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LES ATTAQUES CONVULSIVES ET LES ZONES HYSTÉROGÈNES

Parmi les stigmates de l’hystérie, c’est-à-dire parmi les accidents essentiels et caractéristiques de cette maladie, nous rangeons les attaques convulsives.

Dans la courte étude historique que nous avons écrite au début de ce travail, nous avons vu que, pour les premiers auteurs qui ont essayé de délimiter ce trouble du système nerveux, l'attaque convulsive avait été toute l’hystérie. HiPPOCRATE, GALIEN rattachaient la: crise convulsive à l’ascension du globe utérin vers la gorge, et le nom même, d'hystérie n’est venu que de cette interprétation des crises convulsives.

Avec SypENxam la conception nosographique de l’hystérie s'étend ; la crise convulsive n’en est plus un stigmate indispensable. BriQuET aussi n’y voit qu’un accident relativement rare, puisqu'il ne l’observe que sur la moitié de ses malades. Enfin, pour la plupart des auteurs contemporains, l’attaque hystérique, tout en ayant des caractères. très spéciaux, qui permettent un diagnostic immédiat de l'affection, est loin d'exister chez tous les malades hystériques. Seul, BERNHEI», revenant à la définition primitive,

considère que la crise convulsive, mise en jeu de l'appareil émotif hystérogène, est le caractère essentiel, nécessaire ét suffisant de l'hystérie : tous les autres accidents rapportés à tort à l'hystérie doivent se ranger dans le groupe des « innombrables psycho-névroses d'origine émotive, suggestive ou traumatique ». (BeRNHEIM. Conception du mot hystérie. Paris, 1904.)

Nous resterons dans la tradition classique, et, puisque le sens du mot hystérie s’est considérablement étendu, nous continuerons à ranger sous cette étiquette les faits qui ont été réunis par des études cliniques innombrables et dont nous éssayons de déterminer daus ce travail le caractère commun. Quant à la crise hystérique, à l’attaque convulsive, nous la regarderons comme un accident, non pas constant, maïs fréquent, chez les Halades qui présentent ou ont présenté d’autres accidents dits hystériques. $es caractères si particuliers, ses causes, qui relèvent, semble-t-il, d’un désordie dans le fonctionnement du système nerveux, nous permettront de pénétrer plus avant dans lé mécanisme psychophysiologique de l’hystérie. Aussi est-ce à bon droit que là plupart des auteurs en font un stigmate des plus nets, des plus spontanés et pratiquement des plus faciles à reconnaître.

Formes de l’attaque d’hystérie. — Les attaques apparaissent souvent chez un jeune sujet hystérique, à la suite d’une émotion, d’un chagrin, d’une peine. Elles sont caractérisées par un ensemble de phénomènes physiologiques et intellectuels, très nombreux et encore mal définis. Pour mettre un ordre relatif dans la description de cet accident, nous passerons en revue les différents aspects sous lesquels peut se présenter ja crise d'hystérie.

1. Attaque d'hystérie simple. — Le plus ordinairement et dans les formes les plus simples et les plus faciles à interpréter, l'attaque d’hystérie ne diffère pas des manifestations d’une émotion excessive. En effet, à la suite d’une émotion violente et pénible

presque toujours, la malade est prise leon d’une constriction à la gorge, et d'une.

oppression gênante. La respiration devient suspirieuse et angoissée, les yeux se.convulsent ét se pâment, la malade tombe à la renverse, gémit, tandis que les membres, lé tronc, le bassin sont secoués de mouvements plus ou moins rythmiques. Cet état se prolonge plus ou moins longtemps et se termine par une crise de larmes abondantes ou par une crise de rire.

