avec une bonne alimentation ;
20 Affaiblissement musculaire;
3° Affaissement du train DOsiérienr: démarche plantigrade, Écarteentie membres, courbure du dos;
‘40 Modifications du squelette, gonflement épiphysaire et déformations diverses.
En somme, une véritable cachexie dans laquelle les animaux finissent tous par tomber avant de succomber.
Cette cachexie semble bien être le résultat d’une aitération de l’hypophyse, car l'examen histologique de l’organe montre une altération profonde des cellules, dont les limites ont généralement disparu. Les noyaux nagent dans un milieu homogène. Plu-
AVMPOPAMSE;: 891
sieurs d’entre eux sont frappés de dégénérescence. Certains ont un aspect boudiné, d’autres ont subi la dégénérescence fragmentaire. La glande présente des lésions nécrotiques très graves. Par endroits on trouve un amas considérable de substance homogène qui contient des globules de sang. Cette matière forme dans la partie glandulaire un véritable lac, qui semble avoir détruit le parenchyme; sur les bords on trouve des noyaux isolés et nécrosés qui nagent dans cette substance.
Un organe dans cet état doit être incapable de toute fonction.
PARHON et GOLDSTEIN, eux aussi, ont préparé un sérum hypophysotoxique, mais son emploi ne leur a donné aucun résultat précis.
S TI, — Méthodes indirectes.
Après avoir cherché à résoudre le problème du rôle physiologique de l’hypophyse en s'adressant directement à l’organe, on s’est demandé si on ne pourrait pas arriver à des conclusions ,par la méthode indirecte, c’est-à-dire, en étudiant cet organe sous l'influence de conditions diverses, naturelles ou provoqfüées.
Influence de l'âge. — fl semble qu’à mesure que l'individu se développe, il se produit un'perfectionnement progressif, phénomène qui réfute l’opinion de ceux qui admettent que l’hypophyse est un organe rudimentaire en voie de régression. Les cellules présentent d’abord un mince protoplasma, mal coloré, avec un noyau arrondi. Elles sont éosinophiles, puis peu à peu elles se modifient et prennent la différenciation tinctoriale (TH40oN).
Chez les enfants de 12 à 15 ans, on ne retrouve pas le même aspect que chez l'adulte : il y a moins de colloïde, la fente RATE est nettement marquée, les vésicules sont moins apparentes, les cellules ne sont pas aussi volumineuses, elles ont l’air plus serrées, les noyaux sont plus rapprochés; le protoplasma n’a pas les affinités tinctoriales qu’il a chez l'adulte. À un examen superficiel, on dirait un organe lymphoïde, c’est l’aspect d'un organe riche en éléments sécréteurs jeunes (TH4oN).
Chez les vieillards, l’hypophyse conserve son aspect de glande en activité. Elle doit continuer à régler la trophicité de certains tissus de l’organisme: elle ne s'arrête pas à l’âge adulte, elle doit continuer son rôle de défense de l’organisme, les cellules sont volumineuses, bien colorées. Dans les vésicules du hile, il y a assez de colloïde, mais à aspect épais, plissé, comme desséché, c’est de la matière colloïde ancienne, inutilisée on en trouve rarement dans le reste de la glande : il n’y en a pas dans les capillaires (THAoN).
CaseLLi à décrit l'atrophie sénile de l’hypophyse : il a trouvé dans l’organe des néoformations conjonclives, mais il faut tenir compte des processus pathologiques; c’est ainsi que TH40N à constaté de la sclérose dans 4 cas de 70 à 85 ans, mais il s’agissait d'états pathologiques spéciaux : polyarthrite chronique, athéromasie généralisée, etc.
Il n’y a pas de différence entre l’ hypophyse de l’agneau et celle du bélier adulte.
Pour GuerriNr, chez le cobaye et le lapin, fœtus et nouveau-nés à la mamelle, les sécrétions sont moins actives que chez l’animal qui prend lui-même ses aliments, ce qui fait: dire à TH4oN : est-ce que la sécrétion de lhypophyse de la mère suffirait?
