‹ Dictionnaire de pomologie (volume 2)Chapitre 201 sur 486 · Poire BESI DE MONTIGNY · texte numérisé non relu

Poire BESI DE MONTIGNY

Synonymes.— Poires: 1. Trouvée de Montigny (Thompson, Cfl/a/o^-we ofthe fruits of the horticultural Society of London, 1842, p. 153). — 2. Doyenné musqué (André Leroy, Catalogue de ses cultures, 1846, p. 10). — 3. Louis Bosc (Bivort, Album de pomologie, 1850, t. III, pp. 99-100).

— 4. Beurré Cullem (Société Van Mons, Catalogue des fruits cultivés dans son jardin, \^^k, ■g. 41).

— 5. Comtesse de Lunay (Elliott, ttie American fruit grower's guide, 1854, p. 359). — 6. De Montigny (Decaisne, le Jardin fruitier du Muséum, 1858, t. I).

Description de l'arbre. — Bois: fort. — Rameaux : nombreux, arqués à la base, érigés ou faiblement étalés au sommet, gros, de longueur moyenne, peu coudés, d'un brun verdâtre lavé de rose pâle, abondamment ponctués et

BES [besi mon]

ayant les coussinets bien ressortis. — Yeux : assez volumineux, ovoïdes-arrondis.

Poire Besi de Montigny. - Premier Type. duveteux , généralement

écartés du bois. -- Feuilles :

plutôt petites que moyennes, arrondies ou elliptiques, acuminées, canaliculées et légèrement contournées , presque entières ou finement crénelées , portées sur un pétiole épais et peu long.

Fertilité. — Grande.

Culture. — Sur cognassier, son développement est plus tardif que sur franc ; mais néanmoins, quel que soit le sujet qu'on lui ait donné, il fait dès sa deuxième année de remarquables pyramides.

Descpiption du fruit.

— Grosseur : au-dessus delà moyenne et souvent moins considérable. — Forme :

variable ; elle se montre le plus habituellement turbinée et ventrue, ou oblongue si fortement obtuse qu'elle parait alors un peu cylindrique. — Pédoncule: droit ou arqué, court, bien nourri, généralement renflé et charnu à la base et presque toujours obliquement inséré à fleur de fruit. — Œil: moyen, mi-clos ou fermé, régulier, saillant ou faiblement enfoncé. — Peau : jaune verdâtre, parsemée de points roux excessivement fins, maculée de fauve auprès de l'œil et du pédoncule, et portant du côté de l'ombre plusieurs taches noirâtres. — Chair : blanche, juteuse, à grain très -serré, mi -fondante, pierreuse autour des loges. — Fau : abondante, sucrée, acidulé , fortement , mais savoureusernent musquée.

Maturité. — Fin septembre et courant d'octobre ; parfois elle va jusqu'en novembre.

Qualité. — Première.

Historique. — Un botaniste normand mort en 1855 et qui fut un fécond écrivain, Louis-François du Bois, de Lisieux, nous a conservé, ou peu s'en faut, l'origine de ce Besi. On ht en effet, dans l'ouvrage

Deuxième Type.

BES [besi mot] 281

intitulé du Pommier, du Poirier, du Cormier et des Cidres, qu'il fit Imprimer en 1804, la phrase suivante :

« Ce fruit a été découvert à Montigny, vers le milieu du xviii^ siècle, par Daniel-Charles Trudaine, conseiller d'État, intendant général des finances, et membre de l'Académie des Sciences. » (Tome [, p. 134.)

Mais on n'a là qu'un renseignement incomplet, car devant les quatre-vingt-huit localités qui portent chez nous le nom de Montigny, il devient impossible, en raison du laconisme de l'auteur^ de désigner celle où fut trouvé le poirier dont il s'agit. Nous pouvons cependant suppléer au silence de Louis du Bois, par le passage ci-dessous, emprunté au Dictionnaire universel de la France ancienne et moderne^ édité en 1726 :

« Montigny-Lencoup, dans la Brie, diocèse de Sens.... a sis cents habitants. Cette terre et seigneurie appartient aux héritiers de M. Trudene, maître des requêtes et prévôt des marchands de Paris. Elle vaut six mille livres de revenus. » (Tome II, pp. 697-698.)

Actuellement, Montigny-Lencoup fait partie de l'arrondissement de Provins (Seine-et-Marne). Quant à Daniel-Charles Trudaine, né le 3 janvier 1703 il décéda le 19 janvier 1769, et nous voyons les biographes l'appeler Trudaine de Montigny. Ce fut avant 17S0 qu'il propagea la variété qui nous occupe, puisque les Chartreux de Paris la mentionnent et la décrivent déjà en 1752, à la page 40 du Catalogue de leurs pépinières. D'où suit que Duhamel ( 1768) n'en a pas été le premier descripteur, ainsi que l'avançait John Turner, le 15 janvier 1822, dans les Transactions of the horticultural Society of London. (Tome V, p. 131.)

Observations. 7- Les noms Beurré Romain, Doyenné gris, Doyenné de Saumur et poire de Bouchet sont donnés à tort, dans différents ouvrages, comme synonymes du Besi de Montigny; mais c'est avec raison que Downing, en 1863, rapporte à cette dernière espèce le poirier Louis Bosc. [The Fruits and fruit trees of America, p. 474.) M. Bivort lui-même, lorsqu'on 1850 il figura la poire Louis Bosc dans son Album pomologique, ne voulut pas lui délivrer un acte de naissance : « Plusieurs « pomologues — déclara-t-il — pensent que cette variété doit être attribuée au pro- « fesseur Van Mons; pour nous, nous n'avons aucune certitude à cet égard. » (Tome m, pp. 99-100.)

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