‹ Dictionnaire de pomologie (volume 2)Chapitre 348 sur 486 · Poire BONNE-ANïONINE · texte numérisé non relu

Poire BONNE-ANïONINE

Description de l'arbre. — Bois : faible. — Manteaux : assez nombreux, étalés, grêles, courts, peu géniculés, vert clair grisâtre, à lenticelles très-apparentes mais clair-semées, à coussinets saillants. — Yeux: petits, ovoïdes-obtus, légèrement écartés du bois et ayant les écailles mal soudées. — Feuilles : des plus petites, abondantes, ovales ou elliptiques, contournées dans tous les sens, et surtout sur elles-mêmes, dentées en scie, munies d'un pétiole court, épais et roide.

Fertilité. — Convenable.

Culture. — Ce poirier est tellement délicat, qu'il pousse à peine sur cognassier ; il faut le greffer sur franc, où même on le voit croître très-lentement, très-imparfaitement, et ne prendre qu'une forme pyramidale peu satisfaisante.

Description du fruit. — Grosseur : volumineuse et souvent énorme. — Forme : conique-allongée , obtuse, légèrement bosselée et généralement un peu

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contournée près du sommet. — Pédoncule : très-court, mince, renflé à l'attache, à peine arqué , obliquement inséré dans un étroit évasement où le comprime un

mamelon habituellement bien Poire Bonne-Antonine. j ' i ' /-»ri •; i

développe. — Œil : grand,

rond, ouvert, régulier, placé dans une profonde cavité en entonnoir. — Peau : jaune d'or terne, ponctuée, réticulée et marbrée de roux, largement maculée de même autour du pédoncule et autour de l'œil, auprès duquel elle est en outre couverte de petites taches brunes, squammeuses. — Chair :

blanc jaunâtre, fine, juteuse et compacte, des plus fondantes, presque exempte de granulations. — Eau : abondante, fraîche , sucrée , savoureuse , douée d'un arrière- goût anisé excessivement agréable.

Maturité. — Vers la mioctobre et se prolongeant aisément une quinzaine de jours.

Qualité. — Première.

Historique. — Cette poire Bonne-Antonine, qu'aucun pomologue n'a décrite , figure depuis environ douze ans dans notre école. Nous avons oublié quelles mains l'y envoyèrent et pensons qu'il serait assez difficile d'en réclamer la paternité, car elle n'est autre, arbre et fruit, que le Beurré Flon gagné en 1852 à Angers. (Voir plus haut, page 363.) Et là, l'identité est si complète qu'on retrouve même sur le bois de la Bonne-Antonine les gerçures, les chancres nombreux couvrant habituellement le poirier de notre concitoyen. Malheureusement j'en ai acquis la certitude beaucoup trop tard. On voudra donc bien, ici, prendre bonne note de mon affirmation et comparer, au cas de doute, le présent article avec celui du Beurré Flon.

Observations. — En 1859 M. de Liron d'Airoles, dans une Table de fruits A l'étude faisant suite à sa Liste synonymique historique des variétés du poirier, mentionnait en ces termes une poire Bonne-Antonine :

« Arbre vigoureux, très fertile. — Fruit à couteau, moyen, fondant, de l^' ordre. — Maturité : décembre. — Synonymie : Variété nouvelle. — Origine : M. Boucquiau. » (Page 31.)

Nous citons ce court passage pour qu'il soit démontré : 1° que le poirier auquel on l'applique ne se rapporte nullement à notre poirier Bonne-Antonine, planté vers 1854 et si loin, lui, d'être « vigoureux et très-fertile; » 2° que ses produits diffèrent essentiellement des produits de la variété mise à l'étude par M. de Liron d'Airoles, puisqu'ils sont volumineux, et non « moyens, » et mûrissent en octobre,

BON [bonne avk — cha] Ail

et non point en « décembre. » Mais l'honoralile auteur qui taisait ainsi connaître il y a huit ans cette Bonne-Antonine, n'en a jamais reparlé depuis, et les principaux Catalogues sont muets également à l'endroit de ce fruit. Cependant si plus lard on l'y trouvait porté avec les caractères que lui attribue M. de Liron d'Airoles, il faudrait admettre son authenticité et croire à quelqu'erreur d'étiquetage , relativement au poirier qui jadis nous fut vendu sous ce même nom Bonne-Antonine,

Poire BONNE D'AYRANCHES, — Synonyme de poire Bonne-Louise d'Avranches. Voir ce nom.

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