Poire BEURRÉ GIFFARD
Synonyme. — Poire GiFFARD (Decàisne, le Jardin fruitier du Muséum, 1861 , t. IV).
Ilescription de l'arbre. —
Bois : de force moyenne et d'un joli rouge grisâtre. — Rameaux : assez nombreux, étalés et légèrement contournés , faibles , très-longs , peu coudés , rouge foncé , à lenticelles fines et clair-semées^ à coussinets presque nuls. — Yeux : très-petits, aplatis , collés contre l'écorce. — Feuilles : moyennes, rarement abondantes , ovales , acuminées , ayant les bords entiers, le pétiole long, grêle, et les stipules excessivement développées.
Fertilité. — Ordinaire.
Culture. — De bonne vigueur, il se greffe sur cognassier ou sur franc, croit hâtivement et forme des pyramides régulières et assez jolies, quoiqu'un peu dégarnies de feuilles.
Description du fruit. — Grosseur : moyenne. — Forme : turbinée, obtuse, gibbeuse et ventrue. — Pédoncule : court, droit ou arqué, mince, perpendiculairement ou obliquement implanté à la surface du fruit. — Œil: petit, ouvert, bien fait, presque saillant. — PeaM/ jaune verdâtre, fortement ponctuée de brun, maculée de fauve autour du pédoncule et lavée de rouge terne du côté du soleil. — Chair : blanche, fine, fondante, rarement pierreuse. — Eau : suffisante, sucrée, acidulé, faiblement mais délicatement parfumée.
Maturité. — Fin juillet et commencement d'août.
Qualité. — Première, en raison surtout de sa précocité.
Historique. — Deux versions ont déjà été publiées, sur l'origine de ce Beurré; l'une qui le déclare trouvé par hasard, en 1840, par M. Rousseau, fleuriste à Angers; et l'autre qui le fait naître spontanément, cette même année 1840, chez M. Giftard , horticulteur dite ville. Mais ces deux versions sont erronées , ainsi que va le démontrer la note ci-après, que nous empruntons aux archives du Comice horticole de Maine-et-Loire :
« Ce fruit a été rencontré sur un sauvageon, en 1825, par M. Nicolas Giffard, cultivateur' aux Fouassières, près la garenne Saint-Nicolas, paroisse Saint-Jacques d'Angers. M. Millet, ancien président du Comice, l'a décrit pour la première fois en 1 840, dans les Bulletins de cette Société. » [Travaux du Comice, i. II, p. 136, ei Liste des fruits obtenus dans le département de Maine-et-Loire, p. 4.)
Observations. — Généralement , ce poirier n'est pas très-fertile ; cependant , lorsqu'il a dépassé une dizaine d'années, il le devient beaucoup plus, sans mériter 1. 24
BEU [beurré gou]
toutefois qu'on le classe parmi les variétés renommées pour l'abondance de leurs produits. — M. Paul de Mortillet, qui a décrit le Beurré Giffard dans les Quarante bonnes Poires^ intéressant opuscule imprimé en 1860, en a porté l'appréciation suivante, qu'accompagnent d'utiles recommandations :
« Si l'on pouvait reprocher quelque chose à la poire Giffard, ce serait de manquer un peu de parfum. Ce n'en est pas moins un excellent fruit et la première très-bonne poire de la saison. Il est meilleur lorsqu'il s'achève au fruitier, après avoir été cueilli quelques jours avant sa maturité... Il est de bonne garde pour un fruit d'été. » (Page 13.)