‹ Dictionnaire de pomologie (volume 2)Chapitre 26 sur 486 · TOTAUX · texte numérisé non relu

TOTAUX

1861 Juillet

15,200 kil.

10,487 kil.

25,687 kil.

— Août

— Septembre

— Octobre

— Novembre

— Décembre

1862 Janvier

Totaux

145,119 kU.

550,032 kil.

695,151 kil.

« En jetant un coup d'œil sur ce tableau, on voit que l'expédition des poires commence en juillet, et que c'est pendant le mois d'août que cette exportation atteint son maximum, soit 65,050 kilogr. parla grande vitesse, et 248,218 kilogr. par la petite vitesse. Au total, 313,268 kilogr.; et, en moyenne, 10,000 kilogr. environ par jour. On sait que c'est pendant ce mois que donne la William, cette excellente espèce si répandue dans tous les jardins de l'Anjou, et si recherchée sur les tables de la Capitale. C'est à peu près elle seule qui a été chargée en grande vitesse, et cela tient à ce qu'étant meilleure, plus belle et plus estimée que les autres poires de cette époque, elle se paie plus cher et peut mieux supporter le surcroît de frais qu'entraîne ce mode d'expédition.

« Il ne faudrait pas croire, cependant, que toutes celles qui sont chargées en petite vitesse, soient de qualité inférieure; on estime qu'il y en a bien encore 1/5 de f^ qualité.

« Les autres, dites poilues à la pelle, moins belles et beaucoup moins chères, sont chargées en vrac, c'est-à-dire à même le wagon, sans autre emballage qu'un peu de paille. Elles sont vendues dans les rues de Paris, et à prix assez bas pour être accessibles à toutes les bourses.

« En poursuivant notre examen, nous voyons que l'exportation continue encore activement en septembre et octobre. Ce sont alors les Bonne-Louise d'Avalanches, les Duchesse d'A7igoulème, les Beurré Diel ou Royal, les Beurré d'Arenberg, les Doyenné d'Hiver qui forment le fond de cette exportation pour celles de la grande vitesse, dites poires de luxe. Presque toutes les autres espèces prennent la petite vitesse, et, à peu d'exceptions près, tombent dans la catégorie des poires à la pelle.

« En novembre, on n'expédie plus que 19,148 kilogr.; en décembre, 2,685 kilogr.; en janvier, 150 kilogr. ; enfin plus rien en février. On le voit, après octobre, la chute est sensible, et de 134,698 kilogr. dans ce mois, on ne trouve plus que 19,148 kilogr. en novembre. En décembre et en janvier, il n'y a plus que des poires de grande vitesse, ou poires de luxe.

« En résumant ces chiffres, on trouve qu'il est parti par la gare d'Angers, et de la dernière récolte, 695,151 kilogr. de poires.

« On peut estimer ces poires au prix moyen de 30 centimes le kilogr., ce qui donne une somme de 208,545 francs pour les poires seulement de nos jardins. Et si l'on ajoute une somme égale pour celles qui ont été chargées dans les autres gares de notre dépaiiement, on obtient un chiffre de 417,090 francs.

« Ces poires suivent à peu près toutes la même route jusqu'à Paris. Celles de la petite vitesse restent dans cette ville, ainsi qu'une partie de celles de luxe. Les autres sont dirigées sur le Havre, et là embarquées pour l'Angleterre et la Russie »

De cette intéressante statistique, il résulte donc que la seule ville d'Angers laissa en 1861-62, sur les marchés de Paris, « toutes\Q9, poires qn'elle avait expédiées par « petite vitesse , » soit 550,032 kilogr. , « puis partie de celles de luxe remises à la « grande vitesse, » et qui offraient un tonnage de 145,119 kilogr. Or, si l'on admet que la moitié de ces dernières — et cela dut être — restèrent également dans la Capitale, on trouve ainsi qu'Angers fournit cette année-là 622,591 kilogr. de poires aux Parisiens. Qu'on juge maintenant, en songeant aux innombrables envois de même nature partant de tous les points de la France, pour Paris, quel doit être présentement le poids annuel des poires consommées dans cette immense et populeuse cité 1

Les poires sont utilisées, chez nous, de toutes les façons. Non-seulement elles occupent dans les desserts, crues ou cuites, la première place sur nos tables et forment un des aliments les plus recherchés des classes pauvres, mais encore, dans les ménages, on en fait des confitures ou marmelades, du raisiné, puis une espèce de ratafia agréable et digestif.