De toutes ces observations on ne peut tirer aucune conclusion relativement aux modifications dues à la sénilité. Il n’y a pas de type caractéristique, ce qui semblerait prouver que l’hypophyse ge un organe qui remplit pendant toute l'existence un rôle important.
Fatigue. — Dans la taligus et dans le travail musculaire exagéré, l’'hypophyse éprouve des modifications fonctionnelles qui ont été signalées par GUERRINI.
. Aux périodes initiales, correspond une hyperfonclion de la glande. Avec l’augmentation de la fatigue cette hyperfonction est un peu plus grande. Au delà d’une Ne limite, l'organe apparaît comme épuisé. Comme signe de l’hyperfonction on a : les cellules pleines de plasmosomes et de granulations, l'augmentation considérable de la substance colloïde dans les espaces interacineux, l augmentation des granulations dans les vaisseaux.
835 HY POPHYSE.
L’hypophyse se comporte comme dans les intoxications légères, la fatigue déterminant une intoxication légère. Elle hyperfonctionne également dans ce cas parce que, dans l’organisme, s’accumulent des substances anormales provenant des échanges.
On ne constate pas de multiplications cellulaires parce que le phénomène est de courte durée.
L’hypophyse hyperfonctionne chez les animaux tétanisés ou chez lesquels on transfase dans la circulation du sérum d'animaux tétanisés.
Rapports de l’hypophyse avec d’autres appareils glandulaires.
1° Glandes génitales. — Les phénomènes constatés du côté de l’hypophyse pendant la gestation, montrent qu'il y a un rapport évident entre cet organe et les glandes génitales de la femme. Ce rapport ne se manifeste-t-il que pendant la gestation, ou bien se montre-t-il dans d’autres états? Et chez le mâle existe-t-il un rapport analogue ?
On sait que les glandes génitales ont des corrélations physiologiques avec la thyroïde. Par analogie on peut penser que des rapports doivent exister aussi avec l’hypophyse.
La preuve de ces rapports est fournie par l’observation des malades chez lesquels l’hypophyse est altérée (gigantisme, acromégalie). On remarque en effet, chez ces malades, des insuffisances ou des malformations de développement des organes sexuels et de leurs annexes. Aussi y a-t-il manque de désir, absence de procréation, aménorrhée, atrophie des ovaires, de l’utérus, des mamelles et des testicules.
On sait que les glandes génitales (testicules, ovaires) ontune grande influence sur le développement du squelette : l’expérimentation a montré qu’il en était de même de l’hypophyse. On peut donc, en se basant sur la pathologie et l’expérimentation, établir un rapport physiologique entre les glandes génitales et l’hypophyse.
Il était tout naturel, pour vérifier cette corrélation, d'étudier comparativement l’hypophyse chez les animaux entiers et châtrés. THaon, dans ses examens histologiques et dans ses expériences avec des extraits, n’a pas obtenu de différences assez nettes ni de caractères assez tranchés pour arriver à une conclusion.
Mais, étudiant l’hypophyse chez des animaux châtrés et non châtrés, G. Ficuera a trouvé chez 50 coqs, poids moyen de l’hypophyse : 0 gr. 0133; chez 50 chapons: 0 gr.0267; IP moyen du cerveau des coqs, 3 gr. 35; — du cerveau des chapons : 3 gr.34.) Chez
5 taureaux, poids moyen de l’hypophyse : 3 gr. 35 ; chez 5 bœufs : 4 so Chez 5 buftles non Châtrés : 1 gr. 80; chez 5 buffles châtrés : 3 gr. 45.
Au microscope, il a constaté chez les animanx châtrés une re vaso-dilatation, des cellules volumineuses et nombreuses, à noyaux vésiculeux et à cytoplasme el nant en abondance de la substance éosinophile. Comparativement, chez les animaux normaux, les cellules sont rares.