N'est-ce pas ici la reproduction d’une émotion violente? « Au moment d'une émotion brusque et vive, dit Briquer, la femme a de la constriction à l’épigastre, elle ressent de l'oppression, son cœur bat, quelque chose lui monte à la gorge et l’étrangle, enfin elle ressent dans tous les membres une mollesse qui la fait en quelque sorte tomber, ou bien elle éprouve une agitation, un besoin de mouvement qui fait contracter ses muscles : c’est bien là le modèle exact de l'accident hystérique le plus commun, du spasme hystérique le plus ordinaire. »

Il ne faudrait pas croire toutefois que l'attaque hystérique reproduise exactement ce tableau dans tous les cas. « Les variétés d’ attaques sont infinies, dit GILLES DE LA TUURETTE, étant donné que chaque sujet imprime à sa crise un cachet personnel et pourtant fort variable, Par exemple chez telle malade, ce qui domine, ce sont les phénomenes convulsifs et la crise. Après une aura assez rapide, constituée par une sensation d’étouffement, la malade tombe à terre, perd plus ou moins connaissance, et s’agite d’une façon

désordonnée, les bras, les jambes, le tronc, la face, la bouche, [ous les muscles peuvent.

s’agiter pendant l’altaque. »

Dans d’autres cas, la crise est constituée par üne Sorte de syncope incomplète. La malade se laisse tomber, reste plus ou moins immobile, les yeux fermés, le: niémbres flasques. Toutefois les battements du cœur sont normaux, bién que le pouls soit très faible, d’après Briquer; la respiration est ralentie, mais régulière.

L'attaque peut être constituée par la simple exagération des accidents de l'aura.

La sensalion d’une boule qui remonte jusqu’au cou s’accentué à tel point que la malade redoute de mourir étouffée, « La femme, dit AMBROISE PARÉ, auparavant que ces acci-

dents adviennent, sent monter de sa matrice une très te douleur jusqu’à sa bouche, à l'éstomact et au cœur, et lui sernble qu elle state et dit Seulir monter. quelque morceau ou autre chose qui lui clost le gosier avec grand battement de cœur. »

Il est probable que cette sensation de boule ou de globe hystérique est due, comme

le pensait GEORGET, à un spasme des muscles de l’œsophage, du pharynx et du larynx. Cette variété de crise, désignée par les anciens sous le nom de suffocation de matrice, a élé décrite avec beaucoup de précision par BRIQUET. « Après quelques heures d’anxiété, l'épigastre se serre, 1l semble qu’un poids considérable presse la région épigastrique ou qu'une corde serre la base de la poitrine : une douleur déchirante et très vive se fait sentir en cet endroit; des palpitations se déclarent pendant lesquelles le cœur semble soulever la poitrine : la violence des battements et le sentiment de souffrance sont tellement grands, que la malade semble craindre que le cœur ne se rompe dans la poitrine. Ces battements sont extrêmement rapides et précipités. Les muscles de la poitrine, bien que convulsés et faisant éprouver le sentiment de la suffocation et de l’étouffement, se contractent néanmoins très rapidement et précipitent la respiration au point de provoquer cent inspirations par minute. Une sensation très douloureuse semble monter à la gorge sous la forme d’un globe et, arrivée là, y provoque une stran-

gulation qui cause la douleur déchirante la plus vive et pendant laquelle la malade $ q P P q

paraît près d’étouffer. Alors la déglutition devient complètement impossible. Une violente douleur éclate dans la tête, les mains s’agitent, se crispent involontairement, l'intelligence néanmoins se conserve tout entière. Cet état de souffrance est quelquefois porté à un degré effrayant et dure pendant quelques heures; puis des sanglots éclatent, des pleurs surviennent, les urines coulent claires et abondantes, et Lous ces accidents se calment en laissant après eux de la céphalalgie, des douleurs de l’épigastre, aux côtes, dans le dos, et un sentiment de brisement et de courbature dans les membres. »

