‹ Dictionnaire de pomologie (volume 2)Chapitre 338 sur 486 · Poire BON-CHRÉTIEN DE BRUXELLES · texte numérisé non relu

Poire BON-CHRÉTIEN DE BRUXELLES

Synonymes. — Poires : 1 . Bon-Chrétien MUSQUÉ (Henri Hessen, Garfenlust, 1690, p. 284). — 2. PiouLlER {Id. ibid.). — 3. Bon-Chrétien d'Été musqué (Duhamel du Monceau, Traité des arbres fruitiers, 1768, t. II, p. 218). — 4. Bon-Chrétien fondant ( Prévost, Cahiers pomologiques, 1839, p. 113). — 5. Bon-Chrétien d'Été fondant musqué (Decaisne, le Jardin fruitier du Muséum, 1838, 1. 1). — 6. Bon- Chrétien musqué fondant {Id. ibid.).

— 7, Bugiarda, du Muséum de Paris {Id. ibid.). — 8. Petit-Musqué (de Liron d'Airoles, Liste synonymique et historique des variétés du poirier, 1859, l^'' supplément, p. 9).

Description de l'arbre. —

Bois : faible. — Rameaux : assez nombreux , généralement étalés , grêles, de longueur moyenne, légèrement coudés , brun foncé verdâtre, à lenticelles fines mais trèsabondantes, à coussinets presque nuls. — Yeux: petits, coniques, à écailles disjointes, duveteux, fortement rapprochés de l'écorce. — Feuilles : petites , kabituellement ovales ou elliptiques, entières en partie sur leurs bords et ayant le pétiole court et gros.

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Culture. — Il lui faut le franc, sur lequel sa vigueur n'est même pas excessive; il pousse lentement et fait des pyramides assez convenables, quoiqu'un peu basses.

Description du fruit. — Grosseur : au-dessus de la moyenne , ou moyenne.

— Forme : irrégulière , mais le plus ordinairement allongée , mince et obtuse au sommet, ventrue vers la base , où elle est ensuite étranglée, bosselée et pentagone.

— Pédoncule : peu long et souvent court, faible, recourbé, obliquement ou perpendiculairement inséré dans une étroite cavité à bords légèrement accidentés. — Œil : grand ou moyen, contourné, mi-clos, rarement très-enfoncé, entouré de gibbosités. — Peau : épaisse, jaune grisâtre obscur, semée de points fauves, amplement lavée de rouge carminé du côté du soleil. — Chair : blanc verdâtre, demi- fine, demi-fondante ou cassante, toujours pierreuse au centre. — Eau : suffisante, acidulé, musquée, peu sucrée , de saveur rarement délicate.

Maturité. — Courant de septembre.

Qualité. — Deuxième, et parfois troisième, car cette poire blettit aisément, comme elle se couvre aussi de nombreuses crevasses.

Historique. — On a, de nos jours, méconnu cette variété, que tous les anciens pomologues ont cependant fort bien décrite. C'est ainsi, par exemple, que dans les collections du Jardin des Plantes de Paris on la voit figurer à la fois sous le nom de poire Pioulier et sous celui de poire Bugiarda. La dénomination générique qu'elle porte lui sera venue de sa forme la plus habituelle, rappelant assez exactement la forme du Bon-Chrétien , mais dont les caractères peu constants sont de nature, il faut l'avouer, à tromper les personnes qui n'ont pu les observer longuement. Si forigine de ce fruit n'est indiquée chez aucun écrivain, on a le droit néanmoins, en raison du nom Bon-Chrétien sous lequel on le rencontre dans les ouvrages allemands comme dans les ouvrages français, et cela dès le xvii* siècle, de le revendiquer pour notre pomone, lors surtout qu'il mûrit sous notre ciel depuis environ trois cents ans. Son premier synonyme date également de fort loin. Dom Claude Saint-Étienne cite en effet parmi les sept cents variétés de poires dont il dresse le Catalogue en 1675 , à la fin de sa Nouvelle instruction pour connaître les bons fruits, le Bon-Chrétien musqué ou Poire Pioulier. Et ces deux noms, le Gartenlust d'Henri Hessen, édition de 1690, les mentionne à son tour (page 284) au chapitre intitulé Poiriers de France, ce qui nous autorise encore à regarder cet arbre comme un gain de nos anciens jardiniers. Mais s'il en fallait une preuve beaucoup plus formelle , on la trouverait dans la signification , dans l'étymologie même, toute française, de ce premier synonyme — Poire Pioulier — appliqué jadis au Bon-Chrétien musqué, puisque le mot pioulier vient en droite ligne de piolé^ vieil adjectif inusité depuis longtemps , et dont le Dictionnaire de Trévoux donnait en 1721 cette définition : « Piolé.... ne se dit proprement que de « ce qui est moitié d'une couleur et moitié d'autre, comme une pie^ d'où le mot est «dérivé. » Ce qui démontre bien que nos pères, en surnommant ainsi ce fruit, voulurent avant tout indiquer par là le caractère particulier de sa peau, réellement bicolore, comme on l'a vu plus haut en notre description.

