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DICT, DE PHYSIOLOGIE, — T, VII, ; . Ù

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TS as HYSTÉRIE

d'hystérie peut retentir d’une facon momentanée sur la nutrition et se traduire par une modification appréciable dans la composition des urines. Comme nous le verrons,

parmi les troubles nutritifs décrits chez les hystériques, c'est peut-être le seul qui

résiste à la critique.

IT. — L’ischurie et la polyurie hystérique. — Signalée par quelques anciens au-

teurs, l’ischurie hystérique fut décrite à nouveau par Nysrens en 1811, qui fut d’ailleurs

victime de la supercherie d’une malade comme il dut le reconnaître lui-même. L’ischurie hystérique ne reprit droit de cité que par le travail de Lavcocx en 1839 et surtout par les recherches de Caarcor en 1873. À la suite des publications de Cnarcor parais-

saient sur ce même sujet plusieurs mémoires de Ferner, Boucuarp, EMPEREUR, dont nous devrons discuter la valeur. | ;

D'après Cuarcor, l’ischurie hystérique peut se présenter sous deux formes.

Passagère, elle se traduit par l’absence d'urine pendant 24 ou 48 heures, après une attaque convulsive, à l’approche des règles, etc., mais la sécrétion se rétablit rapidement et tout rentre dans l’ordre.

Permanente, l’ischurie est beaucoup plus rare, mais c’est d’elle seule que nous nous occuperons dans cette étude : elle peut constituer à elle seule toute la maladie : plus souvent elle s'associe à des vomissements incoercibles.

Nous pouvons citer comme ischurie sans vomissements l’observation d’une malade suivie dans le service de CHarcOT par GREBART et REGnarp. Cette hystérique était atteinte de contracture des jambes et de contracture du col de la vessie. Immobilisé au lit, la malade était d’une surveillance facile; ne pouvant uriner seule, on était sûr de recueillir par la sonde la totalité de ses urines. Enfin l’alimentation introduite par la sonde gastrique était toujours identique. Pendant plus de six mois, dit REGNARD, la malade fut soumise au régime suivant, qui ne changea que le jour de sa guérison

subite :

it Bouillon au vin. . . . . 18 centilitres E are LiAlt se tee RU PEN SRE —— Eau-de-vie.. . . . . . . 100 grammes CRTC ANRT MERE OR 2 AT) — Un œuf.

Pendant loute la période où Recnarp l’observa, de mars en mai, cette malade n'eut :

pas de vomissements. Elle n’eut pas non plus de selle pendant deux mois.

L'excrétion d'urine était presque supprimée; en général, on trouvait 12 à 15 grammes d'urine par jour. Pendant une première période de 24 jours, la malade émit 498 cc. d'urine et 8 gr. 29 d’urée, soit de 0 gr. 3 à 0 gr. # d’urée par jour.

Le 22 mai, la malade guérit subilement de sa contracture, de son aphonie, de son amblyopie, de son ischurie.

Le plus souvent, l’ischurie est associée à des vomissements incoercibles. CHarcor ayant constaté la présence d’urée dans les vomissements, pensait qu'il s'agissait d’une évacuation supplémentaire d’urée parles vomissements ; mais, comme l’a montré Boucxarp, tous les vomissements contenant de l’urée, il paraît plus probable, d’après les observations, qu’il s'agissait de malades atteintes de vomissements incoercibles et que l’ischurie tenait à la petite quantité de liquide ingérée. C’est ce que l’on voit bien dans une observation de FERNET, citée par Empereur dans sa thèse : le volume des aliments ingérés et

celui des vomissements était exactement noté, et la quantité d'urine était proportion-

nelle à la quantité de liquide qui n’était pas rejetée par les vomissements.

Chez des malades avec ischurie et vomissements incoercibles le chiffre de l’arée est également très peu élevé, et Empereur! n’a trouvé par exemple sur une de ses malades que 17 gr. d’urée pour une période de 25 jours.

Ces faits sont certainement des plus-curieux; malheureusement on doit raisonner

sur des observations bien rares, et devenues encore plus exceptionnelles ces temps

derniers.

À la lecture des observations publiées, on ne peut se défendre de quelques doutes. On sait combien le mensonge et la simulation sont fréquents chez ces malades. Les

1. Essai sur la nutrilion dans l'hyslérie. — Thèse de Paris, 1876.

observateurs ne paraissent pas s'être mis en garde suffisamment contre une supercherie des plus faciles.