Enfin, au cours de l’attaque peuvent apparaître des accidents nouveaux qui lui donnent une forme un peu différente, attaque de tic, reproduction persistante de même mouvement, contorsions et jongleries, etc. À l’occasion de l’attaque, la fantaisie et l’imagination de malades semblent se donner libre cours. Après le début de l’attaque, « la

représentation commence, dit PrerRE JANET; elle danse et tord son ventre à la façon des

bayadères, puis elle se roule par terre, exécute des mouvements de bassin bien caractéristiques, elle saute debout sur ses pieds, lève le bras droit en l’air et appuie la tête contre lui en gardant une posture fixe, ou se met à genoux comme pour prier. Au milieu de ces actes, elle entremêle des cris, un cri rauque et aigu, puis le miaou des chats,

l’aboiement des chiens, ou bien elle répète des mots à la RER des petits enfants : « ZOz0,

ma nounou, tatata », etc. ; enfin elle n’oublie pas les gros mots ni les injures dont. elle possède à ce moment un riche répertoire. Tout cela dure à peu près une heure. » Tous ces actes sont les produits de l’imagination déréglée. de la malade, et ils sont pour une large part volontaires et, semble-t-il, destinés à intéresser et à étonnet le spectateur. Une malade dans la solitude ne présente pas des crises aussi intéressantes. D’ailleurs, lorsque ces crises prennent une allure fantaisiste, on remarque que les malades ont la conscience de leur attaque et en conservent un souvenir exact.

. Attaques d'idées fixes : les extases, attaques délirantes. — Ces faits nous etre sent à une nouvelle catégorie d’attaques, où les phénomènes intellectuels prédominent et où les accidents physiologiques de l’attaque s’atténuent jusqu’à disparaître complètement. Cette variété Fataque hystérique a été très bien décrite et étudiée par PIERRE JANET.

Le plus souvent, pendant l’attaque, qui apparaît toujours dans les mêmes conditions, les malades restent immobiles, parfois à peu près complètement inertes, les yeux clos en général. Ces attaques ont été souvent décrites sous le nom de sommeil hystérique. Certaines malades sont complètement flasques, les autres présentent un certain degré de raideur et reprennent avec entêtement leur position primitive quand on essaye de la modifier. En interrogeant ces malades soit par l'écriture automatique, soit à la fin de l'accès lorsque le souvenir persiste encore, P. JANEr s’est aperçu qu’elles ne sont pas sans pensées, elles sont au contraire absorbées par une série de pensées obsédantes. Les idées les plus variées peuvent ainsi apparaître pendant l'attaque comme dans le rêve, elles se présentent presque toujours sous la forme d’images extrêmement vives ou complexes qui donnent à la malade l'illusion de la réalité. Ce sont des images visuelles, reproduction des scènes qui ont jadis vivement impressionné le sujet, Ce sont aussi des images verbales et auditives : la crise est en effet remplie par un long bavardage intérieur.

Chez un certain nombre de ces malades, le rêve qui les obsède se traduit par une attitude : la malade pendant toute l’attaque se maintient les mains en prière, les bras en croix, etc. Les extatiques qui prennent la pose de l’Immaculée Conception, ou qui reproduisent les attitudes du Christ, appartiennent à cette catégorie.

Enfin, chez un certain nombre de malades le rêve s’extériorise en paroles. Ce sont des malades qui, suivant l’expression de Pau, RIcHER, « parlent leur rêve au lieu de le jouer ». Ces faits nous conduisent aux attaques de délire par une transition régulière,

Pirees à défini en effet les attaques de délire, « des crises aiguës d’excitation .

délirante qui surviennent quelquefois chez les hystériques à titre d’équivalent clinique des attaques convulsives complètes et régulières ».

« Tous ces accès de manie aiguë se ressemblent, dit-il encore ; quelle que soit leur cause, ils sont toujours caractérisés par la surexcitation du corps et de l'esprit, par l’agitation désordonnée des membres, par des clameurs incohérentes. Les malades qui en sont atteints crient, chantent, rient, gesticulent à tort et à travers, déchirent leurs vêtements, injurient leurs gardiens, et cela sans suite, sans discernement, comme s'ils

étaient poussés par un besoin automatique et irrésistible d'activité. La manie hystérique

ne diffère guère de la manie simple ou de la manie épileptique que par son étiologie. » (Des attaques de délire hystérique. Gazette hebdomadaire de médecine et de chirurgie. 1891/0241)

