Poire BEURRÉ CAPIAUMONT
Synonymes. — Poires ; 1 . Beurré Aurore ( Prévost^ Cahiers pomologiques, 1 839, p. 15 ). — 2. Bedrré Gapiémoint ( Id. ibid.). — 3. Beurré Capiomont [Id. ibid.). — 4. Aurore (Decaisne, le Jardin fruitier du Muséum, 1858, t. I). — 5. Capiaumont {Id. ibid.). — 6. De la Glacière {Id. ibid.).
Description de l'arbre. —
Bois : de force moyenne. — Bameaux : nombreux, généralement érigés ou un peu étalés, gros, assez longs, très-coudés, brun-fauve rougeâtre, tachetés de gris, à lenticelles larges et rapprochées, à coussinets bien ressortis. — Yeux : volumineux, ovoïdes , duveteux , non appliqués contre l'écorce et ayant les écailles mal soudées. — Feuilles :
grandes, abondantes, ovales-allongées, profondément dentées ou crénelées , contournées et portées sur un pétiole court, épais et pourvu de longues stipules.
Fertilité. — Remarquable.
Culture. — Assez vigoureux, cet arbre se grefïe sur toute espèce de sujet ; son développement est vif et ses pyramides prennent une jolie forme, comme elles sont aussi fortes et feuillues.
Description du fruit. — Grosseur : assez considérable. — Forme : trèsallongée, très-ventrue vers l'œil, mais diminuant beaucoup de volume auprès du sommet, qui est légèrement obtus et mamelonné. — Pédoncule : court, de force moyenne, arqué, généralement inséré à fleur de peau, obliquement et en dehors de l'axe du fruit. — Œil : moyen, ouvert, régulier, presque saillant. — Peau :
BEU [beurré cap — cat] 331
épaisse, rugueuse, jaune d'ocre clair, ponctuée et marbrée de fauve, maculée de même autour du pédoncule et habituellement recouverte d'une légère teinte rosée du côté du soleil. — Chair : blanche, à filaments verdâtres, fine, mi-fondante, aqueuse, un peu pierreuse au-dessous des loges. — Eau : abondante, sucrée, aromatique, aigrelette, fort délicate.
Maturité. — De la fin de septembre jusqu'à la fin d'octobre.
Qualité. — Première pour le couteau ainsi que pour la compote.
Hiistorique. — Longtemps on a voulu voir dans le Beurré Capiaumont un fruit distinct du Beurré Aurore, mais aujourd'hui les pépiniéristes sont généralement convaincus qu'ils n'ont là qu'une seule et même variété. Dans l'Anjou — où dès 1831 on cultivait ce poirier sous le nom fautif de Beurré Aurore, que lui avait valu, sans doute, la couleur particulière dont parfois le soleil revêt sa peau — dans l'Anjou, chacun aujourd'hui fait ce nom synonyme de Beurré Capiaumont, d'accord ainsi avec MM. Prévost (1839), Bivort (1849), Decaisne (1858), Eugène Forney (1862), etc., etc. Introduite en France en 1827, selon le dernier des écrivains que nous venons de nommer, cette poire nous a été fournie par la Belgique, et voici quelle fut son origine :
« Elle provient des semis de M. Capiaumont, pharmacien à Monsj sa première production date de 1787 J'ai établi la vraie manière d'écrire le nom de cette variété d'après la signature même de son obtenteur. » (Bivort, Album de pomologie, 1849, t. II, pp. 87-88.)
Observatioiifg. — Les Allemands tiennent ce fruit en grande vénération, et le prétendent « sorti d'un semis de pépins de Beurré gris. » Nous trouvons ce renseignement dans le Deutsche& Obstcabinet, publié en 1860 sous la direction du docteur Langethal; transcrivons-le donc, mais comme une simple note dont rien ne garantit l'authenticité, car le pomologue qui l'y a consigné ne dit pas où il l'a puisé. — Tous les sols ne sauraient convenir à ce poirier; il lui faut surtout un terrain de première nature; aussi le voit-on souvent donner, dans une même contrée, et des produits excellents et des produits médiocres. Ce qu'a, du reste, déjà constaté l'un de nos estimables confrères , M. Gagnaire fils , pépiniériste à Bergerac (Dordogne) :
« La poire Beurré Capiaumont — a-t-il dit — est de toute première qualité à Bergerac, tandis qu'à vingt-cinq kilomètres de cette ville elle n'est bonne que cuite. » {Revue horticole, 1860, p. 116.)
Poires BEURRÉ CAPIÉMONT et BEURRÉ CAPIOMONT. — Synonymes de Beurré Capiaumont. Voir ce nom.