Poire BESI D'HÉRY [ou d'HérigJ
^^^TT^T ~ ^f"''-' ^- ^^'' '''^'''''' ^^' ^''*^'''' Catalogue des arbres cultivés dans son verger et plant, ms, p. 15). - 2. De Henri (Claude Mollet, Théâtre des jardinages, édition de 1652 p 34) ?«L /f/?™'''/?'^' i^'-t.c^o^.e, 1771, p. 134). - 4. De Bordeaux (Thompson;
^^talogueof the fruits of the horticultural Society of London , 1842, p. 129). ^ 5. Best royal
Description de l'arbre. — Bois : de moyenne force. ~ Rameaux : peu nombreux, généralement étalés et arqués, gros, courts, légèrement coudés et duveteux, vert-fauve très-foncé, ayant les lenticelles petites et clair-semées , les
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coussinets aplatis et les mérithalles courts. — Yeux : assez volumineux , ovoïdesobtus, presque appliqués contre le bois ; leurs écailles sont souvent entr'ouvertes. —
Feuilles : vert mat, arrondies, Poire Besi d'Héry ou d'Héric. acuminées, à bords entiers ou
faiblement crénelés , à pétiole bien nourri et de moyenne longueur ; elles sont rarement abondantes.
Fertilité. — Remarquable.
Culture. — Toujours faible sur le cognassier, cet arbre se montre plus vigoureux lorsqu'il est greffe sur franc ; son écusson se développe très-tardivement ; quant à ses pyramides, elles laissent quelque peu à désirer.
Description du fruit.
— Grosseur : moyenne. — Forme : arrondie et quelquefois turbinée, — Pédoncule :
long , menu , arqué , régulièrement implanté dans une étroite cavité en entonnoir. — OFil: grand, très-ouvert^ trèsdéveloppé, à peine enfoncé.
— Peau: iaune clair, finement ponctuée de brun et de roux, et habituellement maculée de
fauve autour de l'œil. — Chair : blanche, fine, mi-fondante, légèrement pierreuse. — Fau : suffisante, douce, sucrée, peu savoureuse, en raison surtout de son parfum musqué^ qui, trop prononcé, rappelle celui du fenouil.
Maturité, — Depuis la fin d'octobre jusqu'en janvier.
Qualité. — Troisième comme fruit à couteau, première pour la cuisson.
Historique. — Le Lectier, dès 1628, la cultivait dans ses riches vergers d'Orléans, comme l'indique le Catalogue où, page 15, il la nomme « Besy d'Airy » et la classe parmi les variétés « mûrissant en novembre et au commencement de « décembre. » Alors , elle devait être assez nouvelle, car le créateur des jardins d'Henri IV, Claude Mollet, la décrivant en 1652 dans la première édition de son Théâtre des plans et jardinages^ disait :
« Le poirier de Besi de Héiy est venu de Bretagne depuis peu de temps; les Bretons
lui ont donné ce nom de Besi de Héry, qui vaut autant à dire que poires de Henry. Chose qui est véritable ; car, lorsque le roy Henry le Grand, d'heureuse mémoire, fit son voyage en Bretagne pour la réduire en son obeyssance, comme il estoit à Nantes, il m'envoya quérJT pour voir un jardin qui est auprès de Nantes, qui se nomme Chassée. Incontinent après que je fus arrivé à Nantes, les Messieurs de Rennes envoyèrent un panier de ce fruit à Sa Majesté; c'estoit au mois de mai. » (Page 34. ) i
Or, ce séjour d'Henri IV à Nantes ayant eu lieu en 1598, on voit que le poirier
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dont il s'agit ici ne put se répandre dans les autres provinces du royaume avant le commencement du xvn'' siècle. Mais depuis quelle époque était-il connu en Bretagne?... Claude Mollet ne l'a pas su, ni Merlet, qui se contenta de préciser ainsi, en 1675, l'origine de cette même poire :
« Elle vient de basse Bretagne, de la forest de Heiy, d'où elle a tiré son nom; Besy, ou Besier , voulant dire sauvageon, tant en Bretagne et Normandie, qu'en plusieurs autres provinces. » [L'Abrégé des bons fruits, 1673, pp. 94-95.)
La forêt dans laquelle ce sauvageon fut trouvé, existait encore en 1640, près du bourg d'Héric , situé à vingt-quatre kilomètres de Nantes ; mais à partir de cette date, on la défricha successivement, et à ce point qu'en moins de dix années il n'en restait plus un seul arbre.
Observations. — Claude Mollet, on l'a vu ci-dessus, rapporte que les Rennois offrirent, au mois de mai, des poires de Besi d'Héric au souverain qui venait pacifier leur pays et signer le fameux Édit de Nantes. Le témoignage de cet auteur est tellement précis, tellement affirmatif, qu'on ne peut le révoquer en doute. Il faut donc croire que ce Besi a perdu présentement beaucoup de sa tardiveté , puisqu'il dépasse bien rarement le mois de janvier. — Du reste, et malgré quelques opinions contraires, on doit le rejeter des espèces à couteau, car il n'a rien des qualités qu'elles exigent; et déjà, du temps de Louis XIV, on le condamnait à n'être qu'un fruit de parade , comme le prouve ce passage de la Quintinye , directeur des vergers de Yersailles :
« On n'en fait plus guères de cas, et s'il paroît sur les bonnes tables, ce n'est pas pour n'en plus revenir, et pour y donner quelque plaisir au goust, ce n'est tout au plus que pour aider à une construction solide et durable des pyramides. » [Instructions pour les jardins fruitiers et potagers, édition de 1692, pp. 158 et 172.)
En Allemagne, où ce poirier est généralement cultivé, et depuis fort longtemps, ses fruits sont un peu plus estimés; toutefois, lisons-nous dans le Deutsches Obstcabinet, recueil pomologique publié à léna sous la direction du docteur Langethal : « Lors des mauvaises années ou dans les mauvaises terres , ils ne servent guère « qu'à faire des compotes. » (1857, 2" cahier.)