Elles passent aussi chez les confiseurs, qui les convertissent en une pâte délicieuse ou les conservent mi-cuites dans un sirop fortement étendu d'alcool.

Un autre mode de conservation beaucoup moins onéreux, et comme tel trèsrépandu, existe également pour ce fruit. Nous voulons parler de la préparation des poires tapées, constituant une véritable industrie qui donne annuellement lieu à de nombreuses aflaires.

Enfin, le distillateur utilise à son tour quelques-unes de nos variétés les plus communes, surtout en Normandie et dans le nord de la France : il en tire une assez bonne eau-de-vie ainsi qu'un vinaigre généralement estimé.

Pour chacun des usages ici spécifiés, toutes les poires ne sauraient être indistinctement employées. On le comprend; et sans doute serait-on surpris de ne nous voir fournir à cet égard aucune espèce de renseignements, si nous ne disions qu'on les rencontrera plus loin. En décrivant les diverses variétés du poirier, nous avons eu soin, effectivement, de préciser l'utilité particulière dont certaines d'entre elles étaient douées. Évitons alors tout autre détail de ce genre, il serait superflu.

Celte réserve ne saur.iit concerner, toutefois, les variétés dont les produits sont spécialement consacrés à la préparation du Poiré, boisson si chère aux Normands, car ces fruits ne figurent pas dans notre Dictionnaire.

Le poiré, qui mousse et pétille à l'égal du Champagne et des vins blancs d'Anjou, est en usage dans maintes contrées de la France, mais les départements de Y Orne, de la Seine- Inférieure, de Y Eure et du Calvados^ sont renommés surtout pour sa fabrication. Dès les temps les plus reculés on le trouve cité chez nos écrivains, notamment au vi'^ siècle par Fortunat, évêque de Poitiers. Il en parle au livre P ^ de la Vie de la reine Radegonde, abbesse et fondatrice, en o45, du monastère de Sainte- Croix, et dit : « Le poiré formait, avec l'hydromel, l'unique boisson de cette femme « célèbre. »

Le nombre des variétés de poirier affectées à la préparation du poiré, est assez grand, mais les noms qu'elles portent sont peu ou mal connus. Comme aussi l'on en voit beaucoup qui d'un département à l'autre sont totalement étrangères aux agriculteurs.

Pour le Calvados, voici les noms des principales poires destinées au pressoir ; nous les devons à l'obligeance de M. Lelaudais père, pépiniériste à Caen. Il y a joint un

utile renseignement : l'indication de la localité où chacune de ces poires est le plus parliculièrement récoltée :

Noms des Variétés :

Poire d'Angoisse. ( Voir poire d'Yvry. )

— d'Argent

— d'Avoine

— de Blanc

— Blanc-Bocage

— Blanc-Collet. ( Voir Grosse-Grise.)

— de Branche

— Carisi blanc ou Pochon blanc

— Carisi rouge ou Pochon rouge

— Catillon. ( Voir poire d'Ectot. )

— de Chemin

— de ClevUle

— d'Ectot ou Catillon :

— de Fer

— Furonnet (recherchée surtout pour fabriquer

l'eau-de-vie. ) . .

■— Gris-de-Loup

— de Griset

— de Gros-Entricotin

— de Gros-Gris

— de Gros- Vert

— Grosse-Grise ou Blanc-Collet

— d'Ivry ou d'Angoisse

— de Loup

— de Louise

— de Mézeray

— d'Oignonet

— d'Oignonet blanc. ( Voir Trochet blanc. )

— Patte d'oie

— de Petit- Entricotin

— de Petit-Longuet

— de Platet

— Pochon blanc. ( Voir Carisi blanc, )

— Pochon rouge. ( Voir Carisi rouge. )

— de Trochet

— Trochet blanc ou Oignonet blanc

— Trochet rouge

— Trompe-Gourmand

liieux de cnlture i

Beaumont-en- Auge .

