Chevalier {Id. ibid
Description de l'ai'bre. — Bois : assez fort. — Rameaux :
très-nombreux, presque érigés ou légèrement et régulièrement étalés, gros, peu longs, coudés, brun verdâtre, finement ponctués, ayant les coussinets bien ressortis, — Yeux:
moyens, ovoïdes, pointus , non adhérents , souvent même formant éperon. — Feuilles : petites, ovales-arrondies, à bords régulièrement dentés en scie, à pétiole court, fort et parfois lavé de carmin.
Fertilité. — Satisfaisante.
Culture. — L'arbre est de vigueur moyenne ; greffé sur cognassier, il croit lentement la première année ; sur franc, il est au contraire parfaitement développé à cet âge; mais à deux ans, quel que soit le sujet qu'on lui ait donné, il forme de très-belles pyramides.
Description du fruit. — Grosseur : considérable. — Forme : oblongue-turbinée, excessivement obtuse et ventrue, souvent bosselée, ayant un côté plus renflé que l'autre. — Pédoncule : court, assez mince, droit ou arqué, formant parfois un bourrelet à son extrémité supérieure , obliquement inséré, en dehors de l'axe du fruit, dans un évasement rarement très-profond , mais dont les bords sont toujours plus ou moins inégaux. — Œil: grand, mi-clos, régulier, peu enfoncé.
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— Peau : jaune verdâtre , ponctuée et tachée de fauve , striée de même dans le bassin ombilical, et généralement vermillonnée sur la partie exposée au soleil. — Chair : blanche, fine, des plus fondantes, juteuse, à peine pierreuse. — Eau : excessivement abondante, sucrée, acidulé, vineuse, peu parfumée, quoique délicate et fort savoureuse.
Maturité. — D'octobre en décembre.
Qualité. — Première.
Historique. — Ce fut Louis-François Bachelier, horticulteur à Cappelle- Brouck, dans le département du Nord, et récemment décédé presque nonagénaire^ qui gagna cette excellente poire avant 1845. Sa culture, d'abord locale^ finit ensuite par se généraliser, surtout depuis 1851, date à laquelle le Comice horticole de Bourbourg, ville située non loin de Cappelle-Brouck , la recommanda à l'attention des Sociétés spéciales, en faisant circuler l'extrait suivant du procès- verbal de sa séance du 13 décembre 1851 :
« La poire obtenue de semis par M. Bachelier est un fruit magnifique qui justifie tout l'intérêt qu'y attache le Comice, qui l'a minutieusement examinée et décrite. Elle pèse de 630 à 650 grammes et peut être comparée, pour la forme, à la Duchesse d'Angoulême. Elle provient d'un sujet placé en espalier contre mur, face au couchant, sauvageon ayant primitivement été greffé de la poire d'Austrasie (ou Jaminette), et en mars J849 de la poire dont il s'agit. Il a fourni au bout de deux ans neuf poires toutes semblables, à peu près, d'ampleur et de poids, sauf une qui, pyriforme, pesait plus de 700 grammes. »
Pour notre part, nous nous empressâmes d'aider à la propagation de ce Beurré ainsi annoncé, puisque dès 1852 nous le mettions en vente sous le n" 367 de notre Catalogue.
Observations. — Il est urgent de ne pas attendre l'extrême maturité de cette "poire, pour la manger, autrement on s'expose à la trouver pâteuse; comme il importe aussi, dans le fruitier, de la toucher rarement, le moindre contact pouvant alors lui être nuisible et provoquer sa blettissure. — On a dit que le Colmar d'Arenberg , gain de Yan Mons, se rapportait complètement au Beurré Bachelier. Non ; ces deux fruits ont bien quelque ressemblance, quant à la forme, quant à l'époque de maturité, mais leurs autres caractères, mais surtout leurs arbres, sont des plus dissemblables.