‹ Dictionnaire de pomologie (volume 2)Chapitre 296 sur 486 · Poire BEURRÉ DE MORTEFONTAINE · texte numérisé non relu

Poire BEURRÉ DE MORTEFONTAINE

Synonymes. — Poires : 1. Beurré Le Fèvre (Prévost, Cahie?^s pomologiques , 1839, p. 18). — 2. Lefèvre (Decaisue, le Jardin fruitier du Muséum, 1860, t. III).

Description de rarbre. — Bois: peu fort. — Rameaux : nombreux, étalés, de grosseur moyenne , assez courts, géniculés, marron verdâtre, finement et abondamment ponctués , ayant les coussinets presque nuls. — Yeux : moyens, ovoïdes - arrondis , duveteux, à écailles mal soudées, non appliqués contre le bois et habituellement ressortis en éperon. — Feuilles :

petites , nombreuses , ovales - allongées ou lancéolées , fortement dentées ou crénelées, portées sur un pétiole court, épais, roide et accompagné delongues stipules.

Fertilité. — Elle est des plus grandes et des plus constantes.

400 BEU [beurré mor]

Culture. — Sur cognassier, il ne fait que de médiocres pyramides, bien touffues, mais trop basses; le franc lui communique une vigueur plus grande, sans toutefois l'amener à prendre une forme pyramidale complètement satisfaisante.

Descriptiou du fruit. — Grosseur : volumineuse et souvent énorme. — Forme : globuleuse ou turbinée-arrondie, généralement irrégulière , toujours plus ventrue d'un côté que de l'autre. ~ Pédoncule : court, assez mince, mais renflé au sommet et formant bourrelet à la base, obliquement ou perpendiculairement implanté à la surface de la peau. — OEil : grand ou moyen, mi-clos ou fermé, entouré de légers plis et rarement très-enfoncé. — PeoM : rude au toucher, bronzée, toute parsemée de larges points gris-cendre habituellement écailleux , et montrant sur la partie que frappe le soleil de nombreuses taches rouge-brique. — Chair : blanc verdâtre, grosse, mi-cassante, pâteuse, très-pierreuse autour des loges. — Eau : parfois insuffisante, acidulé et vineuse, peu sucrée, peu délicate.

Maturité. — Fin août et début de septembre. Cette poire blettit aussitôt qu'elle est mûre.

Qualité. — Troisième comme fruit à couteau, et tout au plus deuxième pour la cuisson.

Historique. — Feu Prévost, qui fut si consciencieux dans toutes ses recherches, dans toutes ses études sur les fruits, a dit en 1839, page 18 de ses Cahiers pomologiques , « que cette variété avait été obtenue de semis, vers 1804, par M. le « Fèvre. » Nous acceptons ce renseignement, puisé sans doute à bonne source, mais nous devons constater que dès 1740 le Dictionnaire économique de Noël Chomel (t. II, p. 698) mentionnait, parmi les poires mûrissant au cours de septembre, une poire de Morfontaine qui pourrait bien être notre Beurré de Mortefontaine. Toutefois, comme il existe dans la Moselle une localité nommée Morfontaine, on peut admettre aussi qu'au xviii" siècle un nouveau poirier y ait été gagné. Quant au Mortefontaine où le pépiniériste Lefèvre, depuis longtemps décédé, avait créé un important établissement, ce lieu fait partie de la Chapelle-en-Serval, commune du département de l'Oise.

ObserYatiousi. — Les pomologues qui chez nous ont décrit ce Beurré, ne sont pas de même avis à l'égard de sa qualité ; les uns le présentent comme un excellent fruit, les autres affirment que sa bonté ne répond nullement à sa beauté. Nous partageons l'opinion de ces derniers, car il n'est jamais arrivé, depuis vingt ans qu'on le cultive dans notre école, de l'y trouver seulement de deuxième ordre; aussi le plaçons-nous parmi les espèces à cuire, et encore ne l'y mettons-nous pas au premier rang. — Les Allemands (voir Oberdieck, Illustrirtes Handbuch der Obstkunde, 1860, t. II, p. 248) connaissent une poire de Morfontaine qu'ils disent identique à la Bergamote rouge ou Crassane d'Été, de Duhamel. Alors ce ne saurait être celle dont nous nous occupons, avec laquelle, d'ailleurs, la description de Duhamel ne cadre en rien. — Enfin un auteur américain, Hovey [the Fruits of America, 1836, t. II, p. 89), assure avoir reçu plusieurs fois, de France, au lieu du Beurré de Mortefontaine, le Beurré Beaumont, qui n'est autre, lui, que le Besi de Saint- Waast, l'une de nos meilleures poires de fin d'automne. D'où l'on doit conclure que ce nom, Beurré de Mortefontaine, a été appliqué à diverses variétés de nature bien différente. — Ajoutons encore qu'en 1859 et en 1862 M. de Liron d'Airoles, dans ses Notices pomologiques, a parlé d'un Beurré Lefêvre gagné en 18S3, à Amiens, par M. Lefêvre-Boitelle , propriétaire aujourd'hui décédé. C'est, parait-il, un fruit parfait, mûrissant en février; mais ne le possédant pas, il nous

BEU [beurré mot]

est impossible de le juger. Nous le mentionnons donc ici, afin seulement^ s'il se répand, qu'on évite de le confondre avec le Beurré Lefêvre, synonyme du Beurré de Mortefontaine.

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