BiNSwANGER (Die Hysterie, 1905), qui s’est occupé assez longuement de cette question dans son traité, avoue qu’il croit plutôt à une erreur d'observation qu’à une dérogation aux lois naturelles. Il rapporte deux faits d’anurie hystérique où il fallut longtemps pour reconnaître la simulation. La première malade gardait dans sa poche un petit récipient dans lequel elle urinait et elle jetait ensuite l’urine par la fenêtre. La seconde malade ne put être surprise en flagrant délit, mais au bout de quelque temps on vit sur le mur extérieur du bâtiment, depuis la fenêtre de la chambre d'isolement jusqu’au sol, la trace nette de l’urine que la malade faisait ainsi disparaître.

La supercherie ne pouvant être éliminée dans les observations anciennes, on ne pourra vraiment s'occuper de cette question que si de nouvelles observations, avec contrôle rigoureux, établissent nettement la réalité de l’ischurie hystérique.

Polyurie hystérique. — Cet accident encore mal connu a fait l’objet d’études intéressantes de la part de Derove, MaTIEU, BaBinski, DéJeriNE. EnxARDr lui a consacré sa thèse inaugurale.

La polyurie apparaît souvent chez les hystériques à la suite de libations prolongées, ou après une émotion vive, un choc moral, ete.

Elle s’installe brusquement et persiste ; la malade urine chaque jour quinze, vingt, trente litres. Les urines sont à peine colorées, de densité très faible, l’urée n’est pas

. augmentée et sa quantité est proportionnelle à l'abondance de l'alimentation. Il n'existe :

ni glycosurie, ni albuminurie, et, malgré la polyurie persistante, la vie n’est pas compromise. i |

La polyurie paraît être consécutive à l’ingestion exagérée de liquide, et cette polydipsie morbide est facilement curable par suggestion, comme l’ont noté la plupart des auteurs.

IT. — Du ralentissement de la nutrition dans certains cas d’hystérie, en particulier dans l'anorexie, le sommeil prolongé et la léthargie. — Le plus souvent, comme nous l’indiquions au commencement de cette étude, les hystériques ne se distinguent pas des individus normaux par une nutrition d’un type particulier. Au cours

de ses recherches expérimentales sur l’inanition dans l’hystérie, DeBove a observé un

amaigrissement comparable à celui que l’on observe pendant les périodes de jeûne chez un sujet normal : une malade a perdu 2 k.700 en 6 jours; une seconde malade,4 k. 400 en 6 jours également; une troisième, 3 k. 400 en 15 jours; une quatrième, 5 k. 700 en 15 jours. (DeBove, Inanition dans l’hystérie. Société médicale des hôpitaux, 1885.)

GILLES be LA ToURETTE à toujours trouvé un amaigrissement proportionnel à la restriction de la ration alimentaire dans les états de léthargie. Pendant l’état de mal, l’amaigrissement quotidien est constant et varie de 200 à 500 grammes par jour suivant la durée de l’état de malet suivant la quantité des aliments absorbés lorsque l’anorexie n’est pas absolue,

Plus récemment encore, Ticersrepr! a pu étudier les échanges sur une hystérique âgée de 27 ans et plongée dans le sommeil pendant toute la durée des recherches. Au moment du début de l’examen, la malade dormait depuis 7 jours. Elle dormit dans la chambre de respiration pendant 23 h.3/4 et se réveilla 1/4 d’heure avant la fin de l’expérience. La malade était restée 5 jours complètement à jeun, ensuite elle reçut pendant 3 jours, sous forme de lait, d'œufs et de vin, 26 grammes d’albumine, 31 grammes de graisse et 34 grammes d’hydrates de carbone. Pendant les 24 heures d'examen, elle excréta 68',22 d'azote et 107 grammes de carbone, ce qui correspond à une destruction de 386",81 d’albumine et de 1138",22 de graisse. L'ensemble des échanges était donc de 1221%1,4, ce qui, pour un poids de 45%,5, correspond à 241,69 par kilogramme et par 24 heures.