Ces attaques délirantes s’observent dans les deux sexes; mais elles sont beaucoup plus fréquentes chez l’enfant. Briquer en cite plusieurs exemples : « Ces attaques, dit-il, surviennent surtout chez les sujets jeunes, et principalement chez ceux dont l’intellirence est fort avancée, et dont l’imagination et l’impressionnabilité sont très vives. Elles riennent ordinairement comme les autres attaques à l’occasion d’une émotion ou d'un trouble quelconque accidentellement survenu. »

Le pronostic de ces états délirants n’offrirait aucune gravité, et d’après GILLES DE LA TouRETTE, 1ls ne passeraient jamais à l’état chronique.

3. Les attaques dé sommeil. — Les faits que nous venons de passer en revue se relient les uns aux autres et constituent les attaques dans lesquelles prédominent de plus en plus les phénomènes intellectuels.

Une autre catégorie de faits comprend les crises qui ont été décrites sous le nom d'attaques de nel

Le plus souvent, à la suite d'accidents convulsifs ou d’autres accidents hystériques, le sujet tombe dans le sommeil. Il paraît endormi profondément. La respiration est très calme, souvent ralentie, descendant quelquefois à dix mouvements d’inspiration et d'expiration par minute. Le pouls est régulier. L’anesthésie paraît totale ; par contre, la résolution musculaire n’est pas complète et souvent on note un certain degré de contraction, surtout des muscles masticateurs et aussi des paupières qui présentent une sorte de frémissement.

La durée des attaques de sommeil est très variable ; elle est de quelques heures en général, mais peut se prolonger pendant des semaines ou des mois. On a signalé des crises de sommeil de plusieurs années, mais leur authenticité est douteuse.

L'état de sommeil se termine lorsque la malade se réveille spontanément ou à la suite d’une attaque.

Le sommeil hystérique peut revêtir une forme différente. DeBove et AcHaRD ont décrit l’apoplexie hystérique. Le malade tombe brusquement dans le coma. Ce début subit, sans accident antérieur, s’observe surtout chez l’homme, et n’était son apparition à la suite d’une émotion vive, d’une peur, d’un choc moral, il serait parfois fort difficile d’en reconnaître la nature.

Il faut rapprocher de ce fait les cas de mort apparente, désignés sous le nom de léthargie. Les fonctions vitales paraissent ici complètement abolies, et il est certain qu’autrefois tout au moins, on a pu confondre cet état avec la mort réelle. « Les fonctions du cœur et des poumons paraissent suspendues ; le pouls est insensible et la chaleur animale semble entièrement éteinte : les malades sont froids, pâles, immobiles et restent dans un état plus ou moins prolongé de mort apparente qui peut se terminer par l'extinction totale de la vie. » (L. Vizcermay. Traité des maladies nerveuses ou vapeurs, el particulièrement de l’hystérie ou de l’hypocondrie, 1816. Tome 1, p. 64.)

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Ce sont là, d’ailleurs, des accidents fort rares; nous, reviendrons sur ces faits de sommeil prolongé et de léthargie, lors de l’étude des troubles trophiques dans l’hystérie.

4. La grande attaque hystérique de Charcot. — Nous aurons terminé l’énumération des principales formes des attaques hystériques quand nous aurons rappelé la description systématique donnée par CHarcor de la grande attaque hystérique. Dans cette étude, nous suivrons la description si complète de Pauz Ricer.

L'attaque est précédée d’une période prémonitoire icaractérisée par des troubles psychiques ou d'ordre sensitif ou sensoriel. Le caractère se modifie, la malade devient triste et irritable, et pressent son attaque. Elle se plaint de sensations anormales, elle ressent l’aura ovarienne ou abdominale qui était attribuée par les anciens auteurs à une ascension de la matrice vers la gorge. Après cette période prémonitoire, la crise éclate. Elle évolue, d’après CHarcor, en quatre périodes.

a) Première période ou période épileptoïide. Averti par l’aura de l’arrivée de sa crise, le sujet se laisse tomber à terre ou s’étend sur son lit, sans pousser de cri, ce qui constitue une première différence avec l'attaque épileptique. À partir de ce moment et pendant toute la première période de l'attaque, la perte de connaissance est complète, d’après Cnarcor. Les convulsions épileptoïdes qui caractérisent cette première attaque évoluent en trois phases : phase tonique, phase clonique, phase de résolution musculaire.