Id.

Lisieui.

Clécy.

Pays d'Auge.

Id.

Dozulé.

Beaumont-en-Auge.

Ectot et Epinay-sur-Odon.

Vallée d'Auge.

Clécy.

Beaumont-en-Auge.

Id.

Clécy.

Id.

Beaumont-en-Auge.

Falaise.

Dozulé.

Beaumont-en-Auge.

Héritot-en-Auge.

Beaumont-en-Auge.

Pays d'Auge.

Beaumont-en-Auge .

Clécy.

Id.

Héritot-en-Auge.

Clécy,

Lisieui.

Id.

Id.

Enfin, dans l'Orne, les poiriers dont les produits servent à faire du poiré, sont ceux désignés ci-dessous. Nous en dressons la liste d'après une brochure (1) sur l'arboriculture Ixaitière, publiée en 1856 par M, Anatole Massé, horticulteur à la

(1) Notions sur l'art de bien planter les arbres fruitiers et d'agrément, et sur la culture complète des pommiers et des poiriers à cidre en Normandie, avec la description des meilleures variétés de fruits pour la fabrication du cidre; Domfront, 1856, in-S" de 29 pp.

Ferté-Macé ; brochure que notre estimable confrère a bien voulu nous offrir. En parcourant cette liste, on verra qu'il s'y rencontre seulement six des variétés cultivées dans le Calvados; et nous les avons marquées d'un astérisque afin qu'on les distinguât immédiatement. Quant à la croix qui suit les noms de certaines autres variétés, elle est là pour indiquer les poiriers les plus répandus, les plus estimés en ce genre,, dans le département de l'Orne :

Voire d'Agneau,

— Aigre.

— d'Avare.

— Barbot.

— Baril.

— de Baudet.

— de Bergère.

— Bernard.

— Biberon.

— Binot.

— '^ de Blanc, -j-

— Blanc-Perné.

— Bon-Jus.

— de Bons-Parents.

— à Bourdin.

— Branle-Tout.

— Erignolet.

— Brise-Tout.

— Capote.

— de Carcan.

— Casse-Dent.

— Casse-Pot.

— Casse-Tête.

— de Catalan.

— de Catau.

— * de Chemin.

— de Cheval, -j-

— de Chien.

— Clichard.

— de Cloche. +

— de Cochon.

— de Coing.

— de Crapaud.

— * d'Entricotin. -\-

Poire Farineuse.

— * de Fer.

— Griseau.

— Gros-Blanc. -|-

— Gros-Calais.

— de Gros-Court.

— Gros-Hie. +

— Gros-Jean.

— Gros-Vanneau.

— Gros-Vignon. +

— à Grosse-Queue.

— de Guibray.

— Hantin.

— Hector.

— d'Héritage.

— Ivas.

— Jean.

— Langue.

— Licorne.

— de Limaçon.

— de Loge.

— Longipot.

— * de Longuet. -{-

— à Longue-Queue. -]-

— * de Loup.

— Manette.

— Marron-Gris. -\-

— Marron-Roux.

— Martinet.

— Mathurin.

— Mauvais-Gars.

— Mauvais-Jus.

— Mirette.

— Nabouin.

Poire d'Octobre.

— de Parent.

— Patou.

— de Pendu.

— de Perche.

— Perrot.

— d"e Petit-Hie. +

— de Petit-Vignon. -\~

— Picard. -1-

— Pincette.

— Pinot.

— de Pucelle.

— Ragnet. -\-

— Ravenel.

— Robin-d'Ane.

— Robin-de-Cochon.

— de Rosée.

— Rousset. 4-

— de Sable.

— Sabot.

— de Sang.

— Sapin-Doux.

— de Sauge.

— Sirol.

— Têtard.

— Tête-Longue.

— Tout-Vend.

— Trochet-de-Fer. +

— Tue-Chien.

— Valant-Tout.

— Valicot.

— Vinot.

— Volant.

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