Poire BEURRE DIEL
Synonymes.— Poires : 1. Beurré de Gelle (Lindlcy, A Guide to the orchard and kiichen garden, 1831, p. 393). — 2. Beurré ROYAL {Id. ibid.). — ^. Dorothée royale (/c?. zôic?,). — 4. Beurrémagni- FiQUE (Prévost, Cahiers pomoloyiques , 1839, p. 19). — 5. Beurré d'Yelle (Thompson, Catalogue of fruits of the horticultural Society of London, 1842, p. 127). — 6. DiEL {Id. ibid.). — 7. Dillen d'Hiver [Id. ibid.). — 8. Gros-Dillen {Id. ibid.). — 9. Grosse-Dorothée [Id. ibid.). — 10. Des Trois-Tours {Id. ibid.). — 11. Beurré incomparable (Bivort, Album de pomologie , 1847, p. 44). — 12. Dry-Toren {Id. ibid.). — 13. Graciole d'Hiver (7c?. ibid.). — 14. Guillaume de Nassau (Société VanMons, Catalogue des fruits cultivés dans son jardin, 1854, t. I, p. 31). — 15. D'Horticulture (Bivort, Annales de pomologie belge et étrangère , 1856, t. IV, p. 37). — 16. Beurré du Roi (Decaisne , le Jardin fruitier du Muséum, 1859, t. II). — 17. Drijtoren {Id. ibid.). — 18. Saint- Auguste (Langethal, Deutsches Obstcabinet, 1859, 5* cahier). — 19. Beurré Oran ( Congrès pomologique , Pomologie de la France, 1863, t. I, n" 7). — 20. Céleste {Id. ibid.).
Description de l'arbre. — Bois : très -fort. — Hameaux : assez nombreux, habituellement étalés , des plus gros , de longueur moyenne , géniculés , gris-brun clair, à lenticelles larges et peu abondantes , à coussinets ressortis. — Yeux : volumineux, ovoïdes, pointus, écartés du bois. — Feuilles : souvent rougies, assez grandes, rarement nombreuses, légèrement coriaces, elliptiques-arrondies, faiblement denticulées, ayant le pétiole un peu court,, bien nourri et accompagné de longues stipules.
Fertilité. — Remarquable.
Culture. — Ce poirier vigoureux se plaît autant sur cognassier que sur franc ; ses pyramides sont belles , fortes, et le développement de son écusson est des plus vifs.
Description du fruit. — Grosseur : considérable. — Forme : généralement turbinée, obtuse, bosselée, ventrue, et ayant un côté plus renflé que l'autre. — Pédoncule : fort et un peu court , arqué , obliquement inséré dans un évasement arrondi de profondeur assez grande et à bords unis. — OEil : moyen, ouvert,
BEU [beurré die]
régulier, rarement très-enfoncé. — Pmu : rude au toucher, jaune d'or, largement ponctuée et marbrée de fauve, maculée de même autour du pédoncule, striée ou lavée de brun dans le bassin ombilical, et souvent colorée, mais faiblement, de
rouge pâle sur la par- Poire Beurré Diel. ^ie exposée au soleil.-
Chair : blanche , demifine , demi - fondante , aqueuse , montrant quelques filaments verdâtres , pierreuse au centre. — F au : abondante, sucrée, vineuse, aigrelette , pourvue d'un délicieux arôme.
Maturité. — Fin octobre et se prolongeant jusqu'en décembre.
Qualité. — Première.
Historique. —
Dès l'abord, quand le Beurré Diel commença à se propager en France, ce qui eut lieu vers 1821 , on crut chez nous qu'il provenait des semis du professeur Van Mons, connu déjà par de nombreux, par d'excellents gains. C'était une erreur. Mais cependant Van Mons fut pour beaucoup dans l'existence, dans la célébrité de cette poire, ainsi qu'on va le démontrer :
« Le pied-mère de cette variété — écrivait-il en 1819 — fut trouvé anonyme dans un village près de Vilvorde (Belgique), par le sieur Meuris, alors directeur de mes cultures. » {Annales générales des sciences physiques , t. II, p. 36b.)
Et, dirons-nous avec Prévost, de Rouen : « Van Mons, après avoir apprécié les « produits de ce sauvageon , le dédia au professeur allemand Diel. » { Cahiers pomologiques, 1839, p. 136.)
Quant au village où ce poirier poussa, il est situé entre Bruxelles et Malines, et porte le nom de Perck. Le terrain sur lequel on y rencontra l'égrasseau, dépendait de la ferme appelée Dry-Toren, ou des Trois-Tours. Van Mons n'a pas mentionné l'époque à laquelle Meuris, son jardinier-chef, fit cette précieuse trouvaille. Selon M. de Liron d'Airoles, renseigné par M. Girardi, pomologue belge, ce fut en 1811. (Voir Notices pomologiques , t. I, p. 82.) Et la présente date nous paraît exacte, en ce sens que le docteur Auguste Diel, de Stuttgardt, qui accepta la dédicace du Beurré ainsi découvert, l'avait déjà décrit en 1816, dans son remarquable ouvrage sur les fruits à pépins [Kernobstsorten , p. 70).
BEU [beurré dor]
Observations. — Plusieurs auteurs ont déclaré les poires Fourcroy, Géant et Melon, de Knoop, identiques avec le Beurré Uiel;' mais il y a là une tdple méprise que l'on constatera en se reportant plus loin aux articles où nous étudions ces trois variétés. Tout détail^ ici, serait donc superflu. — Deux autres poires, la Mabille et le Beurré Lombard, sont également classées à tort parmi les synonymes du Beurré Diel , puisque la première se rapporte à la poire Napoléon , et la seconde au Beurré d'Arenberg, ou Glout-Morceau. — Enfm, en voyant au rang des synonymes reconnus du Beurré Diel, figurer une poire Céleste, il faut noter qu'elle diffère complètement de la Céleste de Guasco, mûrissant en février. — Le Beurré Diel atteint parfois un volume si considérable, que M. Decaisne disait en 1859 « avoir « vu de ces poires qui, obtenues sur espalier, mesuraient 0'",14 de hauteur, sur « 0"',10 de diamètre, et du poids de 1 kilogramme. » (Tome II.) Pour notre part, il nous souvient qu'à l'exposition de Chartres, en 1862, on admirait beaucoup certains de ces fruits qui pesaient près de 700 grammes.
Poire BEUBRÉ DORÉ. — Synonyme de Beurré gris. Voir ce nom.