Cu. Ricner. Travaux du Laboraloire
2. Les échanges nutritifs pendant l'inanition. New-York Med. Journal, 1907.
3. Macnus Levy. Influence des maladies sur la dépense d'énergie à l’état de repos. Zeitschrift für klinische Medizin, XVI, 1906, 171.
élimination de 28",3, 28,9 et même moins d'azote!. L'organisme, vivant à une ration minime, réduit ses besoins à un degré que l’on n’observe jamais chez l’homme sain.
La simple observation clinique permettait de prévoir ces conclusions. Nous avons observé avec MatmiEu, chez les dyspeptiques, un état d’inanilion chronique; pendant une première période les malades perdaient rapidement une notable proportion de leur poids, puis un état d'équilibre semblait s'établir, et avec une ration alimentaire qui atteignait à peine 1 000 calories, ils vivaient d’une vie très restreinte, mais sans trop maigrir ?. Nous croyons donc que, chez les hystériques anorexiques, l’organisme réduit aussi ses besoins pour s'adapter à une ration insuffisante, mais jusqu’à présent, rien ne prouve que l’hystérie par elle-même intervienne dans ce ralentissement de la nutrition.
IV. — La fièvre hystérique. — Admise par les anciens auteurs, BaizLou, MorGAGi, Tissor, Poue, Briquer, la question de l'existence d’une fièvre hystérique ne pouvait être abordée qu'une fois que le thermomètre fut introduit dans les procédés d’exploration médicale. Or Pixaro* concluait de ses premières recherches que chez les hystériques il n'existe qu'une pseudo-fièvre, caractérisée par la chaleur de la peau et la rapidité du pouls, mais sans aucune élévation thermométrique.
En 188%, pu CAsTEL confirmait cette opinion et rapportait à la Société médicale des Hôpitaux de Paris l’histoire d’une jeune malade qui simulait une haute température, en percutant le réservoir du thermomètre pour faire monter la colonne de mercure. Depuis on a rapporté de nombreux exemples de fièvre hystérique : dans bon nombre d'observations les indications thermométriques étaient d’une haute fantaisie. LouBroso aurait noté chez une malade, au même moment, les températures suivantes : 36°6 dans la bouche, 45° sous laisselle, 38°7 dans le rectum. Dans un autre cas de fièvre, la fièvre dura six semaines, atteignant 4805 et pendant cette période le poids monta de 54 à 60 kilogrammes (cité par GILLES DE LA TOURETTE).
Il s’agit. évidemment dans ces cas de supercherie. Dans d’autres observations, où la simulation peut être écartée, le diagnostic de fièvre hystérique n’est établi que par exclusion : on parle de fièvre hystérique, parce qu'aucune cause nette ne peut être trouvée à cette hyperthermie persistante. Or quand peut-on affirmer qu'un foyer infectieux, de très petite dimension, n’a pas échappé à l'examen ? Aussi la question de la fièvre hystérique est-elle encore ouverte.
En faveur d’une fièvre d'origine nerveuse, on ne peut citer que les expériences de DEBOvE qui « dans une série de sujets hypnotisés et hypnotisables, en suggérant une sensation de chaleur intense, a produit une élévation de température, qui a varié, suivant les expériences, de 0°5 à 1°5 ». Ce dernier chiffre aurait été presque régulièrement oblenu chez les sujets facilement suggestionnables (Société médicale des Hôpitaux, 1886). Ces expériences n’ont pas été confirmées, car à une séance récente de la Société de neurologie, aucun des médecins présents n’a reconnu avoir produit par suggestion une élévation de température.
V.— Les troubles trophiques localisés. — Nous n’étudierons ici que les troubles trophiques certains. L’atrophie musculaire à été étudiée avec la paralysie et les contractures dont elle est une complication fréquente. |
Les troubles trophiques cutanés de l’hystérie ont été décrits autrefois avec un grand
luxe de détails. On distinguait les plaques congestives ou d’urticaire disséminées sur le
corps, les æœdèmes durs de coloration bleuâtre localisés à un bras, le pemphigus hystérique et enfin la gangrène de la peau. Kapost donnait de cette dernière lésion la description suivante : |
« Sur une partie bien limitée de la peau du front ou des membres se produit subitement une sensation de brûlure; le malade remarque une tache de la grandeur d’une pièce d’un franc à celle de cinq francs, la peau y est légèrement colorée en rouge et
proéminente, elle peut être aussi blanche comme de l’albâtre.
1. Vox NoonDEx, Handbuch der. Pathologie des Sloffwechsel, I, 481. Hirschwald, Berlin,
1906. | 2, Maruieu et Roux. L'inanilion chez les dyspeptiques et les nerveux. Masson, Paris, 3. PinarD. Sur la pseudo-fièvre hyslérique. Thèse de Paris, 1883.
« Après quelques jours, la peau change de couleur, elle devient plus foncée, vert brun; elle est rugueuse et comme du crin : elle présente l'apparence qu'elle a après les brûlures par l'acide sulfurique.
« La cicatrice tombe, etil reste une plaie hypertrophique; pendant ce temps, le même
processus se reproduit dans d’autres endroits, avec des intervalles de quelques jours ou semaines et apparition des mêmes Denon : douleurs, rougeur, gangrène locale bien limitée, et plaie hypertrophique. Le pop dure des semaines et des mois, et même des années, et cesse ensuite complètement. »
Entin il existerait chez les hystériques des A mu spontanées, et des hémorragies liées à une légère lésion du tégument observée chez les stigmatisés. Saint François présentait, après une vision du Christ en croix, les cinq plaies des pieds, des mains et du côté. On peut citer aussi les sligmates de sainte Thérèse, RRPDOMENES sur lesquels nous n'insisterons pas, et qui, Hire la théorie admise jusqu’à ces derniers temps, relèveraient d’un trouble vasomoteur localisé et plus on moins accentué.
A la suite des études toutes récentes de Baminskr, les observations de troubles trophiques hystériques sont devenues plus rares, et la plupart des auteurs qui’en ont publié des observations ont fait de très sérieuses réserves sur la validité des faits qu'ils avaient observés.
En effet, la supercherie est fréquente, et on ne compte plus le nombre de malades qui provoquaient artificiellement ces lésions cutanées diverses. Aussi, dans une consultation provoquée par BaBinskr auprès des médecins des hôpitaux He Paris, n’a-t-on pu trouver une seule affirmation en faveur de l’existence de troubles trophiques cutanés hystériques. Les dermatologistes en particulier, tels que Broco, HALLOPEAU, THIBIERGE, Jaquer, ont affirmé n'avoir jamais constaté un seul cas de trouble trophique cutané de nature nettement hystérique. Cet ensemble de dénégations conduit donc à une sage réserve dans ce domaine, et c’est encore une des questions relatives à l’hystérie à laquelle on ne peut donner de réponse définitive,