Les convulsions toniques varient avec chaque malade. La tête se raïdit et se renverse en arrière, faisant saillir le cou qui se gonfle. Les yeux convulsés cachent habituellement leur pupille sous la paupière. La respiration se ralentit et s'arrête par longues pauses. Après quelques mouvements assez lents, le sujet s’immobilise, le corps contracté et tendu. En général le malade est dans l’extension complète et dans le décubitus

dorsal : Le corps raidi, comme uné barre de fer, repose sur le dos ou sur l’un des côtés. Mais

parfois les membres sont dans les positions les plus bizarres, diversement fléchis ou étendus : le corps courbé en arrière peut ne s'appuyer que sur les pieds et sur la tête, dessinant un arc de cercle. La respiration est suspendue.

Bientôt survient la phase clonique : la respiration suspendue se rétablit péniblement, « puis elle s'effectue dans le plus grand désordre, l'inspiration est sifflante, l’expiration saccadée, il y a parfois des hoquets, des mouvements bruyants de déglutition se produisent, le ventre est agité de secousses et de borborygmes sourds » (Ricaer). En même temps, dé brèves et dé oscillations, commençant par le membre tétanisé le HÉROS se généralisent aux autres membres et au tronc.

Puis le calme revient peu à peu, les convulsions disparaissent et font place à la troisième phase de résolution musculaire.

En général cette première période épileptoïde dure quatre à cinq minutes.

b) La deuxième période de la grande attaque se caractérise par les grandes convulsions « rappelant les sauts, les tours de force qu’exécutent les clowns dans les cirques, d’où le nom de période de clownisme que lui a donné Cnarcor ».

Ces attitudes illogiques revêtent les aspects les plus variés et les moins attendus : arc de cercle; la tête et les pieds reposant sur le lit, ou bien le tronc se courbe en formant un arc à convexité postérieure, ou encore s’incurve latéralement. À ces attitudes illogiques succèdent immédiatement de grands mouvements désordonnés, extrêmement violents ; plusieurs hommes vigoureux peuvent à peine maintenir une femme débile à l’état normal. | '

La troisième période comprend les attitudes passionnelles. Ces attitudes traduisent le rêve de la malade et varient avec chaque sujet. En sa mimique et ses gestes, la malade exprime ses préoccupations habituelles, et les scènes de sa vie qui l’ont le plus fortement émue.

Les rêves se cb dent, tantôt terrifiants, tantôt joyeux. En éHerat à la fin de cette

période, les malades se voient environnés d'animaux réels ou fantastiques. Puis les atti-

tudes passionnelles se font de plus en plus rares et la malade arrive à la quatrième période de la crise.

Cette période, assez courte en général, parfois prédominante, est constituée par un délire de mémoire, où la malade revit encore les phases de son existence passée : il est gai, triste, mystique ou obscène, suivant la personnalité de la malade.

Puis la malade revient à elle. La durée d'un PARAATEME, SORAHSIE de cette ordre est en général de 15 à 30 minutes. | , | RE

Tel est le cadre dans lequel, d’ après CHaRcoT, S Cent les Dr yut es conyulsifs de l'hystérie. Suivant les cas, on observerait la prédominance de telle ou telle partie de la crise, mais toujours on retrouverait plus ou moins marquée la succession des AUBÉE périodes de la crise d’hystérie normale.

Cette notion n’a pas été acceptée en dehors de la Sabatier et de ete de are. La plus grande objection qui a été élevée contre cette conception, c’est que spontanément il est très rare d'observer des paroxysmes convulsifs présentant cette évolution régulière en quatre périodes. C’est l'opinion soutenue d’abord par BERNHEIM, Dénnne, PrerREe JANET, et communément admise aujourd’hui.

