Poire BEURRÉ BEAUCHAMP
Synonymes. — Poires : 1. Haghens d'Hiver (André Leroy, Catalogue descriptif et raisonne' des arbres fruitiers et d'ornement, 1852, p. 26, n" 457). — 2. Bergamote Beauchamp (Thuillier-Aloux, Catalogue raisonné des poiriers qui peuvent être cultivés dans la Somme, 1855, p. 16). — 3. Henkel (Hovcy, the Fruits of America, 1856, t. II, p. 53). — 4. Beurré Biémonï (de Liron d'Airoles, Liste syno7iymique des variétés du poirier, 1859, Table des fruits à l'étude, p. 6). — 5. Henkel d'Hiver (W. ibid., p. 54).
Description de l'arbre. — Bois : très-fort. — Rameaux : nombreux , habituellement arqués et un peu étalés, des plus gros, assez courts, coudés, vert clair jaunâtre, à lenticelles larges et abondantes, à coussinets extrêmement saillants. — Yeux : moyens, coniques, aigus, légèrement écartés du bois. — Feuilles : petites, d'uai beau vert, ordinairement ovales-allongées et finement crénelées ou dentées, ayant le pétiole court et épais.
Fertilité, — Ordinaire.
BEU [beurré bea]
Culture. — Ce poirier qui est vigoureux, et dont l'écusson se développe rapidement, prend indifféremment, comme sujet, le franc ou le cognassier; il fait des pyramides aussi fortes que remarquables par leur beauté. ,
Poire Beurré Beauchamp.
Description du fruit. — Grosseur : moyenne et souvent plus volumineuse. — Forme : turbinée-arrondie, et parfois turbinée assez allongée et bosselée. — Pédoncule : peu long, bien nourri , arqué , renflé à ses extrémités , obliquement implanté dans une très-étroite cavité mamelonnée. — Œil : large , régulier, à peine enfoncé. — Peau : jaune pâle, ponctuée de fauve , striée de brun dans l'évasement ombilical et fortement carminée du côté du soleil , où elle est en outre couverte de points gris clair. — Chair : fine, blanche, juteuse , excessivement fondante , rarement pierreuse. — Eau : des plus abondantes, sucrée, parfumée, ayant une saveur beurrée aussi délicate qu'agréable.
Maturité. — De la fin d'octobre à la fin de novembre.
Historique. — En 1847 M. Bivort disait de cette poire, dans son Album de pomo%?e publié à Bruxelles :
« Elle porte le nom de son inventeur. Je ne puis assigner l'époque certaine de sa première apparition, mais je la trouve déjà comprise dans un Catalogue de Van Mons qui date de 1823. Elle est donc antérieure à cette année. » (Tome I, n° 53.)
Cette variété d'origine belge fut effectivement connue et cultivée par Van Mons , car en 1833 il faisait à son sujet la remarque suivante :
« La Beaucham.'p est une poire d'âge moyen, de volume ordinaire, très-fondante, très-fade et mal odorante ; mais cultivée au mur, elle y double de volume, conserve son fondant, acquiert du parfum et se" remplit de sucre. » [Arbres fruitiers, t. I, p. 362.)
En déclarant ainsi qu'en 1835 ce Beurré était déjà « d'âge 'moyen, » Van Mons donne à penser qu'on dut l'obtenir vers le début du siècle. Mais si nous ignorons la date précise de sa naissance , tout au moins savons-nous l'époque à laquelle on l'introduisit en France, Ce fut en 1836, d'après M. du Breuil. (Voir son Cours d'arboriculture, 1854, t. II, p. 569-m.)
Observations. — Le Beurré Beauchamp, selon plusieurs pomologues, ne serait autre que la Voie aux Prêtres, ou Bergamote Cadette, décrite en 1768 par Duhamel. C'est là une opinion que nous ne pouvons partager. Il existe bien quelques rapports de forme et de coloris entre ces deux poires. Oui ; mais la première est excellente , tandis que la seconde , d'ailleurs plus précoce , vaut uniquement pour la cuisson. Enfin, les arbres qui les produisent offrent des différences parfaitement
BEU [beurré BEA — bég]
tranchées. — Et il en est ainsi de la Bergamote Bufîo, également donnée dans quelques Catalogues comme synonyme de Beurré Beauchamp. — Nous n'en dirons pas autant, par exemple, des poires Beurré Biémont, Henkel et Hagliens, car elles sont réellement les mêmes que la variété que nous venons d'étudier.
Poire BEURRÉ BEAUMONT. — Synonyme de Besi de Saint- Waast. Yoir ce nom.