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Poire BESI DE CAEN

Deseriptiou de l'arbre. — Bois : fort. — - Rameaux : assez nombreux , habituellement étalés , gros , longs , coudés , vert clair cendré , à lenticelles larges et

BES [besi cai— cha]

clair-semées , à coussinets non renflés. — Yeux : de grosseur moyenne, ovoïdes, duveteux, presque appliqués contre le bois. — Feuilles : grandes , rarement abondantes, elliptiques, faiblement crénelées, ayant le pétiole court, très-nourri, mais un peu flasque.

Fertilité. — Bonne.

Culture. — Sur cognassier, il se montre de vigueur convenable, quoique le développement de l'écusson soit tardif; ses pyramides sont fortes et assez belles.

Description du friiif. — Grosseur : moyenne. — Forme : turbinée, obtuse, souvent contournée et généralement plus ventrue d'un côté que de l'autre. —

Pédoncule : de longueur moyenne ,

Poire Besi de Caen.

mince , arqué , obliquement inséré.

— OEil : saillant , grand , bien ouvert, entouré de gibbosités. — Peau :

verte, parsemée de points roux et tachée de fauve auprès du pédoncule. — Chair : blanche, demi-flne, odorante, juteuse , fondante , assez pierreuse au cœur. — Eau : abondante, sucrée, parfumée, des plus savoureuses.

Maturité. — Du commencement de mars jusqu'à la fin d'avril.

Qualité. — Première.

Historique. — Longtemps nous avions cru ce poirier identique avec le Léon Leclerc épineux. Il n'en est rien, car les produits de cette dernière espèce se mangent en décembre et conviennent uniquement pour la cuisson, quand au contraire le Besi de Caen mûrit, on l'a vu, au début d'avril et prend place parmi nos meilleurs fruits à couteau. La forme de ces deux poires se montre aussi très-différente. Nous cultivons ce Besi depuis une dizaine d'années, sans avoir pu découvrir encore s'il est originaire de la ville dont il porte le nom. L'auteur allemand Biedenfeld, qui l'a mentionné en 1854 dans son Handbuch aller bekannten Obstsorten (p. 113) , se tait sur ce point; mais il pense, par contre, que certaine poire nommée Beurré de Caen pourrait bien n'être autre que le Besi de Caen. Doute bon à signaler ; et nous le signalons comme simple renseignement à contrôler. Le mot besi (ou bezy) appartient à la langue bretonne et signifie, d'après les Dictionnaires de Trévoux et de Richelet., poire sauvage. Dans le Complément de son vocabulaire, l'Académie française écrit besier, et donne à ce terme une définition semblable à celle du mot besi, puisqu'elle en fait l'équivalent de poirier sauvage. On comprend maintenant pourquoi l'on nomma jadis Besi, la majeure partie des poires qui furent trouvées à l'état de sauvageon.

Poire BESI DE CAISSOY. — Synonyme de Besi de Quessoy. Voir ce nom.

Poire BESI DES CHAMPS. — Synonyme de poire Oignonet de Provence, Voir

266 BES [besi cha]

Poire BESI DES CHASSERIES. — Synonyme de Besi de VÉchasserie. Y. ce nom.

Poire BESI DE CHASSERY. — Synonyme de Besi de VÉchasserie. Yoir ce nom.

i34. Poire BESI DE CHAUMONTEL.

Stynonymes. — Poires : 1. De Chaumontel ( Merlet, l'Abrégé des bons fruits, édition de 1675^ p. 124 ). — 2. Beurré d'Hiver (Duhamel, Traité des arbres fruitiers, 1768, t. II, p. 199). — 3. Jenneret (Henri Manger, Systematische Pomologie, 1783, t. II, p. 120). — 4. Beurré de Ghaumontel (Poiteau, Pomologie française, 1846, t. III, n" 18). — 5. Bon-Chrétien de Ghaumontel (Decaisne, le Jardin fruitier du Muséum, 1859, t. II).

Premier Type. Description de l'ar-

bre. — Bois : faible et vert grisâtre. — Rameaux : peu nombreux, étalés, grêles, très-longs, flexueux, rougeâtres , cotonneux et marqués de nervures assez saillantes; finement ponctués, ils ont en outre les coussinets bien accusés. — Yeux :

petits, ovoïdes, obtus, non adhérents, — Feuilles : peu abondantes , ovales - allongées , profondément dentées, légèrement ondulées, vert jaunâtre souvent lavé de rouge ; leur pétiole est long, roide et épais.

Fertilité, — Ordinaire.

Culture, — Ce poirier se greffe plus avantageusement sur cognassier que sur franc, quoiqu'il soit médiocrement vigoureux. L'exposition qui lui convient le mieux est celle en espalier, au midi, ou celle à haute tige, mais alors on doit le mettre sur franc. Ses pyramides , généralement mal ramifiées , sont cependant assez convenables.