Chez trois jeunes coqs auxquels il enlève les testicules et qu'il tue au bout de 5,20,
et 25 jours, il constate que les lésions histologiques se produisent en quelques jours
dans l’hypophyse. Injectant à 3 chapons de l’extrait testiculaire de coq et sacrifiant les animaux à intervalles divers, après les injections sous-cutanées, il constate qu'avec 1-2 injections, l’hypophyse des chapons revient au type de celle du coq. Si l’on cesse les injections, la modification disparaît.
Expérimentant sur des femelles auxquelles il enlève les ovaires, 3 cobayes et 3 lapines qu'il tue 10, 20, 30 jours après, il trouve l’hypophyse augmentée de volume.
Chez le cobaye 0 gr. 015 à 0 gr. 022 (au lieu de 0 gr. 015 poids moyen normal); chez la
lapine 0 gr. 02 à 0 gr. 031 (au lieu de 0 gr. 016 à 0 gr. 018 poids moyen normal). Les modifications Moto ne sont les mêmes que chez les mâles.
Il faut ajouter que FicrerA n’a pas trouvé de modifications dans les organes génitaux (testicules et ovaires) de 4 poulets mâles et femelles, auxquels il avait SRE l’hypophyse.
Cimoront à obtenu des résultats semblables à ceux de FranerA; BARNABO, après avoir enlevé un testicule et lié le canal déférent du côté opposé, a trouvé l’hypophyse augmentée de volume comme sur les animaux châtrés..
FRVÉOPEAMSES 839
Ces rapports peuvent donc être admis si l’on tient compte de la corrélation qui existe entre l’acromégalie, le gigantisme et l’hypophyse, et si l’on fait attention aussi que, chez les animaux châtrés comme chez les acromégaliques et les géants, il y à un plus grand développement du système osseux, dû surtout à une durée plus longue que la normale pour l’activité des cartilages juxta- -épiphysaires et du périoste.
2° Thyroides. — Une vraie parenté existe entre l’hypophyse et la thyroïde. Analogie au
oint de vue de l'origine embryonnaire ; ressemblances anatomiques, les deux organes présentant des cellules analogues et des vésicules remplies d’une même substance colloïde. Un seul caractère anatomique les distingue, c’est que les lymphatiques très nombreux dans la thyroïde, sont absents dans l’hypophyse.
SCHÔNEMANN, Boyce, BEaDLess, BurckaarDT, Core, PIsENTI et VioLa, VAssALE, KoCHER, HixspaLe, FourNIvAL, LANCEREAUX et Murray, Launois et Roy, etc., ont constaté des lésions associées ou compensatrices dans les altérations de l’une ou de l’autre.
SCHÔNEMANN sur 85 cadavres de goitreux a trouvé l’hypophyse hypertrophiée 84 fois; Core à trouvé l’hypophyse hypertrophiée chez les goîtreux. Chez un crétin myxœædémateux de 10 ans, il a trouvé l’hypophyse pesant 0 gr. 36, au lieu de 0 gr. 33, qui est son poids moyen à cet âge. Il y avait de la DS en abondance et une augmentation de cellules chromophiles.
Chez une femme goitreuse, Pisenrr et Vioca ont iruvé ESA NE hypertrophiée et VAssaLe dans un cas typique ie myxœdème avec thyroide petite et sclérosée a observé l'hypertrophie et l’hyperplasie de l’hypophyse.
Dans un cas de thyroïdectomie complète chez un jeune homme de 19 ans, mort à 23 ans avec de la cachexie myxædémateuse, KocHer a trouvé l’hypophyse pesant 18°,59 au lieu de 05,60 qui est son poids moyen àcet âge.
I faut ajouter que GouLon et ScHÜNEMANN ont constaté sur des crétins l’atrophie de lhypophyse et de la thyroïde, et Ponricx, dans un cas de myxædème congénital a observé les mêmes atrophies.
On trouverait donc de l’hypertrophie de l’hypophyse chez les goitreux et de l’atrophie chez les crétins myxædémateux.