Or, pendant le sommeil naturel, sur un individu normal, les échanges ont la même intensité. JOHANNSEN à trouvé 241,48 par kilogramme, et TIGERSTEDT et SONDERS 26°41,88. Et

1. Ticersrenr. Das Minimum des Stoffwechsels beim Menschen. (Nordisk Med. Archiv. Festband, 1897, n° 31 (résumé dans le Jahresbericht über die Forschritte der Thierchemie, 1897, 653),

L'activité des échanges pendant le sommeil hystérique est donc aussi accentuée que pendant le sommeil naturel, et on ne peut dans ce cas parler d’un ralentissement de la nutrition.

On a pourtant ie chez certaines hystériques une diminution marquée des

échanges. Cu. RicHET a publié sur ce sujet une note intéressante que l’on trouvera citée in extenso dans ce dictionnaire à l’article Faim (vi, 26-27). Sur la première des malades observées par Cu. Ricuer, en tenant compte de l’alimentation très réduite et dela diminution du poids du corps, on voit que la ration quotidienne était de 510 calories, soit 11 calories par kilogramme et par 24 heures. Sur la seconde malade, l’entretien de la vie ne correspondait qu’à une dépense de 9 calories par kilogramme et par 24 heures.

CH. RICHET à pu constater aussi que, chez certaines malades, cette réduction des

échanges s’expliquait en partie par une diminution extrême de la perte de chaleur par évaporation : la perte moyenne de vapeur d’eau par 10 kilogrammes et par heure atteignait sur une malade en moyenne 28,49, soit seulement le quart de la perte survenant chez des individus normaux. |

Cu. Ricner a pu aussi, en collaboration avec M. Haxrior, étudier la respiration d’une hystéro-épileptique de la Salpêtrière en état de léthargie. La ventilation pulmonaire était réduite à un minimum. Pendant 16 minutes, cette malade n’a introduit dans ses

poumons que quatre litres d’air; pendant 36 minates elle n’a fait que huit inspirations.

Dans une autre expérience, la malade n’a donné que #4 lit. 75 d’air pour la ventilation en 50 minutes, soit cinquante fois moins qu’à l’état normal. :

Somme toute, si nous embrassons dans une vue d’ensemble les faits que nous venons de rapporter, nous voyons qu'il est difficile d’avoir sur l’état de la nutrition chez les hystériques des données très précises. Dans la majorité des cas, il semble que l’hyslérique du fait de sa maladie n’éprouve aucun trouble nutritif appréciable avec nos moyens d'investigation actuels : elle maigrit si elle ne s’alimente pas, augmente de poids avec une alimentation abondante, enfin excrète avec les urines des résidus normaux qui ne permettent pas de mettre dans un groupe à part au point de vue de la nutrition les malades atteintes d’hystérie. Toutefois il semble que dans certaines conditions mal connues, pendant la léthargie, l’activité des échanges puisse se ralentir considérablement, mais ces faits sont très exceptionnels, et, en dehors de l'observation de Cu. Ricuer et HanRior, nous manquons de données précises sur ce point.

Si nous laissons de côté ces faits, nous constaterons que toutes les hystériques chez lesquelles on a pu observer un ralentissement des échanges étaient très insuffisamment alimentées depuis longtemps, et c’est vraisemblablement à l’inanition et non à l’hystérie qu’il faut attribuer ces modifications dans la nutrition.

En effet, l’inanitiou ralentit rapidement les échanges : dans ses expériences si précises, BeNEDicT a constaté en employant le calorimètre respiratoire de ATWATER, que trois jours de jeûne sur un individu normal font baisser la chaleur produite de 2 000 à 1500 calories par 24 heures?.

Macnxus Lévy a observé que dans l’inanition chronique chez les dyspeptiques, le besoin d'oxygène des tissus, apprécié pour les échanges respiratoires du malade, le matin, à jeun el dans l’immobilité complète, peut tomber très au-dessous de la normale. Sur un malade dont la ration par 24 heures n’était depuis longtemps que de 800 calories, il n’était consommé par minute et par kilogramme que 38",1 à 38r,3 d’oxygène, au lieu du chiffre normal 3,7 à 4,13.

Vox NoorpEn est revenu sur ces faits à différentes reprises : un individu bien portant, privé d'alimentation brusquement, excrète dans les 24 heures 8 à 10 grammes d’azote correspondant à 50 ou 60 grammes d’albumine. Mais, chez un malade en état d’inanition chronique, il n’est excrété dans les mêmes conditions que 5 à 7 grammes d’azote chez l’homme et 3 à 6 grammes chez la femme. Parfois même, on ne peut constater qu'une

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