Poire BEURRÉ D'ARENRERG
S^ynonymcs. — Poires : 1. Gloux-Morceau (Parmentier, en 1820, cité dans les Transactions of the horticullural Society of London, 1824, t. V, Appendix n» 2, p. 6). — 2. Beurré d'Hardenpont d'Hiver [en Belgique] (Van Mons, Bulletin des sciences agricoles et économiques, publié par le baron de Férussac, 1825, t. IV, p. 199). — 3. Glout-Morceau (Lindley, Transactions of the horticullural Society of London, 1830, l. VII, p. 179). — 4. Goulue-Morceau de Ghambron (baron de Férussac, Bulletin des sciences agricoles et économiques, 1830, t. XIV, p. 265). — 5. Beurré de Gambron (du Breuil, Cours d'' arboriculture, 1854, t. II, p. 569-Vl). — 6. Beurré de Kent (A. ^o-^&v. Annales de pomologie belge et étrangère, 1854, t. II, p. 9). — 7. Glou-Morceau de Gambron (Société Van Mons, Catalogue des fruits cultivés dans son Jardin, 1854, p. 31), — 8. Beurré d'Hardenpont de Gambron (Decaisne, le Jardin fruitier du Muséum, 1838, t. I). — 9. Goulu-Morceau (Id. ibid.). — 10. Beurré Lombard {Id. ibid., et Gongrès pomologique, Pomologie de la France, 1863, t. I, n» 12). — 11. Goulu-Morceau de Gombron (Gongrès pomologique, ibidem).
Premier Type. Description de l'ar-
bre. — Bois : très-fort.
— Rameaux : excessivement nombreux, érigés au sommet de la tige, étalés à la base , des plus gros et des plus longs , géniculés, vert grisâtre, à lenticelles fines et abondantes, à coussinets saillants. — Yeux : moyens, ovoïdes, obtus, à écailles disjointes , duveteux , adhérents à la partie supérieure du rameau et parfois sortis en éperon à l'autre extrémité. — Feuilles : vert foncé, elliptiquesallongées , généralement contournées , ayant les bords fortement dentés , le pétiole court et trèsnourri.
Fertilité. — Variable.
Culture. — Vigoureux et rustique , ce poirier pousse aussi bien sur cognassier que sur franc ; il est d'un développement précoce ; ses pyramides sont admirables, à ce point qu'on en trouverait difficilement de plus parfaites.
Description du fruit. — Grosseur : volumineuse. — Forme : oblongue , ventrue , bosselée , irrégulière , mais se rapprochant fréquemment de notre deuxième type , où elle est contournée et toute déprimée d'un côté. — Pédoncule : court ,
302 BEU [beurré are]
gros, droit ou recourbé^ souvent renflé à ses extrémités, obliquement inséré, et parfois en dehors de l'axe du fruits au centre d'un large évasement à bords
„.■ .^,. ^ ^ ., ^ des plus accidentés. — Œil :
Poire Beurre d Arenberg. — Deuxième Type. ^ ^ , , ,. .
tres-ouvert , grand , a divisions presque foliacées, placé dans un bassin étroit, assez profond et entouré de bosselettes ou de côtes faiblement accusées. — Peau .-jaune clair légèrement verdâtre , ponctuée de roux, striée de même dans la cavité ombilicale, tachée de brun autour du pédoncule et généralement lavée de rose tendre sur la partie exposée au soleil. — Chair: blanche, fine, fondante, juteuse, à peu près exempte de pierres. — Eau : toujours très-abondante , acidulé , sucrée, parfois aigrelette, douée d'une saveur parfumée des plus exquises.
Maturité. — De novembre jusqu'au début de février , et quelquefois , mais très-rarement, atteignant le mois de mars.
Qualité. — Première.
Historique. — Les trois noms portés simultanément chez les Anglais, les Belges et les Français, par cette délicieuse poire d'abord peu répandue, ont fait naître autour d'elle bien des erreurs; comme aussi on l'a confondue longtemps avec le Beurré d' H ardenpont d'Automne., gagné par Van Mons, ainsi qu'avec VOrpheline d'Enghien, variétés décrites plus loin à leur rang alphabétique. Aujourd'hui, qu'elle est cultivée par toute l'Europe, les documents abondent pour déterminer son origine ; essayons de les utiliser.