D'un autre côté, dans les maladies dans lesquelles l’hypophyse est altérée (acromégalie, gigantisme), Souvent la thyroïde est hypertrophiée; quelquefois elle est atrophiée, mais, comme le fait observer TH4oN, rarement elle est normale.
Dans 36 cas d’acromégalie, HiNspALE a constaté 13 fois l’hypertrophie de la thyroïde, 12 fois de l’atrophie. Sur 24 cas, Fournivaz a trouvé la thyroïde hypertrophiée 19 fois. LancEeREAUx et Murray ont signalé la coexistence du goitre exophthalmique avec l’acro= mégalie.
Dans le gigantisme, le corps thyroïde a été trouvé hypertrophié. LaUNOIS et Roy l'ont rencontré pesant 250 grammes; BassoE 112 grammes, au lieu de 20 à 25 grammes qui est son poids moyen. Les follicules étaient distendus par une grande quantité de
colloïde.
| On peut ajouter que GLey et ElseLsBerG ont remarqué que la thyroïde joue un rôle important au point de vue du développement du squelette, etsi l’on rapproche la corrélation dont il a été question précédemment, qui existe entre l’hypophyse et les glandes. génitales, des relations de la thyroïde avec les ovaires et les testicules dans lantagonisme thyro-ovarien de PARHON et GoLDsTEIN, on constate entre toutes ces glandes des processus analogues.
D'ailleurs, Dasrre et GLev ont entrepris leurs recherches sur l’hypophyse, à la suite d'expériences sur la thyroïde, etils ont observé de grandes analogies entre ces deux organes; après la thyroïdectomie chez le lapin, Rocowirscx le premier, Sriepa, Hor- MEISTER ensuite, ont constaté une hypertrophie des cellules de lhypophyse, surtout des chromophobes, chez les jeunes lapins. Huit à quinze jours après la thyroïdectomie (Rocowrrsca), l’hypophyse pesait 4 centigrammes au lieu de 2 centigrammes qui est son poids normal. Le protoplasma cellulaire était très développé. En laissant les parathyroïdes et en évitant les accidents aigus de la thyroïdectomie, HormeistTeR a obtenu une survie beaucoup plus longue et une hypertrophie bien plus grande avec hyperhémie. La glande est modifiée dans sa structure, au lieu des cellules granuleuses, on trouve des cellules avec un corps agrandi, la substance colloïde est plus abondante.
-S40 HY POPHYSE.
Une partie se présente plus ou moins vacuolisée, l’autre dans un état de désintégration granuleuse.
Toutes les cellules ne se colorent pas de la même façon, et, même dans la cellule, il y a des points qui se colorent mieux que d’autres par le carmin. Les vaisseaux sont dilatés et généralement pleins de globules sanguins. Pour l’auteur, lhypophyse serait un organe complémentaire à la glande thyroïde, la substance colloïde ne pouvant plus se former dans la thyroïde se formerait dans l'hypophyse.
ScawarTz a constaté l’hypertrophie de l’hypophyse dans l’hypothyroïdisme. GLey, chez un lapin thyroïdectomisé, a trouvé une hypophyse pesant 10 centigrammes. Tizzonr et CENTANNI, expérimentant sur le chien, chez lequel le poids de l’hypophyse ne varie pas beaucoup, constatent qu'après la thyroïdectomie non seulement il y a hypertrophie, mais encore des lésions cellulaires. LEONHARDT a vu qu’en pareil cas il y avait, avec de l’hypertropbhie, de l'hyperplasie. Les mêmes constations d’hyperitrophie ont été faites par HorsLey, ÉISELBERG, LUSENNA, elc. Cependant BLumreicH, JacoBy, TraïNa et d’autres n’admettent pas cette hypertrophie.
ALQUIER, qui à pratiqué sur des chiens des thyroïdectomies totales en un ou deux temps, des thyroïdectomies unilatérales avec ou sans ablation d’une parathyroïde du côté opposé ou d’une partie de l’autre thyroïde, a toujours constaté une augmentation de volume de l'hypophyse avec hyperfonctionnement, hyperproduction de substance colloïde, état vésiculeux du noyau, sans karyokinèse, et, dans certains cas, il a trouvé des signes de dégénérescence en même temps que de l’hyperfonction.
