‹ Dictionnaire de pomologie (volume 2)Chapitre 295 sur 486 · Poire BEURRÉ DE MONTGERON · texte numérisé non relu

Poire BEURRÉ DE MONTGERON

ISynonyme. — Poire De Montgeron (Decaisne, le Jardin fruitier du Muséum, 1861, t. IV).

Description de l'arbre. — Bois : de force moyenne. — Rameaux : très-peu nombreux;, étalés, gros, excessivement longs, légèrement coudés, brun olivâtre,

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ayant les lenticelles fines et rapprochées , les coussinets bien accusés et les mérithalles très-longs. — Yeux : moyens, ovoïdes-arrondis, un peu aplatis, cotonneux, collés contre l'écorce. — Feuilles : vert clair brillant, jamais abondantes, ovales ou

elliptiques, acuminées, profondé- Poire Beurré de Montgeron. ^^ent dentées, portées sur un pétiole

extraordinairement long, menu, mais si roide que les feuilles en sont dressées ; il est pourvu de stipules bien développées.

Fertilité. — Grande.

Culture. — Cet arbre, dont la vigueur laisse beaucoup à désirer, poussera toujours plus convenablement sur franc que sur cognassier ; cependant on ne sera jamais satisfait de ses pyramides , qui sont irrégulières, mal ramifiées, trop dégarnies de feuilles.

Description du fruit* —

Grosseur: moyenne et parfois moins volumineuse. — Forme : turbinéeovoïde ou turbinée-sphérique, trèsrégulière, — Pédoncule : long, bien nourri, droit, renflé à la base, inséré dans un faible évasement dont l'un des bords forme mamelon. — Œil : large, ouvert, cotonneux, légèrement enfoncé. — Peau:

douce au toucher, luisante, jaune d'or, ponctuée de fauve, striée et tachée de même, surtout près de l'œil et du pédoncule, amplement lavée de vermillon sur le côté exposé au soleil. — Chair : blanche, fine, mi-fondante, contenant quelques pierres autour des pépins. — Eau : suffisante, sucrée, vineuse, mais généralement peu parfumée, quoiqu'assez délicate.

Maturité. — Fin août et commencement de septembre.

Qualité. — Deuxième, et première (mais très-rarement), lorsque son eau est bien parfumée.

Slistoi'ique. — En Belgique, en Allemagne on considérait déjà, il y a une quinzaine d'années, ce poirier comme étant d'origine française, quoiqu'à cette époque on n'eût que des données assez vagues sur son lieu de naissance. Mais aujourd'hui il n'en est plus ainsi, car on lisait en 1862, dans le Journal de la Société d'Horticulture de Paris^ la note suivante, émanant de M. Michelin, secrétaire du Comité d'arboriculture :

« En 1830, un de nos collègues, M. Guyot de Villeneuve, aperçut dans la haie de clôture d'un verger dépendant de la ferme de Bois-la-Dame, commune de Saint-Léger (Cher), un poirier vieux et malingre dont les fruits méritaient l'attention. Il en emporta des greffes à Montgeron (Seine-et-Oise), où était une propriété de sa famille, et dix ans plus tard il vint en montrer des produits, sensiblement améliorés par la greffe, à M. Jean-Laurent Jamin (pépiniériste à Bourg-la-Reine , près Paris), ainsi qu'à Dalbi^et, chargé de la culture des

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ai'bres fruitiers au Muséum. Ces Messieurs, ne pouvant rapporter ce fruit à une variété connue, lui donnèrent, sur la demande de M. Guyot de Villeneuve, le nom sous lequel il est actuellement propagé; et M. Jamin fut autorisé à exposer ces poires, au mois de septembre 1840, dans l'Orangerie du Luxembourg. » (Tome VIII, p. 224.)

Obsert^ations. — Les lignes ci-dessus auront dû convaincre les pépiniéristes qui pouvaient en douter, que décidément le Beurré de Montgeron n'était pas, comme beaucoup le prétendaient, la poire belge gagnée par Van Mons, vers 1820, et par lui dédiée au roi Frédéric de Wurtenberg. Et il semble étonnant qu'on ait conservé longtemps cette croyance, ces deux variétés n'ayant pas le moindre rapport, si l'on excepte leur époque de maturité, à peu près la même. Mais la forme, la qualité, la grosseur?... mais les arbres?... Que l'on compare notre description de la poire Frédéric de Wurtenberg avec celle du Beurré de Montgeron, et l'on verra facilement à quel point ces poiriers et leurs produits sont dissemblables. Du reste, dès 1859 le Congrès pomologique, siégeant à Bordeaux au mois de septembre, le reconnaissait formellement, en disant :

« Dans le Lyonnais, la Bourgogne et la Franche-Comté, on donne vulgairement le nom de Frédéric de Wurtenberg au Beurré de Montgeron, rejeté par le Congrès pour ses qiialités inférieures, et pourtant il n'y a aucune ressemblance entre ces deux fruits. » [Annales de la Société d'Horticulture de la Gironde, 1861, p. 30.)

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