Lorsque CHARcOT professait à la Salpêtrière, le plus grand nombre des malades présentaient des crises régulières. et du même type. Mais limitation et Fentrainement jouaient un grand rôle dans le développement de ces accès convulsifs. L’ hystérique en état de crise est en effet suggestible, et il est aussi facile de diriger l’accès dans le sens que l’on désire, que de l’arrêter. Pour reprendre une expression de BERNHEIM, les phénomènes décrits à la Salpêtrière étaient de « l'hystérie de culture »,

Nature des crises hystériques. — Dans les pages qui précèdent, nous venons de

passer en revue les différentes manifestalions des attaques d’hystérie. L'attaque primi-.

tive et originelle, qui ne parait être qu’une émotion exagérée, peut, nous l’avons vu, se modifier considérablement, suivant que prédominent les accidents de suffocation, d’excitation cérébrale, un état de dépression qui conduisent de l’évanouissement hrsténioe à l'attaque de sommeil et à la mort apparente.

Dans certaines conditions artificielles, la crise peut prendre le fe complexe décrit par CHARCOT, et où semblent parvenir à leur maximum les désordres convulsifs et les états délirants. Mais au-dessous de ces manifestations, nous trouvons toujours l’état émotionnel primitif. JANET, qui a consacré à ces questions une étude psychologique intéressante, a montré que l’on découvrait toujours un rêve émotionnel sous-jacent à ces mani-

festations si variables. Nous pouvons donc admettre que la crise hystérique relève de la

malléabilité de l’organisme, de la facilité pour les états de peine ou de joie à déterminer des réactions émotionnelles excessives, et peut-être plus encore du défaut d’inhibition, du défaut de volonté pour arrêter les manifestations désordonnées de l'émotion.

L'étude étiologique vient confirmer cette vue, et tous les auteurs ont insisté sur la fréquence des émotions vives à l’origine de ces accidents. La première crise apparaît anrès un choc moral, chagrin, peur, etc. Une fois la crise constituée, si personne ne vient donner à l’hystérique, par une parole énergique, le pouvoir d’arrêter l’accès, si l'entourage le favorise par son empressement, par des soins inutiles, ou Sa Ficalité à s’émouvoir à son tour, la crise, loin de diminuer, va prendre un nouyeau développement. Les accès apparaîtront à toute émotion un peu forte et bientôt ils surviendront sans motif appréciable. La malade paraît s’abandonner à ses émotions avec une absolue

passivité et la crise devient bientôt une habitude. Elle se reproduit sans cesse, joniours

avec les mêmes caractères, qui, une fois acquis, restent indéfiniment fixés.

Un second caractère, c’est que ‘la conscience n’est jamais complètement abolie. Tout contribue à.le prouver. Comme DéJERINE le fait souvent remarquer, une crise d’hystérie violente ne s'accompagne d'aucun traumatisme sérieux, il est même fréquent après l’accès de ne constater aucune ecchymose. La différence est grande à cet égard avec les

accès épileptiques. La persistance de la conscience se manifeste aussi par la suggestibi-

lité de la malade pendant la crise. BErNHEIM a insisté avec beaucoup de justesse sur ce point : il donne l’exemple typique d’hystériques en pleine crise, chez lesquelles par simple énonciation à haute voix on peut faire apparaître tous les phénomènes que l’on désire. L'influence de la suggestibilité est démontrée par les épidémies de crises convulsives, dans les couvents, dans les pensionnats. D'où la règle très sage de ne jamais réunir dans une même salle et de ne jamais laisser communiquer librement des hystériques atteintes d'accidents convulsifs, sous peine de voir les malades s’entraîner pour ainsi dire dans leurs manifestations morbides.

. Gela nous amène à signaler un dernier caractère de ces accidents, qui est leur curabilité. Il est aussi facile de les arrêter par un traitement approprié que de les développer

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