Description du fruit. — Grosseur : volumineuse. — Forme : variable, mais le plus habituellement allongée, obtuse, bosselée, irrégulière et parfois sensiblement contournée. — Pédoncule: long ou court, droit ou arqué, de force moyenne, presque toujours inséré perpendiculairement et

BES [resi r.HA]

à fleur de peau, mais quelquefois aussi placé obliquement et en dehors de l'axe du fruit. — 6^27 .-grand, peu développé, rarement très-enfoncé, ouvert, non plissé sur ses bords. — Peau : jaune d'ocre, ponctuée et marbrée de fauve, maculée de même autour du pédoncule et largement colorée de rouge-brun du côté du soleil. — Chair : blanche, mi-fme, mi-cassante, juteuse et pierreuse. — Eau: très-abondante, sucrée, aigrelette, douée d'un parfum aussi savoureux que prononcé.

. Poire Besi de Chaumontel. - Deuxième Type. MATUmrÉ. - De la moitié de

novembre jusqu'aux derniers jours de janvier, et par exception atteignant les mois de février et de mars.

Qualité. — Première.

Historique. — Dans son édition de 1675, le pomologue Merlet appelait ce fruit « Poire de Chau- « montel , » et le disait « sortant « d'un vieil sauvageon tout épi- « neux ; » renseignement que plus tard il complétait ainsi : « La « Poire ou le Bezy de Chaumontel, « près Luzarche, . . . provenue d'un « sauvageon poussé à Chaumontel « depuis peu d'années. » ( UA brégé des bons fruits.^ édit. de 1675, p. 124; et édit. de 1690, p. 109.) Version que Duhamel , qui décrivit ensuite ce Besi, confirma de la sorte :

« Les poires que j'ai représentées ici sont venues de Chaumontel même, et m'ont été données par le Seigneur du lieu, possesseur du premier Poirier de Bezi de Chaumontel, qui y

subsiste encore dans la même place où il est venu de pépin, il y a environ cent ans Cette

année 1763 il a produit un grand nombre de belles poires. » ( Traité des arbres fruitiers, i 768, t. II, p. 199.)

Enfin M. Decaisne ajouta en 1859, à ce qu'on vient de lire, cette note intéressante :

« M. Leflamand, maire de Luzarches en 18S7, et alors âgé de quatre-vingt-douze ans, m'a appris que le vieux Poirier de Chaumontel décrit par Merlet, et qui appartenait à M. d'Assilly, conseiller à la cour des Aides, était mort dans l'hiver mémorable de 1789. » [Le Jardin fruitier du Muséum, t. II.)

Voilà donc une origine parfaitement constatée, et fort respectable, puisqu'elle remonte déjà à plus de deux siècles. Chaumontel, commune du département de Seine-et-Oise, est situé non loin de Chantilly.

Obsewatioiis. — Merlet affirmait en 1675 avoir mangé ce fruit « vers la « Pentecoste. » Présentement, il n'en est plus ainsi; devenu bien moins tardif, on a peine à le conserver jusqu'en février. Van Mons, qui étudia particulièrement cette variété , a consigné sur elle , dans un de ses ouvrages , la remarque ci-après :

« Le Bezy de Chaumontel a besoin de mûrir hâtivement pour jouir de toutes les qualités

BES [besi dub]

qu'il possède. C'est l'une des plus délicates poires, mais qui, différant de mûrir jusqu'à la saison froide, ne mûrit plus et devient amère. Des taches de mousse s'établissent sur sa peau, et des points noirs se distribuent dans sa chair, » [Bes Arbres fruitiers, 1835, 1. 1, p. 121 . )

La grosseur de ce Besi dépasse parfois celle du premier type que nous avons figuré ; aussi n'est-il pas rare de rencontrer de ces poires dont le volume soit considérable. Il en a été souvent exposé, dans les concours régionaux, qui pesaient de 380 à 430 grammes. Poiteau, lui, prétendait en 1846 en avoir vu qui atteignaient une hauteur de 5 pouces (14 centimètres) et un poids de 28 onces (875 grammes). « K Paris, dit M. Decaisne, leur prix varie de 10 à 12 francs le «cent, lorsqu'elles arrivent en abondance, et que leur grosseur est moyenne... « mais plus volumineuses , on les paie ordinairement 1 franc pièce , au milieu de « l'hiver. » (1859, t. II.) — Une chose encore assez digne de remarque, c'est ce fait, signalé par M. Bivort, en son Album de pomologie :

« M. Rivers, savant horticulteur à Sawbridgeworth, près Londres, m'a assuré — dit cet écrivain — que les plus beaux fruits du Besi de Chaumontel se récoltaient dans l'île de Jersey, d'où ils étaient expédiés chaque année pour Londres , à des prix très-avantageux. » (1849, t. II, p. 13S.)

Et il faut bien , en effet , que le sol de Jersey soit des plus favorables à la culture de ce poirier, puisqu'annuellement les horticulteurs établis dans cette île achètent aux pépiniéristes d'Angers un nombre considérable de jeunes sujets de Besi de Chaumontel.

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