‹ Dictionnaire de pomologie (volume 2)Chapitre 157 sur 486 · Poire BELLïSSIME D'ÉTÉ · texte numérisé non relu

Poire BELLïSSIME D'ÉTÉ

Synonymes.— Poires : 1. Laurentienne (J. Bauhin, Historia planta?mm, 1570-1580, livre I, p. 49). — 2. Suprême (le Lectier, Catalogue des arbres cultivés dans son verger et plant, 1628, p. 11 ). — 3. Sâint-Laurent (BosCj Nouveau cours d'agriculture, t. X, p. 241). — 4. Muscadet d'Eté (Thuillier-Aloux, Catalogue raisonné des poiriers qui peuvent être cultivés dans le département de la Somme, 1855, p. 69). —5. BASSIN (Decaisne, /e /ar(Zz'« fruitier du Muséum, i^ït^, i. l). - 6. Belle-Cornélie ( /(/. ibid.). — 7. Just {Id. ibid.).

Premier Type. Description de l'arbre. —

Bois : assez fort. — Rameaux : peu nombreux , érigés près du sommet, étalés vers la base, forts, très-longs, droits , cotonneux , rouge ardoisé , largement ponctués, à coussinets presque nuls, — Yeux : des plus petits, ovoïdes-obtus, aplatis, complètement adhérents. — Feuilles :

rarement abondantes , acuminées , elliptiques, cotonneuses, ayant les bords entiers et le pétiole excessivement long, gros et pourvu de stipules bien développées.

Fertilité. — Grande.

Culture. — Les pyramides de ce poirier sont très-élancées mais trop dépourvues de rameaux ; il réussit sur franc et sur cognassier ; le développement de son écusson est assez hâtif.

Description du fruit. —

Grosseur : moyenne , et quelquefois plus volumineuse. — Forme : oblongue, ventrue, obtuse, considérablement amincie près du sommet. — Pédoncule : de longueur moyenne , peu nourri, renflé aux extrémités, arqué, obliquement inséré dans une étroite cavité souvent mamelonnée. — OEil : petit ou moyen, ouvert, régulier, à peine enfoncé. — Peau : jaune d'ocre, brillante, maculée de fauve autour de l'œil et du pédoncule, fortement ponctuée de brun-roux du côté de l'ombre, et très-largement lavée de carmin sur la face frappée par le soleil, où elle est en outre couverte de points gris clair. — Chair : blanchâtre, un peu grossière, cassante, contenant quelques pierres au-dessous des loges. — Eau : suffisante, fraîche, sucrée, aigrelette, faiblement parfumée.

Maturité. — De la mi-juillet au commencement d'août. Qualité. — Deuxième pour le couteau, première pour la cuisson. Historique. — La poire ici décrite est connue depuis plusieurs siècles, et

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même on a cru — mais à tort — retrouver en elle une des variétés cultivées par les Romains. Témoin ce passage d'un auteur hollandais :

« Dans mon pays^ la Bellissime d'Été des Français est appelée Madame, ou Suprême ; les Grecs la nommaient Mjarrhapia; les Romains, Onychina.... » (De Lacour, les Agréments de la campagne, 1752, t. II, pp. 27-28.)

Qui ne voit, en effet, que ces deux noms, Myrrhapia, Onychina, ne sauraient

convenir à un fruit dont l'eau ne rappelle en rien le parfum de la myrrhe, ni la peau

Poire Bellissime d'Été. - Deuxième Type, le blanc rosé des ongles?... Du reste, on sait

depuis longtemps que la variété à laquelle ils se rapportent , est uniquement la Cuisse- Madame. — Toutefois, si la Bellissime d'Été ne parut ni dans les jardins de Yarron , ni dans ceux de Columelle, on peut affirmer qu'au xv^ siècle , et sans doute avant, on la mangeait dans le Midi de la France, surtout à Montpellier, où Jean Bauhin le naturaliste la rencontra vers 1560. Ce fut lui qui le premier la signala , observant page 49 de son Historia plantarum^i « qu'on l'appelait « Laurentiana , parce qu'ordinairement elle « était mûre le jour où l'on fêtait saint Lau- « rent (10 août). » El malgré les différents noms appliqués ensuite à cette variété, il est à remarquer que celui-là se maintint quand même dans le Languedoc et les provinces y confinant, ainsi qu'il résulte du passage ci- après, écrit en 1809 par M. Bosc, alors professeur au Jardin des Plantes de Paris :

« La poire Saint - Laurent , fruit moyen, turbiné,.... mûrissant au commencement d'août ; M. Calvel, à qixi on en doit la connaissance, dit

qu'elle est commune daus les départements méridionaux.... » [Nouveau cours d'agriculture,

Observations. — On a presque toujours rangé les poires Sabine d'Été et de Madame, parmi les synonymes de la Bellissime d'Eté ; elles sont loin pourtant de lui ressembler. La première n'est autre que la Jargonelle, si bien décrite en 1768 par Duhamel [Traité des arbres fruitiers, t. II, p. 123), et la deuxième appartient aux espèces hollandaises introduites chez nous au cours du xvn* siècle. Cette double erreur vieRt de ce qu'on laisse subsister dans les pépinières et les Catalogues, sous le nom de Bellissime d'Eté, plusieurs poiriers différant entièrement de l'arbre que nous venons d'étudier, le seul qui soit identique avec celui dont la Quintinye , Duhamel, le Berriays, Prévost et Decaisne se sont longuement occupés. Et puisque nous invoquons l'autorité de M. Decaisne, faisons remarquer que ce savant botaniste lui a donné place dans son volumineux et bel ouvrage, mais sous la dénomination toute parisienne de poire Bassin, ainsi expliquée :

« Depuis nombre d'années, la poire Bassin apparaît en très-grande quantité sur les marchés et dans les rues de Paris.... C'est la Bellissime d'Été décrite par Duhamel, mais je lui ai conservé le nom sous lequel elle arrive et se vend ici. » [Le Jardin fruitier du Muséum, 1888, t. I.)

Enfin, ajoutons qu'elle ne saurait avoir non plus pour synonyme la poire Briffant,

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comme l'ont pensé quelques horticulteurs, et terminons son article en assurant que la Quintinye fut trop sévère, lorsqu'il dit : « Je la connais pour si mauvaise, que « je ne conseille à personne de la planter !... » [Instructions pour les jardins fruitiet^s et potagers, édition de 1739, t. I, p. 316.) Réellement, elle vaut bien la culture, et l'extrême fertilité de l'arbre la rend même recommandable, puisque sur les marchés de Paris « son prix moyen varie de six à dix francg le cent, » d- après M. Decaisne.

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