THaon a thyroïdectomisé complètementun jeune bélier en laissant les parathyroïdes. Sacrifiant l’animal au bout de 40 jours, il n’a pas constaté l’hypertrophie sigualée par Ja plupart des auteurs, mais, de la tendance à l’hyperplasie avec lésions cellulaires très manifestes. Les cellules glandulaires étaient volumineuses, en travées serrées et nombreuses, la substance colloïde était abondante, il y avait de nombreux amas de noyaux; le tissu conjonctif du lobe postérieur n’était pas modifié. Les cellules présentaient des lésions au début : vacuolisation du protoplasma, et, par endroits, état homogène de la cellule. Quelques noyaux, même, étaient altérés et présentaient tantôt des fragmentations de leur réseau, tantôt au contraire un aspect condensé anormal (pycnose).
Ta4oN n’admet pas qu'il y ait suppléance : pour lui les lésions sont occasionnées par un trouble humoral {suppression d’une fonction antitoxique par exemple) créé par la suppression de la thyroïde.
CimoRoNI, qui à étudié l’hypertrophie de l’hypophyse survenant à la suite de la thyroïdectomie, arrive aux conclusions suivantes : l’hypertrophie de l'hypophyse à la suite de l’ablation de l’appareil thyréo-parathyroïdien est due à l’ablation des thyroïdes et non des parathyroïdes; l’examen histologique montre un caractère spécifique à cette hypertrophie, par la présence de cellules spéciales remarquables surtout par leur gros volume, et qui ne ressemblent pas à celles que fournit l’examen histologique après la castration. La formation de ces éléments doit, suivant toute probabilité, être attribuée à l’augmentation de l’activité fonctionnelle d’un ordre particulier de cellules hypophysaires, lesquelles ne sont pas nettement différenciables en conditions normales et dans l’hypertrophie consécutive à la castration, mais qui ne deviennent évidentes en augmentant de volume qu'après l’ablation de la thyroïde.
Il faut ciler encore les expériences de GATTA, qui, sur 4 chats, enlève la thyroïde et détruit l’hypophyse, mais dont les animaux ne vivent que trois à six jours, et celles de CaseLLt, qui, pour étudier les relations fonctionnelles pouvant exister entre l’hypophyse et la thyroïde, enlève sur à chats et 2 chiens l’hypophyse, les parathiyroïdes et une thyroïde et dont les animaux meurent en trois ou quatre jours, sans présenter les accidents moteurs qui suivent l’extirpation des parathyroïdes. Sur 8 chiens, le même auteur enlève les parathyroïdes, et, pendant la tétanie, il enlève l’hypophyse : la tétanie se modifie, les accidents moteurs font place à de la paralysie, à du coma, et la mort arrive en un ou deux jours. Puis il pratique la thyroïdectomie sur 6 chiens préalablement hypophysectomisés, et il arrive à cette conclusion que l’hypophysectomie aggrave Îles effets de la thyroïdectomie sans en altérer les symptômes, mais en en accélérant l’évo-
ution.
HYPOPHYSE. : 841
F. Masay, dans une nouvelle série d'expériences, a cherché à expliquer ou mieux à démontrer, la suppléance fonctionnelle qui peut exister entre la thyroïde et l’hypophyse. Sur des chiens d’âges variés, il a pratiqué la thyroïdectomie. Dès les premiers symptômes d’hypothyroïdisme, il a soumis ses animaux à des injections sous-culanées d’émulsion faite avec de l'extrait sec d’hypophyse. Il n’a pas constaté de résultats importants, et même, la mort a paru arriver plus vite. Les résultats ont été identiques avec des extraits faits avec des hypophyses fraîches de chien.
