Poire BEURRÉ MOIRÉ
(Synonyme. — Poire Moiré (Decaisne, le Jardin fruitier du Muséum, 1860, t. III).
Premier Type. llescription de l'arbre. —
Bois : très-fort. — Rameaux : nombreux, érigés près du sommet de la tige , arqués à sa partie inférieure , gros, longs, habituellement bien coudés et cotonneux, à lenticelles des plus apparentes et des plus rapprochées, à coussinets peu marqués. — Yeux: moyens, coniquesallongés , aigus , non appliqués contre l'écorce et souvent sortis en éperon. — Feuilles : leur forme varie beaucoup , ainsi que leur grandeur ; légèrement crénelées ou dentées sur les bords, elles ont le pétiole épais , roide, excessivement court et généralement accompagné de longues stipules.
Fertilité. — Satisfaisante.
Culture. — Sur franc il est d'un développement tardif, mais toujours d'une extrême vigueur que modère beaucoup le cognassier; toutefois , sur ce dernier sujet il n'en fait pas moins des pyramides fort convenables.
BEU [beurré mon]
Description du fruit. — Grosseur : moyenne ou au-dessus de la moyenne.
— Forme : variable; quelquefois turbinée régulière, mais le plus ordinairement
turbinée-cylindrique , bosselée et quelque peu contournée. — Pédoncule : court,
mince, droit ou faiblement arqué, sou- Poire Beurré Moiré, — Deimè^we Twe. , ^,, . ' -1' T,l- X
vent renfle a ses extrémités, obliquement inséré dans un large évasement mamelonné, et parfois continu avec le fruit. — OEil : petit, mi-clos ou fermé, légèrement enfoncé, plissé sur ses bords. — Peau : jaune olivâtre, maculée de fauve autour du pédoncule et recouverte en partie de marbrures , de taches et de points brunroux, ce qui la rend rugueuse et lui donne une apparence bronzée. — Chair : blanchâtre, demi-fine, demi-fondante, aqueuse, granuleuse au centre. — Eau : excessivement abondante, douce, sucrée, aromatique et de saveur très-délicate.
Maturité. — De la mi-octobre jusqu'en novembre.
Qualité. — Première.
Historique. — Le pied-mère de cette variété poussa spontanément sur le territoire de la commune de Saint- Aubinde-Luigné, à vingt kilomètres d'Angers, dans la clôture d'un jardin appartenant à M. de Bellefonds. Il y fut remarqué vers 1835 par un horticulteur angevin actuellement décédé, M. Moiré, qui en prit des greffes et soumit en 4839, au Comice de Maine-et-Loire, les fruits de sa première récolte. En nous reportant au procèsverbal de dégustation, nous voyons qu'on signala comme suit, leur mérite :
« Depuis l'excellente poire de Duchesse d' Angoulême , dont celles-ci paraissent être une variété plus hâtive et moins grosse, notre département n'avait point encore gagné un aussi bon fruit. M. Moiré, qui a su en apprécier la valeur, l'a multiplié de manière à pouvoir déjà le livrer au commerce. » [Bulletins du Comice, 1839, pp. 41-42.)
Observations. — A vieillir, cette poire n'a rien perdu de ses qualités ; seulement, nous ferons remarquer qu'elle est plutôt cassante, que mi-fondante, même dans son terrain natal. Et si nous le constatons, c'est que généralement, dans les Pomologies ou les Catalogues, on la gratifie à tort d'une chair excessivement fondante.