‹ Dictionnaire de pomologie (volume 2)Chapitre 174 sur 486 · Poire BERGAMOTE DE HOLLANDE · texte numérisé non relu

Poire BERGAMOTE DE HOLLANDE

Synonjmes. — Poires : 1. Bergamote d'Alençon (Henri Heissen, Gartenlust, 1690, cité par H. Manger, dans sa Systematische Pomologie , t. II, p. 16). — 2. Amoselle (Nolin et Blavet, Essai sur l'agriculture moderne, 1755, p. 2il). — 3. Bergamote d'Hiver de Hollande (Knoop, Fructologie , 1766, t. II, p. 40 , et Table synonymique ). — 4. Bergamote de Fougère (Thompson, Catalogue of the fruits of the horticultural Society of London , 1842, p. 125). — 5. Beurré d'Alençon {Id. ibid.). — 6. Beurré Extra {Id. ibid.) — 7. Lord Cheney {kl. ibid.). — 8. Sarah (Biedenfeld, Handhuch aller bekannten Obstsorien, 1854, p. 107). — 9. MusQUiNE de Bretagne (Decaisne, le Jardin fruitier du Muséum, 1860, t. IH).

Premier Type. Description de l'arbre, —

Bois : assez faible. — Rameaux :

peu nombreux, légèrement étalés , bien nourris , de longueur moyenne, flexueux, vert olivâtre cendré lavé de rouge-brun, coussinets faiblement indiqués. — Yeux:

petits, ovoïdes, adhérents au bois et ayant les écailles disjointes en partie. — Feuilles : moyennes, ovales-allongées, canaliculées et contournées, à bords unis, à pétiole épais et long.

Fertilité. — Ordinaire.

Culture. — Sa vigueur n'est pas assez grande pour le grefïer sur cognassier; il faut lui donner le franc et le placer en espalier, au midi ou au levant. Ses pyramides manquent de force , de beauté , et se développent tardivement.

Description du fruit. —

Grosseur : moyenne, et souvent plus considérable. — Forme : variant entre la turbinée-arrondie , régulière, et l'ovoïde contournée. — Pédoncule : long,,

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droit ou arqué , obliquement implanté dans une cavité assez profonde et entourée de protubérances parfois volumineuses. — OEil : moyen , peu ouvert, peu enfoncé, bien formé. — Peau : vert-olive, ponctuée^ striée de roux, lavée de brun clair sur la partie exposée au soleil. — Chair: blanchâtre^ juteuse, demi-cassante, pierreuse, ayant le grain généralement très-gros. — Eau: toujours abondante, sucrée, douceâtre, rarement très-aromatique, mais cependant assez délicate.

Poire Bergamote de Hollande. — Deuxième Type.

Maturité. — De novembre jusqu'à la fm d'avril.

Qualité. — Deuxième pour le couteau, première pour la cuisson.

Hiistorique. — Bergamote d'Alençon fut la dénomination primitive de cette variété. Dès 1690, Henri Heissen la lui donnait dans son Gartenlust , où l'on trouve décrits les fruits les plus communément cultivés en Allemagne , au xvu^ siècle. Puis bientôt on l'appela poire à'Amoselle, terme qui nous paraît uniquement la contraction du mot damoiselle (poire de Damoiselle) ; comme poire de Dame Oudotte , quelques années auparavant, était devenu, \ I de la même façon , poire d'Ama-

dote, ainsi que nous l'observions plus haut, page 103. Importée de France à l'étranger, elle y reçut le surnom de Bergamote de Hollande , qui lui resta , mais sous lequel on la reconnut aisément, néanmoins, quand plus tard on

l'expédia comme une espèce nouvelle à nos horticulteurs. Témoin ce passage, extrait

d'un excellent ouvrage publié en 1753 :

(( L'Amoselle, c'est une poire très-anciennement connue ici, qu'on avait perdue, et qui nous est revenue sous le nom de Bergamote de Hollande. » (Nolin et Blavet, Essai sur l'agriculture moderne, 1735, pp. 211-212.)

Ce fruit, très-vraisemblablement, dut commencer à se propager vers 1625 ou 1630, car les écrivains spéciaux antérieurs à ces époques, ne l'ont pas cité. Sa provenance, Duhamel , en 1768, l'indiquait de la sorte : « Bergamote de Hollande... On la croit originaire d'Alençon, où elle est connue sous le nom de Bergamote d'Alençon... » [Traité des arbres fruitiers, 1768, t. H, p. 170.)

Ob/ser^atioiis. — Plusieurs pomologues ont assuré que la Bergamote de Hollande se conservait jusqu'en juin, et l'ont déclarée de première qualité. Pour nous, jamais nous n'avons vu sa maturité dépasser le mois d'avril; et quant à sa qualité, elle est si variable , si souvent médiocre , que nous eussions classé ce fruit de

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troisième ordre , et non de deuxième parmi les espèces à couteau , sans la considération de sa longue garde. La Quintinye dut penser ainsi , lui qui prisait au plus haut point les Bergamotes ; autrement les regrets qu'on va lui entendre manifester, ne se comprendraient pas :

« Plût à Dieu! — s'écriait-il avant 1690 — qu'il fût bien vrai qu'il y eût des Bergamotes tardives, autrement de caresme... Certains curieux ont voulu se persuader, et à moi aussi, qu'infailliblement ils avoieut ces Bergamotes tardives ; mais à mon grand regret je ne puis m' empêcher d'avouer que jusqu'à présent je n'ai pu me convaincre de cette bonne fortune, quoiqu'en vérité je n'aie manqué ni de soin, ni de diligence, ni de précaution pour faire une telle conquête... » [Instructions pour les jardins fruitiers et potagers, édition de 1739, 1. 1, p. 229.)

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