Poire BEURRE SUPERFIN
Deseription de l'arbre. — Bois : très-fort. —
Rameaux : assez nombreux, érigés au sommet de la tige, étalés vers la base, gros, longs, des plus coudés, gris verdâtre légèrement rosé, finement et abondamment ponctués, ayant les coussinets peu ressortis. — Yeux:
de grosseur moyenne, coniques ou ovoïdes -pointus, appliqués en partie contre le bois. — Feuilles : grandes , elliptiques - allon gées , souvent acuminées, fortement dentées ou crénelées, ayant le pétiole long, épais et flasque.
Fertilité. — Convenable.
Culture. — Il est vigoureux, rustique, et prend indistinctement le franc ou le cognassier; son écusson se développe vite, ses pyramides sont fortes et belles.
iOescription du fruit*
— Grosseur : assez volumineuse. — Forme : irrégulièrement turbinée, ventrue, bosselée, plus ou moins obtuse et parfois un peu étranglée près du sommet, où elle est généralement plissée et contournée. — Pédoncule : de longueur moyenne, très-nourri, renflé à son point d'attache, des plus charnus à son point d'insertion, obliquement implanté à fleur de peau, quelquefois comprimé d'un côté par un mamelon , et quelquefois aussi presque continu avec le fruit. — Œil : grand, rond, bien fait, ouvert ou mi-clos ^ faiblement enfoncé, —
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Peau : jaune d'or, luisante, toute parsemée de points et de larges taches fauves, et vermillonnée sur la face exposée au soleil. — Chaù^ : blanchâtre, fine et très-fondante, aqueuse, un peu granuleuse au cœur. — Fau : abondante, fraîche, acidulé, sucrée, imprégnée d'un parfum aussi savoureux que bien prononcé.
Maturité. — Fin août et courant de septembre.
Qualité. — Première.
IlistoriqLue. — Parmi les poires nées dans notre Anjou, il en est peu qui l'emportent en excellence sur celle ici décrite, sortie d'un semis de pépins de Duchesse d'Angoulême, de Gros-Blanquet et de Doyenné, fait à Angers en 1837, par Goubault, horticulteur aujourd'hui décédé. En 1844, l'arbre- type de cette variété s'étant mis à fruit, le Comice de Maine-et-Loire fut chargé d'en déguster les premiers produits. Il le fit, et dans sa séance du 17 novembre son président, M. Millet, rendit compte ainsi de la mission qu'on lui avait confiée :
« Pendant les vacances j'ai été^appelé à examiner une nouvelle poire obtenue de semis par M. Goubault, et dont la maturité est en septembre. A cause de ses bonnes qualités je lui ai donné le nom de Beurré superfin. Comme cet horticulteur a déjà gagné le Beurré Goubault et le Doyenné Goubault, fruits très-recommandables sous tous les rapports, je propose de lui décerner, à titre de récompense, une médaille de vermeil. » {Travaux du Comice, t. III, pp. 137, 139, 140 et 160.)
Et la médaille demandée fut accordée et remise par le Comice à M. Goubault, le 6 avril 1843. En la recevant, ce dernier s'engagea à mettre en vente dans le courant de 1846, son Beurré superfin, et tint fidèlement parole. Telles sont les diverses dates et circonstances relatives à la naissance , à la propagation de ce fruit si répandu; nous désirons que désormais elles servent à rectifier les erreurs échappées à ceux qui, mal renseignés, en ont parlé dans leurs pomologies. ■
Observations. — Cette variété, dès son apparition, se vit dotée du pseudonyme Cumberland, tendant à la faire passer pour appartenir aux gains du semeur belge Tan Mons. Plus tard, en 1860, on la déclara identique avec les poires Dathis et Graslin. Aujourd'hui, chacun sait que le Beurré superflu figure à bon droit parmi les espèces, et qu'il diffère même beaucoup des poires auxquelles on prétendait l'assimiler, le réunir. Cependant comme il se pourrait qu'on nous supposât ici, où nous sommes juge et .partie, imbu de partiahté à l'égard d'un poirier poussé dans nos murs, nous allons confier à M. AVillermoz, rédacteur des travaux du Congrès pomologique, le soin de le défendre :
« C'est par erreur — affirme en 1863 cet écrivain — c'est par erreur que M. de Jonghe^ de Bruxelles, dit que le Beurré superfin est la poire Cumberland de Van Mons. M. Decaisne se trompe également en disant que Beurré superfin, Graslin et Dathis sont un même fruit. Ces quatre poires sont parfaitement distinctes et d'origine très-différentes : — Le Cumberland a été obtenu par Van Mons j cette variété, qui ne prend jamais de couleur rouge, a la forme d'un Colmar. — La Graslin a été trouvée par M. de Graslin, ancien consul de France en Espagne. Cette poire affecte la forme de Bon-Chrétien; elle a le goût de la Duchesse d'Angoulême et ne prend pas de couleur rouge. — ,La poire Dathis, d'origine incertaine, est un gros fruit qui prend toujours la forme de Bésy; sa peau unie, d'un jaune tendre, ne prend pas de rouge; sa chair est sèche, de très-médiocre qualité. » [Pomologie de la France, 1863, t. I,no43.)
Terminons en assurant avec M. Eugène Forney [le Jardinier fruitier, 1862, t. I, p. 191) que le Beurré superfin « a de l'analogie avec le Beurré gris, dont il possède « à un haut point toutes les qualités, et qu'il remplace avec avantage, n'ayant pas I. 28
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« comme lui le défaut d'être sujet aux chancres. » Et ajoutons qu'il acquiert paribis un volume considérable, car nous avons vu de ces poires dont le poids dépassait 330 grammes.
Poire BEURRÉ TENDRE. — Synonyme de poire Orange tulipée. Voir ce nom.
Poire BEURRÉ DE TRÉVERENN. — Synonyme de Beurré gris. Voir ce nom.
Poire BEURRÉ TUERLING. — Synonyme de poire TuerlincJtx. Voir ce nom.