Le premier nom qu'on lui appliqua fut celui de son obtenteur. Van Mons l'a constaté en 1825, dans le Bulletin des sciences agricoles et économiques alors publié à Paris sous la direction du baron de Férussac :
« Beurré d'Hardenpont d'Hiver. — Cette poire précieuse [ disait le professeur belge ] a été obtenue dans le Hainaut, il y a cent ans enyiron, par le conseiller ecclésiastique Hardenpont, à sa campagne de Paniselle, près de Mons. » (Tome IV, p. 199.)
Son deuxième nom, Gloux-Morceau, que l'on supposait sorti d'Angleterre, lui fut, au contraire, donné en Flandres avant 1819, car Parmentier, bourgmestre d'Enghien et grand amateur de fruits, expédia ce Beiuré ainsi étiqueté, en novembre 1820, à la Société d'Horticulture de Londres. Et les Transactions (Mémoires) de ladite Société attestent ce fait (tome V, an. 1824, 2"= Appendice, p. 6) ;
BEU [beurré are — ass] 303
de même qu'on y lit également la rectification suivante : « Dumortier-Rutteau , de « Tournay, écrivant en 1826 à John Lindley *, lui fit observer que la véritable « orthographe du nom de cette poire, était Glout-Morceau. » (Tome VII, an. 1830, p. 179.) Rectification des plus fondées et qu'appuient tous nos vieux Glossaires. Le mot GLOUT vient en effet , d'après eux , du latin gluto ou du celtique gluth , termes se traduisant ici par friand.... Donc, Glout-Morceau équivaut à Friand-Morceau, qualification que ne dément certes pas l'exquise saveur de ce Beurré.
Si maintenant nous recherchons quelles causes valurent à cette variété son troisième nom, celui de Beurré d'Arenberg , que nous lui conservons parce qu'en France chacun le lui connaît depuis soixante ans , voilà ce qu'un auteur belge , M. Auguste Royer, va nous apprendre :
« .... Cette poire, dont la première apparition date environ de 1739, resta longtemps inconnue des pomologistes français. Ce ne fut que vers 1806 que Louis Noisette l'introduisit en France. Dans un voyage qu'il lit à cette époque au château du duc d'Arenberg, à Hervelé près Louvain, il remarqua plusieurs fruits qui lui étaient inconnus et qui lui j)arurent mériter d'entrer dans ses collections.... Personne ne lui ayant fait connaître le vrai nom de cette poire {Beurré d'Hardenpont), Noisette crut alors être en droit de lui assigner celui de Beurré d'ARENBERG...' Je tieus ces détails de M. Noisette lui-même. » [Annales de pomologie belge et étrangère, 1854, t. Il, p. 9.)
Et M. Auguste Royer n'avançait là rien d'inexact, puisqu'en 1839 le pépiniériste Noisette avait affirmé ce qui suit , page 129 de son Jardin fruitier :
« Beurré d'Arenberg. — Nous regardons cette poire comme la plus délicieuse que nous connaissions. Nous l'avons rapportée en 1806 des jardins du duc d'Arenberg, en Belgique. »'
Observations. — Il n'existe aucune identité entre ce fruit et le Beurré Duval., poire mûrissant au commencement de septembre; c'est donc par méprise que M. du Breuil, en 1854, faisait ce dernier nom synonyme du premier, à la page 569-vi du tome II de son Cours d'arboriculture. — On croit généralement que le Beurré d'Arenberg ne saurait dépasser le mois de janvier; c'est un tort, car dans l'Anjou, où cependant on le mange souvent dès la mi-novembre, nous l'avons conservé bon, quelquefois, jusqu'en mars; et les cahiers de dégustation du Comice horticole de Maine-et-Loire en fournissent la preuve. — La grosseur de ce fruit peut atteindre un volume bien plus considérable que celui des types figurés ci-dessus. Ainsi à Chartres, lors de l'exposition de 1862, il s'en trouva dans le lot envoyé par M. Baubion qui pesaient 500 grammes; mais il très-rare d'en rencontrer beaucoup qui puissent accuser un semblable poids.
Poire BEURRÉ D'ARENBERG (en Belgique). — Synonyme de poire Orpheline d'Enghien. Voir ce nom.
Poire BEURRÉ D'ARGENSON. — Synonyme de poire Passe-Colmar. Voir ce nom.