Maintenant il nous faudrait savoir qui débaptisa, vers 1830, le Bon-Chrétien musqué pour le présenter sous le nouveau nom Bon-Chrétien de Bruxelles? Malheureusement, nous l'ignorons. Prévost, de Rouen, signala cette fraude en 1839, mais il ne put non plus en découvrir l'auteur. Il disait :

« J'ai vainement cherché sur le Bon-Chrétien de Bruxelles, des renseignements... sans en trouver d'utiles que dans trois Catalogues raisonnes que j'ai sous les yeux, dont l'un est belge et les deux autres français. Tous trois s'accordent à reconnaître que cette poire est

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grosse, de première qualité (!), fondante ou demi-fondante, et qu'elle mûrit en septembre, ce qui cai'actérise bien la variété dont je m'occupe. L'un de ces Catalogues donne comme synonymes à ce fruit, les noms Bon-Chrétien fondant et Bon-Chrétien musqué. Certain par ces indications que ce poirier porte bien le nom qui lui appartient, il me l'este alors à le faire connaître. » [Cahiers pomologiques , 1839, p. H;-!.)

Et ce pomologue si compétent a décrit le Bon-Chrétien de Bruxelles, arbre et produits, avec une telle exactitude qu'il est vraiment difficile de désirer mieux, lorsqu'on a l'intention, surtout, de s'assurer de l'identité de cette variété avec celle antérieurement appelée Bon-Chrétien musqué, poire Pioulier, etc., etc.

On se demandera peut-être pourquoi nous ne rendons pas à ce poirier la dénomination sous laquelle on l'a cultivé pendant plusieurs siècles? C'est uniquement, comme il a longtemps aussi porté le nom Bon-Chrétien d'Été musqué, pour qu'il ne soit plus confondu avec son congénère le Bon-Chrétien d'Été ou Gracioli; confusion qui souvent a eu lieu, mais que le maintien du déterminatif Bruxelles dans ladite appellation , rend à l'avenir à peu près impossible. Sentiment qui du reste fut aussi celui de Prévost, la chose est manifeste, puisqu'on 1839 on lui voit préférer ce nom moderne et reléguer les autres noms dans la synonymie.

Observations. — Les variétés Epine d'Été et Fin-Or de Septembre sont trèsdistinctes du Bon-Chrétien de Bruxelles, quoiqu'on ait parfois avancé le contraire; leur description, donnée plus loin, le montre sans réplique. — Quant au nom Bugiarda, figurant ici parmi les synonymes du Bon-Chrétien de Bruxelles, rappelons que c'est celui d'une poire appartenant à la collection du Jardin des Plantes de Paris , et fort différente de la Bugiarda des Italiens , laquelle n'est autre que notre Épine d'Été.

Poire BON -CHRÉTIEN DE CHAUMONTEL. — Synonyme de 5es/ rfe Chaumontel. Voir ce nom.

Poire BON -CHRÉTIEN DE CONSTANTINOPLE. — Synonyme, àe Bon-Chrétien d'Hiver. Voir ce nom.

Poire BON- CHRÉTIEN DORÉ. — Synonyme de poire Napoléon. Voir ce nom.

Poire BON -CHRÉTIEN DORÉ D'ESPAGNE. — Synonyme de Bon- Chrétien d'Espagne. Voir ce nom.

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