DE Cxon envisage d’une autre façon le rapport qui existe entre les deux organes. Pour lui, c’est un rapport mécanique et chimique. L’hypophyse répond à sa destination physiologique en tant que régulateur de la pression intra-cranienne, en ce sens que, lorsque cette pression vient à augmenter dans de trop grandes Proportion. elle met en mouvement le mécanisme de la thyroïde, qui ne comme une écluse, et qui à le pouvoir de diminuer l’afflux du sang vers le cerveau par la voie des carotides internes, et en même temps d'augmenter considérablement son écoulement par les veines du cerveau, et, comme l’hypophysine agit encore plus que l’iodothyrine, l’hypophyse hypertrophiée peut, dans les cas de maladie ou de destruction de Ja thyroïde, empêcher les suites mortelles de l'insuffisance thyroïdienne, au moins en partie, et pendant
. quelque temps, l'hypophysine remplacant DEN dans ses effets sur les nerfs
cardiaques et dans le métabolisme.
Comme la plupart des auteurs, il a constaté l'hypertrophie hypophysaire après la {hyroïdectomie, mais, pour lui, cette hypertrophie n’est pas suffisante pour contrebalancer les effets nuisibles de la thyroïdectomie sur Le système nerveux cardiaque, que ce soit des filets du vague ou du sympathique.
De l’ensemble de tous ces travaux, on ne peut que conclure à l'existence d’une corcorrélation évidente entre l’hypophyse et la thyroïde. Mais, que l’on admette la lhéorie
humorale ou mécanique, on se heurte toujours à des faits contradictoires. Est-ce un ‘simple rapport de suppléance fonctionnelle? Les injections d'extrait hypophysaire
semblent démontrer que ce n’est pas dans une action aussi simple que se limite la corrélation entre ces deux organes, et d’un autre côté, il serait difficile d'admettre que, lorsqu'on enlève les thyroïdes, elles puissent être remplacées pendant quelques jours par un organe aussi petit que l’hypophyse, tandis que lorsque l’on enlève l’hypophyse, les thyroïdes, bien plus grosses que l’hypophyse, ne paraissent la suppléer en rien.
Est-ce un rapport mécanique? Cette théorie comme les autres, est difficile à concilier avec bien des faits : l’origine purement sympathique des vaso-dilatateurs de la thyroïde, et la vaso-constriction intense que produit dans la thyroïde l’extrait hypophysaire (Har- LION et CARRION).
Donc, tout ce que l’on peut dire, c’est qu'il y a corrélation maïs non suppléance. Il y a même un rapprochement au point de vue chimique. On trouve en.effet dans les deux organes de liode (Baumann, ScaxiTzLer et Ewarp), du brome |PapEri) et des traces d’arsenic (A. GAUTIER).
3° Capsules surrénales. — Des relations fonctionnelles analogues aux Drécédentes paraissent exister entre l’hypophyse et les capsules surrénales. Mais ici la pathologie n’a pas fourni comme pour la thyroïde un contingent d'observations : aussi les faits ne sont-ils pas nombreux, ils se bornent aux observations de Boxer, MARENGHI, DE SAJoUs, À. DELILLE, OPPENHEIM, Laver.
BoinET, ayant enlevé les capsules surrénales sut cinquante animaux, à trouvé quatre fois l’hypophyse augmentée de volume. MARENGur, de son côté, examinant l'hypophyse de cobayes, de lapins et de chats auxquels il avait enlevé les capsules surrénales, a trouvé de nombreuses figures karyokinétiques et GoLei trouve que ces expériences parlent en faveur d’une suppléance. 11 y a là l’indication de recherches à faire, car les faits sont trop peu nombreux pour arriver à une conclusion quelconque.
Cependant ne Sasous prétend que l’hypophyse gouverne les fonctions des capsules surrénales, grâce à des connexions nerveuses bien déterminées (nerf hypophyséo-surrénal). |
Rénon et À. DELILLE ont Dee que les injections répétées d'extrait total d’hypophyse provoquent l’hyperfonctionnement et l’hypertrophie des surrénales, tandis que