Poire BELLISSIME D'HIVER
ISynon;^ine. — Poire Vermillon d'Hiver des Dames (Decaisne, le Jardin fruitier du Muséum,
Description «le l'ai*bfe. — Bois : fort. — Rameaux : nombreux , érigés ou légèrement étalés , gros , flexueux, duveteux, brun verdâtre^ ponctués de gris, aux coussinets bien marqués, — Yeux : moyens, ovoïdes -arrondis, brunâtres, adhérents. — Feuilles : grandes, ovales, acuminées, souvent canaliculées , ayant les bords entiers ou très -faiblement crénelés, et le pétiole épais et court.
Fertilité. — Convenable.
Culture. — On le greffe sur franc ou sur
cognassier ; il est vigoureux , des plus touffus et se développe admirablement en
pyramide.
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Descrii>tion du fruit. — Grosseur : volumineuse, mais parfois moyenne. — Foi^me : variant entre la turbinée-ventrue et la turbinée-arrondie , et toujours mamelonnée au sommet. — Pédoncule : de longueur et de force moyennes, arqué, renflé à la base, régulièrement implanté dans une assez large et assez profonde cavité. — Œil : grand, bien formé, ouvert, presque saillant. — Peau : jaune d'ocre , ponctuée et finement veinée de fauve du côté de l'ombre , tandis que la partie opposée est d'un rouge-brun, clair et luisant, sur lequel se détachent de nombreux points gris. — Chair : blanche, mi-cassante, mi-fine, juteuse, non pierreuse. — ^aw ; abondante, fraîche, sucrée, quoiqu'un peu astringente , mais trop dépourvue de parfum pour être délicate.
Maturité. — De février jusqu'en avril.
Qualité. — Troisième comme fruit à couteau, première comme fruit à compote.
Historique. — Le nom de Bellissime d'Hiver n'apparut chez nos anciens pomologues, qu'en 1690, et ce fut Merlet qui l'inscrivit alors dans la troisième édition de son Abrégé des bons fruits. Mais disons vite que la poire qu'il appelait ainsi, était la Bellissime d'Hiver de Bur, fort différente de celle dont nous nous occupons actuellement ; et Merlet, en ajoutant au nom de sa variété le déterminatif DE Bur, semble indiquer qu'une autre Bellissime d'Hiver existait déjà parmi les poiriers cultivés en France. Le fruit auquel il appliqua ce surnom distinctif, nous avons dit plus haut (page 191 ) que nous le regardions comme identique avec la Belle- Angevine. Renvoyons donc le lecteur à l'article relatif à cette dernière poire, et démontrons que l'espèce ici décrite se rapporte exactement à la Bellissime d'Hiver étudiée pour la première fois par le savant Duhamel du Monceau, en 1768. Yoici comment il l'a caractérisée :
« Elle est plus grosse que le Catillac, ayant jusqu'à quatre pouces de diamètre, sur trois pouces neuf lignes de hauteur. Sa forme est presque ronde , diminuant un peu de grosseur du côté de la queue, qui est grosse, longue de huit à dix lignes, plantée à fleur du fruit ou entre quelques bosses peu élevées. Le côté de la tête est arrondi, et Vœil est placé dans ime cavité peu profonde. Sa. peau est lisse, le côté du soleil est d'un beau rouge tiqueté de gris clair, et le côté de l'ombre est jaune, tiqueté de fauve. Sa chair est tendre, sans pierres, trèsmoelleuse étant cuite. Son eau est douce, abondante, sans âcreté, relevée d'un petit goût de sauvageon. Cette poire, dont le nom convient bien à sa grosseur et à la beauté de ses couleurs, se conserve jusqu'en mai; elle est meilleure, cuite sous la cloche, que le Catillac; on peut même en faire d'assez bonnes compotes. » [Traité des arbres fruitiers, 1768, t. II, pp. 234-233. )
Duhamel, qui se préoccupait très-rarement de l'origine des fruits, n'a pas su d'où provenait cette variété , ou tout au moins n'a pas songé à donner ce renseignement. Elle appartient certainement à la France , et les pomologues étrangers , les Allemands entre autres, l'en déclarent indigène. Par ce qui précède, on voit qu'elle n'y fut guère répandue avant la fin du xvii" siècle. Aujourd'hui, on la recherche beaucoup en Prusse, en Autriche, et surtout en Bavière , où les horticulteurs l'ont appelée Kaiserbergamote [Bergamote Impériale]. (Voir Y Illustrirtes Handbuch der Obstkunde, 1863, t. V, p. 152.)
Observations. — (( En quelques endroits — disait en 1808 M. de Launay — ('la BeUissime d'Hiver est appelée Téton de Yénus et Catillac. » [Le Bon- Jardinier, pp. 136-137. ) Aujourd'hui, presque tous les pépiniéristes savent parfaitement que ces deux derniers noms ne sont pas synonymes du premier ; cependant, comme on
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les rencontre encore ainsi qualifiés dans plusieurs publications de dat(3 assez récente, notre remarque ne saurait être complètement inutile. — Notons également que la Belle de Noisette n'a rien de commun avec la Bellissime d'Hiver.
Poire BELLISSIME D'HIVER DE BUR. — Synonyme de poire Belle- Angevine. Voir ce nom.
Poire BELLISSIME DE JARDIN. — Synonyme de poire Béquesne. Voir ce nom.
Poire BELLISSIME DE PROVENCE. — Synonyme de poire de Stuttgardt. Voir ce nom.
Poire BÉNITE. — Synonyme de poire Ah-mon-Dieu! Voir ce nom.
Poire BENS. — Synonyme de poire Angélique de Bordeaux. Voir ce nom.